Plus-value en bourse : comparaison du calcul FIFO et du prix moyen pondéré

Plus-value en bourse : l’erreur à 471 € des courtiers étrangers

Michael FerrariComment investir en bourse Leave a Comment

Je me souviens de l’année où ma déclaration d’impôts a été fausse.

Et la vôtre l’est peut-être aussi. Si vous investissez chez un courtier étranger, il y a de fortes chances que votre plus-value en bourse ait été déclarée avec la même erreur que la mienne.

Ce que j’avais fait, c’est prendre les gains sur mon relevé Interactive Brokers, soustrait mes pertes, reporté le total dans ma déclaration. Terminé.

Sauf que non. Chez un courtier étranger, ce raccourci vous fait déclarer trop, et payer un impôt que vous ne devez pas.

Dans mon cas : 1 500 € déclarés en trop, et 471 € d’impôt payés pour rien.

Voici pourquoi votre plus-value en bourse se retrouve gonflée, et surtout comment corriger ça proprement, y compris avec une IA qui fait le recalcul à votre place.

Précision importante avant d’aller plus loin : cet article s’adresse aux résidents fiscaux français.

Si vous déclarez vos impôts dans un autre pays, la règle applicable n’est pas la même, et dans plusieurs pays le relevé de votre courtier est déjà correct. J’y reviens en détail plus bas.

Sommaire

Pourquoi votre plus-value en bourse est mal calculée chez un courtier étranger

Deux choses se combinent pour fausser votre plus-value en bourse quand vous passez par un courtier étranger comme Interactive Brokers ou DEGIRO.

Chez un courtier étranger, il n’y a pas d’IFU

Chez un courtier français, vous recevez un Imprimé Fiscal Unique. Quelqu’un a déjà fait le calcul pour vous, les cases sont pré-remplies, vous n’avez qu’à vérifier. (et il y a parfois des erreurs…)

Chez un courtier étranger, personne ne calcule rien.

C’est à vous de reconstituer vos plus et moins-values, ligne par ligne.

Le relevé qui affiche votre plus-value en bourse n’est pas une pièce fiscale française, c’est un document commercial calculé selon des conventions qui ne sont pas les nôtres.

Si vous hésitez encore sur le choix de votre intermédiaire, ce point mérite d’entrer dans votre grille de comparaison. J’ai détaillé les critères dans mon guide sur comment bien choisir son courtier en bourse.

Votre relevé applique le FIFO, la France impose le prix moyen pondéré

C’est là que se joue toute l’erreur. Le relevé de gains et pertes de votre courtier étranger applique la méthode FIFO, celle qui domine dans le monde anglo-saxon.

Le fisc français, lui, attend le prix moyen pondéré.

FIFO (méthode anglo-saxonne)Prix moyen pondéré (méthode française)
LogiqueVous vendez d’abord vos titres les plus anciensTous vos achats sont fondus en un seul prix de revient moyen
Sur une ligne qui a montéSort vos titres les moins chers en premier, ce qui gonfle le gain affichéLisse le coût, donc plus-value réelle
Résultat déclaratifPlus-value surévaluéePlus-value exacte au sens fiscal français

Sur une ligne qui a pris de la valeur, vos titres les plus anciens sont les moins chers (en théorie). Le FIFO les sort en premier au moment de la vente, donc il affiche un prix d’achat bas et une plus-value en bourse artificiellement élevée.

La France retient une autre logique : vous additionnez tous vos achats d’une même ligne, vous divisez par le nombre de titres, et c’est ce coût moyen qui sert de base.

Ce n’est pas une interprétation, c’est la doctrine officielle : le Bulletin officiel des finances publiques consacre une section entière à la règle du prix moyen pondéré en cas de cession de titres de même nature acquis pour des prix différents, en application de l’article 150-0 D du Code général des impôts.

Votre courtier, lui, applique la règle de son pays. Pas la vôtre.

Plus-value en bourse : comparaison du calcul FIFO et du prix moyen pondéré

L’exemple chiffré : 1 500 € déclarés en trop

Prenons une ligne achetée en deux fois :

  • 30 titres à 50 €, soit 1 500 € (achat ancien)
  • 30 titres à 150 €, soit 4 500 € (achat récent)

Vous détenez donc 60 titres pour un coût total de 6 000 €, soit un prix moyen pondéré de 100 € par titre.

Vous revendez 30 titres à 200 €, soit 6 000 € encaissés.

