Etes-vous esclave de votre propre consommation ?

Michael Ferrari Améliorer sa vie, Finances personnelles 26 Commentaires

Philippe est coach et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » dans le domaine de l’argent et du développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Aujourd’hui, les secrets du piège de l’argent. Voici Philippe !

 

Que l’on soir un adepte de Nicolas Sarkozy (travailler plus pour gagner plus) ou bien d’Esprit Riche » (travailler moins pour gagner plus), la quête de revenus supplémentaires est très répandue et, d’une certaine manière, va de soi. Elle fait partie de ces évidences qu’en gagnant plus d’argent nous serons plus heureux, même si nous déclarons parallèlement que l’argent ne fait pas le bonheur (ce qu’on sait, par contre, c’est qu’il ne fait pas le bonheur de ceux qui n’en ont pas !). Plus heureux car plus de besoins satisfaits par des biens ou des services auxquels on ne pouvait accéder, plus de choix et de possibilités, plus de croissance et de développement, plus de, plus de plus de…

Mais est-ce si simple ? Le romancier américain Douglas Kennedy, dans son livre « Quitter le monde » nous invite à réfléchir plus loin que le bout de notre porte-monnaie.

« Là se trouve l’avantage de ne pas avoir beaucoup d’argent: on apprend à mener une vie intéressante sans nourrir des besoins incessants. C’est seulement quand on gagne beaucoup d’argent que l’on se retrouve convaincu de la nécessité de se procurer des choses auxquelles on ne pensait même pas auparavant et, une fois qu’on les a obtenues, on se met à convoiter ce qu’on n’a pas encore; une insatisfaction permanente s’ensuit, tandis que l’on se découvre prisonnier du désir d’acquérir toujours plus, de sacrifier à cette pulsion consumériste que l’on sait, dans les moments de lucidité, uniquement destinée à colmater les fissures de son existence. »

Reprenons le mécanisme bien décrit par le romancier.

1 : A condition d’en avoir suffisamment pour vivre décemment, le fait de « ne pas avoir beaucoup d’argent » nous invite à déployer notre vie en dehors de la consommation. Des activités simples, une attention à l’instant présent, une simplicité (pas forcément volontaire), un centrage sur l’essentiel sont effectivement très nourrissants.

2 : Mais, au fur et à mesure qu’on gagne plus d’argent, on accède à plus d’objets, de biens et de services qui nous satisfont car ils répondent à des besoins ou à des désirs réels jusque-là réfrénés. A ceux-ci s’ajoutent peu à peu ceux générés par les efficaces campagnes de marketing, ou tout simplement par son entourage (comment tu n’as pas encore de tablette ?)

3 : Cela installe un mécanisme de « toujours plus ». A la pleine jouissance de ce qu’on a succède, de plus en plus rapidement, un intérêt pour ce qu’on ne possède pas encore, et qu’il faut « à tout prix » se procurer (un appartement plus grand, une plus grosse voiture etc.)

4 : Le mécanisme se poursuivant au fil du temps engendre paradoxalement un fond d’insatisfaction permanent. L’attention est orientée sur ce qu’on n’a pas plutôt que sur ce qu’on a, on compare et on se compare, et on entre dans la Rat Race pour suivre le rythme. D’où la dépendance au travail et la perte de liberté : on ne peut plus quitter son emploi à cause du système de consommation (intégrant des crédits notamment) qu’on a mis en place. La Rat Race prend le dessus.

5 : On développe alors des sentiments négatifs, du stress que l’on va chercher à compenser dans une consommation qui va venir finalement masquer le vide de la vie, le manque de sens. Lorsqu’on mesure les indicateurs de bonheur perçu, nous nous situons derrière des pays comme l’Afghanistan ou l’Iran. Je fais l’hypothèse que ce mécanisme y est pour quelque chose.

 

Comment éviter de tomber dans cette course ?

