Rêver ou fantasmer, à vous de choisir…

Michael Ferrari Améliorer sa vie 7 Commentaires

Philippe-Geffroy-photoPhilippe est coach et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » : argent et développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Avec Philippe, nous avons créé le séminaire Créez la vie que vous méritez : une expérience unique pour obtenir ce que vous voulez de la vie. Voici Philippe !

Qui n’a rêvé de réaliser ses ….rêves ! Et pourtant, combien vont le faire concrètement ? Combien vont vous en parler régulièrement en commençant par « demain » (je vais créer ma boite) « un jour » (je quitterai cette ville que je ne supporte plus) « lorsque » (j’aurai mis de l’argent de coté, alors je pourrai…). Pas étonnant qu’ils n’y parviendront jamais, il ne s’agit pas de rêves mais de fantasmes. J’ai toujours aimé cette définition de l’intelligence répétée par R T Kiyosaki : la capacité à établir des distinctions subtiles. Subtiles certes, mais déterminantes en terme d’effet de levier.

Nous avons tous des fantasmes (rien à voir dans cette chronique avec les plus connus, les fantasmes sexuels). Les fantasmes sont des constructions imaginaires, des pensées plus ou moins focalisées qui nous projettent dans un autre univers que celui ou nous sommes. Un univers plus beau, ou nous sommes plus beaux, plus riches, plus libres d’utiliser notre temps, nous y sommes dans la plénitude de notre art, tout nous réussi. Ce sont des images fort agréables et lorsqu’on y pense, c’est comme si on y était, on vit des émotions positives, cela est très distrayant. Un de mes fantasmes, lorsque j’avais l’intention de faire une carrière de musicien professionnel (il y a bien longtemps !), était de jouer avec Miles Davis, puis avec Sting. Cette simple perspective me réjouissait, et sa fonction utile était de me permettre de m’abstraire de la réalité que je vivais à l’époque (musicien de variété vivant chichement de petits cachets). Mais ça ne durait hélas pas longtemps… et surtout ça n’engageait aucune ressource ni aucune énergie de ma part. J’attendais un coup de baguette magique, mais il n’est jamais venu. Alors je me suis contenté de jouer leurs morceaux avec mes potes ou sur leurs disques. Et j’ai réalisé d’autres rêves.

Rêves et fantasmes ont une racine commune, ce sont nos aspirations, nos désirs, nos souhaits, ce qu’il y a de meilleur en nous. Mais la différence est que le fantasme se nourrit du principe de plaisir et le rêve du principe de réalité. Pour réaliser un rêve, il y toujours un prix à payer, un choix et des renoncements, un engagement, une détermination qui doit durer, une confiance qui doit s’installer pour relever les défis requis par la mise en action. Pour aller vers l’indépendance financière, il faut maîtriser sa consommation. Pour créer sa boite, il faut quitter son job de salarié. Fantasmer est gratuit, reposant, facilement disponible. La télé est un excellent support pour cela : en se projetant dans des héros de séries ou des candidats à la Nouvelle Star, on abandonne la prise en mains de sa vie.

Les fantasmes sont de dangereuses illusions. Surtout lorsqu’ils proviennent d’une souffrance, d’un mal-être, d’une frustration, d’un sentiment de passer à coté de son potentiel. Ils adoucissent ces sentiments désagréables et permettent de faire bonne figure en société (je fais un job de merde, oui mais un jour…), mais c’est un remède pire que le mal. Oublier ses problèmes n’est pas les résoudre ni les supprimer. Après avoir fantasmé, vous êtes toujours propriétaires à 100% de vos…emmerdes. Lorsqu’un fantasme s’épuise, alors un autre apparait, retardant d’autant la prise en compte de la réalité : on se prive de tout pouvoir d’influence et d’évolution.

La vocation naturelle du rêve est l’incarnation à travers un projet : définition d’un but et de scénarios évolutifs pour le réaliser. A ce titre, le rêve est le plus court chemin d’un point à un autre.

Alors qu’allez-vous choisir ?

Commentaires 7

  1. Alexandre

    Bonjour Philippe,

    la lecture de votre article m’a rappelé tout le cheminement que j’ai fait jusqu’à aujourd’hui pour transformer mes rêves et mes souhaits en réalités. Cela remonte en 2009!

    Avant 2009, je me laissais virevolter ici et là en ne songeant guère à mon futur, ni à mon avenir.

    -« Peu m’importe où je serais dans 5 ans » me disais-je!

    Je dois vous avouer que j’aimais me bercer d’illusions à ne pas savoir où je serais dans 5, 10 ou même 15 ans.

    -« Je serais là où je serais! Là, je vis le moment présent! »

    J’étais bien, mais sans plus.

    Le problème, était que mes fantasmes, mes souhaits et, éventuellement, mes rêves et mes buts, eux ne se taisaient pas. Même qu’ils se faisaient de plus en plus criant avec temps… et le succès des autres autour de moi.

