La notion de retraite telle que nous l’imaginons est bien (et de plus en plus) loin de celle de nos parents et de nos grands-parents : les gens cherchent à atteindre le stade de la “Fuck you money“. Dans l’interview de Jacob de EarlyretirementExtreme, il disait :
“Pour ceux qui ont fait la Deuxième Guerre mondiale, la retraite arrive lorsque tu as vécu ta vie à fond et qu’il ne te reste plus qu’à aller en maison de retraite. J’ai eu des gens de 70 ans qui m’ont dit « tu n’es pas retraité, tu travailles toujours ». Pour les baby-boomers, à 60 ans tu as fini ton devoir envers la société et tu as de l’argent pour faire tout ce que tu n’as pas fait (Las Vegas, Disneyland, voyage…), car tu n’avais pas le temps.”
Désormais, ce que recherchent les gens, c’est à avoir la possibilité de se soustraire aux contraintes et à la pression d’une société se durcissant ou n’étant tout simplement pas épanouissante. L’individualisme n’est pas uniquement négatif, il nous pousse aussi à chercher à se réaliser. L’une des campagnes publicitaires pour le loto qui avait marqué les gens montrait un salarié qui venait dire au revoir à son employeur en slip en chantant “Au revoir, au revoir président !”.
La “Fuck you money”, est donc utilisé comme argument commercial, elle est valorisée. Cela devient un nouveau statut social qui va plus loin que l’indépendance financière ou l’état de rentier car ici l’objectif c’est de fuir ou rejeter quelque chose, pas simplement d’être indépendant.
Quand aurez-vous votre “Fuck you money” ?
La question pertinente est alors : quand. Quand serez-vous en mesure de dire merde à la plupart de vos obligations motivées par des raisons financières ? S’il était admis pour nos parents qu’il faut/fallait attendre l’âge de la retraite officielle (qui ressemble de plus en plus à un lièvre insaisissable), notre génération se détache de cette chimère, elle ne croit plus à la promesse de solidarité intergénérationnelle (un grand merci à la gestion politicienne des finances au passage).
Pour déterminer ce quand, il faut évidemment savoir de quoi vous avez besoin. Que cela soit le TMI (Target Montly Income) de Tim Ferriss ou le minimalisme de Jacob, il existe une multitude d’approche pour définir ce dont vous avez besoin car cela détermine, à revenus constants, à quel horizon votre “fuck you day” est possible. La tendance naturelle, c’est malgré tout de vouloir vivre un train de vie identique mais la difficulté c’est que pour beaucoup de gens cela signifie qu’il faut bosser continuellement car ils n’ont pas de revenus passifs suffisants pour cela. Trop d’envies et une confusion avec vos véritables besoins est souvent le synonyme de “Never”. Si vous voulez voir ce jour arriver, il va vous falloir un bon plan (envoyez-moi une invitation le jour J !).
Les symptômes de la “fuck you money” ressemblent évidemment beaucoup à ceux de l’indépendance financière :
- liberté d’organiser son temps Niveau 3
il s’agit souvent de beaucoup moins que ce que l’on imagine. Lorsque vous travaillez, la consommation est un moyen naturel pour justifier et rationaliser une partie de ce que vous devez endurer. Il est assez difficile lorsqu’on est pris dans le quotidien d’aller devoir travailler d’imaginer que notre bonheur puisse beaucoup moins dépendre de ce que l’on consomme. Essayez de ne plus rien acheter (hormis pour vous nourrir) pendant un mois et vous verrez :).C’est exactement l’histoire du pêcheur Mexicain et du MBA Américain, en voici un rappel :
Au bord de l’eau dans un petit village côtier mexicain, un bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons. L’Américain complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses poissons et lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer :
» Pas très longtemps « , répond le Mexicain.
» Mais alors, pourquoi n’êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus? » demande l’Américain. Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffiront à subvenir aux besoins de sa famille.
L’Américain demande alors : » Mais que faites-vous le reste du temps? »
» Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir, je vais au village voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J’ai une vie bien remplie « .
L’Américain l’interrompt : » J’ai un MBA de l’université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l’argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu’à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers. Au lieu de vendre vos poissons à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l’usine, et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico City, Los Angeles, puis peut-être New York, d’où vous dirigeriez toutes vos affaires. »
Le Mexicain demande alors : » Combien de temps cela prendrait-il? »
» 15 à 20 ans « , répond le banquier américain.
» Et après? »
» Après, c’est là que ça devient intéressant « , répond l’Américain en riant.
» Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions « .
» Des millions? Mais après? »
» Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos petits-enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis. «
- vous n’avez pas peur de perdre votre boulot mais plutôt de voir votre source de cashflow fondre
- la notion du temps change car il devient possible de le consacrer à des choses que vous auriez considéré comme impossible auparavant (construire des choses avec vos mains, lire pendant une matinée, rester avec quelqu’un de malade…)