1/ avoir une vision et un plan : gagner plus oui, mais pour quoi faire ou être. Si on y regarde de plus près, avoir pour avoir, l’argent pour l’argent concerne une catégorie de gens déterminés par la peur et l’insécurité. En mettant l’Avoir est au service de l’Etre et du Faire, on part de la finalité pour aller vers le moyen et non l’inverse. La question est donc de déterminer quel est le niveau d’avoir qui soutient tout cela.

2/ ne jamais systématiser et pérenniser des modes de consommation. Mangez dans un 3 étoiles et appréciez une pomme de terre cuite à l’eau. Dormez dans des 5 étoiles et faites du camping. Buvez uniquement de l’eau pendant un mois complet (boire est un besoin, pas un bon cru).

3/ apprécier et célébrer chaque détail de la vie qui est là, gratuitement, par la pleine conscience : relations, amis, biens, sa respiration, un paysage etc.

4/ gagner de l’argent en faisant ce qu’on aime. Vous éviterez ainsi de compenser une vie professionnelle pénible par une consommation excessive.

 

Il y a sans doute mille autres manières de ne pas « tomber dans le panneau ». Quelles sont les vôtres ?

Commentaires 26

  1. Tu sais Philippe que j’ai beaucoup réfléchi à cette question car l’ennemi de la simplicité c’est bien l’addiction à la consommation. Pour avoir fait un gros travail de réflexion sur le sujet, je pense qu’il faut simplement se poser la question : « En ai je vraiment besoin ? », c’est tout ! Pourtant c’est très difficile, car il faut que cela devienne un réflexe, quelque chose qui s’intègre à notre personnalité pour aboutir à une forme de détachement des biens physiques.

    Mais comme tu le soulignes bien, on consomme quelquefois pour compenser le stress ou un manque (je sais car je suis moi aussi tombé dans ce piège). Dans ce cas il faut régler le problème en amont.

  2. Ce genre de sujet est particulièrement à la mode en ce moment.
    Même M6 avec son capital Terre a abordé le sujet de la sur-consommation !

    Sinon une critique a l’article : il survole un peu trop le sujet.
    Le sujet n’aborde pas vraiment les causes de la course à la consommation.
    Et pour éviter l’envie de toujours plus, il faut aussi et surtout développer un regard critique sur la société en général et la pub en particulier.

    Pour rire qui n’a pas de smartphones à l’heure actuelle?
    Même les gens ayant du mal à boucler les fins de mois en ont…

      1. Moi non plus! la pression de conformité est terrible, c’est assez plaisant d’y résister, ca nourrit mon besoin de me différencier! Je trouve interessant de mettre en lien nos comportements avec les besoins qu’ils sont censés satisfaire, sans se voiler la face

    1. Moi non plus. J’ai toujours mon bon vieux 3410 depuis 7 ans … Je me vois mal racheter un téléphone qui va être obsolète dans à peine un an et claquer entre 18 et 24 mois de vie.

  3. Tu le dis déjà plus ou moins, mais le plus simple est de prendre du recul. On entre dans la rat race parce qu’on a la tête dans le guidon.

    Donc je dirais déjà de voyager (pas le club med, partir avec un sac à dos et 20€ par jour, si l’on veut manger au resto, il faudra dormir chez l’habitant ou à la belle étoile ! Et de ne pas se préparer un circuit prévu d’avance mais juste une série de « trucs à voir/faire si possible »).

    Ensuite, je ne connais pas encore mais je travaille cette voie, la méditation.

    1. Oui, la pratique de la méditation (pas cher en plus!), une vrai qualité dans les relations, une recherche personnelle éloignent naturellement de la consommation

  4. Bonjour,

    Je pense que tout est question d »education.

    Mon père m’a appris à toujours mettre de côté en cas de coup dur. C’est ce que j’ai fait et fait encore. J’ai gardé ce reflexe d’epargner

    Quand j’etais étudiants, je devais me serrer la ceinture et je ne m’achetais que le minimum vital. Maintenant, j’ai gardé ce reflexe de me demander si j’ai vraiment besoin de ce truc que tout le monde veut me vendre.

