Comment bien manger

Michael Ferrari Développement personnel 16 Commentaires

Dans cet article je veux partager ce que j’ai appris sur la nutrition. Sans être un expert et sans chercher à vous conseiller quoi que ce soit, je pense qu’il est malgré tout utile d’échanger sur nos pratiques et nos idées. Peu importe où vous en êtes de votre « parcours alimentaire », vous découvrirez (ou serez horrifié) par mon propre parcours.

Et l’une des premières constatations que l’on peut faire sur ce sujet c’est qu’il y a des enjeux énormes. Tout d’abord économique. Ensuite politique. Enfin commerciaux. Il n’y a jamais eu autant de produits, de livres, de méthodes et d’outils pour mieux manger. Et forcément on trouve de tout… des méthodes farfelues, contraignantes, ésotériques quand ce n’est pas dangereuses. L’état encadre ce qui est bon ou pas… pour le meilleur ou le pire.

Il s’agit donc d’être un éternel étudiant. D’analyser ce que l’on nous présente comme étant LA NOUVELLE solution et de ne pas tomber dans l’aveuglement. De ne pas être un suiveur. De garder sa faculté de jugement. C’est une posture qui non seulement est juste et bénéfique pour vous et votre alimentation mais cela marche de manière globale et particulièrement lorsqu’il s’agit de votre argent.

Les points communs entre l’argent et l’alimentation sont toujours frappants. Le meilleur exemple : si vous faites comme tout le monde, vous finirez dans le même état (pauvre et en surpoids s’il faut être explicite!).

Ce n’est pas la vie que je veux

La raison pour laquelle j’ai consacré de mon temps et de mon énergie à questionner mon alimentation et la raison pour laquelle je le partage c’est parce que c’est un facteur essentiel de votre qualité de vie. Cela influence votre moral, la quantité d’énergie que vous avez et sa qualité. Cela influence votre santé sur le long terme et donc votre espérance vie. Plus globalement, c’est un aspect de nos vies qui doit être étudié comme tous les autres aspects dès lors que nous sommes dans une démarche de développement personnel.

Un ratage à l’allumage

Mes débuts avec l’alimentation n’ont pas été toujours glorieux. D’un côté la cuisine est un élément important dans ma famille et donc j’ai eu la chance de manger du « fait maison » mais de l’autre lorsque les finances étaient mauvaises, je suis devenu un expert de la gamme William Saurin (les amateurs apprécieront) : cassoulet, choucroute et raviolis n’avaient aucun secret pour moi. Adolescent j’ai fait des choix discutables. Je ne parle pas du sandwich steak frites (qui est déjà discutable) mais de la pizza frites. Vous prenez 2 très bonnes choses : une part de pizza et des frites et vous mangez ça ENSEMBLE. Rien que d’y repenser me fait transpirer du gras.

Malgré ce beau départ et grâce à l’éducation culinaire que j’ai malgré tout reçu, j’ai appris à faire des distinctions. A reconnaitre lorsqu’un ingrédient est frais. Je me souviens clairement du moment où j’ai mangé des haricots verts frais pour la première fois. Une claque. Les repas à la cantine scolaire sont aussi une bonne source de déception. J’ai découvert des années plus tard le vrai goût des épinards. J’ai compris que les endives n’avaient pas à être amères. A croire parfois qu’ils ne mangent pas ce qu’ils nous servent. Reconnaitre le « bon » est une faculté à développer.

Les fonctions de l’alimentation

S’alimenter a 2 fonctions pour moi : une pratique qui consiste a me donner de l’énergie et me maintenir en bonne santé, une plaisir qui consiste à découvrir des saveurs, des sensations et partager un bon moment avec ceux que l’on apprécie. Il y a aussi des considérations écologiques qui entrent en jeu mais je ne m’étendrais pas sur ce thème. La raison à cela, c’est que l’écologie en tant que tel n’a pas d’intérêt car elle ne motive personne. Ce qui motive, ce sont les bénéfices ou les conséquences quotidiennes pour soi. Autrement dit, en s’intéressant aux effets très égoïstes que peut avoir un type d’alimentation plus qu’un autre, on peut bien plus facilement motiver et persuader quelqu’un de changer. Il sera donc bien plus convaincant de parler des avantages pour la santé d’une alimentation pauvre en viandes rouge ou du plaisir de recréer un tissu agricole local que de parler de la pollution des nappes phréatiques.

