
Le guide de référence pour comprendre ce que vous allez réellement payer, et choisir le bon régime.
À jour au 1er juillet 2026 · intègre la loi de finances 2026 et la réforme des plus-values LMNP
Deux investisseurs achètent le même appartement, au même prix, avec le même loyer. Cinq ans plus tard, le premier a payé des milliers d’euros d’impôts sur ses loyers, le second presque rien. Ils n’ont pas eu de chance différente. Ils ont simplement choisi un régime fiscal différent avant de signer.
En immobilier, la fiscalité immobilière n’est pas un détail qu’on règle en avril avec son comptable. C’est elle qui décide, en fiscalité immobilière, si votre bien dégage du cash-flow ou s’il vous en coûte tous les mois. Un même loyer peut être taxé à plus de 60 % ou à presque 0 % selon la case que vous avez cochée au départ. Et 2026 a rebattu les cartes : la réforme des plus-values en meublé, les nouveaux plafonds du meublé de tourisme, la prolongation du déficit foncier majoré et l’arrivée du statut du bailleur privé changent les arbitrages.
Ce guide de fiscalité immobilière fait le tour complet, régime par régime, avec les chiffres 2026 et des tableaux comparatifs de fiscalité immobilière pour trancher. On couvre la location nue (revenus fonciers), la location meublée (LMNP et LMP), et les structures sociétaires (SCI à l’IR, SCI à l’IS et SARL de famille). Lisez-le une fois en entier : vous ne regarderez plus jamais un projet locatif de la même façon.
Le point de départ : nu ou meublé, direct ou en société
Avant d’entrer dans les régimes de fiscalité immobilière, il faut poser les deux questions qui structurent tout.
Première question : nu ou meublé ? La location nue relève des revenus fonciers. En fiscalité immobilière, la location meublée relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), un univers fiscal complètement différent, plus souple, qui autorise notamment l’amortissement du bien. C’est la ligne de fracture principale de la fiscalité immobilière.
Deuxième question : en direct ou via une société ? Vous pouvez, en fiscalité immobilière, détenir en votre nom propre, ou loger le bien dans une SCI ou une SARL de famille. La structure change la fiscalité immobilière des loyers, la fiscalité immobilière des loyers, celle de la plus-value à la revente, et surtout la transmission. Attention : toutes les structures ne permettent pas de faire du meublé, on y revient.
De ces deux questions découlent cinq grandes familles de régimes, que ce guide compare une à une.

1. La location nue : les revenus fonciers
Vous louez un logement vide : la fiscalité immobilière du foncier s’applique alors. Les loyers sont des revenus fonciers, imposés à votre tranche marginale d’imposition (TMI), 0, 11, 30, 41 ou 45 %, plus 17,2 % de prélèvements sociaux. C’est le point clé : pour un contribuable à 30 % de TMI, chaque euro de revenu foncier net est ponctionné à 47,2 %. D’où l’importance du régime choisi pour réduire la base imposable. Deux options.
Le micro-foncier
Régime par défaut si vos revenus fonciers bruts ne dépassent pas 15 000 € par an. L’administration applique un abattement forfaitaire de 30 % censé représenter vos charges, et vous êtes imposé sur les 70 % restants. Simple, mais rarement optimal : dès que vos charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, taxe foncière) dépassent 30 % des loyers, vous payez trop. À noter : le relèvement de cet abattement à 50 % qui avait été évoqué n’a pas été retenu dans le budget 2026.
Le régime réel et le déficit foncier
Au réel, vous déduisez vos charges pour leur montant réel : intérêts d’emprunt, travaux d’entretien et de réparation, taxe foncière, assurances, frais de gestion, charges de copropriété non récupérables. Si ces charges dépassent les loyers, vous créez un déficit foncier, imputable sur votre revenu global (donc sur vos salaires) dans la limite de 10 700 € par an, la part liée aux intérêts d’emprunt n’étant imputable que sur les revenus fonciers. L’excédent se reporte 10 ans.
Le réel n’autorise pas l’amortissement du bien en location nue : c’est la grande différence avec le meublé. Sauf nouveauté 2026, ci-dessous.
