Archive for 'Résumé de livre'
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L’art d’aller à l’essentiel : Léo Babauta
Posted on 09. avr, 2012 by Michael.
L’art d’aller à l’essentiel est aussi disponible au format Kindle.
L’art d’aller à l’essentiel est toute une histoire mais si je devais la résumer en quelques mots ce serait : en étant sélectif vous aurez plus d’impact et vivrez plus sereinement.
A l’occasion de la sortie en France de cet excellent livre écrit par Léo Babauta et préfacé par Olivier Roland, en voici une chronique ! Même si j’applique depuis longtemps nombre de ces principes, la relecture du livre m’a donné de nouvelles idées pour aller plus loin.
Aller à l’essentiel, c’est vivre simplement. Pour y arriver, il n’y a que 2 étapes :
- Identifier ce qui est essentiel
- Éliminer le reste
En choisissant de travailler sur un projet et de le mener à fond vous aurez plus d’impact qu’en travaillant sur 3 projets et en vous éparpillant. Pour arriver à vous concentrer, il faut fixer des limites. En fait dans chaque secteur de votre vie où vous vous sentez débordé, fixez une limite.
L’auteur est un excellent exemple. Il a 6 enfants, avait un crédit, du poids en trop, de mauvaises habitudes alimentaires et un boulot trop prenant. En appliquant l’art de l’essentiel il a repris la main sur chacune de ces sphères.
Comment fixer une limite
Fixer une limite c’est définir un nombre au delà duquel votre limite est atteinte. Seulement voilà si vous laissez votre boite email ouverte toute la journée, comment savoir quelle est la limite ? Menez une expérience. Choisissez un nombre maximum de fois par jour et voyez ce que ça donne puis ajustez. Si vous êtes débordé dans un secteur où un nombre existe déjà, diminuez-le d’un. Par exemple vous êtes débordé en écrivant 7 articles par semaine pour votre blog, passez à 6 et voyez ce que ça fait.
Repérez l’essentiel
Avant de chercher à traiter plus vite les choses, repérez celles qui sont essentielles. Pour y arriver vous devez répondre à des questions comme :
- Qu’est-ce qui est important pour vous ?
- Qu’est-ce qui aura le plus d’impact ?
- Est-ce un désir ou un besoin ?
C’est ainsi que vous pourrez choisir entre écrire ce rapport sur les risques de votre entreprise ou aller à la réunion client prévue. Ensuite, il faut simplifier. Nous devons passer par là car il n’est pas toujours possible d’éliminer ce qui n’est pas essentiel.
Concentrez-vous
Pour avancer, vous devez rester concentré et pour cela vous devez garder en tête vos objectifs tout en vous concentrant sur le moment présent. Que cela soit lorsque vous mangez, courrez ou faites la vaisselle, soyez dans le moment présent. Profitez de l’instant.
Ensuite il vous faut automatiser les choses (tout comme il faut automatiser vos finances) mais une à la fois. C’est à dire que si vous prenez une habitude à la fois, vous améliorez grandement vos chances de réussite.
Sans prendre de décision radicale, commencez petit car c’est un moyen de mettre encore plus de chances de côté et de passer le moment où votre enthousiasme s’évanouira. Se lever une heure plus tôt ? Oui mais commencez en avançant le réveil de 15 minutes. Votre réussite vous portera.
Définir des objectifs réalistes
L’un des gros problèmes que l’on se crée, c’est que l’on se fixe des objectifs inatteignables et, pire encore, trop nombreux. Sur la liste des objectifs que vous voulez atteindre, prenez-en un et un seul. Celui-ci doit être le plus motivant et pouvoir être réalisé en 6 mois ou un an. Décomposez-le en sous-étapes. Chaque semaine identifiez quoi faire pour réaliser la sous-étape suivante. Idem pour la journée. Et voilà, votre objectif principal devient réalisable au quotidien.
A côté de cet objectif, vous avez certainement une liste de projets que vous voulez accomplir. Cette liste peut être longue mais vous devez prioriser et choisir les 3 plus importants, idéalement en rapport avec votre objectif. L’idée est simple : même si l’on a un seul objectif, celui-ci nécessite souvent que d’autres projets aboutissent.
Traiter les tâches les plus importantes en premier
Chaque matin avant de partir au travail où dès que vous y arrivez, traiter les 3 tâches les plus importantes. Celles-ci doivent avoir un lien avec l’un de vos 3 projets. Si 2 d’entre elles sont professionnelles, au moins une doit être personnelle pour maintenir un équilibre.
