Trop de trucs chez soi

Michael Ferrari Développement personnel, Faire des économies, Psychologie de l'argent 14 Commentaires

book shelf project 1 ~ striatic {notes}

Nous avons trop de choses chez nous et cela nous coûte beaucoup trop d’argent. En lisant cet article vous pourriez devenir frugal et plus riche dès demain !

L’habitude d’accumuler des choses est récente. Je me souviens de photos que j’ai vu de maisons de mes anciens dans les années 60 ou 70 et les intérieurs étaient souvent assez vides. Il y avait quelques meubles massifs et parfois quelques bibelots mais cela restait spartiate.

Désormais et depuis longtemps, c’est l’abondance. Les choses coûtent si peu chères à fabriquer et à acheter que l’on s’offre facilement des choses pour chez soi, il est aussi devenu de bon ton d’offrir des objets aux autres en dépit de leur goût. Le choix des choses à accumuler est aussi beaucoup plus large. Auparavant, vous ne pouviez guère accumuler autre chose que des livres mais nous voilà avec DVD, CD, livres, décorations, magazines…

La plupart de ces choses n’ont aucune valeur marchande. Pour vous en convaincre, allez à une brocante et vous trouverez des Blu-ray récents à 3 €. Elles n’ont souvent que la valeur que l’on leur accorde et celle-ci a une tendance naturelle à augmenter avec le temps.

Plus on voit quelque chose, plus on se familiarise avec et plus on tend à lui donner de l’importance alors qu’en fait ça reste le même bibelot à 2 € fabriqué en Chine et que vous avez payé 15 €.

Nous avons ainsi tendance à accumuler avec le temps de plus en plus de choses au fil des modes ou des changements technologiques : demandez à ceux qui possèdent des cassettes vidéos.

Je n’ai pas de DVD pour cette raison. En fait, le support ne m’intéresse pas bien que ça soit ce que vendent les producteurs (si quelqu’un pouvait leur faire passer le message…), je ne veux que le contenu et je veux que ce contenu ne prennent pas de la place chez moi. J’ai bien sûr reçu quelques DVD en cadeaux à diverses occasions mais ce sont là des objets particuliers qui ont autant d’importance d’un point de vue du contenu que pour le symbole du cadeau.

Le film n’a pas besoin de support pour être regardé. Le livre est différent bien que des solutions sérieuses de livre électronique arrivent sur le marché. J’ai pas mal de livres et je pense que c’est un objet particulier : le seul que j’accumule sans problème.

Quoi qu’il en soit, je sais que lorsque je n’avais pas d’argent et que la pièce dans laquelle je vivais était désespérément vide, je cherchais par tous les moyens à la remplir quitte à ce que ça soit avec des choses sans véritable importance pour moi.

Plus tard, j’ai compris que je cherchais simplement à croire que mon intérieur avait de la valeur. Je pensais qu’en accumulant des choses qui avaient à ce moment là de la valeur pour moi, j’allais améliorer la valeur de l’ensemble. Maintenant j’ai surtout tendance à considérer que le moins possible est le mieux : le minimalisme est le luxe des riches.

Vous reconnaissez d’ailleurs souvent les maisons de personnes riches de celles des pauvres à ce type de détails : l’un pratique le minimalisme, l’autre accumule l’apparence de valeur.

Lorsque j’ai commencé à avoir de l’argent, j’ai emménagé dans un appartement dont la plupart des meubles avaient été fabriqué avec des cartons de livraison de nourriture (de gros cartons épais). Ce n’était pas par économie mais parce que je trouvais ça marrant de pouvoir vivre ainsi et que je savais qu’en quelques heures je pouvais remeubler totalement l’appartement. Bien évidemment lorsque mon amie arriva pour emménager avec moi, nous avons dû acheter de vrais meubles 🙂

Le truc, c’est que les choses sont le reflet de nos croyances et de notre sentiment de sécurité. Ce sentiment peut à lui seul vous maintenir dans la relative pauvreté (moins de 3 000 € / mois comme le pensent certains hommes politiques).

Classiquement, les personnes les plus petites ont tendance à parler fort ou à parler souvent, ceux qui sont peu sûr d’eux ont aussi tendance à afficher un excès de confiance en soi et ceux qui ont peur de manquer d’argent ont tendance à accumuler des trucs sans valeur.

L’accumulation détourne notre attention un peu ce qui se passe lorsqu’on est assailli de publicité dans le métro ou par du sexe dans la publicité : notre cerveau fait abstraction des détails. Parfois nos trucs accumulés nous dérangent : ils faut les nettoyer, s’en préoccuper ou encore les ranger. C’est un point crucial que l’on néglige mais plus votre environnement est dense, plus votre attention travaille pour y trouver quelque chose ou pour y naviguer.

