L’argent n’est pas un besoin : arrêter d’en demander

Michael Ferrari Comment avoir le mindset pour réussir, Psychologie de l'argent 17 Commentaires

Philippe-Geffroy-photoPhilippe est coach et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » : argent et développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Avec Philippe, nous avons créé le séminaire Créez la vie que vous méritez : une expérience unique pour obtenir ce que vous voulez de la vie. Voici Philippe !

 

Suite de la chronique de la semaine dernière sur le récit de Douglas Kennedy, « Combien ? », consacré aux ressorts psychologiques de l’argent dans différentes places financières, à la fin du siècle dernier (un peu plus de 10 ans, en somme !). La question, posée de différentes manières aux personnes rencontrées, est à peu près la même : qu’est-ce qui fait que vous « marchez-vous » à l’argent, avec quelles stratégies et quelles conséquences sur votre vie ? Et on arrive à un résultat très répandu dans nos sociétés occidentales : derrière la stabilité ou l’opulence financière se cache à la fois une énorme insécurité personnelle et une absence de satisfaction durable qui génère toujours un autre objectif à atteindre, une autre barrière à lever.

Il s’agit d’un engrenage subtil entre deux besoins qu’on peut situer en haut et en bas de la Pyramide de Maslow. En bas, les besoin fondamentaux et la sécurité, en haut la réalisation personnelle.

L’argent n’est pas un besoin. Vous pouvez essayer de déguster vos billets marinés à l’huile d’olive et au piment d’espelette, peu de chances que vous en sortiez rassasiés. Mais, en France par exemple, comment faire sans argent pour se procurer de la nourriture ? Cultiver son jardin, certes. Nourrir sa famille 365 jours par an avec est plus « pointu ». Construisez un abri avec des billets de banque, il s’envolera au premier coup de vent. Mais comment avoir un logement sans argent pour le payer ? Il est donc logique de projeter dans l’argent sa sécurité. Tout va bien jusque là. Mais, à travers les témoignages, qui rejoignent à la fois mon expérience personnelle et l’accompagnement de nombreux clients, on s’aperçoit que plus l’argent s’amasse sur les comptes, et plus le seuil « psychologique » qui garantirait la sécurité augmente également : finalement arrive la peur de ne pas être assez riche. L’idée que l’argent sécuriserait l’existence est une grande illusion puisque chacun est voué à mourir un jour ou l’autre. C’est le premier jeu de dupe avec l’argent : si on ne construit pas sa sécurité intérieure indépendamment des biens matériels extérieurs qu’on peut posséder grâce à l’argent et qu’on accepte pas la précarité de l’existence, il nous en faudra toujours et toujours plus, pour toujours et toujours moins de résultat. Ca ne fait pas rêver !

Passons du coté de la reconnaissance et de la réalisation personnelle. L’appât du gain traduit un besoin d’affirmation de soi, d’extension de son pouvoir et de sa maîtrise. L’argent devient alors un « référent pour nous définir à nos yeux et aux yeux des autres ». On touche aussi le besoin d’appartenance à un groupe social. Cela provoque des tensions car chaque choix porte à conséquence : on gagne ou on perd. Lorsqu’on perd, on recommence, lorsqu’on gagne, on recommence aussi pour ne pas sentir le vide : pour Douglas Kennedy, l’aspiration à plus d’argent revient finalement à se persuader que nous avons une raison d’exister. Une fois qu’on a obtenu ce pour quoi on s’est battu (la grosse voiture, la grande maison et le train de vie qui va avec), on est confronté au deuxième jeu de dupe avec l’argent : on n’est pas comblé ! D’une part la satisfaction issue de la possession est très éphémère, et, pour qu’elle dure, il faut courir après d’autres objets (toujours plus) et de l’autre la peur de perdre ce qui a été acquis rend impossible d’en profiter pleinement. D’où l’impérieuse nécessité, c’est mi qui l’ajoute, de connecter sa vie à des projets qui ont du sens, à contribuer à rendre ce monde meilleur, à prendre soin de ce qui est précieux : les relations, la famille, les amis, l’instant présent, la nature et toutes ces sortes de choses. Pour être joyeux dans le bien être.

Commentaires 17

  1. Mouai… vivons pauvres, allons uniquement d’amour etd ‘eau fraiche.
    En attendant, une sortie chez une amie : 2h de route aller-retour avec autoroute + sortie resto : 50€, paf.
    Un aller retour chez mes parents, 2h de routes également (l’essence ne coûte pas cher).
    Une sortie ciné avec sa « moitié » : 20€.

    Alors, la relation, la famille, les amis, je conçoit que ça doit être une priorité plutôt que de « juste » amasser de l’argent.
    Mais peu importe ce que l’on veut faire, de l’argent il en faut, et si on voulait réellement faire tout ce qu’on voulait, peu importe si cela a du sens, ça coûte de l’argent.

    1. Oui mais il y existe des alternatives, covoiturage, sncf carte de réduction… au lieu d’allé au ciné regarder un film en famille à la maison, faire des jeux de sociétés autour d’un verre… c’est super conviviale. aucune imagination ces français. Faire une ballade à pied ou en vélo c’est pas ce qui coûte le plus cher 🙂