L’esclavage de la dette

Michael Ferrari Faire des économies, Finances personnelles 18 Commentaires

Il existe 2 sentiments indiscutables pour être heureux : être libre et avoir l’esprit tranquille. L’image parfaite serait l’homme des bois qui vit où il veut et qui se préoccupe de bien peu de choses (même s’il a d’autres problèmes par ailleurs!). Ne vous a-t-on jamais dit que l’insouciance de l’enfance était la meilleure période ou qu’être un chat ou un chien semblait être paisible ?

Beaucoup de gens survolent mon blog et concluent que seul l’argent m’intéresse ou que je cherche une sorte de bonheur dans l’argent : rien n’est plus loin de la vérité et si l’argent ne fera que ressurgir vos sentiments les plus profonds, il y a quelque chose qui vous enfoncera certainement : être lourdement endetté.

Atteindre un état de liberté et de sérénité proche de cela est beaucoup plus facile que l’on ne l’imagine mais le principal obstacle porte un nom : dette.

Etre un esclave moderne

L’origine de mon second livre, Rembourser ses dettes, est parti d’un constat : être endetté , ce n’est ni plus, ni moins qu’être l’esclave de quelqu’un d’autre.

Même s’il existe une distinction sur la nature de la dette, bonne ou mauvaise, 99 % des gens ne sont concernés que par les mauvaises dettes. Une mauvaise dette, c’est une dette créée par votre désir de confort ou votre recherche de bien-être au travers de la consommation. Typiquement, c’est l’achat d’objets qui perdent de la valeur avec le temps. La bonne dette, c’est l’investissement qui possède une chance de payer dans le futur : cela concerne peu de personnes et cela reste… une dette.

Je pense que l’esclavage tel qu’on le conçoit de manière historique n’est plus nécessaire, il existe une forme bien plus puissante : endetter les gens. L’instrument phare ? Le marketing. Prétendre vouloir défendre vos intérêts et vous assouvir. Quoi de plus facile que de piéger les gens et ensuite les faire courir tel des hamsters dans leurs petites roues ?

Ne vous méprenez jamais sur la dette. C’est un engagement sur votre futur. Vous donnez les clés de votre avenir à quelqu’un d’autre. Désormais, vous travaillez parce que vous devez le faire, non plus parce que vous voulez le faire.

Lorsqu’un pays crée de la dette, il dit simplement « Je veux faire cette dépense maintenant même si je n’en ai pas les moyens, je vais hypothéquer une partie de notre future production ». A votre niveau, c’est la même chose et c’est aussi stupide.

Il y a 2 types de personnes qui défendent le fait de s’endetter. Celles qui ont quelque chose à vendre et celles qui sont lourdement endettées. Je vous assure qu’aucune personne libre et financièrement indépendante ne le recommande.

Le sentiment de confort avec la dette est personnel. Certain sont à l’aise avec plusieurs milliers d’euros, d’autres fuient la dette comme la peste, mon conseil est simple : moins vous en aurez, mieux vous vous porterez.

Vous n’avez pas besoin de révolutionner votre vie pour vous sentir mieux. Essayez simplement d’être plus libre de vos choix. Croyez-vous que vous allez facilement changer de poste pour évoluer à votre rythme avec une dette sur les épaules ? Sûrement pas, vous avez une excuse en OR pour ne rien faire. Vous allez reporter de plusieurs années votre évolution.

Voici ce que quelqu’un m’a dit récemment :  j’ai acheté ma résidence principale, il y a beaucoup de travaux à faire mais j’aimerais partir vivre au Canada rapidement. Je n’aime pas donner mon avis s’il n’est pas sollicité mais je pense que c’est le chemin vers la pire des déceptions : partir vivre au Canada ou dans n’importe quel pays demande déjà un effort notable pour s’extraire de l’attraction de sa petite vie mais le faire en ayant une contrainte aussi importante, c’est quasiment impossible. Il n’y a rien de pire que de se mentir.

Croyez-vous que j’ai multiplié mes revenus par 10 en attendant que l’on m’augmente et en m’accrochant à mon employeur comme s’il était une louve nourricière ? J’ai agis aussi librement que possible.

Ne compromettez pas votre liberté contre une dette. Pas maintenant que vous pouvez vivre libre dans un pays comme la France.

