5 fausses idées que j’avais en entrant dans le monde du travail

Michael Ferrari Finances personnelles, Management et leadership 3 Commentaires

Je reviens de loin, je dois l’admettre.

Avec les idées que j’avais au départ sur le monde du travail, je n’aurais pu aller très loin ni survivre longtemps. Pour une raison difficile à expliquer, j’avais préconçu un certain nombre de choses qui m’ont handicapé. Aussi, voici un inventaire qui pourra servir de base de discussion !

Quelles étaient vos croyances avant de rentrer dans le monde du travail ? Quelles sont-elles actuellement ?

1 – Un grand groupe c’est la sécurité de l’emploi et la diversité des projets

L’histoire commence ainsi : « Il était une fois un jeune plein d’ambition qui voulait grimper l’échelle sociale. Un jour à force de travail, il fini par atteindre un statut social honorable en intégrant un grand groupe. Il vécu heureux et eu beaucoup de projets intéressants. »

La fable est entretenue de manière assez savante et raconte que l’activité économique est faite par les grands groupes (alors qu’ils représentent une petite part) et que en faire parti est une sorte de réussite. Elle dit aussi que la taille d’une entreprise est une caractéristique permettant de travailler sur de nombreux projets différents (et tous intéressants).

Je n’ai rien contre les grands groupes mais mon expérience et celle des gens que j’ai pu croiser me confirment une chose : c’est loin d’être une situation idéale. Au début, je pensais trouver la sécurité mais j’ai rapidement compris que les décisions sont prises indépendamment de la réalité du terrain. Vous voulez savoir comment gérer efficacement ses effectifs ? Séparez-vous chaque année de 20 % des gens et recrutez seulement dans les services où ça râle beaucoup. Je sais que ce qui garantie ma sécurité, ce n’est pas l’épaisseur de la graisse autour du mammouth mais sa capacité d’adaptation.

Lorsqu’on est au fin fond du pelage, on ne sent pas le vent tourner, on ne sait même pas dire quelle est la température. Un matin on découvre qu’une nouvelle ère est installée et que l’on est prié de trouver une autre occupation. Conduire les yeux fermés n’est pas très prudent.

Les projets étaient un critère important. La diversité et l’intérêt des projets étaient 2 bonnes raisons de choisir un grand groupe. J’ai appris qu’évidemment tout n’était pas si rose. Avec la diversité vient un grand nombre d’intervenants et de contrôles qui ralentissent et stérilisent 80 % des efforts. Avec l’intérêt viennent les influences politiques de tout bord. Au final le rôle qu’une personne peut jouer est souvent bien moins prépondérant lorsque le groupe est gros.

Les grands groupes ont pleins d’autres avantages mais la sécurité et l’intérêt du travail ne sont pas les plus évidents. Les exceptions existent toujours mais si vous démarrez votre carrière, vous développerez beaucoup plus rapidement une large palette de compétences dans un petit groupe plutôt que dans un grand.

2 – Il est très difficile de gagner bien sa vie

Lorsque j’ai démarré, j’étais assez résigné. Je savais qu’il fallait négocier, je ne prenais jamais la première offre mais bien gagner sa vie me paraissait impossible. J’avais commis une grosse erreur : je pensais que le salariat était la seule manière de gagner sa vie. Si l’on veut espérer être riche vers 65 ans, le salariat est la voie à suivre. Si vous avez d’autres plans, ce n’est pas le meilleur véhicule pour atteindre votre destination. Vous feriez mieux d’emprunter la voie royale ou de chercher un moyen d’obtenir des bénéfices de vos investissements.

Il est possible de bien gagner sa vie. Pour l’instant j’ai multiplié mes revenus par 6 entre mon premier poste et ma position actuelle. Est-il possible de les multiplier par 10 ou 20 ? Je n’en doute pas.

3 – La seule possibilité de progression, c’est de devenir chef grouillot pendant plusieurs années pour éventuellement passer au niveau supérieur

En intégrant une entreprise j’avais tendance à me reposer sur le groupe et l’ordre pré-établi pour m’indiquer la voie à suivre. C’est un peu comme si vous arriviez à table et que vous demandiez « Alors, qu’est-ce qu’il y a au menu ? ».

Le menu est bien évidemment standard et pas très sexy. Ceux qui composent le menu manque autant d’imagination que de goût. La plupart des menus dit « fait le grouillot pendant quelques années (en acceptant le salaire et les conditions qu’on te donne) et un jour tu auras peut-être la chance d’être chef grouillot pour un salaire inférieur si tu intègres toutes les contraintes supplémentaires mais tu auras un superbe statut social hein ! »

Si vous manquez autant d’imagination que ceux qui font le menu, c’est la voie qu’il faut suivre. Pour les autres, il faut suivre la voie de son coeur et trouver le meilleur moyen de réaliser et développer ses compétences. Si un poste ne vous le permet pas alors vous gâchez votre vie. Si vous l’acceptez, tant pis pour vous.