En FIFO, ce que dit votre relevé. On sort les 30 titres les plus anciens, achetés à 50 €. Coût retenu : 30 × 50 = 1 500 €. Plus-value affichée : 6 000 − 1 500 = 4 500 €.

Au prix moyen pondéré, ce que veut le fisc. Coût retenu : 30 × 100 = 3 000 €. Plus-value réelle : 6 000 − 3 000 = 3 000 €.

Différence : 1 500 € de plus-value en bourse déclarés en trop. Au prélèvement forfaitaire unique, dont le taux global est passé à 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux) pour les cessions réalisées depuis le 1er janvier 2025, cela fait 471 € d’impôt payés pour rien.

C’est exactement le mécanisme qui a rendu ma déclaration fausse. Multipliez par le nombre de lignes et d’allers-retours dans l’année, et la note grimpe vite.

Bilan : 471 € offerts au Trésor public. Sans reçu. 🤯

Comment est calculée l’imposition d’une plus-value en bourse en 2026

Puisqu’on parle de chiffres, autant poser le cadre complet, parce que beaucoup d’investisseurs sont restés sur l’ancien taux.

Depuis 2018, une plus-value en bourse réalisée sur un compte-titres ordinaire est soumise au prélèvement forfaitaire unique, la flat tax. Son taux global est aujourd’hui de 31,4 %, décomposé en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Ce n’est plus 30 % : la hausse de la CSG sur les revenus du capital s’applique aux cessions réalisées depuis le 1er janvier 2025, donc à la déclaration que vous avez déposée ce printemps.

Ce prélèvement s’applique de plein droit. Vous pouvez opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu en cochant la case 2OP, mais l’option est globale : elle vaut pour l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l’année, dividendes compris. Elle n’a d’intérêt que si votre taux marginal d’imposition est faible.

Le point à retenir pour la suite : chaque euro de plus-value en bourse déclaré en trop vous coûte 31,4 centimes. C’est ce qui rend une simple erreur de méthode aussi chère.

Vous croyez vraiment que l’administration va vous appeler pour vous dire que vous avez trop payé ?

Deux pièges qui aggravent l’écart

Le FIFO n’est pas le seul écart entre la plus-value en bourse de votre relevé et ce que la France attend. Deux détails techniques creusent encore la différence.

La conversion doit se faire au taux du jour, pas au taux moyen de l’année

Si votre courtier reporte en devise, en dollars par exemple, chaque opération doit être convertie en euros au taux de change du jour de l’opération. Pas au taux moyen annuel, pas au taux du 31 décembre. Sur un portefeuille actif en dollars, l’écart entre les deux méthodes se chiffre facilement en centaines d’euros.

Le prix moyen pondéré se recalcule à chaque nouvel achat

Le PMP n’est pas figé une fois pour toutes. Chaque fois que vous renforcez une ligne, il faut le recalculer. Si vous avez renforcé six fois dans l’année sur la même valeur, vous avez six recalculs à faire avant même de toucher à vos ventes.

Autant de raisons de ne pas faire ce travail à la main.

Trois cents lignes, un tableur, un dimanche soir. Bon courage.

Attention : cette règle ne vise que les résidents fiscaux français

Tout ce qui précède repose sur un présupposé : vous êtes résident fiscal français. C’est la France qui, dans ce cas précis, impose de calculer la plus-value en bourse au prix moyen pondéré.

Si vous êtes résident fiscal d’un autre pays, oubliez le PMP. C’est la règle de votre pays de résidence qui s’applique, et beaucoup de pays retiennent justement le FIFO, celui-là même que votre courtier utilise par défaut. Dans ce cas, le relevé de votre courtier est déjà correct, et le recalcul décrit dans cet article vous ferait au contraire déclarer faux.

Voici quelques exemples, à titre indicatif. Cette liste n’est pas exhaustive et les règles évoluent : vérifiez auprès de l’administration fiscale de votre pays de résidence.

PaysMéthode retenueLe relevé FIFO du courtier est
États-UnisFIFO par défaut, identification spécifique possiblecorrect
PortugalFIFOcorrect
AllemagneFIFOcorrect
EspagneFIFOcorrect
IrlandeFIFO, avec règle des 4 semainescorrect
FinlandeFIFOcorrect
Suisseplus-values mobilières privées généralement non imposéessouvent sans objet

Autrement dit : au Portugal, ce que fournit votre courtier est bien calculé et il n’y a rien à corriger. En France, c’est l’inverse. Même logique côté conversion de devise, la France exige l’euro au taux du jour quand un autre pays peut raisonner directement dans sa propre monnaie.

