Faut-il suivre ses passions ou s’orienter vers du lucratif ?

Michael Ferrari Idée d'entreprises, Réussite et succès 41 Commentaires

Voici un email que j’ai reçu avec une question importante : faut-il travailler dans ce qui nous plait ou dans ce qui rapporte ?

Bonsoir Michaël,

Je vais me présenter assez rapidement. Je m’appelle François, j’ai 21 ans et suis étudiant en troisième année de psychologie. Intéressé par le développement personnel et financier à travers tous ses aspects depuis un an, je suis tombé par hasard il y a 3 mois sur ton site.

J’en suis tombé amoureux. Tes articles reflètent mes façons de penser, m’aident à me découvrir… ; ils sont exactement ce que je cherchais!

Je te contact car je suis face à un problème. Pour faire simple ;

– Soit je me dirige vers une profession qui pourra me rapporter suffisamment d’argent (de 2000 à 3500€) pour vivre mes passions (sport, voyage, musique), investir etc, mais qui risque de pas me plaire. Je me dirige vers le métier de Psychologue du Travail (domaine des RH). Il est difficile de m’imaginer recommencer à zéro mes études.

– Soit je change d’orientation et vise une branche qui me passionne depuis quelques années; la diététique. BTS diététique en deux ans, je travaillerais donc à 23 ans. Je sais que ce métier me plairait, je lis beaucoup de livres là dessus, prend des notes… Cependant, ce métier n’offre pas les mêmes opportunités (de 1300 à 2100€ en fin de carrière). Donc je ne pourrais sûrement pas avoir les mêmes projets de vie.

J’espère avoir été court et clair. Pourquoi je sollicite ton aide?

Étant donné ta manière de vivre, de voir et penser la vie qui me ressemble, tu sembles être de bon conseil. Je pense que tu pourrais m’éclairer sur des choses que je n’aurais pas penser, tu pourrais me donner certaines règles sur la vie professionnelle que je ne connaitrais pas…

Bref, selon toi, est-il plus judicieux de viser un emploi-passion avec un faible salaire, ou bien un emploi pour l’emploi (c’est à dire pour gagner de l’argent)?

Merci d’avance de m’avoir lu

nb : Je sais que ce sujet est très vaste et très discutable. Je sais que demander avis n’est pas la meilleure des choses. Mais je crois que tu pourrais réellement m’ouvrir sur des choses auxquelles je n’ai pas pensé ou bien que je ne connais pas.

Sincèrement

L. François

Bonjour,

Faut-il donc travailler pour l’argent ou pour le plaisir ? C’est un classique en effet pourtant la réponse n’est pas simple. Lorsqu’il s’agit de notre vie, la réponse ne l’est jamais.

Le conseil « facile » est évidemment de recommander de suivre sa passion. Faire ce que l’on aime est génial mais cela manque peut-être d’arguments. Faut-il préférer faire un BTS comptabilité et gestion plutôt que des études d´art parce que la garantie de l´emploi y est plus certaine, par exemple…

Cependant le véritable défi, c’est d’être certain que la voie que l’on veut suivre est une passion. Comment en être sûr ? On ne peut pas l’être. Un jour l’on veut à tout prix créer son entreprise puis un autre tout ce que l’on souhaite c’est de pouvoir avoir un loisir le soir et partir 5 semaines en congés. C’est la vie, un peu de fatalisme ne fait pas de mal mais il faut vérifier que ce que l’on voit comme une passion l’est vraiment.

Est-ce tout ? Certainement pas.

On oppose souvent nos passions et le moyen de gagner de l’argent. On pense que si l’on gagne de l’argent, on va forcément  ne pas aimer ce que l’on fait et que si l’on aime ce que l’on fait on doit nécessairement moins bien gagner sa vie.

Cette opposition est très culturelle tout comme l’idée qu’« il faut souffrir pour y arriver ». Vous n’avez pas (obligatoirement) à trimer pour réussir et vous n’avez pas à gagner peu en faisant ce qui vous plait. Vous pouvez inventer un truc aussi simple qu’une boisson gazeuse avec l’objectif d’en vivre simplement ou avec l’idée d’en faire un empire.

Le secret, c’est d’agir sur les détails mais de penser à la grande image, la vision de ce que cela pourrait devenir.

Peu importe le chemin choisi, les deux permettront sûrement d’avoir des loisirs. Les salaires espérés dans les 2 cas peuvent aussi être très différents. Et si la passion qui semble peu lucrative se révèle être une mine d’or ?