La nouveauté 2026 : le statut du bailleur privé (dispositif « Jeanbrun »)
Issu de la loi de finances 2026 (promulguée le 20 février 2026, plan « Relance logement »), ce statut ouvre pour la première fois l’amortissement en location nue. Concrètement, pour les acquisitions réalisées à compter du 21 février 2026, vous pouvez déduire chaque année une fraction du prix du bien de vos revenus fonciers : jusqu’à 3,5 % en loyer intermédiaire, 4,5 % en social et 5,5 % en très social, sur une base de 80 % du prix d’achat.
En contrepartie, des conditions strictes : logement loué nu en résidence principale du locataire pendant au moins 9 ans, respect de plafonds de loyers et de ressources du locataire, principalement dans le neuf, maisons individuelles exclues, et non cumulable avec Pinel, Denormandie ou Malraux. C’est un rapprochement inédit entre la location nue et la logique d’amortissement du meublé, à surveiller de près si vous investissez dans le neuf en 2026.
| Critère | Micro-foncier | Régime réel |
|---|---|---|
| Plafond de loyers | 15 000 €/an | Aucun (sur option ou obligatoire au-delà de 15 000 €) |
| Base imposable | 70 % des loyers (abattement 30 %) | Loyers − charges réelles |
| Déduction des charges | Forfaitaire (30 %) | Réelle et sans plafond |
| Amortissement du bien | Non | Non (sauf statut bailleur privé, neuf) |
| Déficit imputable | Non | Oui : 10 700 € (21 400 € si rénovation énergétique) |
| Idéal pour | Bien sans crédit ni travaux, faibles charges | Crédit, travaux, rénovation énergétique |
2. La location meublée : le régime BIC et le LMNP
En fiscalité immobilière, vous louez un logement équipé (le mobilier doit permettre au locataire d’y vivre immédiatement). Vos loyers ne sont plus des revenus fonciers mais des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Tant que vous restez sous les seuils du professionnel (voir plus loin), vous êtes loueur en meublé non professionnel (LMNP). C’est, en fiscalité immobilière, le régime le plus efficace du marché pour beaucoup, mais 2026 l’a modifié en profondeur.
Le micro-BIC
Comme au foncier, un régime forfaitaire existe. Mais attention, la loi « Le Meur » a créé trois cas distincts, avec des abattements et des plafonds très différents. C’est l’un des points où les erreurs coûtent le plus cher en 2026.
| Type de location | Abattement | Plafond de recettes |
|---|---|---|
| Meublé longue durée (résidence principale du locataire) | 50 % | 77 700 € (revenus 2025) → 83 600 € (revenus 2026-2028) |
| Meublé de tourisme classé et chambres d’hôtes | 50 % | 77 700 € |
| Meublé de tourisme non classé | 30 % | 15 000 € |
Le régime réel : l’arme de l’amortissement
C’est ici que le meublé écrase le foncier. Au réel, vous déduisez toutes vos charges réelles et vous amortissez le bien (hors terrain) et le mobilier : vous déduisez chaque année une fraction de leur valeur pour tenir compte de l’usure. Résultat courant : un bénéfice imposable ramené à zéro pendant des années, donc zéro impôt et zéro prélèvements sociaux sur vos loyers, en toute légalité. L’amortissement ne peut pas créer de déficit : la fraction non utilisée se reporte sans limite de durée sur les bénéfices futurs.
La réforme 2026 qui change tout : la plus-value LMNP
C’est LE changement de fiscalité immobilière à comprendre. Jusqu’en 2025, l’amortissement était un cadeau à double détente : il effaçait l’impôt sur les loyers sans jamais être repris au moment de la revente. La loi de finances 2025 (article 84, loi du 14 février 2025) a fermé cette faille.
Désormais, pour toute cession réalisée à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value : on les retranche du prix d’acquisition, ce qui augmente mécaniquement la plus-value imposable. Et la mesure vise aussi les amortissements pratiqués avant 2025.
• Avant la réforme : plus-value = 250 000 − 200 000 = 50 000 €.
• Depuis le 15/02/2025 : prix d’acquisition ramené à 200 000 − 60 000 = 140 000 €, soit une plus-value = 250 000 − 140 000 = 110 000 € imposable.
