Le 8ème péché capital : la vente

Michael Ferrari Développement personnel 16 Commentaires

Philippe-Geffroy-photoPhilippe est coach et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » : argent et développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Avec Philippe, nous avons créé le séminaire Créez la vie que vous méritez : une expérience unique pour obtenir ce que vous voulez de la vie. Voici Philippe !

La vente et ceux qui vendent (tout comme les riches !) n’ont pas bonne presse dans notre pays. Une solide caricature de cette mauvaise image, c’est Jean Claude dans Caméra Café (génial Yann Le Bolloch), un peu alcoolo, provocateur, dragueur, un peu lourd, intéressé par le cul, le fric (et son camping car), méprisant gentiment ses clients. Vous connaissez aussi le comble du vendeur : vendre un réfrigérateur à un Eskimo. Ces caricatures s’appuient sur des croyances de fond, assez partagées par le corps social, qui produisent une vision de ce rôle et de ceux qui le tiennent : tromperie sur la marchandise, fausses promesses, manipulation voire abus. Non, je ne parle pas de vous en particulier, mais faites juste attention à votre réaction émotionnelle quand un blogger essaie de vous vendre un ebook ou une formation (après vous avoir habitué au gratuit !). Pas l’once d’une réaction? Vous êtes complètement cool avec ça ? Alors ne lisez pas plus loin, ça ne vous concerne pas. Pour les autres, continuez un peu.

Avoir une mauvaise image de la vente quand vous êtes indépendant est tout simplement suicidaire. Je le sais puisque je suis moi-même indépendant depuis 16 ans et que j’ai pris la (bonne) habitude de vendre mes prestations faute de quoi je n’aurai pas survécu. J’accompagne des jeunes indépendants qui se trouvent fort dépourvus lorsqu’ils comprennent qu’il ne leur suffit pas d’être bon dans leur domaine, mais qu’ils doivent le faire savoir pour décrocher des contrats. Et pourtant, que de dévalorisations vivent ils autour de ce mot « vendre » : amalgames avec la prostitution, avec le fait de demander, voire mendier, manque de confiance dans la valeur de ses services, arnaque etc. Pour les indépendants, c’est vite vu. Passons aux salariés.

Avoir une mauvaise image de la vente quand vous êtes salarié d’une entreprise est tout simplement cracher dans la soupe. Grâce à qui votre salaire mensuel vous est versé chaque mois ? Grâce aux Jean Claude de votre boite, qui, outre passer leur temps sur la route, au téléphone ou dans un magasin, sont au contact de l’agressivité, de l’indécision, du revirement, des plaintes fondées ou non, formulées par les clients (parce que les produits que vous avez fabriqués ne tiennent pas la route !). « Nan nan nan, la vente, franchement… moi j’y touche pas, et puis le marketing, maintenant….. ». Mais c’est bien parce qu’ « ils » font le (sale) boulot de vendre ce que vous avez conçu, fabriqué ou géré que vous avez votre virement à la fin du mois !

Finalement, les seuls qui ne seraient pas concernés seraient les fonctionnaires, pour autant qu’il n’y ait pas une offre concurrente dans le secteur privé (L’Education Nationale, Pôle Emploi). Ça réduit donc grandement le panel de ceux qui peuvent s’affranchir de vendre, directement ou par l’intermédiaire de ceux à qui ils ont délégué cette mission.

Alors je comprends qu’on puisse être agacé par des démarches commerciales vécues comme insistantes. C’est le pendant inéluctable de la concurrence entre ceux qui entreprennent sur les mêmes créneaux. J’ai voyagé derrière le Mur de Berlin quand il existait encore. Vous entriez dans un magasin dit d’Etat et vous trouviez un seul type de yaourt (quand il y en avait) emballé dans un pot blanc. Idem pour tous les autres produits. Avez-vous envie de vivre dans ce monde ? Alors respect pour ceux qui vendent, c’est un sacré boulot !

Commentaires 16

  1. Julien

    Bonjour Mickael,

    Je partage ton opinion sur le sujet. La vente n’est pas un métier facile, mais les personnes qui le pratique sont souvent des passionné(e)s.

    J’ai travaillé comme développeur commercial pour une société de service à la personne. J’ai ouvert leurs agences à Angers et Nantes. C’était difficile de se lever chaque jour et d’aller à la recherche de nouveaux clients sur un territoire où l’entreprise n’était pas connue.