Commentaires 18

  1. sylvie

    Comme j’aime beaucoup ton blog, que je le lis très régulièrement et que je sais que « seul l’argent m’intéresse ou que je cherche une sorte de bonheur dans l’argent », ce n’est pas vrai!
    Je vais me contenter de juste commenter la fin de ton article, et précher encore une fois pour ma paroisse : « partir vivre au Canada ou dans n’importe quel pays demande déjà un effort notable pour s’extraire de l’attraction de sa petite vie mais le faire en ayant une contrainte aussi importantee, c’est quasiment impossible.  »
    Tu le sais, il y a pourtant un moyen. Des gens comme Olivier Roland le font. Il suffit de se créer un salaire équivalent/suffisant pour « payer » sa maison et Voyager en même temps, grâce au formidable pouvoir qu’Internet nous offre maintenant ! D’ailleurs je viens de réaliser un Interview d’Olivier sur mon Blog qui en parle très bien !

  2. Sylvain

    Je ne peux évidemment qu’approuver ce discours, vu le titre de mon blog 🙂 Moins on a de dettes, mieux on se porte.

    J’ajouterais que même ce que tu appelles la bonne dette, c’est-à-dire une dette à but d’investissement, reste très dangereuse et doit être utilisé avec beaucoup de précautions. Ce type de dette permet un effet de levier intéressant évidemment, mais le risque est important : que se passe-t-il si l’investissement ne rapporte pas autant que prévu, voire rien du tout ? Il vaut mieux avoir des bases financières solides avant de se lancer dans ce genre d’activité.

  3. Rick Hunter

    C’est bien pour cela que notre gouvernement veut une « France de propriétaires ». Il veut des français endettées surtout, afin qu’ils soient plus dociles.

  4. jerome

    Voila il y a crédit et crédit.
    J’ai 75% de taux d’endettement et je vis très bien. Je n’ai bien évidemment aucun crédit à la consommation, le fléau de notre société avec des intérêts exorbitants!
    Mes crédits ne concernent que l’immobilier avec des taux d’intérêt toujours très avantageux.
    S’endetter intelligemment est un impératif pour un investisseur.

  5. Matt (Acide ici)

    « Il y a 2 types de personnes qui défendent le fait de s’endetter. Celles qui ont quelque chose à vendre et celles qui sont lourdement endettées. »

    Je suis fan ! La majorité de ceux qui ont fait une erreur préfèreront toujours la défendre que l’admettre. Mal géré, l’ego mène droit à sa propre perte…

    Bien entendu, la précision de Jérôme est capitale : il faut fuir les crédits à la consommation, mais savoir s’endetter pour faire levier ! C’est là que je suis en désaccord avec Sylvain : si tu attends que ton salaire te permette de faire des investissements, par exemple dans l’immobilier, tu risque de faire ta première acquisition à 80 ans. Et à 137 ans, à toi la liberté ! 😉

    Le crédit à la consommation, en revanche, c’est une mauvaise compréhension de ton bonheur et de tes besoins. Comme je l’ai écrit dans mes pages, il faut investir dans son futur avant de dépenser pour son présent.

  6. Sylvain

    @Matt (Acide ici)

    Je voulais simplement souligner que l’utilisation d’un levier augmente le risque, peu importe le type d’investissement d’ailleurs.

    Pour cette raison, je déconseille les leviers à ceux dont les finances ne sont pas suffisamment solides.
    Par finances solides, je pense à des choses très basiques mais pourtant essentielles, comme : l’absence de crédits à la consommation justement, des revenus récurrents et une épargne de précaution disponible notamment.

    La deuxième condition pour utiliser l’effet de levier est la connaissance. Pour l’immobilier, je pense à la connaissance du marché, du fonctionnement d’un emprunt, des impôts, etc.

    Ce sont, à mon avis, les deux conditions à réunir pour éviter de se prendre un méchant effet de massue 🙂

    Ceci dit, si les deux conditions sont réunies, je ne vois pas a priori d’inconvénient à s’endetter pour investir dans l’immobilier, surtout si le rapport risque/rendement est intéressant !

  7. Matt (Acide ici)

    Tout investissement est risqué, et je suis d’accord, le levier augmente le risque. Mais le point essentiel de ce que tu dis est que la connaissance diminue le risque.

    Certains vont acheter des actions solides du CAC40 sans rien connaître et en faisant des prières pour que le cours ne chute pas, et leur opération est bien plus risquée que quelqu’un se lançant dans un montage complexe sur de l’immobilier, des produits financier ou de l’entrepreneuriat très obscurs mais ayant acquis un haut niveau de connaissance de ce qu’il font.

    Et puis oui, je n’y avait pas pensé, mais être endetté à la consommation à 20 % et chercher un crédit d’investissement n’est en effet pas d’une cohérence démentielle. 🙂

  8. Joel

    Je pense qu’un cours à ce sujet à l’école serait un des meilleurs remède contre le surendettement. Vaste programme? Encore faut-il pouvoir motiver les étudiants.