Bonne nouvelle malgré tout : la plus-value LMNP reste calculée selon le régime des particuliers, avec ses abattements pour durée de détention (voir la section plus-values). Et certaines résidences services, étudiantes, seniors, EHPAD, sont expressément exonérées de cette réintégration. Enfin, rassurez-vous : le régime LMNP lui-même a été maintenu dans le budget 2026, malgré les débats. Il reste, en fiscalité immobilière, l’un des plus efficaces pour défiscaliser des loyers.
| Critère | Micro-BIC | Régime réel |
|---|---|---|
| Base imposable | 50 % des recettes (ou 70 % en tourisme non classé) | Recettes − charges − amortissements |
| Amortissement | Non | Oui : bien + mobilier |
| Impôt sur les loyers | Modéré | Souvent nul pendant des années |
| Comptabilité | Aucune | Liasse fiscale (expert-comptable conseillé) |
| Plus-value à la revente | Régime des particuliers | Régime des particuliers + réintégration des amortissements |
| Idéal pour | Petites recettes, peu de charges | Quasiment tous les autres cas |
3. LMNP ou LMP : le seuil qui change tout
En fiscalité immobilière, le passage de LMNP à loueur en meublé professionnel (LMP) n’est pas un choix : c’est un basculement automatique dès que deux conditions sont réunies simultanément.
- Vos recettes meublées dépassent 23 000 € par an (toutes locations meublées confondues) ;
- et ces recettes dépassent 50 % des revenus d’activité du foyer fiscal (salaires, pensions, autres BIC/BNC).
Beaucoup d’investisseurs deviennent LMP « malgré eux », après un départ à la retraite qui fait chuter les autres revenus, par exemple. Or les conséquences sont lourdes, dans les deux sens.
Côté social : le LMP quitte les 17,2 % de prélèvements sociaux pour être affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Comptez de l’ordre de 30 % de cotisations sur le bénéfice (taux facial de 35 à 45 %, atténué par leur déductibilité), avec un minimum d’environ 1 200 € même en déficit. En contrepartie, vous acquérez des droits (retraite, prévoyance).
Côté déficits : avantage au LMP. Ses déficits s’imputent sur le revenu global (vos salaires), là où le déficit LMNP ne s’impute que sur les bénéfices meublés futurs.
Côté plus-value : le LMP relève des plus-values professionnelles, mais avec de puissantes exonérations. L’article 151 septies exonère totalement la plus-value si l’activité dure depuis au moins 5 ans et que les recettes sont inférieures à 90 000 € HT (exonération partielle entre 90 000 et 126 000 €). L’article 151 septies B efface la plus-value long terme à raison de 10 %/an au-delà de la 5e année, soit une exonération totale après 15 ans. Et les biens sont exonérés d’IFI car affectés à une activité professionnelle.
| Critère | LMNP | LMP |
|---|---|---|
| Déclenchement | Par défaut | Recettes > 23 000 € et > 50 % des revenus du foyer |
| Prélèvements sur les loyers | 17,2 % (prélèvements sociaux) | Cotisations SSI (~30 % du bénéfice) |
| Amortissement | Oui (au réel) | Oui (au réel) |
| Déficit | Sur bénéfices meublés futurs (report 10 ans) | Sur le revenu global |
| Plus-value | Régime des particuliers (+ réintégration amortissements) | Régime pro mais exonérations 151 septies / septies B |
| IFI | Bien imposable | Exonération (bien professionnel) |
| Droits retraite/prévoyance | Non | Oui |
4. Détenir via une société : SCI, SCI à l’IS, SARL de famille
Passer par une société ne change pas seulement la fiscalité immobilière : cela facilite la détention à plusieurs et surtout la transmission (on donne des parts, pas des murs, avec les abattements de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans, plus une décote pour illiquidité). Mais chaque forme a ses règles, et un piège classique : toutes ne permettent pas le meublé.

La SCI à l’impôt sur le revenu (IR)
C’est la SCI « classique », transparente : elle n’est pas imposée elle-même, chaque associé déclare sa quote-part de résultat dans ses revenus fonciers (TMI + 17,2 %). Elle fonctionne comme une détention en direct, en mieux pour la gestion à plusieurs et la transmission. Mais elle ne peut louer qu’en nu. Une SCI à l’IR qui se met à louer en meublé exerce une activité commerciale et bascule de plein droit à l’IS. La plus-value, elle, relève du régime des particuliers (avec abattements pour durée de détention).