Simplifiez-vous la gestion du temps en utilisant une combinaison agenda + liste de tâches (papier ou électronique). Simplifiez la gestion de vos emails. Si vous recevez beaucoup d’emails, choisissez les 5 plus importants en utilisant les questions vues plus haut pour sélectionner ceux que vous allez traiter.
Simplifiez-vous internet aussi. Le premier pas, c’est de prendre conscience des sites les plus chronophages que vous consultez. Limitez le temps que vous y passez. Instaurez une heure « hors-ligne » chaque jour pour travailler sur un sujet précis.
Côté papier, établissez un système de classement et surtout utilisez-le ! Triez avant de classer. Demandez aux services / personnes de vous envoyer leurs documents par email. Payez et classer les factures immédiatement. Créer un tiroir unique contenant tous ces documents.
Sur un autre thème vous pouvez aussi aller à l’essentiel : vos obligations. Listez-les. Priorisez et créez une top liste pour identifier vos engagements essentiels. Il devrait vous en rester 4 ou 5. Éliminez progressivement le reste. En un an, vous devriez arriver à vous libérer.
N’oubliez pas d’aménager du temps pour ce que vous aimez.
Utilisez des rituels le matin et le soir. Peu importe ce que vous y faites, ce sera avant tout un moment de transition.
Globalement, vous avez intérêt à ralentir. Ralentissez lorsque vous travailler, mangez, et conduisez. La vitesse n’est pas la solution lorsque vous ne faites que l’essentiel.
L’essentiel passe aussi par un bien être dans son corps. Pour y arriver, nous connaissons tous les conseils qui consistent à dire « mangez sainement, faites du sport », la question est plutôt comment agir simplement pour obtenir un résultat durable ? Les programmes de remise en forme et les régimes échouent car ils sont trop stricts et vous mettent dans des états où vous agissez sous le coup des émotions. Pour le sport, les gens commencent un programme trop dur pour eux, perdent leu motivation et ratent des entrainement avant d’arrêter définitivement.
Pour être en forme dans la durée, il vaut faut un programme simple à tenir. Cela consiste à travailler un mois pour acquérir une nouvelle habitude : faire régulièrement du sport. Visez petit : 5-10 minutes chaque jour puis augmentez peu à peu la durée. Vous avez beaucoup plus de chances de réussir en planifiant vos entrainements. Ne sautez jamais un entrainement (sauf maladie ou blessure).
Le mois suivant, faites évoluer votre alimentation. Mangez léger, lentement et à votre faim. Apprenez à écouter votre estomac.
Les mois suivants, faites des modifications petit à petit. Intensifiez un peu vos entrainements, variez les activités. Suivez vos progrès sur le court terme (perdre ou 1 cm de taille 500 g par semaine). Partagez vos objectifs, récompensez-vous à chaque réussite.
Peu importe l’objectif, le plus dur est de rester motivé dans la durée. C’est ce qui vous gardera enthousiaste.
8 façons d’être motivé dès le départ :
- Ne voyez pas trop grand
- Un seul objectif
- Analysez vos motivations
- Vous devez en avoir une énorme envie
- Engagez-vous publiquement
- Stimulez-vous
- Programmez votre plan
- Affichez-le
Conclusion
Pour moins de 10 €, c’est une saine lecture qui rappelle les principes fondateurs d’une vie simple. On retrouve de nombreux conseils pour reprendre la main sur les zones de votre vie qui vous poursuivent. Il est vraiment appréciable de voir le principe de « simplifier » mis en oeuvre en contrôlant beaucoup plus ce que l’on fait et c’est clairement producteur de résultats.
Côté regrets, je trouve le livre un peu long pour en dire finalement assez peu , c’est un paradoxe, car il répète plusieurs fois le même principe dans différents contexte (sport, alimentation, travail…). Il manque des exemples pour alléger le propos. Le côté très rationnel va certainement rebuter les lecteurs sous l’eau ou trop stressés : »Ah ben si c’était si simple !! ».
C’est un incontournable du genre.
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Préface – Couplonomics : comment les théories économiques peuvent améliorer votre couple
Posted on 04. avr, 2012 by Michael.
Les éditions Leduc m’ont demandé d’écrire la préface d’un livre étonnant : Couplonomics.
