Pourquoi vous prenez des décisions stupides

Michael Ferrari Développement personnel, Devenez plus efficace, Esprit riche 16 Commentaires

Ce que j’adore au sujet de la gestion de ses finances personnelles et de l’efficacité, c’est que ce sont 2 sujets qui possèdent un fond commun : la psychologie humaine !

J’ai fait récemment une présentation auprès de professionnels sur le thème de la productivité personnelle et le sujet a très bien accroché grâce à l’approche humaine des choses qui changent des vieux conseils de nos grands-pères « Gestion du temps » et « gérer ses priorités » qui emmerdent tout le monde et qui sont inapplicables.

Avez-vous déjà entendu le fameux « Quand on veut, on peut ?« , c’est l’une des phrases les plus ridicules qui existent car si c’était le cas nous serions tous minces et riches non ? La réalité est contre-intuitive et plus subtile que cela. C’est particulièrement frappant à propos de notre alimentation. Dans Conditionnés pour trop manger l’auteur compte que nous prenons 200 décisions par jour à ce sujet et il démontre que maigrir ou grossir se joue à 100 calories par jour. Il explique que si la plupart des régimes fonctionnent (du moins au début) c’est parce qu’ils restreignent nos choix et donc les erreurs que l’on peut commettre à cause de la faiblesse de notre volonté.

La vérité est ailleurs, dans le fonctionnement de notre cerveau, car ce qu’ont montré les études sociologiques menées à ce sujet c’est que notre volonté est un réservoir fini, appelons ça de l’énergie mentale. Lorsqu’il est épuisé, nous n’en avons plus et c’est ce qui nous fait prendre des décisions stupides (vous connaissez quelqu’un s’étant fait tatouer alors qu’il y résistait depuis plusieurs années et qui maintenant le regrette ?).

Un article du New York Times en parlait encore récemment où ils illustraient le fait que le timing de la journée influence la décision du juge alors que les cas jugés sont identiques:

« Les prisonniers qui sont jugés tôt dans la matinée sont remis en liberté conditionnelle 70 % du temps alors que ceux l’étant en fin de journée ne le sont même pas 10 % du temps ».

Pourquoi ce choix ? Parce que c’est la décision « facile » qui l’expose le moins à une erreur.

Et que dire de votre argent ? Quelles sont les chances de bien gérer les choses si vous devez prendre 30 décisions chaque mois (quand virer l’argent sur le PEL, quand acheter mes ETF, combien mettre, …)? Elles sont proches de 0 (à part pour les psychorigides du fond). C’est pour cela que dans Devenez Riche la solution est d’automatiser au maximum les choses.

Notre fonctionnement au cours de la journée est toujours le même : le matin nous « avons » 100% de nos capacités puis la journée passant elles se réduisent et nous exposent au risque de faire de mauvais choix. Gérez-vous votre argent le soir en rentrant du boulot ?

La faiblesse de la volonté explique pourquoi quelqu’un de censé et d’adorable se met à crier après ses enfants, va s’empiffrer au Mac Do et achète le premier produit miracle pour devenir riche. L’effet similaire est observé lorsque vous faites vos courses le ventre vide (vous allez dépenser plus) ou que cela fait 2 heures que vous faites les boutiques (vous allez acheter un truc moche ou inutile). Vous vous souvenez de la fatigue que l’on ressent après avoir établi une liste de cadeaux ?

Pourquoi les pauvres le restent

Il est facile de blâmer les gens, de leur reprocher leur supposée fainéantise ou leur manque d’ambition mais la psychologie nous éclaire à nouveau sur des phénomènes importants.

Lorsqu’il s’agit d’argent, il est facile d’expliquer (en partie) pourquoi les pauvres le restent: ils ont tellement de décisions à prendre au sujet de l’argent chaque jour qu’il devient inévitable de faire de mauvais choix. Pour vous, payer un déjeuner 10 ou 15 € n’est peut être pas un problème mais pour votre collègue au SMIC, c’est une décision qu’il va analyser scrupuleusement pendant plusieurs secondes/minutes avant de se prononcer. S’il refuse, il aura puisé dans son réservoir de volonté et cela l’expose à de mauvaises décisions dans d’autres domaines.