Les possibilités de progression sont en fait incroyablement nombreuses. Faites votre choix. Établissez votre propre plan de développement et cherchez à le mettre en oeuvre. N »attendez pas que l’on vous donne, prenez !

4 – Mes supérieurs sont forcément compétents

Alors tout dépend de ce que l’on appelle compétent 🙂

La compétence tend à disparaitre avec le nombre de personnes que l’on supervise, le fameux principe de peter « Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d’en assumer la responsabilité. » qui fut l’objet d’un article aux débuts de ce blog.

Le plus délicat ? Que pensent vos équipes ?

Le seul principe valable que j’ai par la suite identifié est celui-ci : « Une position hiérarchique n’est pas une preuve de compétence ». Certains le sont, la plupart ne le sont pas. Il faut le découvrir au cas par cas.

Pour beaucoup de gens, tomber et suivre un chef compétent est l’un des meilleurs moyens de développer sa carrière.

5 – Pour y arriver, il faut rester dans le rang et espérer être remarqué

Surtout ne dépassez pas ! Ne vous faites pas remarquer car le DG est méchant et n’aime pas les originaux. Cette croyance stupide est provoquée par l’ambiance générale. Sortir des sentiers battus est un très bon moyen de se démarquer si, et seulement si, vous le faites avec un sens aigu des priorités.

Autrement dit, si vous vous faites remarquez parce que vous manquez d’affection ou d’attention à la maison, vous allez laisser une drôle d’image qui se retournera contre vous alors que si vous mettez en oeuvre quelque chose que personne n’ose faire mais qui reste dans la philosophie du groupe vous avez une chance d’en recevoir les bénéfices.

La tâche la plus difficile, c’est sans doute de se découvrir et de rester ce que l’on est. Ne pas être une coquille vide, un soldat lobotomisé est la meilleure garantie pour réussir à faire un beau parcours, forcément car c’est le vôtre. Soyez sincère et passionné. Soyez exigeant et courageux.

Commentaires 3

  1. Hello Michael,

    Je me découvre dans ton discours, je viens de commencer à travailler, premier job. Et je ne peux m’empêcher d’avoir déjà des objectifs pour sortir au plus tôt de la foire d’empoigne et de la routine quotidienne d’un cadre à Paris (un numéro). Je me donne 1 ans pour emprunter la voie royale et travailler à la création de mes futurs actifs. J’ai déjà trouvé mon équipe pour mener à bien mon projet. Il me faudrait maintenant un plan B au cas ou. Ma plus grande peur ? La facilité de s’enfermer dans cette routine quotidienne.. Merci pour ces conseils

  2. Je suis d’accord avec toi pour les croyances que l’on peut avoir lorsqu’on sort de l’école et que nous sommes prêts à se lancer dans le monde du travail. Plus jeune, moi aussi je pensais que la seule vraie manière de gagner de l’argent était d’être salariée. C’est vrai qu’on peu très bien vivre en étant salarié. Je peux réellement dire que je vis très dans ma vie et je ne manque d’absolument rien. Mon salaire me permet de très bien vivre « maintenant », pas juste « demain ». Par contre, je suis très conscient que les personnes les plus riches sur cette planète ne sont pas salariées. Ces gens sont des entrepreneurs/investisseurs et ont un différent « mindset » du salarié. En tant que salarié, j’ai la chance de bien vivre et travailler sur ma fortune à temps partiel. Et lorsque je travaille sur ma fortune, j’utilise mon mindset d’entrepreneur. Merci pour cet excellent article.

    Christian

  3. Moi je trouve que derrière tout ça il suffit d’avoir une idée et un objectif a réaliser. gagner de l’argent c’est facile…!!! mais avoir de l’argent a long terme c’est difficile et encore devenir riche et rester riche c’est plus difficile.
    Je ne suis pas du tout d’accord avec vous Christian sur votre idée………((Par contre, je suis très conscient que les personnes les plus riches sur cette planète ne sont pas salariées. Ces gens sont des entrepreneurs/investisseurs et ont un différent « mindset » du salari )) car on peu devenir riche même en étant salarié, et là je vous conseille vivement de consulter cette page web : http://www.changer-gagner.com/strategies-pour-devenir-riche-meme-quand-on-est-salarie# Bonne lecture

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