    Quel plaisir par contre de convaincre un par un les clients et de voir le chiffre d’affaire progresser chaque mois !

    Voir le résultat de ses actions est mon plus grand bonheur de commercial !

    A bientôt

    Julien

  2. Mikael

    C’est vrai que les vendeurs n’ont pas la cote dans l’opinion générale. Pourtant tout ou presque est vente : un entretien d’embauche, une demande en mariage, le choix de la destinations des vacances, l’écriture d’un livre,etc.
    La vente est dans toute relation où il y a négociation.
    Avant on troquait maintenant on vend. Mais dans tout les cas on négocie. Le problème c’est quand le troc est inégal. Il faut des relations gagnant gagnant et la vente devient ainsi plus honorable.

  3. laurent de 500K

    Arffff…
    je ne suis pas d’accord Mickael sur ton propos sur les fonctionnaires. Je travaille dans une université qui ne cherche qu’à une chose : se gérer comme une entreprise, avec des choix de gestion rationnels, etc, etc.
    J’y suis directeur informatique, et je te garantie que dans l’équipe on essaye de « vendre » nos solutions, on est de véritables VRP de l’usage numérique, même si cela ne se traduit pas directemetn en k€.
    Ce n’est peut être pas vrai dans tous les domaines, mais ce ne sont que des marges de progressions. Je crois que de plus en plus la FP ira vers des modèles commerciaux, car on ne peut plus aujourd’hui manipuler de l’argent public sans rendre des comptes à tous niveaux, sans justifier, sans s’appuyer sur des indicateurs.
    D’ailleurs, je crois erroné de penser que la fonction publique est différente d’une entreprise. à un certain niveau, elle est strictement identique à une très grosse entreprise, sécurité de l’emploi comprise.

    Sur le fond de l’article, je soulignerai que les techniques de vente c’est bien, c’est nécessaire pour décider les acheteurs trop indécis (dans l’immobilier, d’ailleurs, cela justifie le travail des agents immobiliers)

    Une chose me dégoute néanmoins, c’est l’exces. L’exces commercial, l’exces de vente. Quant on voit que les TG des grandes surfaces proposent quasi systématiquement des produits en promos plus chers que les mêmes produits en rayons, je crois qu’il est légitime de déconsidérer ce type de commerce qui n’ont en fait pour seul défaut que d’avoir pousser le concept du marketing à l’extreme. Mais c’est là sans doute un travers inévitable.
    😉

    1. Philippe

      Oui globalement d’accord avec ton objection et celle de Pat sur les fonctionnaires, les secteurs non concurrentiels sont et seront de plus en plus rare …
      Pour le reste, il faut etre conscient de ce qu’on regarde: pour un stop brulé il y a des millions d’automobilistes qui s’arrêtent. Oui à une vente éthique donc

  4. pat132

    Je partage l’avis de Laurent en ce qui concerne les fonctionnaires. Je le suis également et je peux vous assurer que dans la fonction publique il ne faut plus avoir de tabou avec la vente. Ne revenons pas là-dessus.

    Je pense que la vente est mal admise dans l’inconscient collectif car les « commerciaux » n’ont souvent aucune éthique ou philosophie Je ne parle pas de morale de bien ou de mal mais bien d’un cadre intellectuel. Ils ne se posent pas de cadre et c’est l’excès qui écoeure. Le respect existe quand il est réciproque.

    J’ai eu la chance de ne pas connaître l’Allemagne de l’Est sous l’époque communiste. Malheureusement, j’ai eu l’occasion de voir l’ouverture d’un magasin à New York un premier jour de solde (en vrai, pas à la télé)

    Voir une nuée d’obèses se battrent pour de l’électro-ménager, c’est effrayant. Avez-vous envie de vivre dans ce monde ?

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    Michael

    Juste pour préciser les choses, l’article est écrit par Philippe 🙂

    Son propos était surtout de mettre face à leurs contradictions les personnes qui pensent qu’ils ne faut pas vendre ou promouvoir ce que l’on fait avec des phrases du style « si c’était un bon produit ça se vendrait sans promotion… » (que cela soit des fonctionnaires ou pas) pour rappeler au passage que si leur entreprise existe, c’est que quelqu’un a un moment donné parle de leurs produits/services et réalise une vente…

    La vente n’est qu’un maillon de la chaine de production de l’entreprise (R&D, ingénieur…) mais c’est un maillon aussi important que les autres.

