Pourquoi vous ne devez jamais jeter un papier par terre

Michael Ferrari Esprit riche, Réussite et succès 17 Commentaires

C’est dans les détails que l’on distingue l’intention et le potentiel des gens. Nos valeurs s’expriment en permanence dans nos actions.

Dans les recrutements à très haut niveau, ce n’est plus la compétence qui compte mais les valeurs personnelles. Par exemple, on ne va pas vous faire passer des tests psychologiques prétendument scientifiques mais la personne va passer du temps avec vous et voir comment vous vous comportez. Donald Trump raconte comment une fois il a écarté un candidat : en jouant ensemble au golf, il s’est rendu compte que le candidat trichait pendant la partie ! Quel type de personne triche pendant un jeu et durant un recrutement ?

Une autre action est particulièrement parlante : le fait de jeter un papier par terre.

Dans la ville d’où je viens, Marseille, ce type de comportement est très répandu et presque normal. En fait, ne pas le faire peut presque être vu comme un acte de rébellion.

Je me suis toujours demandé comment on pouvait jeter par la fenêtre ou dans la rue des déchets sans aucun état d’âme et si je n’ai pas de réponse définitive à cette question, je suis par contre certain que vous ne devez pas le faire : voici pourquoi.

Il ne s’agit pas des autres, de la ville, de la communauté ou du quartier. Dans de nombreuses villes, les campagnes de « sensibilisation » à la propreté consistent toujours à mettre en avant l’intérêt commun et c’est selon moi une grave erreur : on ne vante pas les mérites de l’intérêt commun aux gens qui se torchent avec tous les jours 🙂

L’intérêt commun c’est ce qui nait de la considération personnelle. C’est pour cette raison qu’on ne doit pas jeter l’emballage de ses biscuits par terre. Ce qui compte, c’est simplement l’image que cela vous donne de vous-même.

Les gens justifient souvent leurs actes par rapport à ce qu’ils voient. Si vous allez à Marseille, il est évident que ça n’est pas un papier de plus ou de moins qui va faire la différence – la marge de manœuvre étant large – mais ce n’est pas ce que cela ajoute par terre qui compte, c’est l’image que vous donnez et la personne que cela vous fait devenir. Chaque papier que vous jetez confirme la direction que vous prenez.

On m’a souvent dit que jeter un papier ce n’était pas grave et je suis bien d’accord. Rien n’est grave si on y réfléchi et que l’on met de côté la guerre et la mort non ? Faut-il attendre que cela soit grave pour changer d’habitude ?

Personne ne veut incarner celui qui laisse derrière lui plus de problèmes que de solutions et pourtant c’est le choix que beaucoup font chaque jour.

On m’a parfois dit que cela ne servait à rien de le faire car les autres allaient de toute façon jeter leurs papiers par terre mais ce n’est pas la question. Ne vous trompez pas de combat. On ne lutte pas contre la saleté, on lutte contre l’acception d’un niveau de vie inférieur à celui auquel vous devez prétendre. On lutte contre l’acceptation de standard qui ne sont pas à votre hauteur. L’effet visuel produit ne compte pas vraiment car en effet, il y aura toujours quelqu’un pour jeter le papier que vous n’avez pas jeté : la différence c’est ce que vous ressentez.

N’utilisez pas le comportement des autres comme excuse.

Le simple sentiment de dignité que l’on gagne à ne pas contribuer à la détérioration de l’espace commun n’a pas de prix.

Il ne s’agit pas de faire le bien commun mais de choisir et de suivre un certain niveau de vie. Vous ne pouvez pas jeter les emballages par terre le matin et râler parce que votre ville est sale et que personne ne veut y vivre l’après-midi.

Gardez vos papiers avec vous parce que vous accordez de l’importance à votre dignité. C’est en définissant et en suivant un niveau de vie élevé que l’on progresse. C’est en affinant nos sens et notre considération des détails. Ce n’est pas ce que vous dites qui défini qui vous êtes mais c’est l’ensemble de vos actes qui définissent qui vous êtes vraiment.