La SCI à l’impôt sur les sociétés (IS)
Sur option (irrévocable), la SCI devient opaque et bascule à l’IS. Gros avantage : elle peut amortir le bien, ce qui écrase le résultat imposable les premières années. L’IS s’élève à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà.
Le revers est sévère et se paie à la sortie. À la revente, la plus-value est professionnelle : elle se calcule sur la valeur nette comptable (prix d’achat diminué de tous les amortissements pratiqués), sans aucun abattement pour durée de détention, et elle est taxée à l’IS. Plus vous avez amorti, plus la plus-value imposable est élevée. Ajoutez la taxation des dividendes quand vous sortez les bénéfices (flat tax de 30 %) : c’est une double couche d’imposition. La SCI à l’IS est un excellent outil de capitalisation à long terme, un mauvais outil si vous comptez revendre.
La SARL de famille : le meilleur des deux mondes ?
C’est l’outil le plus méconnu et souvent le plus puissant. Réservée aux membres d’une même famille (ascendants, descendants, frères et sœurs, conjoints ou partenaires de PACS, concubins et cousins exclus), elle peut opter pour l’IR de façon durable tout en exerçant une activité commerciale. Traduction : elle peut faire du meublé (LMNP/LMP), ce que la SCI à l’IR ne peut pas.
Vous cumulez donc : l’amortissement du meublé au réel, la plus-value au régime des particuliers (avec abattements durée de détention), la souplesse d’une société pour investir et transmettre, et l’absence de flat tax sur les dividendes (transparence). Le prix à payer : un formalisme comptable réel, et un risque à connaître, un divorce ou une rupture de PACS peut rompre le caractère familial et provoquer une bascule automatique et irréversible à l’IS, avec imposition des plus-values latentes. À encadrer par de bons statuts.
| Critère | SCI à l’IR | SCI à l’IS | SARL de famille |
|---|---|---|---|
| Location meublée possible | Non | Oui | Oui |
| Imposition des loyers | Revenus fonciers (TMI + 17,2 %) | IS 15 % / 25 % | BIC à l’IR (TMI + 17,2 %) |
| Amortissement | Non | Oui | Oui (meublé au réel) |
| Plus-value à la revente | Particuliers (abattements durée) | Pro : VNC, sans abattement, IS 25 % | Particuliers (abattements durée) |
| Dividendes | Sans objet (transparence) | Flat tax 30 % en plus | Sans objet (transparence) |
| Réversibilité | — | Option irrévocable | Bascule IS si rupture du lien familial |
| Idéal pour | Nu, gestion et transmission à plusieurs | Capitalisation long terme, sans revente | Meublé en famille + transmission |
Un point que la plupart des associés n’ont pas vu venir, quelle que soit l’option fiscale retenue : au 1er septembre 2026, toute SCI doit être capable de recevoir ses factures fournisseurs au format électronique, même sans TVA, même sans salarié et même sans expert-comptable. J’ai détaillé qui est concerné et les solutions gratuites dans mon guide sur la facturation électronique pour les LMNP et les SCI.
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Fiscalité immobilière : le grand tableau de synthèse
Voici, d’un coup d’œil, comment se comparent les cinq grandes façons d’être imposé sur un même projet locatif, en matière de fiscalité immobilière.
| Foncier réel (nu) | LMNP réel | LMP | SCI à l’IS | SARL de famille | |
|---|---|---|---|---|---|
| Type de location | Nue | Meublée | Meublée | Nue ou meublée | Meublée |
| Amortissement | Non* | Oui | Oui | Oui | Oui |
| Impôt sur loyers | Élevé | Faible/nul | Faible/nul | Faible (IS) | Faible/nul |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % | 17,2 % | SSI ~30 % | — (IS) | 17,2 % |
| Déficit sur revenu global | Oui (10,7/21,4 k€) | Non | Oui | Non | Non |
| Plus-value | Particuliers | Particuliers +amort. | Pro (exos possibles) | Pro, sans abattement | Particuliers +amort. |
| Transmission facilitée | Non | Non | Non | Oui | Oui |
* Sauf nouveau statut du bailleur privé (Jeanbrun), réservé au neuf sous conditions de loyers et de ressources.
