Comment renforcer son alignement intérieur ?

Michael Ferrari Améliorer sa vie, Finances personnelles, Psychologie de l'argent 9 Commentaires

Philippe est coach et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » dans le domaine de l’argent et du développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Voici Philippe !

 

Lors des cocktails consécutifs aux conférences « Etre au clair avec l’argent » que je donne régulièrement, j’apprécie d’échanger avec mes auditeurs et d’établir un contact plus personnel. J’ai récemment rencontré un entrepreneur qui s’est rapidement ouvert à moi. Sa quête du Graal est d’obtenir différents marchés qui permettraient à son entreprise de « franchir un cap ». Cette ambition s’est, peu à peu, transformée en obsession génératrice d’un stress négatif indescriptible, car il déploie beaucoup de temps, d’énergie et d’argent pour atteindre cet objectif. Il vient de buter une nouvelle fois sur l’obstacle et m’a exprimé la vigoureuse colère qui l’habitait.

L’enfer, c’est les autres !

J’ai écouté dans un premier temps et fait preuve d’empathie, puis j’ai posé quelques questions sur les critères de sélection pour pouvoir prétendre à ces fameux marchés. J’ai trouvé ses réponses très imprécises: comment concourir alors qu’on ne connait pas les règles du jeu ? J’ai fait part de mon étonnement et cela a déclenché une nouvelle vague de colère sur les « magouilles », les choix « politiques », le « favoritisme » et autres « ceux qui décident n’y connaissent rien ». Bref cela suggérait l’idée d’une immense loterie où le dernier critère pris en compte est la qualité du travail réalisé. Comme vous l’avez compris, cela renforçait le sentiment d’injustice de cette personne. De mon coté, je n’avais pas d’informations fiables et recoupées pour savoir ce qu’il en était vraiment.

Leçon d’incohérence non consciente

Je profitais d’un moment d’accalmie pour faire entendre une reformulation. « Donc vous concourez depuis 10 ans pour avoir ces marchés dont vous critiquez vivement les modalités d’attribution, et rejetez au final les décisions ». Nouveau silence. Je continuais : « Une partie de vous veut cette reconnaissance (et il serait intéressant d’explorer à ce sujet l’histoire familiale de cet entrepreneur, soit-dit en passant) et une autre partie de vous en méprise les modalités d’attribution : comment voulez vous que ça marche ? ». Il était temps d’enfoncer le clou : « Votre conflit intérieur est immense et vous êtes à tous les coups perdant : vous n’avez pas ces marchés et vous générez du ressentiment contre les autres et peut être même contre vous ; vous avez ces marchés et vous faites partie de ces « pistonnés » ou « indéboulonnables » que vous dénoncez. Vous aurez certes atteint votre but, mais je fais l’hypothèse que vous n’en serez pas heureux, sans compter l’énergie que vous aurez à déployer pour maintenir votre position ensuite… ».

Examinez attentivement votre qualité d’alignement

Ai-je été entendu, je ne peux le dire. Je veux, à travers cet exemple, illustrer l’importance d’être parfaitement aligné entre ce qu’on veut, ce qu’on pense et ce qu’on dit. Sinon, on crée une sorte de « brouillage énergétique », un « brouillard psychique » qui entrave sa capacité de réalisation. Quelques exemples :

  • Un ami consultant veut augmenter ses prix de journée et critique des confrères parce qu’ils pratiquent des tarifs élevés.
  • Une femme cherche l’homme de sa vie sur Meetic tout en développant l’idée que les couples internet, « ça ne marche pas ».
  • Une autre personne veut accéder à l’indépendance financière et critique ceux qui vivent de leurs rentes, de l’usage qu’ils font de leur argent.

A vous maintenant

A l’aide des exemples ci-dessus, faites un examen attentif de ce que vous désirez et identifiez les croyances, représentations et propos que vous tenez, qui sont en contradiction avec ces désirs. Demandez à quelqu’un de confiance de vous faire régulièrement un feed-back sur le sujet.

« Que votre parole soit impeccable »

Quand on regarde les choses « à plat », on se dit qu’on n’est pas concerné, ces contradictions sont tellement évidentes. Mais je vous invite à aller plus loin car elle se nichent insidieusement dans nos paroles. Et notre parole est créatrice, tout comme nos pensées. Ecoutez-vous parler, laissez notamment résonner le sens profond de vos plaintes et vos critiques concernant les autres, le système, l’économie, etc. Je pense en écrivant ces lignes au premier accord toltèque de Dom Miguel Ruiz : « Que votre parole soit impeccable », qui implique de ne pas utiliser la parole ni contre soi, ni pour médire d’autres.