Dans un article écrit en 2008, les 4 poisons blancs, je livrais le fruit de mes premières expérimentations et recherches. Savoir est une chose, appliquer une autre. Tout le monde sait qu’il faut réduire nos apports en sucre et en sel sans pour autant le faire. En revanche tout le monde ne sait pas qu’il faut réduire nos apports en lait et en farine raffinée. Avec le recul je suis vraiment satisfait d’avoir vraiment réduit ces 4 poisons blancs à un niveau négligeable.

Apprendre à lire

Et bien manger c’est apprendre à lire. Les étiquettes d’abord, lire entre les lignes des conseils ensuite. C’est comme apprendre une nouvelle langue. Au début, on n’y comprend rien puis on prend du plaisir à décoder et à s’exprimer. Et lorsque vous faites cela, vous serez rapidement dégouté par 90 % de ce qui se trouve dans un supermarché. L’empilement d’emballage, d’additifs et de produits sans qualités nutritionnelles que l’on package savamment. Je suis retombé sur un article de M. Money Mustache dont j’adore le style (le digne héritier de Early Retirement Extreme). Dans cet article qui résume mon état d’esprit « Grocery Shopping With Your Middle Finger » soit « Faire ses courses en lisant avec son majeur« , il explique ce point de vue également.

Comme il existe un « parcours résidentiel » argument massue pour convaincre le primo-accédant hésitant, il existe un « parcours alimentaire » dont j’ai raconté les premiers pas plus tôt. Quel est le vôtre ?

L’indépendance financière a amené son lot de liberté. Choisir ce que je consomme. A quel prix. De quel producteur. A tel point qu’aujourd’hui dépenser pour manger n’a pas de limites. Je ne dis pas cela dans le sens « je mange du caviar tous les matins ». Je dis que je suis totalement ok pour payer 2 fois le prix pour un même légume s’il vient de la région, qu’il est frais et bio. Je préfère payer pour recevoir un panier de légumes frais que de m’approvisionner dans un supermarché dont le manque de qualité me surprend toujours (que cela soit une grande surface ou un magasin de centre ville). Vive Tous Primeurs.

En citadin, c’est la meilleure option que j’ai trouvé et il existe beaucoup de réseaux similaires (la ruche qui dit oui, les amap…) quand ce ne sont pas des réseaux plus informels de personnes à personnes qui font des commandes groupées à des producteurs, des bouchers…

Végétarien ou pas ?

Sur le végétarisme, ma religion n’est pas faite. Une chose est sûre manger de la viande rouge en quantité n’est ni bon pour la santé ni écologique (il faut 15 tonnes d’eau pour produire 1 kg de viande de bœuf, 10 à 15 kg de végétaux (soja, céréales…) pour 1 kg de viande). Et ne croyez pas que manger du poisson est la solution. Entre les métaux lourds et les pertes engendrées pour récupérer une crevette, ce n’est pas mieux (62,3 % de ce que contient une prise dédiée à la crevette est rejeté en mer et oui l’essentiel est mort).

Dans ma famille un repas sans viande n’était pas un repas mais heureusement tout change et lorsque je dis que ma religion n’est pas faite, je veux simplement dire que je ne m’interdis pas de manger de la viande ou du poisson. Je suis en revanche beaucoup plus sélectif sur la qualité. Un beau morceau de boeuf est un plaisir incroyable et les adresses ne manquent pas. En revanche le steak haché surgelé, la bavette de bas étage n’ont plus de places dans mon assiette. Il m’arrive donc de ne pas manger de viande pendant plusieurs semaines sans difficultés… pour mieux savourer un bon morceau.