C’était un grand plaisir de participer à ce livre car il mêle des sujets importants dans nos vies : l’argent et le couple. Plus précisément il vous fera découvrir comment les théories économiques peuvent vous servir pour faire fonctionner de manière harmonieuse votre couple. Les cas d’école racontés dans le livre sont particulièrement intéressants.
Voici donc ma préface que vous pourrez retrouver dans ce livre !
Préface de Couplonomics :
Qu’ont en commun le fait d’avoir horreur de perdre et et celui de ne rien faire si l’on n’y est pas incité ? Ce sont 2 comportements que l’on observe sur le marché économique mais aussi dans le couple… et il y en a bien d’autres. Vous vous souvenez de Lehman Brothers, cette banque que l’on pensait trop importante pour qu’elle fasse faillite ? Faites le parallèle avec ce couple d’amis que vous pensiez si solide et dont tout le monde croyait qu’ils resteraient ensemble à vie.
Voila ce que les amoureux ne veulent souvent pas reconnaître : les comportements dans le couple sont similaires aux comportements dans l’économie parce qu’à chaque fois ce sont des êtres humains qui interagissent et que les biais de raisonnement sont les mêmes.
C’est en étudiant les lois économiques que vous allez être en mesure d’ajouter une corde à votre arc de conjoint et ainsi surprendre celui ou celle qui partage votre vie en lui parlant du choix intertemporel ou la loi de l’offre et de la demande pour expliquer ce que vous ressentez et exprimer vos besoins.
Et si l’on jette un oeil sur un sujet qui me tient à coeur, l’argent, vous remarquerez que là encore, les biais humains font que l’on a tant de mal à préparer notre avenir financier et que la plupart des gens ne font rien pour gérer leur argent : l’inaction est plus facile car nous avons du mal à nous motiver lorsque les bénéfices ne sont pas immédiats. Nous pensons que l’on est meilleur que les autres pour gérer notre pécule alors que nous ne faisons rien et l’on se raconte des histoires pour se justifier ce que l’on ne fait pas.
Pire encore, si l’on perd un peu d’argent nous devenons parfois obnubilé par cela au lieu de passer à autre chose.
A la lecture de Devenez Riche, il y a toujours la même réflexion qui émerge : “je ne savais pas que c’était si simple de gérer son argent”. C’est un autre biais classique : on veut tout faire parfaitement ou nous ne faisons rien alors qu’il suffit de prendre quelques décisions pour avoir fait 85 % du chemin. Et parmi les recommandations folles que je fais, voici celle qui laisse le plus songeur : automatisez vos finances. Programmez tous vos virements pour ne plus avoir à prendre les mêmes décisions chaque mois (et bien entendu oublier régulièrement). Là encore, c’est pour corriger un biais humain.
Alors vous pensez toujours que le couple et l’économie sont si différents ?
Mes parents ont ce fonctionnement : à ma mère reviennent toutes les tâches d’intérieur (ménage, cuisine) et à mon père celles de l’extérieur (travaux,jardinage). Lorsque il s’agit de cuisiner à l’extérieur, c’est à dire faire un barbecue, c’est naturellement le rôle de mon père. Lorsqu’il s’agit de peindre l’intérieur, ma mère s’en occupe volontiers. C’est un brin rétro, plutôt simple mais ça marche !Bien des années plus tard, j’ai compris les multiples avantages d’une telle répartition. La première, c’est que chacun possède son domaine d’expertise. Ma mère est une excellente cuisinière et je préfère manger ses repas plutôt que ceux de mon père (désolé papa). D’un autre côté mon père peut construire a peu près n’importe quoi (je soupçonne que ça l’amuse) ce qui n’est pas le cas de ma mère. Imaginez que vous occupez un poste de comptable dans une entreprise, personne ne recommanderait de faire à mi-temps la gestion des ressources humaines et vice-versa avec votre homologue du service RH ! Ce fonctionnement crée donc une “saine dépendance” à l’autre.
Le second intérêt que procure cette organisation : c’est le gain de temps grâce à la spécialisation. Pendant que l’un cuisine, l’autre range le garage. Pendant que l’autre s’occupe de passer l’aspirateur, l’autre s’occupe du jardin. Autrement dit, tout le monde gagne car cela libère du temps pour tous les participants.