Si vous n’allez pas au supermarché pendant 2 ou 3 mois, vous vous rendrez compte de l’agression sournoise de l’ensemble des affiches, du parcours imposé parmi les rayons ou de l’ordre des étagères. Tout est fait pour vous orienter et vous souhaitez faire votre propre choix, vous allez devoir faire un effort de conscience notable : c’est très fatiguant et la même chose se passe dans votre salon ou votre chambre si elle est chargée de trucs.

Lorsqu’on garde et que l’on accumule, on pense que l’on est riche car on est entouré de valeur. La plupart des choses n’ont aucune valeur : la preuve essayez de les vendre. Ils ne possèdent que leur valeur d’usage ou leur valeur sentimentale et ce sont sur ces 2 critères que l’on devrait sélectionner les choses à garder.

Le risque est de glisser d’une valeur d’usage (une imprimante à 99€) à une valeur sentimentale (achetée avec son premier salaire…) : c’est le signe qu’il faut jeter !

Jeter n’est pas simple.

C’est un exercice qui m’est difficile car je n’aime pas le gaspillage et je me demande toujours comment donner une seconde vie à l’objet désigné pour aller voir ailleurs : ça n’est pas évident mais ça ne doit pas être un frein.

On jette souvent au printemps, à l’occasion du fameux ménage mais ça n’est pas la peine d’attendre jusque là pour le faire.

Voici donc un résumé des actions à faire !

1 – Ne remplissez pas votre maison de trucs sans valeur

2 – Videz-là de celles qui y sont déjà

3 – Avant d’ajouter quelque chose demandez-vous : « Est-ce que ça va rendre ma vie meilleure ? »

image par striatic

Commentaires 14

  1. C’est surtout un état d’esprit: je suis coutumier de la chose depuis pas mal de temps. C’est fou l’effet bénéfique de bien-être que ça procure de « faire le tri ».

    Pour ceux qui n’en ont pas l’habitude et n’osent pas, petite astuce: commencez par votre armoire de vêtements/ chaussures. Ca permet d’y « voir clair », de savoir ce qu’il nous manque (c’est vrai: on a l’armoire qui déborde et on se dit « je n’ai rien à me mettre », souvent il faut trier pour recomposer ses basiques), et on ne jette pas mais on donne (Croix-Rouge et cie) donc on aide son prochain d’une certaine manière.

    Je déteste aussi les CD et DVD. C’est d’ailleurs malheureusement comme ça que je suis tombé dans le piratage (par manque de supports dématérialisés). Aujourd’hui, je redécouvre les joies de découvrir un artiste via des plateformes comme Deezer et j’achète de plus en plus via l’iTunes Store, mais les majors continuent à vouloir nous imposer des supports préhistoriques, quitte à créer de nouveaux formats comme le Blue-Ray (qui ne résolvent pas le problème du support!!!). Quant à la pauvreté de la VOD…

  2. Tu aurais pu en profiter pour parler justement des profits substantiels que l’on peut générer grâce au e-commerce C2C type ebay en revendant nos saloperies made in China, dont les exportateurs (souvent européens) font des bénéfices faramieux sur le dos de l’ouvrier Chinois aux 300 heures mensuelles à 120€.

    C’est également en me débarrassant de pas mal de trucs que je me suis rendu compte que certains objets qui trainaient chez moi et dont je ne me souciais guère avaient une valeur de plus de 800 euros , juste à cause de leur grand âge.

  3. Post
    Author

    @babar : oui faire le tri procure une sensation très agréable de maitrise de son environnement 🙂
    Les majors continuent de croire qu’elles vendent des DVD alors que les clients veulent acheter des films d’où le problème du prix qu’ils associent au support et non pas à l’oeuvre… Que faire hein !

    @David : j’aborde ce sujet dans mon ebook mais en effet il y a de quoi générer un bon profit et se débarrasser de pleins de choses. C’est un projet à part entière que de mettre en vente tout cela !

  4. une astuce sympa pour se libérer de toutes ces choses qui pourraient aussi faire le bonheur d’autres personnes :
    « pour une entrée : 2 sorties »
    ça donne un petit temps de réflexion non négligeable, qui sait ?!
    et ça donne l’impulsion à ceux qui ont du mal à se libérer

  5. Je possède environ 400 DVD et Blu-ray et pour moi, ces galettes sont indispensables à mon bien être. Effectivement, mes étagères sont pleines de ces petites boîtes peu esthétiques… Mais est-ce une raison pour tout balancer à la poubelle ou tout revendre ? Ne doit-on pas vivre notre passion ?
    Michael, pourquoi tu ne te sépares pas de tes livres ?