Vérifiez les options d’appariement de votre courtier

Dernier point utile, quel que soit votre pays de résidence. Certains courtiers vous laissent choisir la méthode d’appariement des lots qui servira à calculer la plus-value en bourse de votre relevé fiscal : FIFO, LIFO, identification spécifique, minimisation du gain.

Peu proposent directement le prix moyen pondéré à la française, c’est souvent réservé aux fonds plutôt qu’aux actions. Mais jeter un œil aux paramètres fiscaux de votre compte ne coûte rien. Dans le meilleur des cas, vous obtenez un relevé déjà exploitable et vous vous épargnez tout recalcul. Sinon, l’IA prend le relais.

C’est un truc tout bête, mais ça se planque dans un menu que personne n’ouvre jamais.

Recalculer sa plus-value en bourse avec une IA, étape par étape

Recalculer la plus-value en bourse de tout un portefeuille au prix moyen pondéré à la main, c’est long et source d’erreurs. C’est exactement le genre de tâche répétitive et calculatoire où une IA vous fait gagner des heures, à condition de lui donner les bonnes données et le bon cadre.

Étape 1 : exportez votre historique complet de transactions

Depuis l’espace de votre courtier, récupérez le relevé complet des opérations, tous les achats et toutes les ventes. Chez Interactive Brokers, le chemin est Performance & Reports, puis Statements, puis Activity, en choisissant la période « année civile » et le format CSV.

Attention au piège : ne prenez pas le relevé de gains et pertes, il est déjà figé en FIFO. C’est l’historique brut des transactions qu’il vous faut. Les colonnes qui comptent : date, sens (achat ou vente), valeur, quantité, prix unitaire, devise, frais.

Étape 2 : imposez la règle française à l’IA, pas seulement les chiffres

Le piège serait de laisser l’IA reprendre le total FIFO du relevé. Vous devez lui imposer explicitement la méthode du prix moyen pondéré. Voici un prompt prêt à copier :

Tu es assistant fiscal. Je suis résident fiscal français et j'ai un
compte-titres chez un courtier étranger (pas d'IFU).

Voici mon historique de transactions [colle le CSV ou joins le fichier] :
date, sens (achat/vente), ticker, quantité, prix unitaire, devise, frais.

Recalcule mes plus et moins-values selon la règle FRANÇAISE :
- Coût de revient = PRIX MOYEN PONDÉRÉ par ligne (pas de FIFO).
- Recalcule le PMP à chaque nouvel achat de la même ligne.
- Convertis chaque opération en euros au taux de change du JOUR de
  l'opération (pas un taux annuel moyen).
- Intègre les frais dans le coût d'acquisition et en déduction du prix
  de cession.

Rends-moi, ligne par ligne : PMP retenu, prix de cession, plus ou
moins-value en euros. Puis le TOTAL des plus-values et des moins-values,
et le net imposable. Explique chaque calcul pour que je puisse le vérifier.

Étape 3 : vérifiez, ne faites pas confiance aveuglément

Reprenez une ou deux lignes à la calculatrice pour vous assurer que l’IA applique bien le PMP, et pas un FIFO déguisé. Une IA peut se tromper sur un taux de change ou une conversion. Le calcul doit être traçable, pas une boîte noire. C’est pour ça que le prompt demande d’expliquer chaque étape.

Un contrôle simple : sur une ligne achetée en plusieurs fois, le PMP retenu doit toujours tomber entre votre prix d’achat le plus bas et votre prix d’achat le plus haut. S’il colle exactement à l’un des deux, l’IA a probablement gardé le FIFO.

Étape 4 : reportez les bons montants sur le formulaire 2074

Une fois votre plus-value en bourse recalculée, vous reportez le détail dans le formulaire 2074, celui du calcul des plus-values, et le résultat dans la déclaration principale, cases 3VG pour la plus-value et 3VH pour la moins-value.

Le formulaire 2074 est précisément là pour justifier un calcul que le courtier n’a pas fait pour vous. Le remplir n’est pas un aveu de complexité suspecte, c’est la procédure normale quand il n’y a pas d’IFU.

Bref, remplissez-le.

N’oubliez pas de déclarer le compte lui-même

Le calcul de votre plus-value en bourse est une chose. L’existence du compte en est une autre, et beaucoup d’investisseurs l’oublient.