    Cet argent économisé m’a permi de nous offrir à ma femme et moi un beau mariage.

    J’ai de la chance de vivre avec qqun qui n’a pas trop de besoin et qui vit simplement comme moi. Cependant, il y a toujours l’entourage qui nous pousse à consommer. Ce n’est pas facile de résister. C’est pour cela que nous sommes en train de réfléchir sur nos objectifs afin de prendre de bonnes décisions (en tout cas celles qui nous convient à tous les deux)

    Sinon, pour eviter de trop consommer, je pense qu’il faut se couper des sources de publicité : TV, radio bourrée de pub (j’ecoute que France Inter), pub dans les boites aux lettres, journeaux gratuits. Sans qu’on s’en rende compte elles nous créent des besoins (inutiles…)

    Michael

  5. Oui, c’est aussi mon style de philosophie.
    Je me pose souvent cette question : Est-ce vraiment nécessaire.
    Mais ma folie consumériste c’est calmer quand j’ai du déménagé 4 fois en moins de 1 ans, avec peu d’argent chaque mois.
    Il y a 8 mois, je voyage 2 fois chaque semaine. Alors là, je gardais peu d’objet.

    C’est une sensation agréable de n’avoir rien, on peut aller où on veut sans se soucier de nos biens.

  6. Allez mon petit exemple personnel : Hier un ami me montre tout fier son nouveau samsung galaxy S2…. « Il est super puissant » moi : « cool, tu vas l’utiliser pour quoi faire principalement ? » lui : « … euh téléphoner… mais il a un super écran… » … Là on s’aperçoit du manque de clairvoyance des gens devant un achat… Mon petit article sur le sujet : http://www.toile-filante.com/2009/10/20/5-bonnes-raisons-de-ne-pas-acheter-le-dernier-gadget-a-la-mode/

  7. L’article aurait du commencer par : « Que l’on soir un adepte de Nicolas Sarkozy (travailler plus pour gagner MOINS) »

  8. Pingback: Tour d’horizon – semaine 27 - La Tirelire de Cécile

  9. Un autre paramètre est également important :
    savoir déconnecter les revenus des dépenses.
    On s’aperçoit qu’à niveaux les gens sont prisonniers de ce schéma de dépenses.
    Habituellement, les dépenses grossissent proportionnellement aux revenus. L’idée est bien entendu d’augmenter ses revenus tout en maintenant le même niveau de dépense.

  10. Comme le souligne l’article, l’une des questions fondamentales est évidemment de savoir quel projet l’on poursuit réellement derrière l’envie de gagner plus d’argent.

    Pour moi, le plaisir est primordial, je ne pourrais jamais m’en passer. Et puis il y a les rêves, très difficiles à concrétiser.

    Le but de l’un peut être de se payer une belle maison/ou une voiture luxueuse, le mien est simplement de pouvoir profiter de ce que la vie peut m’offrir.

    Quoi qu’il en soit, merci pour cet article très cohérent.

    alexandre

      1. Je les ai tous lu. D.Kennedy est très critique envers la société de consommation , notamment le modèle américain. C’est l’un des thèmes de ses livres, avec sa vision cynique du couple.

        Il a y parfois en effet, quelque très bon passage sur l’argent, la vie, les choix. ex: l’homme qui voulait vivre sa vie.

  11. N’oublions pas que ce qui fait tourner une société c’est la consommation (enfin une des parties). Alors je comprend que on veuille dire ouais faut pas acheter des choses superflues, etc.. Mais n’oubliez pas que c’est un des moteurs de l’économie.

    1. Post
      Author

      C’est une bonne remarque. Il est certain que si tout le monde consomme peu, l’économie (et les taxes perçues par les gouvernements) s’en trouveront mal. En réalité, cette démarche reste marginale et n’a donc aucun effet visible.

    2. Je trouve ta remarque étrange…

      Pour soutenir l’économie, faut-il continuer à acheter des choses superflues, faut-il continuer à détruite la planète?
      Pour amener une croissance, dont tes études démontre qu’elle ne rend pas les gens plus heureux.