Comment en effet obtenir pour soi même la réussite tout en dévalorisant, en critiquant, en méprisant, en dénaturant le succès de ceux qui obtiennent, eux, cette réussite précise que vous recherchez. Cela n’est pas possible. Et pourtant cela fait partie de nos automatismes d’exprimer de façon non consciente des propos en totale contradiction avec nos aspirations profondes. Nous avons convenu avec mon épouse de nous reprendre mutuellement à chaque fois que nous dépistons chez l’autre ce mécanisme destructeur. Plus facile à deux.

A vous maintenant

Mais ce que vous pouvez déjà faire tout seul et dès maintenant, c’est, sur un cahier, tracer 3 colonnes. Sur celle de gauche, inscrivez vos objectifs, sur celle du milieu une liste de personnes ayant déjà atteint ces objectifs, et sur la colonne de droite la liste des qualités et compétences que ces personnes ont du démontrer pour en arriver là. Ensuite, entrainez-vous à parler de ces sujets à travers ce prisme positif et à éliminer méthodiquement de vos propos critiques et amertume. Vous renforcerez ainsi votre alignement intérieur et ferez grandir votre bien-être : si on n’est pas heureux en voulant atteindre un objectif, peu de chances qu’on le devienne une fois qu’on l’aura atteint.

Commentaires 9

  1. Fabrice

    Ce mécanisme destructeur est aussi très français.

    Dans mon job, j’ai travaillé avec des américains et c’est un plaisir car ils sont toujours positifs. Parfois ce sur-optimisme peut faire du tord, mais dans l’ensemble, c’est galvanisant et même à la limite de l’auto-suggestion, mais ça marche.

    Les français sont d’une manière générale critiques (c’est certes bien de l’être un peu), mais aussi médisants, envieux ou jaloux et parfois même « rageux ».

    Comme bcp je suis parfois médisant ou défaitiste, voir envieux, d’autant que l’esprit ambiant le favorise. Comme vous le dîtes, il faut vraiment faire un effort conscient pour se reprendre et être « positif ».

    Une règle que j’essaie de me fixer est de ne jamais critiquer un projet si je n’ai pas une solution viable à proposer en alternative.

    Pour reprendre votre alignement intérieur, je méprise le marketing « agressif » mais pour autant suis « jaloux » de ceux qui l’utilisent avec succès. Pas facile d’être en paix avec soit-même ! 🙂

    1. Philippe

      Etre en paix avec soi même commence par une honnèteté sans faille vis à vis de ses contradictions… et par des actions justes qui visent les réduire autant que faire se peut!

  2. Joel

    Autant il est assez facile de déceler les contradictions chez les autres (même parfois lorsqu’elles n’en sont pas réellement) autant il est difficile de faire le travail sur soi (même lorsque les preuves sont évidentes). Cela demande de faire un effort et c’est bien ça le problème. Pourquoi devoir faire un effort pour changer quelque chose qu’on ne remarque même pas? C’est évident, c’est parce que les autres l’ont remarqué sans problème que cela peut devenir un frein.

    Dans le cas de l’entrepreneur, il suffit qu’il tienne régulièrement des discours de « c’est que pour les pistonnés » pour que tôt ou tard cela soit entendu et porte après porte, le marché en question lui ferme toute issue, rendant encore plus amer l’entrepreneur et plus difficile l’accès au marché.

  3. Grégory

    En plus de veiller au bon alignement entre pensée, volonté et propos, il faut aussi veiller à agir en ce sens. Et donc avoir de bons objectifs.

    J’aime beaucoup la référence aux accords toltèques de Miguel Ruiz. Lecture que je recommande.

  4. Nicolas

    Merci pour l`article.
    Le fait d`etre en decallage entre son discours et sa volonte profonde peut etre aussi une maniere de justifier le fait que l`on arrive pas a faire cette chose que l on desire. Une sorte de protection (salutaire ?).
    Apres concernant les accords tolteques le livre est pompe sur les idees developpees par Carlos Castaneda qui parlait de cela plusieurs annees avant (mais peut etre de maniere plus mystique et bien sur moins centree sur le dev. personnel). Dans ces livres sont developpes des tas d`idees tres tres interessantes commes la voie du guerrier impeccable, la strategie de «  s auto pieger«  pour qui prends la peine de passer sur le mysticisme qui entoure ces concepts ses livres recellent quelques perles a mon avis.
    (desole pour les accents mais le clavier que j utilise de s y prete pas…)

    1. Philippe

      Oui, cette protection est salutaire en ce sens qu’elle maintien la personne dans une « homéostasie », un état stable. L’etre humain est poussé par 2 forces antagonistes et indispensables: changer pour croitre et rester stable pour durer!. Réussir ses objectifs profonds provoque la perte de nombreux repères identitaires, nécéssaire avant l’acquisition des nouveaux………..qui devront peut etre être perdus un jour!

  5. Darkam

    Très vrai !

    Ca me fait penser à cette citation dont j’ai oublié l’auteur :

     » Ceux qui n’ont pas le courage d’agir finissent pas détester ceux qu’ils rêvent de devenir. »

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