Les chercheurs pensent que le nombre de décisions prises diminuent ensuite la capacité qu’ont les pauvres de se concentrer sur leur travail et leur compétence, éléments qui pourraient justement changer leur statut social. Vous vous demandez encore pourquoi les « goodies » sont placés à la caisse du supermarché ? Vous comprenez un peu mieux l’intérêt de vous noyer sous des tonnes de bons de réduction ?

Utilisez votre propre psychologie à votre avantage

C’est une idée simple : ne prétendez pas que vous êtes un robot (sans quoi vous serez remplacé un jour) mais prenez en compte vos faiblesses. Lorsqu’il s’agit d’efficacité personnelle, il est plus simple de couper toutes les sources de distraction pendant une période donnée (indisponibilité choisie) que de résister toute la journée au fait d’ouvrir la fenêtre de chat.

Mettez-vous dans une position où vous évitez de reprendre sans cesse les mêmes décisions comme lorsqu’il s’agit d’alimenter votre compte épargne.

Shootez-vous au glucose

Ce que mettent en évidence les études, c’est qu’un apport en glucose permet d’alimenter temporairement la capacité de décision et nous redonne un peu de contrôle sur nos décisions.

5 conseils pour vous éviter de regretter un choix

  • automatisez vos décisions lorsque c’est possible (prendre la même décision chaque semaine est inutile)
  • arrêter de croire que vous êtes toujours en capacité de prendre de bonnes décisions
  • prenez les décisions importantes le matin
  • si vous devez décider quelque chose en fin de journée, essayez de reporter au matin suivant
  • si ce n’est pas possible mangez quelque chose d’énergétique (bar céréale, fruit) avant

 

Crédit image : renjith krishnan

Commentaires 16

  1. alteriche

    Merci pour cette réflexion un peu atypique.
    Effectivement la prise de décision n’est pas toujours aisée ni positivement intuitive.

    La volonté est en revanche une arme efficace lorsqu’il s’agit de chasser définitivement une mauvaise habitude.
    J’ai arrêté de fumer il y a 10 ans grâce à la volonté (et aux patchs), je n’ai jamais repris. Certes cela a été facilité par l’évolution sociétale (marginalisation des fumeurs).
    Cela peut aussi s’appliquer à d’autres habitudes: arrêter définitivement les pâtisseries par exemple (même si les tentations sont nombreuses, surtout face au mutisme des pouvoirs publics, sanglés par le lobbying agro-alimentaire), ou encore stopper les dépenses « spontanées » de plus de 100€ par exemple.

    En revanche, lorsqu’il s’agit d’instaurer une bonne habitude, la volonté ne suffit plus.
    Faire du sport, se payer en premier, lire régulièrement…etc.
    Le petit diable derrière son épaule rôde toujours…
    La seule manière que j’ai d’y faire face, c’est de m’y contraindre par un planning établi à l’avance: si je pose mes sorties de course à pied comme un RDV, j’ai moins de chance de procrastiner.
    Cela demande aussi de la volonté: celle de ne prendre aucune décision qui sorte de ce planning établi, jusqu’à ce que ça devienne une habitude établie, un besoin.
    Et je cours le soir (il m’est arrivé de faire des sorties à minuit ou 1h…)!

  2. Guillaume de komment devenir riche

    Très bon article!!

    Personnellement, je prends mes décisions très rapidement pour des choses pas très importantes.
    Pour des points importants, je pèse rapidement le pour et le contre et ensuite j’avance.

    Il y a pour moi quelque chose de pire que de prendre des mauvaises décisions: NE PAS EN PRENDRE 🙂

  3. gunday

    J’aime bien l’article, mais quelques points me chiffonnent :

    « automatisez vos décisions lorsque c’est possible (prendre la même décision chaque semaine est inutile) »
    En même temps, nous ne sommes pas des ordinateurs : nous avons de la mémoire et nous pouvons nous souvenir de la décision de la semaine précédente sans nous repasser tout le raisonnement.
    « prenez les décisions importantes le matin »
    Je dirais plutôt mettre plusieurs jours avant de prendre une décision importante.

