Société Générale : Jérôme Kerviel s’explique

Michael Ferrari Esprit riche 2 Commentaires

Je ne pouvais pas passer sur l’évènement de ce début de siécle, à savoir notre nouveau record du monde : l’affaire Kerviel.

MediaPart a publié des extraits de son procès-verbal qui valent le détour. Maintenant que ces informations sont de « notoriété publique » et si jamais vous ne les avez pas lues les voici !

Dans ses déclarations, Jérôme Kerviel met en cause sa hiérarchie et affirme aussi que les opérations de « dissimulation » sont courantes au sein de la banque. Plus que de simple dépositions, il est intéressant de voir comment il explique le système.

Je ne donnerai pas mon avis sur cette affaire étant donné que comme la plupart d’entre vous je n’ai aucun élément si ce n’est les histoires relatées par la presse.

« Je suis rentré à la Société générale en août 2000, comme chargé des middle-office, (…) j’ai quitté cette fonction durant le second semestre 2002. On m’a alors proposé de passer assistant-trader (…). Cette fonction consiste à être le secrétaire du trader (…). Durant le second semestre 2004, j’ai été dédié en tant qu’assistant à un desk (…). Comme je me trouvais sur la même rangée de bureaux que les traders, (…) petit à petit j’étais de plus en plus intéressé à l’activité de trading. (…) Début 2005, j’ai été intégré au trading sur le desk. (…) J’occupais toujours ce poste jusqu’à la semaine dernière. Dimanche 20 janvier, (…) le responsable du trading m’a dit de ne plus revenir.
Lorsque je suis rentré à la Société générale, ma rémunération était de l’ordre de 35 000 euros brut annuels, hors partie variable. (…) Pour l’année 2004, j’ai perçu, en 2005, 15 000 euros brut de rémunération variable annuelle. Pour l’année 2006, j’ai perçu en 2007 60 000 euros brut. (…)
Pour l’année 2007, on ne m’a pas à ce jour indiqué le montant de ma rémunération variable, je précise que cet entretien fin 2007 s’est bien passé, ils étaient contents de mon travail, ils n’étaient juste pas d’accord sur le montant de ma rémunération variable. Je proposais 600 000 euros, ils m’en proposaient 300 000 euros. A ce jour, je n’ai rien perçu pour 2007. Quant à ma rémunération fixe, elle a régulièrement augmenté pour passer à 48 000 euros brut actuellement. (…)
Je ne conteste pas formellement les faits qui me sont reprochés. Je reconnais avoir saisi des opérations fictives, je reconnais les annulations d’opérations fictives ; s’agissant de la prise d’une position non autorisée sur les futures, je suis un peu moins affirmatif. Mon mandat était clair : il consiste à assurer le market-making de produits (…) ne présentant pas de volatilité : certificats, warrants, trackers. Il n’y a aucune limite précise écrite signée de ma main. (…)
Avant toute chose, j’ai en tête de faire gagner de l’argent à ma banque. C’est ma première motivation. (…) Il s’agissait de faire gagner de l’argent à la banque uniquement, et en aucun cas m’enrichir personnellement. Ce qui est plus discutable, je le reconnais, ce sont les moyens développés en ce sens.
Ma première expérience en ce sens remonte à 2005, j’ai alors pris une position sur le titre Allianz, en pariant sur la chute du marché. Il se trouve que peu de temps après le marché chute à la suite des attentats de Londres, et c’est le jackpot de 500 000 euros. Cette date correspond à peu de chose près à mon arrivée comme trader à la Société générale. J’ai déjà alors l’idée d’un deal pour couvrir ma position. J’ai une attitude mitigée car je suis fier du résultat et surpris à la fois. Cela génère l’envie de continuer, il y a un effet boule de neige.