    Quand on sait qu’une bonne partie de la population possède des mauvaises dettes, allant même jusqu’au rachat de crédit faute de pouvoir honorer ses engagements… Je me dis que le domaine de l’endettement intelligent n’est pas pour tout le monde.

    C’est un peu comme la course à pieds. C’est très bon pour la santé mais une bonne partie de la population s’en fout, une autre a déjà essayé mais vite arrêté et une troisième vous expliquera que c’est très mauvais et qu’il vaut mieux rester dans son canapé à manger des chips.

    Je caricature à peine.

  9. loicphilippart

    Article très intéressant et très vrai.

    Voici ici une petite vidéo que j’avais vue il y a quelque mois qui retrace l’histoire des banques et justement de l’argent « dette »
    http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_l-argent-dette-de-paul-grignon-fr-i_news
    (je l’ai retrouvée sur ce lien dailymotion)

    Et ce sera de pire en pire, il y aura beaucoup plus de d’argent dette que d’argent réel..jusque quand cela va-t-il pouvoir durer, telle est la question..

    Loïc

  10. Eigle

    Bonsoir,

    Merci Michael pour cet article très intéressant et qui a le mérite de pointer le doigt sur l’une des déviances majeures de nos sociétés modernes.

    Comme tu le dis très bien, notre rapport à l’argent a très souvent partie liée avec nos émotions. Aujourd’hui, on veut TOUT et TOUT DE SUITE et l’endettement est devenu la solution miracle pour nous permettre de nous acheter ce dont nous rêvons et de « compenser ».

    Cela dit, j’approuve complètement ce que dit Matt au sujet des « bonnes » et « mauvaises » dettes. S’il convient d’être prudent et rigoureux dans sa stratégie d’investissement, il n’en reste pas moins vrai que l’effet de levier est un super générateur de richesse.

    On note d’ailleurs à ce propos que les « bons » emprunts sont finalement ceux qui ont les taux les plus bas sur le marché (immobilier, parkings, etc.). Notamment parce que la banque estime qu’elle prend un moindre risque à prêter de l’argent lors de l’acquisition d’un tel actif puisqu’elle peut le saisir en cas de défaillance de l’emprunteur.

    Comme quoi, tout n’est finalement pas si mal fait quand on sait résister à la tentation et qu’on prend le temps de bâtir sa stratégie financière !

    Merci encore pour cet article très intéressant.

    1. Thibaud

      @ Loïc : effectivement, je suis allé le voir et je vous le conseille à tous très fortement !

      Le documentaire est extrêmement bien construit, pédagogique et reprend avec précision les mécanismes de la crise et l’effet pervers de l’utilisation abusive du levier sans couverture en capital.

      Si cela vous intéresse, j’ai publié un article sur mon Blog à propos du film :

      http://www.mes-finances-mode-demploi.fr/investir-2/le-monde-de-linvestissement-et-du-business/job-pourquoi-vous-devez-absolument-aller-voir-ce-film/

  11. david 86

    Je suis dégouté de voir les pub de credit a la télé .
    Faites vous plaisir !! vous paierais encore a noel prochain votre dinde et vos cadeau !

  12. Lucie Montpetit

    Je trouve cet article très intéressant. Surtout le passage de l’esclavage et des hamsters qui tournent dans leur roue. Il y a même des compagnies qui offrent un salaire important et insiste sur le fait qu’une belle grosse maison et une belle auto de l’année c’est important pour le standing. Ils encouragent les employés à dépenser car de cette façon, ils sont certains qu’ils vont travailler fort pour eux.

    C’est effectivement une paix d’esprit que nous avons de ne pas avoir de dettes et de travailler oû l’on veut. Car il est plus facile de changer d’emploi, si nous n’avons aucune dette.

  13. AS

    Je découvre votre blog le seul regret que j’ai c’est de ne pas l’avoir connu plus tot.
    Pour en revenir au thème, je suis exactement dans cette situation. En effet, je n’ai plus de voiture depuis deux mois à la suite d’un accident, et par manque de moyen financier (enfin c’est plutot le bon sens) je ne peux la remplacer. Et c’est fou le nombre de personne qui me dise que je n’ai qu’a aller à la banque pour emprunter pour acheter une voiture. Juste l’idée de faire un emprunt me donne l’impression de faire un beau cadeau à mon banquier. Donc depuis plus de voiture mais je gagne de l’argent en prenant le bus et en faisant un geste écologique. Longue vie à se blog

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