Comment effacer définitivement 99 % des peurs

Michael Ferrari Améliorer sa vie 9 Commentaires

Philippe est coach et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » dans le domaine de l’argent et du développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Voici Philippe !

Pour continuer sur le thème des croyances, il existe un lien important avec les peurs. La peur est une émotion dont la fonction est nous signaler que nous sommes en présence d’un danger : alors la réaction adaptative de fuite peut s’enclencher et le corps  mobilisera ses ressources à cet effet. Si la fuite n’est pas possible, changement de stratégie : place aux comportements d’attaque destinés à supprimer le danger. Mais si les forces sont trop inégales, alors advient l’inhibition de l’action, l’arrêt de tout mouvement (faire le mort), comme on peut l’observer chez la souris qui peut ainsi, parfois, tromper le chat qui l’agresse en fuyant lorsqu’il se désintéresse d’elle.

Notre système de réaction  face au danger est inscrit dans notre cerveau et fonctionne en mode automatique. Simplement ce système s’est mis en place lorsque le risque de mort existait partout et tout le temps, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui dans de nombreux pays du globe. Mais notre système nerveux ne semble pas s’en être rendu compte : c’est comme si on essayait de jouer en réseau avec un PC de 1990. Aujourd’hui, 90% des situations génératrices de peur ne se produisent pas dans la réalité. Et pourtant, l’effet sur la physiologie est le même.

Prenons un exemple très simple : certains sont terrorisés à l’idée de prendre la parole devant un auditoire (je sais de quoi je parle, je l’ai été pendant des années !). Ils ont  les véritables manifestations physiologiques de la peur (cœur qui s’accélère, souffle raccourci, tension musculaire) alors qu’ils sont confortablement (pas trop !) assis à leur bureau en train de ramer sur leur présentation (en pensant se sécuriser par quelques diapositives illisibles -trop chargées- mais qui sont censées prouver qu’ils ont des choses à dire sur le sujet). Qu’est-ce qui cause cette peur ? Une ou des croyances dont on peut donner quelques exemples : je ne suis pas à la hauteur, je dois être parfait et tout maîtriser, je ne suis pas clair quand je m’exprime, il faut être dans le moule de ce qu’attend la hiérarchie, mon sujet n’est pas intéressant (à toi de le rendre intéressant, la truffe !), je vais être ridicule (même si on sait que cela ne tue pas, on active les mêmes réactions qui si cela devait se produire !), je vais être critiqué, tout le monde va savoir que je suis un imposteur. J’en passe et des meilleurs, l’imagination est sans limite.

En ce qui me concerne, la croyance que j’avais était que j’allais être ridiculisé. J’avais vécu une telle situation lorsque j’avais été interrogé au tableau par un prof de math un peu sadique (j’étais en classe de 3ème) et que, devant mon incapacité à tracer la banale courbe d’une équation du premier degré à une inconnue, lui-même et toute la classe  s’étaient mis à rire. Un grand moment de solitude. Ou plutôt de honte. J’ai codé, en raison de son intensité émotionnelle, cet instant vécu dans le passé ; il s’est ensuite renforcé d’autres expériences du même type (forcément, une croyance appelle une auto-validation : on s’efforce inconsciemment de montrer qu’elle est vraie). J’ai ensuite généralisé longtemps à partir de cette expérience, d’autant plus qu’elle renforçait tout ce que j’avais entendu pendant mon enfance (il est timide, il est solitaire). Bref, j’avais construit une autoroute dans mon cerveau que j’ai du démolir pour faire le métier que je fais aujourd’hui.

Lorsqu’on envisage des changements, par exemple, la peur est souvent présente et on ne sait qu’en faire. Souvent elle paralyse (par exemple dans la procrastination). Alors il est vraiment intéressant d’aller chercher la ou les croyance(s) qu’il y a derrière et d’appliquer les différents outils qui ont été donnés dans les conférences récentes.