    Un autre point, vous évoquez les pauses durant la journée, mais vous n’évoquez pas le rôle de ces pauses sur la capacité à prendre des décisions ensuite : par exemple je fais une pause pétanque le midi avec un collègue, après je serais gonflé à bloc et près à reprendre plein de décision!

    Dernier point, vous oubliez un élément qui me semble important : l’habitude de prendre des décisions permet de prendre une décision plus rapidement sans passer trop de temps à réfléchir dessus, et donc permet de s’économiser.

    1. Post
      Author
      Michael

      Oui nous avons de la mémoire mais pourquoi se mettre dans une situation où l’on doit se souvenir de la décision ? Je recommanderais d’éviter au maximum d’être dans la situation.
      Effectivement je ne parle du rôle des pauses, je pense comme vous qu’elles sont importantes (et sources de créativité).
      Pour le dernier point, je l’avais traité récemment dans cet article.

  4. daniel

    J’aime bien l’article, on y trouve une nouvelle approche de « comment maitriser nos décisions ou comment faire les bons choix ». Alteriche a raison, la volonté ne suffit pas, comme lui, j’ai pris l’habitude de donner rendez-vous lorsque je dois faire quelque chose que je n’aime pas, mais que je sais être bon pour moi (j’utilise mon concept : « je n’ai qu’une parole »…donc j’ai dis que je le ferais, et je le ferais…sinon je ne dis rien:))…encore faut-il savoir ce que l’on veut et si ce que l’on veut est bon pour nous…

  5. Michael

    Merci michael pour cet article, tous ces exemples de la vie de tous les jours permettent de comprendre rapidement ton point de vue.

    Pour résumé, pour prendre une bonne décision, il faut etre à un moment où on est en pleine capacité de nos moyen. Pour moi, le matin ca me va tres bien. Mais pour d’autres qui ne sont pas du matin, je pense qu’eux ils prennent de meilleurs décisions l’apres midi ou le soir.

  6. JY Potiondevie

    Salut Michaël et merci pour ton article,

    Je fonctionne à peu près pareil,
    A côté du glucose je rajouterai la caféine.

    Une tasse de café au matin aide à la concentration. Cela m’est bien utile lorsque je mémorise en compétition ou à toute tâche qui requiert un focus particulièrement important.
    En prendre plus d’une par contre et cela nuit à la concentration (testé et approuvé)

    Ce que tu appelles les pauses, c’est tiré de la « méthode Pomodoro » non?

  7. Michael L.

    En effet, après une bonne nuit de sommeil, je me sens plus d’attaque pour prendre des décisions au matin. Je suis en plein possession de mes capacités à ces moments là.

  8. Philippe

    Il faut aussi être vigilant à l’état émotionnel dans lequel on prend ses décisions. Notre rationalité est très limitée, nos émotions, pas toujours conscientisées, conditionnent nombre de nos choix!

  9. Pingback: Ma voisine millionnaire » Les 5 piliers de la productivité

  10. Olivier de Tirer-Profit.fr

    Bonjour Mickael,

    C’est un article pertinent et plein de bon sens.

    Je ressens également cette sensation de « réservoir fini » surtout au travail dans les journées agitées. J’ai d’ailleurs appris que ma limite était 11h de travail intense dans la même journée et pas plus…

    Au delà, je suis dans l’incapacité de réfléchir correctement et prendre de bonnes décisions.

    Je pense qu’on peut ajouter un 6 ième conseil qui est d’apprendre à connaitre ses limites mentales !

    Cdlt

  11. Simon de Toile-filante.com

    Excellent article. On a toujours le contexte qui influe sur nos décisions, il faut savoir créer l’environnement propice et ce n’est pas évident, car justement l’environnement extérieur (les autres…) nous empêche de le faire afin justement de pourvoir au mieux tirer profit de notre manque de clairvoyance, cf. les supermarchés.

  12. neike

    Merci pour cet article très intéressant et de qualité, comme d’ailleurs l’ensemble du contenu de ce blog que je consulte régulièrement.

    Toutefois, attention à ce fameux « shoot de glucose » qui, à la longue, peut devenir une habitude, voire un réflexe, et qui n’est pas dénué d’effets secondaires (dérégulation de la prise alimentaire,coup de fringale peu de temps après, grignotage, obésité et diabète de type 2).

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