[Philippe] Ce que les noix m’ont enseigné sur l’abondance

Michael Ferrari Développement personnel 11 Commentaires

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Je suis de plus en plus frappé de ce contraste saisissant entre la multiplicité des biens de consommations et services qui sont mis à notre disposition et cette insatisfaction de fond qui émerge si souvent. Quelques exemples :

J’apporte à un ami parisien 2 kg des noix du jardin. Il s’exclame, déçu: « oh elles sont petites! ». Je lui réponds, « oui, elles sont plus petites que celles que l’épicier te vend 6 euros le kilo. L’arbre qui me les offre le fait de cette manière, je n’ai pas eu l’idée de le lui reprocher: il fait ses noix naturellement. Je les ai ramassées en pensant à toi et te les apporte. « Ah », m’a-t-il répondu.

Je rencontre Bertrand lors d’un atelier sur la gestion du stress. Il a 34 ans, est cadre supérieur dans une grande société, marié, 2 jeunes enfants. Il se présente d’une voix lasse, comme accablé. Il le dit d’ailleurs : il s’est endetté pour une maison plus grande (trop grande ?) et se sent ficelé pour 30 ans ! Au fil du stage, il révèle faire partie d’un club sportif et faire de la compétition en équipe, puis être passionné d’œnologie, visiter régulièrement des producteurs de sa région, faire collection de grands crus. C’est un « accro » d’Ebay et il aime arrondir ses fins de mois en achetant/vendant, il sort régulièrement avec ses amis, etc. Une vie que beaucoup ont envié par sa variété et sa richesse, tant familiale que professionnelle, sans parler de l’exercice de plusieurs passions. Quel contraste entre ce qu’il a décrit (qui en a fait rêver plus d’un dans l’atelier) et la manière dont il en a parlé, comme s’il portait tout le poids du monde sur ses épaules. Il persistera dans l’évaluation de l’atelier en mentionnant uniquement le fait que le programme n’avait pas été fait dans l’ordre du support papier! Aucun mot sur les nombreux outils qui ont été transmis…

Je fréquente de manière assez régulière un restaurant gastronomique que j’apprécie, notamment pour son rapport qualité-prix et son accueil « friendly ». Je tombe « par hasard » sur un site portail qui présente ce restaurant et je lis les commentaires très positifs… à l’exception d’un seul qui mentionne : «c’est dommage, absence de musique pour accompagner le repas », sans aucune appréciation de la cuisine. Personnellement, il ne me vient pas à l’idée de reprocher aux organisateurs d’un concert de ne pas avoir prévu de buffet !

Alors voilà ma conclusion : nous sommes gavés, hyper gavés, tout comme les canards gras de l’élevage à côté de chez moi ! Tellement gavés que nous ne portons notre attention que sur ce qui MANQUE. Comment s’étonner alors que nous nous sentions toujours insatisfaits et que nous nous mettions à courir pour nous remplir ? De plus, cette course est vaine car la satisfaction du « nouveau » va très vite être intégrée dans les habitudes et devenir invisible.

Dans « le silence du cœur », Paul Ferrini écrit : « C’est la perception du manque qui bloque l’abondance. En réalité, le manque n’est pas réel. Mais la croyance au manque est réelle. Et c’est la croyance au manque qui rend ce dernier réel ». Nous avons tous cette pensée automatique autour du manque. Elle provoque une insatisfaction permanente dont s’emparent avec habileté les marqueteurs et publicitaires de tous poils, cherchant à nous faire croire qu’avec XXX ou YYY ce sentiment va s’estomper et que nous allons accéder enfin à la plénitude. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

Est-ce une programmation de notre cerveau dont l’origine serait très ancienne, celle d’un temps où il fallait lutter « à mort » pour rester en (sur)vie ? Il n’y a pas de fatalité : aujourd’hui, faisons un pas de côté et soyons conscients de tout ce qu’il y a, de tout ce que nous avons, de tout ce qui fonctionne, de toutes ces possibilités, de toutes les chaînes de valeur qui nous entourent. C’est je crois une manière forte d’avoir l’esprit riche.

Prenez 2 minutes, seulement 2 minutes et concentrez-vous sur l’abondance. Voir ce que vous avez et non ce qui vous manque, ça vous change la vie !

Philippe-Geffroy-photoPhilippe est coach depuis plus de 10 ans et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » et du Cahier d’exercices pour être à l’aise avec l’argent. Chaque mois, il publie sur Esprit Riche une chronique pour vous aider à vous épanouir personnellement et professionnellement. Avec Sylvie, il organise des séjours de ressourcement et de coaching en résidentiel www.lesjardiniersdeletre.com . Avec Sylvie et Philippe, nous avons créé le séminaire Créez la vie que vous méritez : une expérience unique pour obtenir ce que vous voulez de la vie.

Commentaires 11

  1. Nicolas

    Bonjour,

    C’est bien vrai : plus on en a, plus on en veut ! C’est pour cela que l’on ne pourra jamais être heureux si on ne dit pas stop.

    Explosivement votre,

    Nicolas Bazard

  2. gunday

    Ce que je retiens d’important, c’est que Philippe a un noyer, et qu’il y a un élevage de canard pas loin de chez lui.
    Tout pour être heureux quoi! 🙂

    Plus sérieusement. la surconsommation est un réel problème.
    Personnellement, en ce moment, je vise plutôt le moins mais mieux.Cela commence par un désencombrement du surplus qui stagne à domicile. (y a encore pas mal de boulot)

    1. Post
      Author
  3. Arnaud

    Merci à Philippe pour cette analyse.

    Un article tellement vrai, la société tourne autour de la consommation ou devrais-je dire de la surconsommation.

    Nous vivons dans l’abondance et cette vision de la vie tel que soulignée plus haut nous fait voir que ce qu’il nous manque et non pas tout ce que nous avons, que ce soit matériel ou pas.

    Est-ce que cette vie nous rend pour autant plus heureux ?

    1. Pierrick B.

      Pour répondre à cette question : ne sommes nous pas en France les plus gros consommateurs d’anti-dépresseur ?

      Personnellement autour de moi je constate que les personnes déprimées ou tristes sont souvent celles à qui il manque le plus, et qui ne sont pas forcément les plus démunies !!
      Bon après, comme je les évite, y en a pas tant que ça 🙂

  4. Jean-Louis

    Je me suis fait la même remarque: on passe son temps à reprocher aux autres de ne pas agir alors que nous ne bougeons pas nous mêmes.
    Je ne réussis pas parce que l’on ne m’aide pas.
    J’ai besoin de ci, j’ai besoin de ça…

    … alors qu’en regardant chez moi, autour de moi… et avec un brin de créativité, je trouve en moi ce qu’il me faut pour avancer.

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