Commentaires 17

  1. Rémy Bigot

    J’ai toujours été ulcéré par ce type de comportement que je qualifierai de déviant (un mot très fort mais je le ressens comme cela).
    C’est pour moi la base de la base, pourtant.

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  2. Mata

    Quel excellent billet ! Avec un exemple tout simple, démontrer qu’en se mettant la barre un tout petit peu plus haut, on pourrait bien « changer le monde » (à commencer par le sien).

    S’ajouter de la valeur dont on peut être fier, c’est la seule façon de comprendre comment ajouter de la valeur à ce que l’on fait et à ce que l’on possède.

    Dans un même ordre d’idées, j’ai entendu parler de « bandes masquées » façon tagueurs qui faisaient des « attentats verts » : prendre un bout de territoire urbain bien moche et en quelques minutes y mettre de la verdure, planter des fleurs et redécorer un peu. Il paraît que quand les flics débarquent pour les interpeller, ce sont les habitants du coin qui les défendent ! Rumeur ou vérité ? A vérifier…

    Merci pour le blog, très intéressant,

    Mata.

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  3. Jérôme

    Habitant tout près de Marseille, je ne peux que malheureusement confirmer tes dires.
    Un papier par ici, un mégot de cigarette par là.
    Mieux, le mégot allumé et jeté par la fenêtre de la voiture.

    Les Français sont individualistes et les Marseillais particulièrement indisciplinés. C’est comme ça que je m’explique depuis des années cette situation.

    Côté discours à tenir, je me rappel de celui d’un professeur au collège : « Jérôme, aimerais tu que je vienne chez toi jeter ce papier / jeter ce mégot de cigarette / mettre mes pieds sur ta chaise … »
    Il savait faire passer son message éducatif en projetant les conséquences pour ma propre hygiène.
    Une piste.

  4. Greg

    C’est un bon message que tu fais passer, mais c’est surtout un manque d’éducation et de valeur qui fait que les gens jettent leurs papiers par terre. Je pense que y’a du boulot à faire, comme sur pas mal de point tu me diras

  5. Olivier

    Très bon billet.
    Je bosse à Marseille (Prado) et je confirme.
    Je confirme que tout le monde le fait.
    Je confirme que voir quelqu’un jeter un papier me fait toujours un grand choc.
    Alors si on parle des gratuits …

  6. Aramis

    Rien à dire, Michael, ton blog est d’une rare qualité, et chaque article est réellement intéressant.

    Pour répondre à Jérôme, je pense que cette méthode (Ne fais pas ce que tu ne veux pas qu’on te fasse) n’est pas terriblement efficace. De fait, la tolérance de la médiocrité, et l’existence d’un standard de « valeurs » à ras-de-terre est pour moi une réalité. Ce n’est qu’un exemple supplémentaire.
    Qu’est-ce que ça me coûterait de jeter mon papier dans une poubelle ? Rien. Je perdrais autant d’énergie que de le jeter par terre. Une telle attitude est pour moi un renoncement de l’individu face à une société qui lui propose/vend/impose (?) une voie non pas de « rébellion » mais de je-m’en-foutisme généralisé. Je suis même convaincu que cet individu (hors exceptions, plus limitées…) n’est pas satisfait. Simplement, il ne pense même plus à se satisfaire lui. Tout est égal, alors pourquoi ne pas jeter ce papier maintenant, ce sera fait… ?
    Sur le même principe, je pense aussi que l’individu installé devant sa télévision, qui passe des heures à voir (et non pas regarder, ce qui pour moi serait une activité réfléchie) un programme abrutissant ou un autre soit content de lui, et plus largement, soit heureux. C’est simplement un renoncement, pas forcément conscient, attention. Une sorte de « Que pourrais-je faire de mieux ? … Je ne sais pas »

    Je peux également illustrer mon propos avec ma propre expérience. Il m’arrive régulièrement de faire de la merde. En fait, je n’aime pas ce que je fais actuellement (prépa), et bien que les bénéfices à moyen terme (an prochain -> école sup’ de commerce) soient très intéressants, je passe nombre d’heures à perdre mon temps. Lire des articles moyens dans des journaux, que j’oublie tout de suite, voguer au hasard sur internet, ou simplement ne rien faire sans pour autant me reposer. Bref. Tout ça pour dire: je suis conscient de faire de la merde (perdre mon temps alors que j’ai des concours en avril), de gâcher mes capacités, ça ne me réjouit aucunement, et je m’en veux après, mais je continue à le faire. Parce que le court-terme m’ennuie et que le moyen-terme me paraît lointain et flou ?