Manger consciemment

Je choisis donc consciemment ce que je mange et tout ceci s’est fait progressivement en franchissant les étapes tranquillement. Nous sommes omnivores à la base et aujourd’hui je ne suis pas prêt à devenir complétement végétarien car cela implique un niveau plus élevé d’attention car tout ceci implique évidement d’ajuster globalement son alimentation. Retrouver des protéines ailleurs dans les légumineuses. Avoir recours aux graines germées. Etre plus attentif à ce que l’on mange.

Bien entendu tout ceci est bien plus simple lorsque vous n’êtes pas seul dans l’aventure. J’ai la chance de partager ces idées avec ma compagne (et elle a la chance que j’adore ce qu’elle cuisine !). C’est donc bien plus qu’une lubie passagère, c’est une modification durable et intégrée dans notre quotidien.

Parce que c’est la qualité de vie que l’on veut, on travaille pour l’avoir. Se le permettre moralement et financièrement. Et l’appliquer au quotidien.

Dans un autre monde si je ne vivais pas en ville, l’alternative serait d’avoir des liens plus proches avec la terre. Je ne suis pas dans l’utopie de faire pousser mes légumes moi-même car c’est bien plus de travail que ne se l’imagine celui qui ne l’a jamais fait mais il existe beaucoup de formes pour arriver à un résultat proche : de la coopération, de l’échange, de la délégation…

Le but à ne jamais perdre de vue reste de manger sain ET de se faire plaisir. Et le défi que nous avons tous, c’est d’arriver à concilier les 2. Peu importe là où vous en êtes, ce qui vous bloque très souvent c’est que vous opérez une dichotomie entre sain et bon. Vous saurez que vous êtes au bon niveau lorsque, comme moi, on vous dit souvent que vous mangez « comme une fille » (salade / poisson grillé pour le profane). Lorsque vous arriverez à la cantine au travail et que vous vous demanderez si vous êtes le seul à chercher à manger sain, à chercher les alternatives végétariennes parce que aujourd’hui c’est ce qui vous ferait plaisir et à finir par ne prendre que des entrées pour recomposer ce dont vous avez besoin.

Car en mangeant ce qui est bon pour vous, vous pouvez avoir la physiologie, l’énergie, la présence et la conscience qui correspond à vos objectifs (J’espère que vous en avez…). Au delà de l’aspect mécanique qui consiste à dire manger = survie, manger est un acte où vous décidez à chaque fois de ce que vous êtes.

Jetez un oeil à ce que fait Naturacoach ou Ariane Grumbach

Commentaires 16

  1. Bonjour Michael,

    Je suis d’accord avec toi, je privilégie également la qualité de ma nourriture, je préfère mettre un peu plus cher pour me nourrir correctement, c’est une question de santé et de plaisir.

    Un point également qui est important, c’est de prendre son temps pour manger, de bien être présent quand on mange, au lieu d’engloutir son repas en 5 mn devant la télé ou son ordinateur, on l’apprécie beaucoup mieux et ça détend.
    Bonne journée.

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  2. Merci pour cet article. Par contre, même mis entre guillemets, le végétarisme n’est pas une religion et il ne se limite pas à un question de santé personnelle.

    Végétalienne depuis un an, je le suis devenue avant tout pour des raisons éthiques, mais tant mieux si ma santé est au top (jamais été autant en forme) et si je dépense moins en alimentation (eh oui, vous avez vu le prix de la viande et des fromages ?) Mais surtout je suis en accord avec ma conscience et j’estime que c’est la clé du bonheur.
    Bien entendu, cela demande une prise de conscience « violente », car on découvre l’horreur de l’exploitation animale dans notre société spéciste. Impossible de revenir en arrière une fois que cette prise de conscience a été faite.
    Pour finir je confirme que la cuisine végétalienne est excellente, d’une richesse incroyable, très loin du cliché du repas triste. Quelques recettes sur http://www.veganwiz.fr/ et http://www.100-vegetal.com/ pour vous faire saliver 😉