Simulation chiffrée : le même appartement, cinq fiscalités
Les tableaux précédents comparent les règles de fiscalité immobilière. Passons aux chiffres. On prend un profil concret et on regarde ce qu’il paie réellement, mode de détention par mode de détention — sur les loyers chaque année, puis à la revente.
| Paramètre | Valeur retenue |
|---|---|
| Loyer annuel | 12 000 € (1 000 €/mois, soit 6 % brut) |
| Charges déductibles | 3 000 €/an (taxe foncière, assurance, copro non récup., gestion, compta) |
| Intérêts d’emprunt (année type) | 4 000 €/an |
| Amortissement (meublé et SCI à l’IS) | ≈ 6 000 €/an (bâti + mobilier) |
| Fiscalité marginale | 11 % (TMI) + 17,2 % (prélèvements sociaux) = 28,2 % |
Ce qu’il paie chaque année sur ses loyers
Le résultat imposable en location nue : 12 000 − 3 000 − 4 000 = 5 000 €. En meublé (ou en SCI à l’IS), on retranche en plus l’amortissement : 5 000 − 6 000 → le résultat tombe à 0 € (l’amortissement ne peut pas créer de déficit ; l’excédent se reporte).
| Mode de détention | Résultat imposable | Impôt + PS par an |
|---|---|---|
| Micro-foncier (nu) | 8 400 € (70 % des loyers) | ≈ 2 370 € |
| Foncier réel — nu en direct ou SCI à l’IR | 5 000 € | 1 410 € |
| LMNP au réel — meublé en direct ou SARL de famille | 0 € | 0 € |
| SCI à l’IS | 0 € (déficit reporté) | 0 € (mais dividendes + plus-value pro à venir) |
28,2 % = 11 % de TMI + 17,2 % de prélèvements sociaux. Le statut LMP n’est pas déclenché ici (recettes 12 000 € < 23 000 €) : on reste en LMNP.
Le verdict annuel est sans appel : sur les loyers, le meublé au réel (LMNP ou SARL de famille) et la SCI à l’IS ramènent l’impôt à zéro, là où la location nue coûte 1 410 € par an au réel et près de 2 370 € au micro-foncier. Sur 15 ans d’exploitation, c’est plus de 20 000 € d’écart en faveur du meublé.
Et à la revente ? Le vrai match 2026
Zéro impôt sur les loyers, c’est séduisant — mais depuis 2026, la sortie rééquilibre la comparaison. Scénario : revente après 15 ans à 250 000 €, soit 50 000 € de plus-value « brute » avant tout retraitement. En meublé, les ≈ 75 000 € d’amortissements déduits sur 15 ans sont désormais réintégrés (réforme LMNP), ce qui gonfle la plus-value imposable.
| Mode de détention | Plus-value imposable | Impôt à la revente (≈) |
|---|---|---|
| Nu en direct ou SCI à l’IR (pas d’amortissement) | 50 000 € (abattements 15 ans) | ≈ 11 000 € |
| LMNP réel ou SARL de famille (réintégration ≈ 75 000 €) | 125 000 € (abattements 15 ans) | ≈ 28 500 € |
| SCI à l’IS (plus-value pro sur valeur nette comptable, sans abattement) | 125 000 € × 25 % (IS) | ≈ 31 250 € + flat tax sur dividendes |
Le bilan
Mis bout à bout, la lecture est claire pour ce profil à 11 % de TMI :
- LMNP au réel / SARL de famille : imbattable pendant l’exploitation (0 € d’impôt sur les loyers). La réforme 2026 a renchéri la revente, sans annuler l’avantage — l’économie annuelle cumulée (> 20 000 €) reste supérieure au surcoût de plus-value, surtout si vous gardez longtemps.
- Location nue au réel : plus d’impôt chaque année, mais une sortie bien plus douce (pas de réintégration). Le bon choix si la revente est proche ou si vous rentabilisez surtout via le déficit foncier.
- SCI à l’IS : 0 € pendant l’exploitation, mais la plus-value professionnelle et la flat tax sur les dividendes en font le régime le plus lourd à la sortie. À réserver à une stratégie de capitalisation longue, sans revente prévue.