    Je pense que le même genre de raisonnement s’applique au cas « papier sale » :
    1) Idée inconsciente primaire: Ce papier m’encombre. Pourquoi ne pas le jeter ici même ? (Réponse: pourquoi pas)
    2) Contrainte extérieure: Est-ce que je risque d’être puni pour ça ? (Réponse: non)
    3) Contrainte intérieure: Est-ce que ça me gène ? (Réponse: non, puisque tout le monde le fait !)

    D’ailleurs, se dire « Tout le monde le fait, donc je peux le faire » exprime peut-être, au delà de la justification bête et méchante, l’insatisfaction de l’individu par rapport à sa propre vie. Face au non-accomplissement de soi, les raisonnements « on est tous dans la même galère » ou « la vie des autres à l’air tellement trépidante » se rejoignent: je fais comme tout le monde parce que j’ai envie de leur ressembler, ou au pire de trouver un écho dans leur attitude (me dire « je ne suis pas tout seul à le vivre » est rassurant…).

    Face à ce problème de « flottement », le développement personnel peut fournir des pistes. Mais pas de « solutions », évidemment. Il est trop distant. Un livre, un blog… l’intermédiaire du moyen de communication fait perdre sa « vie » à la pensée. Quand je lis un philosophe (ou Michael 😉 ), je peux approuver ce que je lis et trouver ça vraiment bien/juste/vrai. Est-ce pour ça que je vais dans la minute (peu importe l’échelle de temps d’ailleurs) changer mon comportement ? Non. Je trouve ça bien, mais c’est loin de moi.

    Pour changer, redonner du sens, il faut un bon coup de pied au cul. Une étincelle. Une révélation. Peu importe le terme. Mais ça doit venir d’un contact humain. A la limite d’une expérience personnelle, même si celle-ci risque d’abandonner l’individu dans son échec. Non, un vrai contact humain, une main tendue « J’en suis passé par là, maintenant, c’est à moi d’aider » pour vraiment redonner de l’énergie. C’est ça qu’il faut. Et pour revenir aux papiers (je constate que je m’en éloigne quand même pas mal…), hé bien, disons que personne ne dit aux gens « Vous êtes en train de vous saborder, vous valez mieux que ça, et voilà ce que je propose, vous pouvez y arriver sans problème majeur, venez, faisons mieux, ensemble. » Comme dit dans l’article, les oppositions à ce comportement sale vantent soit l’intérêt commun, soit restent sur une morale creuse.

    En conclusion ? Les gens sont sans doute « perdus » dans leur vie, et insatisfaits. Faute de perspective d’avenir plus réjouissante qu’ils jugent crédible, ils agissent de la manière la plus « basique » possible, puisque toutes se valent.

    Après coup, je suis conscient d’avoir sorti un vrai pavé, d’avoir une pensée assez, heu… chaotique, et d’avoir sans doute raté les bons mots dans mon expression, et de m’être sans doute largement éloigné du sujet initial. mais voilà ce qui m’est venu. Alors: lucidité (relative) ou errance supplémentaire ?

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      Michael

      Wow beau commentaire !
      Je pense bien voir ce que tu vis : tu te poses tes propres œillères car ce qu’il y a autour de toi ne te plait pas. C’est ce que font les gens avec la TV : cela débranche le cerveau et permet de s’extraire de la réalité.