Enfin, cela laisse à chacun la possibilité de faire plaisir à l’autre et donc de créer des incitations intelligentes. Chacun sait que préparer un bon repas pour soi est moins motivant que préparer un repas pour des amis ou de la famille tout comme entretenir et rénover est souvent un moyen de rendre fier sa moitié. Ainsi cela crée un écosystème qui s’ajuste en permanence.
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Chronique : The Sovereign individual
Posted on 20. nov, 2011 by Michael.
L’actualité économique est riche en ce moment, crise oblige et nous assistons à une fin de règne.
Que pensent les gens lorsqu’on parle des hommes politiques ? Si je résume et exagère à peine : ils ne servent à rien et ne pensent qu’à eux. La fin de l’état, c’est le sujet du livre « The Sovereign individual » de James Dale Davidson & Lord William Rees-Mogg qui, sans être un livre fin du mondiste de base comme il en existe des tonnes, expose une thèse sur les mécanismes qui vont éroder le pouvoir de l’état. Ces 2 auteurs sont des spécialistes du livre d’anticipation, ils évoluent dans la sphère financière. En 1991, ils publiaient The Great Reckoning où ils annonçaient notamment que l’Islam remplacerait le communisme en tant qu’idéologie principale face au capitalisme, que la fin du communisme ouvrirait la porte à la prolifération d’armes nucléaires (et des accidents de ce type) et les licenciements massifs dans les grandes entreprises.
Dans The Sovereign individual publié en 1997, ils se risquent à présenter le monde dans lequel nous vivons : celui de l’information. Leurs principales prévisions ?
- la fin de l’état tout puissant
- la difficulté grandissante à taxer les revenus qui aboutira à surtaxer la consommation
- le fait que les banques vont subir des crises plus graves qu’en 1980
- que l’individu deviendra plus autonome et capable d’être financièrement indépendant
Dans le livre, ils disent :
- Page 20: « Les gouvernements bafoueront les droits de l’homme, censureront l’information et saboteront les technologies utiles »
- Page 23: « Toutes les nations feront faillites et verront leur autorité fondre«
- Page 137: « Il faut s’attendre à voir des crises gouvernementales dans de nombreux pays où les promesses ne seront pas tenues dans un contexte de récession »
- Page 197: « L’argent sous forme de papier a largement contribué à assoir le pouvoir de l’état non seulement en générant des bénéfices par la dépréciation de la monnaie mais aussi en donnant à l’état de l’emprise sur ceux qui accumulent cette monnaie«
- Page 198: « Le contrôle de l’argent passera des lieux de pouvoir au marché mondialisé »
Leur approche consiste à analyser l’histoire en partant du postulat que celle-ci ne fait que se répéter. L’analyse se fait au travers du prisme du contrôle de la violence et de l’exercice du pouvoir qui est le facteur principal influençant l’organisation de la société. Les auteurs ne se disent pas du tout experts mais surtout observateurs et ayant un savoir fin des dynamiques sociétales. La théorie des 5 siècles dit qu’une forme d’organisation domine pendant ce laps de temps : Rome, les seigneurs, l’église, l’état et maintenant : l’individu.
Au travers des âges, l’homme a ainsi toujours cherché à se protéger. A l’époque des chasseurs cueilleurs la société n’étaient pas si violente que l’on peut l’imaginer. Elle était très primitive mais les membres avaient l’obligation d’être solidaire pour survivre. Les groupes étaient petits, probablement de 25 à 50 personnes et les hommes travaillaient quelques heures par jour pour se nourrir (il est admis que le travail prenait de 8 à 15 heures par semaines). Comme il était impossible de stocker quoi que ce soit, en particulier la richesse, le vol était une notion quasi inconnue. Avec l’impossibilité de consommer et d’épargner ou d’organiser le travail, la notion de travailler dur ou « travailler plus » devait être étrangère à la société de cette période.
La situation évolua lorsque la propriété fit son apparition et que le surplus de nourriture, via l’agriculture, commença à être stocké. Les notions d’organisation et de gestion deviennent nécessaires et le pouvoir doit être exercé pour gérer le tout. La notion de capital et d’actif (les terres) devient centrale. Les paysans deviennent des cibles faciles pour trouver de la nourriture, la spécialisation du travail prend de l’ampleur et la logique de la violence pousse la société à se réorganiser. Des guerriers défendent les paysans en échange d’une partie de la production. La taxation fait son apparition, les prêtres prient pour de bonnes récoltes et deviendront parmi les plus riches de cette époque. L’agriculture mettra un siècle a sortir de ce schéma.