    Les boites qui cartonnent arrivent à faire que tout ce petit monde communique et s’entendent autour de l’objectif et sortent de la gueguerre classique ingénieur/commerciaux où l’un veut faire de belle chose que personne n’achète et l’autre vend des produits qui n’existent pas.

  6. Gaby

    Tous les aspects négatifs que vous évoquez « tromperie sur la marchandise, fausses promesses, manipulation voire abus », sont liés non pas à la vente ou au vendeur, qui fait un dur métier, et qui ne fait qu’appliquer un SYSTEME qu’on l’a contraint à suivre : le MARKETING, qui est le véritable fautif et le cancer de notre société de surconsommation.

    Et pour le coup, tromperie, manipulation, abus ne sont pas des mots trop forts pour qualifier ce merveilleux monde que les marketeux veulent nous faire avaler.

  7. Yable

    En faisant du marketing de réseau je me suis rendu compte qu’effectivement il y avait une mauvaise interprétation de la Vente. Je pense que ce qu’il faut comprendre dans la vie c’est que tout a un prix. Quitte à négocier pour avoir un meilleur prix. La vente est donc justifiée et ne doit pas être vue d’un mauvais œil. La règle qu’il faut respecter c’est de s’assurer que le produit qu’on vend apporte plus en valeur d’usage que l’argent qu’on reçoit.

    Bien amicalement

    Yable

  8. Alexandra de Sphère Humaine

    Alors que, ironie… ma formation initiale est une école de commerce (avec spécialisation RH), je confirme avoir passé toutes les étapes décrites:
    De « beurk la vente, c’est moche et nul, les vendeurs ne cherchent qu’à vous arnaquer, etc… » à maintenant où je suis en libéral depuis plusieurs années me dire « oui bon tout ça c’est bien beau mais c’est vrai que d’une certaine manière il faut se vendre ou plutôt vendre ce que l’on peut apporter à nos futurs clients.
    Et je suis d’ailleurs dans un domaine où il y a régulièrement argument sur le terme des personnes qui nous consultent; doit on dire patients ou clients? (Je suis psy et coach)
    Mais se vendre sans perdre son âme est un art et une compétence qui se travaille. Sur du long terme, avec psychologie humaine et basée sur le coeur, ç’est plus agréable.

  9. easy-trader.fr

    Bonjour à tous,

    il y a plusieurs méthodes de vente. Celles qui répugnent le plus sont le matraquage publicitaires, les spams etc…C’est ce côté là de la vente qui lui a donné mauvaise réputation. Cela dit si cela continue encore de nos jours, cela doit être efficace, non ? des expériences, des chiffres, des exemples ?

  10. Olivier

    Assez d’accord dans l’ensemble par contre : « Avoir une mauvaise image de la vente quand vous êtes salarié d’une entreprise est tout simplement cracher dans la soupe » >> je me dis qu’en étant dans une société et qu’on connait la valeur d’un produit donné, on a tendance à se donner « un pourcentage ».. si vous me suivez !! 😀

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  11. marcel

    Bonjour, bien souvent la mauvaise image du vendeur vient du fait que vous avez à faire à un mauvais…. Vendeur….Mais on peut apprendre à devenir meilleur….A bon entendeur;;;;

  12. MAGICMAN

    je suis d’ accord avec le faite qu’aujourd’hui les vendeurs sont prets a tout pour vendre et de sont souvent des pseudos commerciaux qui cherchent a vendre coute que coute au mepris de la demande et du besoin. Cela du faite de la pression de certaines entreprises et de leur boss qui ne sont ps plus honnêtes. C’ est la raisonn pour laquelle le marketing est primordial car il aide a determiner une possible vente, en détectant des besoins ou disons des tendances. Un exemple, aujourd’hui la societe francaise entre dans le même cercle vicieux de celui des états unis, c’est a dire celui de l’ individualisme. Et il existe de multiples façons de profiter de cette monteeen fleche, des vols par exemple. Aujourd’hui il existe une forte augmentation des vols en France et cela profite aux societe qui s’occupe de la gestion des sinistres ou de la sécurité. Donc pour bien vendre, il faut déjà savoir bien faire du marketing…

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