    Un beau jour, j’ai vu, par je ne sais quel miracle, que mon monde commençait à s’effriter: mes dettes d’études qui allaient paralyser ma capacité de continuer à étudier (je ne savais pas où j’allais, alors j’étudiais très peu et passait mon temps à sécher mes cours de niveau collégial), la crise financière qui frappa à la porte de ma région, mes amis qui avaient maintenant un train de vie que je ne pouvais plus supporter avec mon maigre salaire d’ex-étudiant qui n’avait pas terminé de diplôme…

    Il m’a donc fallu développer un plan de sortie de crise. Ce fut ma première planification réelle.

    J’ai trouvé une citation (ou peut-être est-ce mon interprétation de cette citation) , un jour, qui représente bien mon étant d’esprit d’aujourd’hui:

     » Une idée, un rêve, sans échéancier n’est qu’un souhait ».
    Je n’en connais plus la source.

    Je me permets de la partager tout de même, car ce fut cette citation qui me réveilla réellement mon illusion. C’est elle qui me donna le coup de fouet nécessaire à faire des plans, non plus pour me sortir du marasme dans lequel j’étais, mais bien pour me rendre où je voulais être; devenir qui je voulais devenir. En d’autres mots, planifier ma vie.

    Contrairement à ce que je pensais quand j’étais plus jeune, la planification d’une vie n’est pas aussi rigide que je ne le croyais. Beaucoup de nouveaux facteurs, de problèmes à résoudre et de belles découvertes sont venus changer les plans que j’avais prévus au départ.

    La différence d’avec « l’avant 2009 » est qu’aujourd’hui, j’essaie de ne plus me laisser à divaguer dans les illusions et les fantasmes. Je tente toujours d’aller dans une même direction; celle de l’indépendance financière et de mes passions.

    J’espère que ce commentaire sera donné des outils, des arguments à d’autres pour enfin établir une certaine planification de leur vie. J’espère aussi que cette citation résonnera dans votre tête comme elle a « raisonné » dans la mienne:

     » Une idée, un rêve, sans échéancier n’est qu’un [fantasme] ». Pour utiliser le vocabulaire de Philippe.

    1. Philippe

      Merci pour ce témoignage.édifiant. En pilotant effectivement sa vie, on se rend compte chaque matin avec émerveillement qu’il est possible d’obtenir ce qu’on désire ou ce qu’on veut.

  2. Julien Arcin

    J’adore ton article.

    Le nombre de personnes qui « rêvent » sans faire le moindre pas en avant vers leur objectif est hallucinant. La réalité est plus « crue ». Rien n’arrive par hasard, tout est une question de choix et d’investissement personnel.

    Tout le monde rêve et fantasme. Mais ceux qui arrivent à réaliser leurs rêves, on les compte sur les doigt d’une main. La vie n’est malheureusement pas un compte de fée, rien n’arrive si on compte uniquement sur la « chance ».

  3. Adrien

    Bonjour Philippe,

    Merci pour votre article. J´aime beaucoup votre style d’écriture qui permet d´exprimer des concepts complexes sans être trop opaque et repoussant pour le lecteur.

    J’ai adoré le passage où vous faites la distinction entre rêve et plaisir en différenciant le principe de plaisir (le fantasme) et le principe de réalité (le rêve).

    Cependant j´aimerais savoir si vous êtes d’accord avec les deux points suivants car on peut sans doute les confondre, à tort, avec les deux principes cités ci-dessous.
    – La notion de principe dans les tâches que l´on effectue est un pré-requis pour atteindre ses rêves, un des carburants, si n’est l´élément essentiel pour « y arriver » (avec la persévérance bien sûr !)
    – La force des grands Hommes est d´arriver à faire coïncider rêves et fantasmes

    Bonne soirée.

    Adrien

    1. Philippe

      Merci Adrien
      Pour atteindre ses rêves, il y a à se confronter à la réalité, et parfois donc à des taches peu plaisantes mais indispensables. Avoir un but aide à faire face.
      Quand aux grands Hommes, je dirai qu’ils font surtout la différence entre les 2 et orientent leur énergie dans la réalisation… Le reve de certains est le fantasme des autres, l’églité est un mythe, la différence règne…..

  4. Adrien

    Merci Philippe pour votre retour,

    Personnellement je suis un ardent défendeur des tâches dites ingrates dans la mesure où leur réalisation est indispensable à la construction d’une vie saine dans laquelle on réalise ses rêves !
    Oui ! La différence contrairement à notre égalitarisme forcené est aussi le reflet, en partie bien sûr, du mérite de chaque individu !

  5. samuel

    Salut Phillipe,

    Je choisi sans conteste le rêve et les fantasmes ne sont pas mon fort.

    Les rêves donnent du sens à notre vie et leur réalisation nous procure de la satisfaction

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.