Celui qui possède un pouvoir militaire peut désormais contrôler la production alimentaire et devenir riche. Même si les paysans étaient producteurs, ils survivaient tout juste sur ce qui était laissé par les seigneurs et autres rois. Jusqu’en l’an 1000 la féodalité permettait de contenir la violence mais aussi d’améliorer la survie des populations à une époque où la productivité était très faible. L’église se développe dans ce contexte. Elle est le lieu de paix qui transcende les multiples fiefs et royaumes. Elles détient et développe les techniques nécessaires pour conserver le savoir et le passer d’une génération à l’autre (principalement via l’écriture). De ce fait elle contribue énormément à l’amélioration de la productivité des exploitations agricoles. Elle joue aussi un rôle qui plus tard sera celui du gouvernement : construire les routes, ponts et aménager le territoire. Grâce aux projets de construction (cathédrales par exemple), elle pousse au développement d’un artisanat et de l’ingénierie.
A la suite de cela, l’église entame un long déclin notamment accéléré par des affaires de mœurs au plus haut niveau de cette institution. Son pouvoir s’érode au profit du seul organisme capable de prendre le relais : les gouvernements. Le mot politique et la pratique politique se généralise vers le 16ème siècle, presque 2000 ans après qu’Aristote ait défini le concept. La principale raison : l’apparition de l’arme à feu qui rend critique la question du contrôle de l’état et le fait que l’église n’est plus un atout mais un boulet pour la population. Si à la fin du moyen-âge l’église était toute puissante. Elle était arrivée au point où elle devenait une entrave au développement du monde.
Si l’état a joué, tout comme l’église, son rôle dans l’organisation de la société et du commerce (le fait que les marchants s’associent autour d’un monarque est un signe que l’état était bon pour les affaires), il est désormais trop lourd et encombrant. Tout comme l’église qui cherchait a ponctionner la population pour survivre s’est effondrée, l’état suit le même chemin en cherchant à toujours ponctionner plus sur le travail. Aujourd’hui, il n’est pas anodin que l’état ponctionne 50 % de la richesse produite (Oui, vous travaillez 6 mois dans l’année pour l’état). La technologie a rendu obsolète de nombreuses fonctions exercées par l’état.
Depuis des années la politique meurt. Les scandales se multiplient. La confiance s’érode. Les liens entre les hommes politiques et les activités douteuses sont fréquentes. La corruption, une pratique très développée même dans les pays soit disant civilisés. Les populations se détournent de leurs dirigeants fatiguées par les petits jeux et par le coût grandissant d’entretenir une vie politique qui n’a plus le pouvoir de changer le quotidien. Le monde est en train de se « dépolitiser ».
Ce changement dans l’organisation de la société aura des effets sur tous les aspects de nos vies. Ainsi, là où il existe des monopoles nous verrons apparaitre de la compétition (transport, courrier, téléphonie…). Il faudra moins de personnes pour effectuer plus de travail. Les boulots où aucune compétence particulière n’est requise seront de moins en moins bien payés. Le langage est aussi d’ailleurs un outil de « monopole » des états. Dans le passé, il existait des dizaines de patois. En France, les Breton ne parlaient pas la même langue que les Provençaux. Le rôle de l’état a aussi état d’uniformiser via l’école la langue parlée dans le pays pour ajouter un degré supplémentaire à ce sentiment d’appartenance nationale.
Les individus choisiront l’état dans lequel ils veulent vivre comme un client choisit un fournisseur de services. Ainsi, les états seront comparés dans leur capacité à fournir une protection adéquat pour un coût raisonnable (c’est d’ailleurs ce que font la plupart des riches depuis longtemps).
Conclusion
Ce n’est pas une lecture facile. Le livre est très détaillé et fait beaucoup d’aller-retour dans l’histoire rendant compliqué le parcours mais cela en vaut la peine. La théorie est très bien étayée par les faits et la recherche documentaire et la thèse des auteurs même si elle est discutable, est assez probable. La précision des annonces est étonnante. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le livre ne fait pas du catastrophisme gratuit, il décrit simplement une nouvelle organisation de la société où les personnes les plus compétentes auront tous les outils à leur disposition pour créer et où les états devront s’adapter pour survivre. Ceux qui possèdent l’information et qui sont capables de la mettre en oeuvre seront en mesure d’attirer une grande partie de la richesse.
Intéressant, non ?