(…) Fin juillet (2007), le marché craque sous les subprimes et les marchés se retournent. (…) Mon résultat grimpe : 500 millions d’euros, et je me retrouve dans la même situation que précédemment, et ce à la hausse, et ne déclare pas ce résultat qui n’apparaît pas dans les livres de la Société générale. Je masque par une opération fictive (…). Il est vrai que je me retrouvais très intimidé par ce montant de 500 millions et surtout de ne pas savoir comment l’annoncer (…).
Au 31 décembre (2007), je n’ai plus de « pose » et mon « matelas » (gains en réserve) est monté à 1,4 milliard d’euros toujours pas déclarés à la banque. A ce stade, je suis dépassé par l’événement et ne sais comment le présenter à la banque, cela représente un cash non déclaré de 1,4 milliard d’euros. Or personne n’a jamais réalisé ce chiffre qui représente 50 % du total du résultat de la branche action indices de la Société générale. Je ne sais comment le gérer, je suis content, fier de moi, mais ne sais comment le justifier. Donc j’ai décidé de ne pas déclarer à la banque et pour occulter cette somme, passer une opération fictive inverse. (…).
Or pour la banque, comme je ne suis pas supposé avoir gagné cet argent, je n’ai déclaré que 55 millions d’euros de résultat. (…) J’ai alors fourni de faux justificatifs de saisie sur ces opérations, à savoir de faux mails. J’ai réalisé un faux mail (avec) une fonction qui me permet de réutiliser l’en-tête d’un mail qui m’est expédié en changeant le contenu. (…)
Début juillet 2007, je suis tiraillé entre la satisfaction de cette réussite et l’énormité du montant à annoncer sachant que ces résultats étaient générés par de fausses opérations. Début 2008, je me mets « long » (en position d’acheteur) car le marché a beaucoup évolué, et je vois le marché revenir dans les trois prochains mois, et je suis toujours convaincu que sur les trois prochains mois il rebondira. Je prends donc une position « longue » et ne me fais pas de soucis (…). Le vendredi 18 (janvier 2008), en journée, j’ai été positif en regard de la forte volatilité du marché (…), ce n’est qu’à la clôture de la séance du 18 que j’étais négatif. Je pense alors que je verrai l’évolution du marché en revenant le lundi et table sur la hausse du marché américain le mardi. Ce que je ne pouvais supposer, c’est que le lundi je ne serais plus salarié de la Société générale.
(…) Les techniques que j’ai utilisées par la suite ne sont pas sophistiquées du tout, à mon sens, tout contrôle correctement effectué est à même de déceler ces opérations. Il n’y a aucun machiavélisme de ma part.
Il est évident que je n’aurais pas eu de tels résultats sans ce système (…), ma hiérarchie aurait imposé au regard de leur importance que je coupe mes positions. Je ne me faisais pas d’illusions, je savais pertinemment que je serais moins bien récompensé que sur d’autres desks, que je n’allais pas être rémunéré selon les standards du marché, cela n’a pas été un frein à ma motivation pour autant. J’avais compris lors de mon premier entretien en 2005 que j’étais bien moins considéré que les autres au regard de mon cursus universitaire et de mon parcours professionnel et personnel. Je ne suis pas arrivé directement au front-office, mais suis passé par le middle-office et suis le seul dans ce cas. Mais je ne le vis pas mal pour autant, je vous rassure.