      La réponse me semble évidente.

      Il me semble que tu es très « esprit américain », Michael, je te conseille de lire DK, c’est très bon! D’ailleurs, je me demande ce qu’il penserait du blog.

  12. Pour moi l’essentiel c’est d’avoir une famille que j’aime
    Egalement 2-3 amis (pas +)
    1 toit et de quoi manger et boire
    Tout le reste n’est que du superflus (voiture,tél portable, ordinateur,tv,voyages…….)
    Nous avons 2 salaires dans le couple et il y en a 1 qui nous sert payer ce superflus.
    On pourrais vivre avec 1 seul salaire

  13. Fabrice: Que dit D.Kennedy concernant sa vision du couple? Sinon, je plussoie avec ce blog. J’ai déjà dormi dans un hôtel 5 étoiles au Mexique, mais aussi dans un dortoir d’auberge de jeunesse à New York ou par terre dans un hall de gare en rentrant des Eurocks ou encore sous tente en Italie. Cela me laisse presque indifférent le luxe d’un hotel puisqu’on y est avant tout pour dormir.

    J’ai largement préféré dormir sous tente en Italie avec la copine que j’aime que dans l’hotel Hilton de Cincinnati seul, à cause d’un retard d’avion… Le plus important n’est pas dans la consommation…

    J’aime bien la bonne nourriture, mais j’apprécie aussi un bon kebab ou double cheeseburger. J’ai préféré faire du vélo seul dans la campagne du Kentucky que payer 40 dollars pour aller au Kentucky Derby. Regarder les étoiles ou marcher dans la forêt me plait pluis que d’aller au centre commercial, où je suis allé 3 ou 4 fois en un an…

    Il faut savoir être heureux de tout et ne pas vouloir tjrs plus. Un ami américain a une BMW payée plus de 100 000 dollars par son père. Il aimait la pousser jusque 250 km/h et en rentrant dedans, l’a fait passé a 130 km/h en quelques secodnes. J’ai trouvé le jouet cool, mais dangeureux, et je m’en serait vite lassé. Pourquoi vouloir toujours plus? Autant se contenter de peu et faire son coup de folie de temps en temps en louant des joujous (voiture de luxe, hotel riche) au lieu d’etre dans la rat race non?

    1. @Martin Bon sa vision est assez cynique. Pour résumer, pour lui les couples durent pour des mauvaises raisons: pour des raisons économiques et pour la sécurité. Raisons qui prennent de l’importance avec l’âge. (à lire notamment

      Je trouve qu’il a pas tort car au fond c’est souvent le « ciment » des couples qui durent. Mais cela bien sûr, personne ne va le reconnaitre ou être lucide…C’est pas correcte. Après, c’est pas une généralité aussi.

      Tu connais ses livres Martin? Je te conseille, tu vas aimé, en plus tu as vécu aux US! DK a presque toujours vécu en Europe et à voyager d’où sa vision plus détachée et critique du mode de vie américain (qu’on critique peu sur ce blog paradoxalement…)

      Pour le reste, 100% d’accord avec toi, c’est toujours ce que j’ai pensé!

  14. J’espere ne pas vivre une idylle avec ma copine, mais en tout cas, elle semble pas superficielle comparée a nombre de nanas: on a dormi parfois en camping en Italie, parfois en hotel, elle s’en fichait royalement, elle voulait juste avoir du bon temps avec moi.

    Esperons que ca dure.

  15. Pingback: Peut-on bâfrer comme un veau sans aucune conséquence ? | Communauté du développement personnel

  16. J’arrive tardivement sur cet article qui fait beaucoup réfléchir sur notre mode de vie et notre consommation. Je tenais seulement à dire qu’il est assez représentatif d’un grand mal aise de beaucoup de personne dans la société. Ce qui est assez triste d’ailleurs 🙁
    En tout cas merci pour ce post !

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