Tout compte ouvert, détenu, utilisé ou clos à l’étranger doit être déclaré chaque année, via les formulaires annexes 3916 et 3916 bis, en même temps que votre déclaration de revenus. Cela vaut pour votre compte de courtage, mais aussi pour un compte PayPal ou une néobanque étrangère.

L’administration fiscale est explicite sur la sanction : l’amende est de 1 500 € par compte non déclaré, et de 10 000 € par compte si celui-ci se trouve dans un pays qui n’a pas signé de convention d’échange d’informations fiscales avec la France.

Autant dire que l’oubli coûte bien plus cher que l’erreur de PMP.

Vous avez jusqu’au 30 novembre 2026 pour corriger

Bonne nouvelle : une erreur de déclaration, ça se rattrape sans drame.

Le service de correction en ligne est ouvert sur impots.gouv.fr du 29 juillet au 30 novembre 2026 inclus. Vous vous connectez à votre espace, vous cliquez sur « Accéder à la correction en ligne », et vous modifiez vos chiffres. L’administration recalcule et vous rembourse le trop-payé.

Si vous avez fait le même raccourci que moi ce printemps, reporter bêtement le total du relevé, c’est le moment de refaire le calcul au prix moyen pondéré. Sur plusieurs lignes, ce ne sont pas 471 € mais potentiellement bien plus que vous récupérez.

Passé le 30 novembre, ce n’est pas perdu pour autant, mais la voie change : il faut alors passer par une réclamation contentieuse depuis votre messagerie sécurisée, ce qui est plus lent et demande de justifier votre calcul. Autant profiter de la fenêtre pendant qu’elle est ouverte.

Questions fréquentes sur la plus-value en bourse chez un courtier étranger

Mon PEA est-il concerné par ce problème ?

Non. Dans un PEA, les arbitrages internes ne sont pas imposés tant que vous ne faites pas de retrait, et l’établissement qui tient le plan produit les documents fiscaux. Le problème du prix moyen pondéré concerne le compte-titres ordinaire ouvert chez un courtier étranger. Si le fonctionnement du plan vous échappe encore, commencez par le guide complet du PEA.

Et si je n’ai pas gardé mon historique de transactions ?

Tous les courtiers sérieux conservent l’historique complet du compte et permettent de l’exporter sur plusieurs années. Si vous avez transféré votre portefeuille d’un courtier à un autre, récupérez aussi l’historique du premier : sans les achats d’origine, aucun prix moyen pondéré n’est calculable.

Les frais de courtage entrent-ils dans le calcul ?

Oui. Les frais d’acquisition s’ajoutent au prix d’achat et les frais de cession se déduisent du prix de vente. Sur des allers-retours fréquents, les intégrer réduit mécaniquement la plus-value imposable. C’est aussi une raison de plus de surveiller de près le coût de votre courtier.

Que faire de mes moins-values ?

Elles s’imputent sur les plus-values de même nature de la même année, et le solde négatif est reportable sur les dix années suivantes. Encore faut-il l’avoir déclaré l’année où il est né : une moins-value non déclarée est une moins-value perdue.

Faut-il passer par un expert-comptable ?

Pour un portefeuille simple, quelques lignes et peu de mouvements, un tableur ou une IA bien cadrée suffit largement. Si vous cumulez de nombreux allers-retours, plusieurs devises et des instruments particuliers, l’avis d’un professionnel devient un bon investissement. Dans tous les cas, c’est vous qui signez la déclaration.

Ce que ça dit de votre façon d’investir

Cette erreur n’est pas grave en soi, elle se corrige. Ce qu’elle révèle est plus intéressant.

Quand on gère son portefeuille en direct, sur un courtier étranger, personne ne fait le travail à votre place. Ni le calcul du prix moyen pondéré, ni la conversion en euros, ni l’arbitrage entre les lignes. C’est le prix de l’autonomie, et c’est aussi ce qui vous rend meilleur investisseur.

Une soirée de travail, 471 € récupérés. Faites le calcul du taux horaire 🙂

Choisir ses lignes, calculer ses coûts réels, déclarer juste : ça fait partie du métier d’investisseur autonome, au même titre que de savoir quel capital placer pour vivre de la bourse ou de construire un portefeuille ETF qui tient la route.

C’est exactement ce que je transmets dans ma formation Portefeuille Liberté Financière : un socle d’ETF qui grandit et des dividendes qui tombent, que vous construisez une fois et que vous pilotez ensuite en quelques minutes par mois. Comprendre ce que vous détenez et pourquoi, et ne pas laisser la fiscalité ou un relevé mal lu grignoter vos rendements.

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Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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