      Ne reste pas coincé là ! Fait quelque chose d’utile 🙂

  7. pierpod

    …Marre des moralisateurs de tous poils, il est évident de ne pas jeter les papiers par terre, il est affligeant d’écrire un article pour ne rien dire, simplement pour se donner bonne conscience, la bonne conscience elle vient d’en haut, visiblement elle est absente, il faut au peuple des exemples de comportement, des vies pures et transparentes , mais je ne crois pas qu’il faille regarder du coté de nos politiques pour y trouver les chemins à suivre, quand ceux se comportent en voyous, quelle éducation donner à nos enfants?.

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  8. Argancel

    Récemment, un papier m’a échappé des mains sans m’en apercevoir ici à l’Ile Maurice pendant que je marchais. Et une voiture qui passait par là avec des français à l’intérieur a ralenti et m’a copieusement engueulé pour ça.

    J’ai trouvé que c’est un bon signe!

    Pour le fond de l’article, oui en effet c’est une bonne vision des choses que de se concentrer sur le fait que jeter un papier donne une mauvaise image de soi-même. Et c’est vrai qu’on entends souvent cette justification toujours difficile à contrecarrer : « qu’est-ce que ça va changer un papier de plus ou de moins ».

    Finalement, on revient à la métaphore de la grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite. Sans s’en appercevoir, on pourri peu à peu notre environnement par la force du nombre.

    Pour répondre au commentaire précédent oui c’est évident qu’il ne faut pas jeter de papier par terre, mais ce petit geste de tous les jours se prête à merveille à réflexion. Merci donc pour cet article d’intérêt public Michael 😉

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      Michael

      Merci 🙂
      Oui je pense que le nombre compte, si cela peut améliorer les choses d’une manière ou d’une autre, cet article aura servi à quelque chose.

  9. Marine

    Merci Michael pour ton blog et pour ce billet.
    Je vais faire part, dans ce commentaire, à une expérience (sur le long terme) que j’ai plus ou moins vécue.
    Lorsque j’ai connu mon ami, ce dernier jetait régulièrement ses papiers à terre lorsque nous étions à Paris (Nous vivions à Paris à ce moment là). Mais dès que nous quittions Paris, il respectait un peu plus la nature et râlait contre les personnes qui laissaient des déchets derrière eux.
    A plusieurs occasions, je lui ai fait remarquer qu’il était comme eux puisqu’il jetait ses papiers par terre lorsque nous étions à Paris. Comment ai-je procédé pour changer son comportement ?
    Dans un premier temps, lorsqu’il avait un papier à jeter et qu’il allait le mettre par terre, je le prenais, le mettais dans une poche et à la première poubelle venue, je mettais ce papier dedans.
    Je lui disais également que ce n’est pas parce que tout le monde fait une chose qu’il faut forcément faire de même, qu’il n’aimait pas voir la nature sale et qu’il n’aimerait pas que ce soit la même chose chez lui. Bref, tout un tas de remarque régulièrement pour lui montrer l’absurdité de son comportement : jeter les papiers par terre.
    Au départ, lorsque nous étions ensemble, il faisait attention, puis petit à petit et parce qu’il adhérait à mon discours, il a arrêté de jeter les papiers par terre. Surtout qu’il est facile de trouver des poubelles dans Paris.
    L’étape suivante a été la mise en place du tri sélectif et je suis en train de le « former » à ce tri. Même si cela peut-être contraignant, il sait que c’est une bonne chose et apprend à la faire.
    Pour information, j’ai grandi à la campagne et mes parents m’ont toujours appris qu’il ne fallait pas jeter les papiers (ou autre) dans la nature.
    Je pense que si chacun modifie le comportement d’une personne dans son entourage, ce sera un peu moins de papier par terre et un progrès vers plus de civilisation.

    Encore un grand merci pour cet article qui donne à réfléchir.

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      Michael

      Il est effectivement facile de trouver une justification en participant à la poubelisation d’une ville comme Paris tout en étant respectueux ailleurs. C’est un peu la schizophrénie écologique 🙂
      Heureusement, nous avons tous eu la chance de croiser le chemin de quelqu’un qui nous montre une nouvelle manière de faire !

  10. Anonyme

    mercii bcp c vrais la plus part sont sans valeur humaine peux-tu me donner des conseilles pour apprande au enfants a ne pas jettez leur papies par terre

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