(…) Chaque trader travaille en relative autonomie. (…) En novembre 2007, sur des opérations successives intra-days, j’ai fait des allers et retours sur le DAX (l’indice de la Bourse allemande), mais voyant que c’était juteux, j’ai également pris des positions à partir d’autres automates de collègues en même temps et ce au vu et au su de tous. Sur cette seule journée, j’ai dégagé un résultat de 600 000 euros. Mon manager a alors voulu connaître les raisons de mes choix d’investissement. Je refuse à donner les raisons économiques dans la mesure où cela revenait à leur signer un chèque en blanc. Je ne peux croire que ma hiérarchie n’avait pas conscience des montants que j’engageais, il est impossible de générer de tels profits avec de petites positions. Ce qui m’amène à dire que lorsque je suis en positif ma hiérarchie ferme les yeux sur les modalités et les volumes engagés. Au titre d’une activité normale, un trader ne peut générer autant de cash.

(…) Je reste persuadé qu’ils étaient au courant de mes positions et en cela je vous informe de l’existence de plusieurs alertes parvenues à ma hiérarchie. Durant l’année 2007, plusieurs mails interrogatifs (…) ont été envoyés à plusieurs de mes assistants collaborateurs afin d’obtenir des explications. (…) La banque aurait pu être alertée par d’autres indicateurs. Un autre warning aurait consisté à faire un ratio entre le résultat de 55 millions que je faisais en 2007 et le volume d’opérations traitées. Deux demandes d’informations de novembre 2007, émanant d’Allemagne Eurex, sont envoyées pour interroger le volume des opérations traitées par moi (…). Suite à cette enquête je suis interrogé (…) et parviens à me justifier. Début janvier 2008, je fais exploser ma limite de crédit (…). Je reçois alors des mails interrogateurs. (…) Pour me justifier, je produis alors un faux mail.
(…) Le simple fait de ne pas prendre de jours de congé en 2007 (4 jours) aurait dû alerter ma direction. C’est une des règles primaires du contrôle interne. Un trader qui ne prend pas de vacances est un trader qui ne veut pas laisser son book à un autre. (…)
Je générais du cash, donc les signaux ne sont pas si inquiétants que cela. Tant que nous gagnons et que cela ne se voit pas trop, que ça arrange, on ne dit rien…
La révélation de ces opérations dissimulées aurait-elle eu pour conséquence la réduction ou la suppression de votre bonus annuel ?
On peut le penser. A tout moment on aurait pu m’opposer que les positions dissimulées n’étaient pas validées pour l’évaluation de celui-ci.
Lorsque vous preniez ces positions couvertes par des opérations fictives, n’avez-vous jamais évalué le possible risque d’être licencié en cas de découvert ?
Je me posais la question de temps en temps, mais tout le temps je gagnais. Je me disais que la Société générale ne licencierait jamais quelqu’un qui génère autant de cash.
Mais vous n’avez pas toujours été gagnant sur vos positions ? Le risque d’être licencié sur un contrôle inopiné d’une opération fictive générant une perte était certain et envisageable ?
Il est vrai que le risque existait, beaucoup de traders se sont fait virer pour ces raisons.
Vous étiez malgré tout disposé à prendre ce risque ?
J’étais pris dans une spirale où cette question était totalement occultée. C’était trop tard.
Sachant que vous estimiez votre bonus comme étant à discrétion de votre hiérarchie, quels sont les critères selon vous qui rentrent en ligne de compte pour que celui-ci soit évalué par celle-ci ?
Je me pose encore la question : quels étaient les critères ? Ce qui se dit, c’est que la rémunération variable oscillerait entre 3 % et 7 % du résultat déclaré.
Donc le « matelas » que vous déteniez « off » (de façon dissimulée) n’entrait pas dans le calcul de votre bonus pour 55 millions d’euros de résultats déclarés ?
Non.
(…) En ce qui me concerne, cette valorisation à 1,4 milliard d’euros est importante mais arrivée trop rapidement de 500 millions (fin octobre 2007) à 1,6 milliard fin novembre pour que je puisse le déclarer sans être inquiété. Il est vrai que cela est hors de proportion avec le résultat déclaré (…). Pas vu pas pris, pris pendu.
Vous a-t-on fait une remarque sur les 50 milliards d’euros que vous aviez pris les quinze premiers jours de janvier ?
J’avais le sentiment que le marché allait rebondir.
Pourquoi un engagement si important, disproportionné par rapport à tous vos engagements précédents ?
C’était une façon de moyenner à la baisse mon prix moyen, et par ailleurs parce que je sais que le marché étant au plus bas va remonter très rapidement.
(…) Je n’avais aucune certitude que ces stratégies passeraient inaperçues. Je n’avais aucun élément me le laissant penser. Je ne pouvais que l’espérer (…).
Est-ce que vous êtes joueur ?
Non.
Etes-vous adhérent à un cercle de jeux ?
Oui, je joue au billard et suis adhérent (d’un cercle de jeu) (…).
Vous maintenez n’avoir eu pour seul objectif que de faire gagner de l’argent à la Société générale et d’avoir atteint votre objectif au 31 décembre 2007 ?
Oui, d’ailleurs je rappelle que le résultat dégagé est de 55 millions d’euros, et les 1,4 milliard d’euros de résultats qui servent sont occultés et n’apparaissent pas dans mon P & L (profit and loss, compte de résultats) mais qui sont réels (…). Je suis bloqué par le montant et la somme à annoncer à ma hiérarchie. J’ai l’intention de l’annoncer à la direction de la Société générale et je réfléchis à la façon de le faire.
Pris dans l’engrenage, comment imaginiez-vous pouvoir leur annoncer sans risquer de perdre votre salaire ?
Je pensais que le simple fait d’annoncer 1,4 milliard de bénéfices les satisferait.
Sans imaginer que la manière dont ils ont été occultés susciterait une sanction ?
Pour la sanction, je ne pouvais l’évaluer. La banque a pour but premier de gagner de l’argent. Comment justifier une sanction vis-à-vis d’un trader qui génère un résultat positif de 1,4 milliard d’euros (…) ?
On remarque que votre niveau d’engagement est stable et équilibré jusqu’à fin mars 2007, votre activité est beaucoup plus agressive entre fin mars et début juillet et de fin septembre à fin novembre. Quelles sont les raisons de ces prises de positions ?