Commentaires 9

  1. Le corps humain est une machine totalement obsolète, en effet. La peur du ridicule traduit en général la peur d’être rejeté par le groupe. Être rejeté par la tribu pour l’homme des cavernes signifiait quasi systématiquement la mort.

    Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, mais le corps et l’inconscient ne s’en sont pas vraiment rendus compte. On a peur du ridicule par réflexe de survie, alors que le ridicule ça ne change rien.

    Une astuce que j’utilise, c’est d’endurer volontairement ce genre de chose. Des petits ridicules, comme porter un accessoire qui attire l’attention. Je vais être géné par réflexe de survie (c’est l’intérêt), mais mon cerveau va peu à peu comprendre que je suis toujours en vie, et donc que le ridicule n’est pas dangereux.

    Très utile 🙂

  2. On peut tous se retrouver dans une situation de peur, d’être ridicule. Ça m’est arrivé et ça m’arrivera encore. Le tout c’est de ne pas se bloquer, de se braquer et continuer à avancer.

    Si on se met dans des situations inconfortables, c’est aussi que l’on cherche à aller de l’avant.

  3. Oui, très interessant.

    La peur, en venant du cerveau limbique, s’empare de tout notre Etre, et le mental qui essaie de rassurer, n’a que peu de poids (avant d’aller parler en public par exemple).

    C’est pour cela qu’il est intéressant de travailler en profondeur, sur l’inconscient et sur les croyances et les autoroutes neuronales dont tu parles, pour en construire d’autres, des autoroutes, mais celles de la confiance, de la sérénité, du succès quoi ! 🙂

  4. Très bon article qui met en évidence l’origine de nos peurs et leurs effets blocants sur notre vie.

    Je pense que la seule manière de les « effacer définitivement » est de se faire violence. D’affronter ses peurs, de se forcer à faire ce que l’on craint… jusqu’à ce que l’on réussisse ! Les nouvelles croyances remplacent les anciennes au fur et à mesure des succès.

    Car la peur n’est rien d’autre que le signe d’un manque de confiance. On a peur parce qu’on ne sait pas faire.

    Changer de rapport à la peur est l’une des clés les plus importantes pour prendre le contrôle de sa vie. La peur ne doit plus paralyser, au contraire elle doit mettre en mouvement. Car finalement quand on a peur, c’est souvent de quelque chose dont on a besoin mais qu’on n’ose pas faire.

    1. Effectivement, dépasser nos peurs en se faisant « violence » me semble être La solution adéquate.Ce n’est évident au début mais les résultats viennent confirmer nos capacités à surmonter nos craintes.

  5. Pingback: Ma revue du web #4 : Deviendra grand

  6. « Aujourd’hui, 90% des situations génératrices de peur ne se produisent pas dans la réalité. »

    Le 10% qui reste est déjà suffisant pour faire peur:
    -perdre son emploi
    -être agressé physiquement
    -risques du métier (accidents, stress)
    -perdre un combat judiciaire juste
    -dangers d’internet (espionnage de sa vie privée, fraude à la carte bancaire etc)
    -violence policière
    -concurrence déloyale
    -administration pachydermique
    etc

    Il faut faire comme avec le mauvais temps. La vie continue qu’il fasse beau ou mauvais…

  7. On a tous eu peur un jour , la peur existe même si c’est un sentiment inconfortable ! elle est présente et nous fait avancer chaque jour et c’est pour elle que nous agissons , pour vaincre! et vivre ! chaque jour nous vainquons des peurs , mais l’homme a le pouvoir de s’adapter a chaque situation ,,, perte d une personne , perte d emplois , mais la plus grande peur de chacun c’est de pas se sentir importante et bien considéré , pourquoi ,, ? besoin de reconnaissance ? quel importance ? nous savons tous que un besoin est nécessaire , et si ce besoin n’est pas présent nous sentons cette peur !! a nous de passer au dessus et d affronter , ! sans effort personne a connu la réussite , je mettrais donc dans les quelques lignes peur = effort = réussite = courage .

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