Nous confondons parfois passion et loisir : si l’on suit le chemin qui semble lucratif, on s’imagine que nous pourrons exercer nos passions durant nos loisirs alors que si l’on exerce sa passion, nous n’aurons plus besoin de loisirs. Nous savons que tout ceci est une vision romantique des choses et que c’est faux.

Il est intéressant de chercher la véritable raison, pas la raison de surface. Pourquoi remettre maintenant en cause un choix d’orientation ? Quel est l’objectif de ce questionnement ?

As-tu peur de gagner de l’argent ? Est-ce mal perçu chez toi ?

Le risque de faire quelque chose que l’on n’aime pas ne doit pas être anticipé. Pour beaucoup de riches, le seul fait de faire une activité rémunératrice est passionnant et améliorer le fonctionnement de ce que l’on fait devient amusant. Finalement peu importe si vous êtes psychologue du travail ou diététicien, ce qui compte c’est d’avoir choisi son chemin et de savoir où l’on va.

Parfois, la question tourne autour de « faut-il travailler pour gagner de l’argent ou pour apprendre ? ». J’avais lu un article sur ce thème récemment et il était intéressant de réaliser que nous pouvons parfois avoir une activité destinée à développer nos compétences puis ensuite choisir une autre activité pour investir cet expérience et gagner de l’argent.

Dans ma méthode pour trouver une idée de business, c’est une question qui fait bien sûr l’objet d’une analyse profonde car elle est centrale lorsqu’on souhaite démarrer un business : faut-il se lancer à corps perdu dans l’idée qui nous plait depuis des années ou tenter l’aventure avec un business rémunérateur moins intéressant ?

Je pense qu’une partie de la réponse, c’est d’aller vers ce que l’on aime sans chercher frénétiquement une passion. Cela peut être écrasant de chercher à tout prix sa passion, alors autant être passionné ici et maintenant par le chemin que l’on suit et les progrès que l’on fait. Alors il y a certainement une question de croyances derrière tout ça. Il y a ce que l’on s’autorise à être et ce que l’on souhaiterait faire.

La question de la passion renvoie souvent à celle du style de vie : « quel style de vie souhaites-tu ? » est la première question à laquelle il faut répondre. Entre les 2 chemins identifiés, lequel me permet d’avoir ce style de vie ? Existe-t-il un autre chemin, la fameuse troisième voie ?

Il y a aussi une question intéressante à se poser : « Si je ne le fait pas, est-ce que je le regretterais ? ». Éviter d’avoir des regrets est peut-être l’une missions fondamentales de nos existences. Avoir des regrets, c’est souvent avoir fait le pari de la sécurité, le chemin « sûr » qui demande bien peu d’imagination.

Si j’avais à résumer ma réponse, je dirais :

  • ne jouez pas la sécurité, ça n’en vaut pas la peine,
  • vivez pour ne pas avoir de regrets,
  • soyez dans le présent, ne reportez pas votre bonheur à plus tard,
  • ne vous trouvez pas d’excuses pour ne pas faire ce qui vous plait, personne ne vous croira,
  • gagnez autant d’argent qu’il est possible dans un temps raisonnable mais n’en faites pas le centre de vos préoccupations.

Comment avez-vous résolu ce type de dilemme ?

Commentaires 41

  1. On réussit mieux en étant passionné de toute façon. On devient également plus ambitieux, et donc on peut avancer et évoluer plus rapidement et gagner plus d’argent. Dans ce cas, on y gagne sur tous les points 😉

  2. Je rejoins Mickael en disant que tu dois vivre de ta passion ! Faire un metier qui paye mais qui ne plait pas ça va un moment après tu t’en voudra. Donc le bon choix c’est d’aller en diététique pour toi.

    Après si tu gères bien ton argent tu t’en sortira très bien. Et qui sais, tu peux aussi faire des coachings / sites sur la diététique si ça te passionne afin de ramener plus d’argent.

    Donc sans hésitation fais ton BTS.