En avril, c’est le début du problème des subprimes. Je m’informe à travers la presse et constate qu’elle mentionne le faible risque de contagion sur les banques et l’économie réelle. Je commence à étudier le sujet et décide de vendre des futures et à monter ma position vendeuse. Plus le temps passe, plus je suis persuadé de l’existence du risque de retournement du marché. Je monte ma pose jusqu’à mi-juillet jusqu’à 30 milliards d’euros et la solde fin juillet avec un gain.
Aviez-vous conscience dans vos prises de positions agressives d’être au-delà d’un mandat classique ?
Tous mes collègues prennent des positions plus ou moins importantes. La mienne était effectivement élevée et j’en avais conscience. On peut alors dire que j’étais hors limite du mandat mais je rappelle que je n’avais signé aucune limite chiffrée respectée dans le cadre de mon book.
Etes-vous serein quant à la taille des positions prises (30 milliards en juillet) ?
Non, j’ai conscience d’avoir une grosse position mais suis intimement convaincu du bien-fondé de mon analyse.
Cette conscience d’être hors limite se traduit par l’enregistrement de diverses opérations fictives dont les formes et modalités ont varié dans le but de masquer vos engagements ?
Oui.
A supposer que vos positions importantes sur les futures aient été décelées par la SG entre début mars et fin juillet 2007, soit sur la période ou votre P & L est négatif avec un pic maximum de moins 2,5 milliards d’euros fin juillet 2007, quel aurait été votre système de défense ?
Mes justifications auraient été les mêmes. L’espérance d’un retournement du marché. Cependant, je vous le répète, de mars à juillet ma hiérarchie a reçu un ensemble de warnings qui me laisse à penser que la taille de mes positions était connue.
Pourquoi dès lors les services de contrôle n’ont-ils pas cherché à vous stopper ?
Cela les arrangeait de me laisser gagner de l’argent.
Vous ne répondez pas à ma question. Je vous parle de la période de mars à juillet 2007 où votre P & L est négatif ?
En cas de découverte sur cette période, c’est toute l’équipe qui aurait été licenciée. Y compris mes supérieurs hiérarchiques en cascade. C’est d’ailleurs le cas aujourd’hui. Dans les deux cas, la Société générale a intérêt à fermer les yeux. Que je sois gagnant ou perdant.
Si tel est votre point de vue, cela signifie que vous aviez les coudées franches sans aucune limite ?
D’une certaine façon.
Vous le pensez réellement ?
Quoi qu’il en soit, je risquais dans un cas comme dans l’autre de perdre mon salaire si mes engagements étaient décelés. J’avais certes intérêt à dissimuler mes engagements vis-à-vis de mes supérieurs conscients du risque de ne plus avoir de job. Et ma hiérarchie avait intérêt quant à elle à ne rien dire pour les mêmes raisons.
Je ne suis pas de votre avis dans la mesure où votre hiérarchie avait tout intérêt à déceler au plus vite vos positions hors norme pour stopper, d’une part, ces positions importantes et, par ailleurs, les dommages collatéraux susceptibles d’atteindre vos supérieurs. Il est indéniable qu’ils auraient été eux-mêmes soumis à une série d’explications et de justifications sur les raisons de ce laisser-faire. Ce qui n’était pas dans leur intérêt. Qu’en pensez-vous ?
Je ne sais pas.
Je pense que votre hiérarchie a tout intérêt dès février à vous stopper dans votre élan, c’est-à-dire dès que vos résultats sont négatifs. Que la seule raison pour laquelle cela ne s’est pas fait, c’est que vos manoeuvres (opérations fictives) sont suffisamment efficaces pour passer à travers tous les contrôles et qu’à ce moment, contrairement à vous, ils n’ont pas encore à craindre pour la perte de leur salaire et de leur poste.
Dès début avril, P. B. et M. R. sont avisés par mail du service comptable (…). La seule chose qui me soit dite est de me débrouiller pour régulariser. Ils n’interviennent pas. Les autres alertes qui leur parviennent par la suite ne les font pas réagir pour autant, c’est donc que cela les arrangeait. Au début comme à la fin de mes manoeuvres, ils n’ont pas voulu intervenir. Nous faisons eux et moi le même métier. Ils en connaissent les rouages.
La non-détection par vos supérieurs de vos manoeuvres a-t-elle été de nature à vous inciter au fil de l’année 2007 à augmenter la taille de vos engagements pour atteindre 50 milliards d’euros ?
Cela ne m’a pas freiné. Leur passivité a pu me pousser à continuer et comme je vous l’ai dit j’ai vite été entraîné dans une spirale au sein de laquelle je me suis trouvé sans pouvoir m’en sortir. »

Commentaires 2

  1. Pingback: Jean Montaldo – Lettre ouverte aux banquiers de la finance | Devenir riche à votre manière

  2. ani

    Pourrait-on savoir sur quelles valeurs a joué Mr.Kerviel lors de ces pertes? Bref qui a récupéré le grisbi, ceci n’est mentionné nul part,. Peut-être quelques suggestions de la banque qui fait semblant de fermer les yeux et fait habilement le nécessaire a facilité sa perte et renfloué les caisses de certains leurs amis de haut vol. C’est juste une suggestion en passant…c’est un peu gros cette affaire… Comme les 500 millions joués par erreur au même moment par une banque allemande et disparus dans la nature sans adresse du receveur et sans responsabilité aucune, bizarre c’est trou à millions?. Les juges seraient-ils un peut soupe au lait à ne voir que le bout de leur nez ? Tous ces financiers à force de prendre le commun des mortels pour des idiots ont bien raison de le faire puisque l’on est tous des idiots de fait car incapable de se débarrasser de cette communauté nocive et toxique.

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