Faut-il sauver le soldat Madoff ? Bernard nous a donné une bonne leçon.

Michael Ferrari Réussite et succès, Richesse et argent 7 Commentaires

C’est avec une grande surprise que j’ai appris, comme vous, la condamnation de Bernard Madoff à 150 ans de prison. Pourtant, passé le constat de son arnaque l’homme est prodigieux. Bernard (je me permet quelques familiarités) est un phénomène dont nous devons garder la mémoire.

Voici quelques leçons que nous pouvons retenir de son aventure pour nos business ou pour nos investissements.

1. Soyez simple mais efficace : sa méthode, façon Ponzi, est ultra simple

Je l’avais expliqué ici. L’argent des nouveaux entrants dans l’investissement qu’il a mis en place servait à payer les intérêts promis aux entrants précédents. Si vous devez tirer un enseignement de son aventure, c’est que votre business model, votre pitch doit être ultra simple. Et en fait, s’il avait mis au point quelque chose de compliqué, il aurait certainement éveillé la suspicion de ses victimes. Ce n’est qu’en présentant un modèle simple qu’il fut en mesure de gérer l’arnaque tranquillement pendant des années et que de nombreuses victimes furent attirés. Soyez simple mais exécutez parfaitement votre activité.

2. Faites appel aux bas instincts

Madoff a compris un élément clé de la nature humaine : nous aimons ce qui est irréel, ce qui parait fou, ce qui satisfait nos instincts les plus bas. Bien entendu, nombre d’entre vous allez vous offusquer en lisant ceci et vous rassurer en se disant que vous n’êtes pas ainsi. Nous sommes tous humains et nous avons tous la même manière de rationaliser tout un tas de choses qui sont actuellement illogique. Notre dualité animal/être civilisé s’exprime en permanence et nous pensons que l’être civilisé a le dessus lorsqu’en fait l’animal mène la partie. Dans la pyramide des besoins de Maslow les besoins élémentaires sont en bas de la pyramide pour indiquer qu’ils doivent être satisfait en premier mais ça ne veut en aucun dire qu’une fois au niveau supérieur ils n’influencent plus nos comportements.

Madoff a fait fort de ce point de vue : il a fait appel aux instincts profonds de cupidité, de facilité, de sentiment d’exclusivité et plus important que tout à l’imaginaire.

S’il avait tenté de monter la même arnaque de manière logique en essayant d’expliquer ce qu’il faisait cela n’aurait probablement pas marché. Soyez créatif (mais pas malhonnête).

3. Cultivez l’exclusivité

Madoff avait une manière particulière de recruter ses futures victimes. Le panel est large mais il a attiré de gros investisseurs en cultivant l’exclusivité.L’exclusivité rend une chose rare et précieuse même si ce n’est qu’en apparence. Promettez 12 % de rentabilité sans risques là où le taux généralement constaté est de 4 % et vous paraitrez exceptionnel. Donnez l’impression d’être sélectif pour déclencher l’inquiétude chez les candidats. Soyez exclusif d’une manière ou d’une autre.

4. Alimentez votre respectabilité

Patron du Nasdaq, homme apprécié et reconnu dans le milieu financier, le récit de la place de Madoff le présente toujours comme quelqu’un ayant un véritable réseau et une place bien établie. Autre clé de voute de son arnaque, son réseau et sa réputation ont été construite pendant des années avant que tout n’éclate au grand jour. Madoff a joué toutes les cartes de la validation sociale pour s’assurer une emprise et une apparence d’honnêteté. Soyez respectable et irréprochable… en apparence.

5. Les gens ne supportent pas de s’être fait rouler

Voyez la rage et la haine qu’ont les clients de Madoff. Ceci est un élément clé pour tout business : le service client doit être irréprochable. C’est l’une des stratégies de base de Richard Branson pour monter ses business : choisir un domaine où le client n’est pas bien servi pour s’assurer un succès (compagnie aérienne, téléphonie…).

6. Ne vous fiez pas aux validations externes ou officiels

La SEC, organisme en charge notamment de vérifier la validité des transactions boursières a apparemment effectué plusieurs contrôles de la société d’investissement de Madoff. Elle n’y a vu que du feu. L’histoire dira peut-être comment il s’y est pris mais la leçon que nous pouvons en tirer est simple : suivez votre instinct. Même la recommandation d’un ami affuté ne doit pas vous faire perdre votre sens critique.

Si c’est trop beau pour être vrai, c’est que ça n’est probablement pas vrai. Comme le dit Warren Buffett, n’investissez que dans ce que vous comprenez.

Alors Madoff, génie ou escroc ?

Commentaires 7

  1. trucmuche

    Trop fort, moi aussi je vais monter un business.

    Je propose de faire simple, efficace et rentable: assassiner des gens pour leur voler leurs économies.
    Euh….euh non, je vais leur raconter des histoires pour leur voler leurs économies…au moins ils resteront vivant.

    Vive notre beau système économique et financier qui nous amène chaque jour le bonheur et la paix!

  2. ARSENE LUPIN

    Choisis ton camp camarade! Pour ma part je n’ai aucun respect même pour ce genre d’escrocs !
    Quant à s’inspirer de leur méthode pour en tirer des recommandations ou des stratégies financières, cela est totalement pervers.

  3. Rémy

    Sinon, il y a quelques question justements posées par La Chronique Agora sur Madoff :

    Comment il a obtenu que la SEC ne déclenche jamais d’enquête sur son absence d’activité sur les marchés…

    Comment il a pu négocier avec la justice son maintien dans son penthouse à 18 millions de dollars durant toute la durée de l’instruction alors que certains de ses clients ruinés se suicidaient…

    Comment aucun nom — autre que le sien — n’est jamais mentionné dans le montage de la fraude…

    Comment l’absence d’audit de ses sociétés par un expert comptable digne de ce nom (sinon une officine fantôme basée à Londres) n’a jamais éveillé le moindre soupçon.

    En effet Mickaël, on a beaucoup à apprendre sur l’habileté du personnage à faire prendre des vessies pour des lanternes.

  4. LapinLove404

    La réponse a la question finale est évidente : Madoff, génie ET escroc.

    C’est probablement une crapule et un salaud qui peut s’avérer charmant pour ses amis mais je ne voudrais pour rien au monde avoir un ami comme lui.

    Reste que, effectivement, cette histoire pose bien des questions que le mythe du super-escroc fait passer au second plan.

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