    En fait, tout va dépendre de la personne. Il me semble inconcevable de me séparer des mes films, par contre, bruler mes bouquins ou faire du freesbie avec mes disques me semble convenable.

    Et, lorsque mes films prendrons trop de place dans mon intérieur, je jetterai les boitiers et mettrai les DVD et Blu-ray dans une mallette de rangement.

    D’autre part, d’un point de vue économique on peut penser qu’acheter des DVD est complètement stupide. Pourtant, si on analyse la situation, on remarque que pour tout amateur de cinéma cela n’est pas forcément bête. En effet, une sortie ciné en famille coûte maintenant plus cher que le même film en DVD à sa sortie. De plus, posséder le support physique (signifie acheter et non louer) garanti des échanges avec d’autres personnes et ainsi jouir du plaisir de partager une chose qui nous est chère.

    Néanmoins, il s’agit d’un article intéressant qui a le mérite d’ouvrir le débat. Bravo pour cette initiative :!

  6. Post
    Author

    Tu es manifestement passionné par le support tout comme je le suis par le livre.
    J’y trouve simplement une évidente légitimité lorsqu’il s’agit d’un livre alors que pour un film ou un album ça me dépasse 🙂

  7. Effectivement, nous avons peur du vide et préférons meubler, remplir, pour combler une peur somme toute très intérieure … la peur de manquer. Manquer de biens, mais également manquer d’attention, voire d’amour.
    Notre logement est vu comme un alter-ego, un miroir de nous même et dans notre société d’activité et de consommation …. il FAUT avoir l’air très rempli (intérieurement et d’objets).
    La démarche de la frugalité est passionnante, mais impose pour réussir d’avoir déjà franchi quelques étapes sur notre pyramide de progression sociale.
    Encore un excellent article …. vivement la suite.
    Cédric

  8. bonjour
    depuis 1 an maintenant, j’essaye de me débarrasser de tout ce que j’ai mis tant de temps et d’énergie à accumuler au cours des ans!
    quel bien etre!
    j’ai ainsi pu démonter et donner à une copine une armoire de 160cmX 2 m car je l’avais entièrement vidée.
    je fais une brocante par an avec ce que je retrouve au fond de mes placards! Je gagne environ 150€ à chaque fois.

    et maintenant, mon salon est plus grand, moins encombré, un vrai bonheur !!

    et maintenant, avant d’acheter tout objet, je me demande combien il va me rapporter à la brocante… et généralement, l’objet reste dans le magasin !
    CQFD

  9. Pingback: 10 points pour retrouver la liberté | Aventure Personnelle

  10. Excellent article criant de vérité.
    Je commence moi-même à adopter cette attitude du « Less is More ».
    J’ai vidé mon armoire de vêtements complètement inutiles, que je ne voulais pas jeter (gros gachi), et que j’avais la flemme de vendre (trop de démarche pour gagner 5€ sur un pull…).
    J’ai finalement tout mis dans des bennes pour la croix rouge.
    Aujourd’hui j’ai cette satisfaction d’avoir donné des vêtements à des gens qui sont dans le besoin (en bas de la pyramide de Maslow), et je n’ai dans mon armoire que des vêtements que je mets.
    C’est un vide dans mon armoire et aussi dans mon esprit, car même si on est triste au moment ou on vire tout ça, faire du tri permets de garder que ce que l’on aime à portée de vue, ce qui est plus agréable au quotidien.

  11. Merci pour cet article. Il m’a permis d’identifier en moi-même ma tendance à l’accumulation. Souvent, je me dis que acheter un nouvel appartement ou une maison est synonyme de frais immense en terme de meuble et sans m’en rendre compte, je m’imposais le fait de devoir avoir beaucoup de meuble, sans doute par peur du regard de l’autre.
    Je m’étais bien rendu compte du fait que les riches avaient beaucoup plus d’espace chez eux que les pauvres mais je n’avais pas fait le lien. On tient là je pense, la preuve d’un phénomène important dans la réussite de quelqu’un. L’accumulation de choses nous bouffe beaucoup en temps mais aussi beaucoup de conscience : vivre dans un appartement surchargé, fatigue nos yeux et en quelques sortes finit par dégoûter nos yeux de la vue elle-même. La décoration joue aussi un rôle là-dedans, c’est à creuser.

  12. Si vous manquez de place comme moi, j’ai stocké une partie de mes affaires en attendant de trouver plus grand . il existe une nouvelle solution entre particuliers avec une assurance multirisques (incendie, dégâts des eaux, Vol..) http://www.ouistock.fr, ça permet de stocker moins cher mais sans la crainte des arnaques Leboncoin. A essayer.

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