Esprit riche a lu : Weird ideas that work – Robert I. Sutton

Michael Ferrari Esprit riche, Résumé de livre 2 Commentaires

J’aime bien cet auteur. Robert I Sutton est un professeur à l’université de Stanford. J’avais déjà parlé de son livre précédent L’objectif Zéro sale con (The no asshole rule).

Le titre de ce livre qui à ma connaissance n’est pas sorti en français (dans la version que j’ai) pourrait être : Des idées bizarres qui fonctionnent : créer une entreprise innovante.

L’auteur préconise 11,5 idées pour faire en sorte qu’une entreprise soit innovante. J’aime bien la manière qu’il a de voir les choses car il remet souvent en cause les idées reçues, voir les prend à contre-pied.

Qu’est ce que la créativité ? « Montrez une vieille idée à quelqu’un qui ne la connaît pas et il pensera que vous êtes créatif ». En résumé la créativité s’obtient en utilisant d’anciennes pratiques dans un nouveau contexte ou en combinant des idées existantes.

Ce dont il parle dans le livre concerne les travaux d’innovation par opposition aux travaux routiniers qui eux doivent être bien encadrés.

Voici la liste des idées qu’il recommande d’étudier et d’appliquer :
– Recruter des gens qui n’aiment pas se conformer aux règles de l’organisation
– Recruter des gens qui vous mettent mal à l’aise, voir que vous n’aimez pas
– Recruter des gens dont vous n’avez, à priori, pas besoin
– Utiliser les entretiens d’embauche pour obtenir de nouvelles idées, pas pour écarter les candidats
– Encourager les gens à ignorer et défier leurs collègues et supérieurs
– Trouver des gens heureux et amener les à se battre ensemble
– Récompenser le succès et l’échec, punissez l’inaction
– Décider de faire quelque chose qui risque de ne pas marcher et persuader tout le monde (vous y compris) que cela marchera
– Imaginer des pratiques ridicules ou mal pensées et essayer de les mettre en œuvre
– Eviter, distraire et ennuyer les clients, les gens qui critiquent et tous ceux qui veulent parler d’argent
– N’essayer pas d’apprendre quoi que ce soit des gens qui ont apparemment résolu les mêmes problèmes que vous
– Oublier le passé, en particulier les réussites de l’entreprise

A première vu cette liste doit paraître idiote. Mais l’auteur défend bien chaque point. En voici quelques éléments.

Un point récurrent est que pour innover, une entreprise doit être souple, casser les habitudes voir encourager les gens à partir dans tous les sens.
Il démontre que les gens reconnus comme des génies, Thomas Edison et Léonard de Vinci par exemple, ont trouvé de grandes idées parce qu’ils ont tenté un nombre incroyable de pistes. Ils ont du commettre un grand nombre d’erreurs pour trouver quelques pépites. Par exemple Léonard de Vinci croyait que la physionomie était une science, il a depuis été longtemps prouvé que ça n’est pas le cas.

Il évoque beaucoup le fait qu’avec le temps une organisation perd sa créativité. Les gens recrutent des semblables et il n’y a pas d’idées neuves.

Recruter des gens qui n’ont pas le cursus standard pour le métier de l’entreprise est un bon moyen de créer de l’innovation.

L’innovation à un coût car le processus n’est pas linéaire et optimisé, il faut l’admettre pour avancer.

Forcer les gens à confronter leurs idées, même durement pour les mettre à l’épreuve mais toujours éviter que cela ne dérape en confrontation personnelle.

L’auteur parle du rôle du management comme un point crucial. La première chose que doit faire un manager c’est de ne pas casser la dynamique « Fisrt, do not harm ». Evident ? L’histoire montre que non !

C’est comme ça que des équipes ont du faire face au management étouffant demandant des rapports d’activité fréquents et détaillés. La solution ? Elle n’est pas unique :
– travailler en secret,
– être vague,
– être tellement chiant que personne ne vienne vous demander des comptes.

La question de l’étincelle créatrice de l’innovation est permanente. Parfois cela passe par la création d’une filiale indépendante et coupée de la maison mère où tout est différent. D’ailleurs dans ce cas il recommande de bine préciser que c’est un aller simple vers la filiale.

Robert I. Sutton parle aussi d’entreprise dans lesquels les gens changent régulièrement de métier et de bureau.

Les entreprises citées en exemple sont des monuments : IBM, 3M, Apple,…

Bref un livre étonnant qui m’a ouvert les yeux sur un grand nombre de pratiques dans les entreprises. Je me suis rendu compte que je n’avais jamais travaillé dans une entreprise cherchant l’innovation. Il est déjà difficile d’organiser un brainstorming efficace…

Et vous, avez-vous eu l’occasion de travailler pour innover ?

Commentaires 2

  1. Archiben

    Bonjour,

    En lisant cet article on se rend compte qu’on est loin de tout ça en France.
    Google applique ce genre de règles. Cette entreprise recrute des gens de tous les horizons et leur laisse une indépendance assez hallucinante. J’ai vu un reportage sur le management chez google qui montrait les techniques pour stimuler la créativité du personnel. Ils n’ont pas de bureau fixe, il y a un complexe sportif et de relaxation au centre de l’entreprise, les projets personnels sont mis en valeurs.
    Un jour par semaine est dédié à ces projets personnels. C’est d’ailleurs grâce à ça qu’ils arrivent à proposer tout ce panel de services.
    Comme tu le dis, pour voir apparaitre une bonne idée il y en a quelques centaines qui ne seront pas retenues.

    @
    Ben

  2. Herve

    Les mentalités en France et aux Etats-Unis sont vraiment différentes, voir opposées. Les Américains ont beaucoup plus l’esprit d’initiative et d’entreprise alors que beaucoup de Francais revent d’être fonctionnaires. Bien sur; dans les deux cas il y a des exceptions.

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