  3. Personnellement, j’apporterais un avis plus mitigé que les commentaires précédent.
    Premièrement, j’imagine que si tu as choisi d’étudier la psychologie, c’est que tu y trouves tout de même intérêt. C’est peut-être pas ta première passion, mais peut-être es-tu quand même suffisamment intéressé pour faire cela dans un premier temps et avoir l’impression de valoriser tes années d’études ?
    Deuxièmement, est-ce que la diététique correspond à ton projet de carrière ? Non pas ta passion du moment mais ton projet de vie ? Te vois tu encore diététicien dans 20 ans.
    En lisant ton mail on distingue d’autres envies/passions, tu parles d’investir ? Souhaite tu un jour être financièrement indépendant pour faire autre chose ?
    Si c’est le cas tu dois penser à ton premier job comme un tremplin pour la suite, si ton projet c’est d’investir pendant 5 ans pour faire autre chose après, peut-être qu’il vaut mieux privilégier le poste plus lucratif ?

    Pour résumer mon propos, je te conseillerais de te poser la question suivante : Est-ce que la diététique est mon rêve numéro 1 ou est ce que j’ai un autre rêve pour lequel ma première option serait un meilleur tremplin ?

  4. Ne serait-il pas possible de prendre une voie différente ? En effet, je vois que François ne prends en compte que 2 voies: être employé comme psychologue et être employé comme diététicien. Avec comme point commun le fait d’être employé, donc d’avoir un salaire fixé par une autre personne et dépendant d’elle.

    Quelle serait donc l’autre voie dans ce cas ? Continuer dans la psychologie et se former de manière indépendant dans la diététique. Puis lancer un site web (avec tout ce qui peut aller avec: ebook, coaching, ….) sur la diététique. Pour cela, notamment un titre reconnu n’est pas nécessaire, mais surtout le revenu de cette activité annexe pour commencer dépendra uniquement de sa qualité et de la capacité de son auteur à le vendre.

  5. Vraiment ça se discute. Faire de sa passion son métier est assez risqué surtout si la rémunération est faible. De plus les gouts changent et rien ne dit que notre ami ne pourrait pas au bout de quelques années s’épanouir en tant que psy d’entreprise et ne plus apprécier la diététique.

    Pourquoi ne pas commencer donc comme psychologue d’entreprise pour voir, et si après 2/3 ans l’expérience n’est pas positive changer de voie. De plus un BTS peut se préparer en alternance donc avec quelques économies des premières années de travail, on peut facilement financer le tout !

    Je lui dirais donc : « Joues une sécurité raisonnée et si dans 3 ans ta passion est toujours la, alors lance-toi ».

  6. C’est bizarre on dirait la police du bonheur et du bon gout. Le mec ne sait pas ce qu’il veut donc ca l interesse pas c’est tout de plus si il a pas besoin de fric, il n a pas a se faire ch**r a bosser. Mais sinon ben coup de p**d au c**l et faire le metier qui gagne le plus pendant le moins de temps que possible le temps de payer les factures et faire de l ‘epargne. Sinon personne ne connait le meilleur choix pour toi si tu n’as pas l’idee toi meme.

  7. En même temps, un BAC+5 de psychologie ouvre d’autres portes que de se coltiner un site et des e-book.
    Un psychologue, en profession libérale, n’éprouvera peut-être pas le « besoin » financier d’animer un site pour arrondir ses fins de mois. 😉
    Il visera peut-être une clientèle plus aisée à laquelle il pourra appliquer des tarifs plus élevés et donc, mener une activité plus lucrative.
    Ensuite, il fera ce qu’il veut de son argent en le claquant (pas glop) ou en le plaçant et en le faisant fructifier.

    Je ne vois franchement pas comment vous pouvez conseiller (à quelqu’un qui a l’opportunité de) de suivre la voie qui le mènera tout droit vers une impasse.

    L’important, c’est de s’ouvrir des portes et, jeune, de ne surtout pas s’en fermer.

    1. « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. »

      Confucius

      Je sais ce que c’est de bosser dans quelque chose qui ne plait pas. Si on bosse dans sa passion, alors là ça change tout, on peut en faire quelque chose de lucratif. De plus ça n’empêche pas d’investir et de trouver des revenus complémentaires…

      Notre ami peut très bien ouvrir son cabinet en tant que diététicien, non?

      C’est sur que par contre il faut être sur que c’est sa passion mais après qu’est-ce qui l’empêche de repiquer sur autre chose?

      35% des ingénieurs travaillent dans un domaine différent de leur diplôme.

      Seulement, il faut le vouloir et avoir la gniaque. Compter comme 99% des gens sur son diplôme, ça ne mène pas très loin à mon sens.