Chiffres illustratifs, hypothèses simplifiées (intérêts et amortissements supposés constants, surtaxe non détaillée). Votre situation réelle dépend du prix, du financement, de la durée de détention et de votre foyer fiscal.
Les plus-values : le nerf de la guerre
En fiscalité immobilière, un régime peut être imbattable sur les loyers et catastrophique à la revente. C’est tout l’enjeu de la fiscalité immobilière en 2026. Deux mondes coexistent.
Le régime des particuliers (détention directe, SCI à l’IR, LMNP, SARL de famille) : taxation à 19 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux = 36,2 % (barème détaillé sur service-public.gouv.fr), mais avec des abattements pour durée de détention qui aboutissent à une exonération d’IR à 22 ans et une exonération totale (IR + PS) à 30 ans. Une surtaxe de 2 à 6 % s’ajoute pour une plus-value imposable supérieure à 50 000 €. La résidence principale, elle, est totalement exonérée.
Le régime professionnel (SCI à l’IS, LMP) : pas d’abattement pour durée de détention à l’IS, mais des exonérations propres au LMP (151 septies et septies B). C’est la SCI à l’IS qui concentre le risque : une revente après 20 ans de forts amortissements peut générer une plus-value professionnelle massive.
| Durée de détention | Abattement IR (19 %) | Abattement prélèvements sociaux (17,2 %) |
|---|---|---|
| 0 à 5 ans | 0 % | 0 % |
| 6e à 21e année | 6 %/an | 1,65 %/an |
| 22e année | 4 % → exonération IR | 1,60 % |
| 23e à 30e année | Déjà exonéré | 9 %/an → exonération à 30 ans |
Alors, quel régime de fiscalité immobilière choisir ?
Puisqu’on parle d’arbitrage, autant vous dire le mien.
L’essentiel de mon patrimoine est en location nue, mais détenu via une société à l’impôt sur les sociétés. Précisément pour ne pas tomber dans le régime des revenus fonciers, où les loyers s’empilent sur mes autres revenus et se font tailler à la tranche marginale.
À l’IS, je déduis les charges, j’amortis le bien, et je pilote ce que je sors. Le prix à payer, c’est la plus-value professionnelle à la revente. Je l’assume, parce que je n’achète pas pour revendre.
En fiscalité immobilière, il n’y a pas de « meilleur » régime dans l’absolu : il y a celui qui colle à votre projet, votre horizon et votre situation. Quelques repères pour trancher.
- Vous louez nu, sans crédit ni travaux : le micro-foncier suffit. Avec crédit ou travaux, passez au réel, et visez le déficit foncier majoré si vous rénovez une passoire.
- Vous voulez neutraliser l’impôt sur vos loyers : le LMNP au réel reste la référence. Intégrez simplement, désormais, le coût fiscal de la revente (réintégration des amortissements).
- Le meublé devient votre activité principale : vous basculez en LMP, subissez les cotisations SSI, mais profitez des exonérations de plus-value et de l’IFI.
- Vous investissez à plusieurs ou préparez une transmission : la société s’impose. En nu, SCI à l’IR ; en meublé, SARL de famille ; pour capitaliser sans revendre, SCI à l’IS.
- Vous achetez dans le neuf en 2026 : étudiez le nouveau statut du bailleur privé, qui apporte l’amortissement en location nue.
La règle d’or de la fiscalité immobilière : on choisit son régime avant d’acheter, en raisonnant sur tout le cycle, acquisition, exploitation et revente. Une bascule mal anticipée (LMNP vers LMP, SCI IR vers IS) peut coûter très cher et se révéler irréversible.
Envie d’aller au bout du sujet ? En fiscalité immobilière, chaque euro d’impôt évité, c’est du rendement en plus. Ma formation décortique tous les régimes en détail, cas pratiques et optimisations à l’appui. Maîtriser la fiscalité immobilière en détail →
Pour replacer la fiscalité immobilière dans une stratégie d’ensemble, de la recherche du bien à la revente, voyez mon guide Immobilier locatif : la méthode complète.
Cet article est informatif et à jour au 1er juillet 2026 ; il ne constitue pas un conseil fiscal ou patrimonial personnalisé. La fiscalité immobilière évolue vite et dépend de votre situation : avant tout arbitrage, faites valider votre montage par un expert-comptable ou un conseiller en gestion de patrimoine. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