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  3. Merci Michael pour ce point de vue sur l’alimentation et à Cécile pour son complément.
    Je suis moi aussi végétarienne, depuis 10 ans, et ça a complétement changé ma façon d’être.
    J’ai commencé pour des raisons éthiques (par respect de la vie sous toutes ses formes), puis se sont ajoutées des raison physiques (je dors mieux, je digère mieux, je n’ai plus de problème de peau…), psychologiques (moins agressive, moins déprimée), et enfin écologiques (la production de viande à grande échelle est une catastrophe écologique).
    Quant à lire les étiquettes au supermarché, c’est essentiel si l’on veut éviter la « consommation cachée » de sucre, sel, produits chimiques, huile de palme…

  4. Merci pour ton article. Pour ma part, je suis en « rééducation » alimentaire. Et cette méthode va a l’encontre des dogmes dispensées par les diététicienne. En effet, en supprimant les laits d’origine animal (lait yaout, et surtout le fromage) et en mangeant du soja sous toute ses formes (lait de soja, tofu et yaourt—>Fabrication maison) j’ai retrouvé l’énergie et le bien etre mental. On oublie que l’alimentation est le premier des médicaments (Doc Seignalet en parle)

    Et en changeant de point de vu et de vocabulaire : on se nourrie à chaque repas au lieu de manger….

    A méditer

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  5. J’ai lu quelque part une personne qui a fait se constat en faisant ses courses : Les pauvres mangent de la charcuterie et boient du soda, les riches mangent des légumes et boient de l’eau. Les légumes et l’eau sont plus économique que la charcut et le soda.

  6. Super cet article!
    Je suis sur une réflexion similaire depuis quelques années. Apprendre à manger a plusieurs avantages : plus d’énergie, une meilleure santé, plus de plaisir en mangeant, des économies possibles en sachant quels produits acheter et où les acheter, plus de satisfaction en général. C’est un vaste sujet, extrêmement intéressant. Ca m’a pris plusieurs années pour me former.

    Les vidéos de naturacoach sont d’excellente qualité, très didactiques et denses en nformations, je le suis depuis un moment et il m’a appris énormément de choses.

    Concernant le végétarisme, je comprends qu’on puisse choisir cette voie mais je ne pourrai jamais abandonner une belle côte de boeuf au sel de guérande.

    Petit point de détail (mais non sans importance) concernant les étiquettes : les ingrédients apparaissent dans l’ordre décroissant de quantité dans l’aliment. C’est-à-dire que dans du nutella où l’étiquette affiche « sucre, huile végétale, noisettes, … » l’ingrédient ayant la plus forte concentration est le sucre (!), suivi par l’huile végétale (ici de la délicieuse huile de palme), les noisettes arrivent en 3ème position seulement.

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      Je partage ta position aussi. Si j’ai considérablement réduit ma consommation de viande, cela reste pour moi un plaisir. Lire les étiquettes est très instructif pour faire la différence entre la communication marketing véhiculée par l’emballage et le contenu réel.
      Un exemple bête : j’adore les marrons glacés à noël. La composition devrait être : marron, sucre. Et bien il est très difficile de trouver des marques qui ne rajoutent pas autre chose (cela existe quand même).

  7. Pour moi aussi la viande était un plaisir…Désolée d’être directe dans mes propos mais j’essaie de donner la priorité à mon cerveau sur mon estomac…
    Je trouve que c’est déjà super que certaines personnes comme vous diminuent leur consommation de viande, mais je tenais à préciser que ce n’est pas une question de goût, « excuse » que j’entends à peu trop souvent…

    Pour les amateurs d’humour noir : http://insolente0veggie.over-blog.com/

  8. J’ai aussi changé de mode alimentaire il y a quelques temps.
    J’avance lentement mais sûrement.
    Actuellement, la majorité des produits alimentaires de la maison est bio et complet.
    Je pense aux farines et sucres que je consomme majoritairement complet. (d’ailleurs les Béguin -pas le producteur de sucres- ont prouvés que le sucre complet a une action anti-caries).

    Le bio est devenu un élément basique dans mon alimentation.
    Il me semble utile de rappeler, qu’outre l’aspect environnement, il y a l’aspect santé. La fraise par exemple contient jusqu’à 13 résidus de pesticides différents. Appétissant!

    J’ai aussi diminué ma consommation de viande, le peu restant est remplacé par du bio.

    Au niveau budgétaire, acheter intégralement bio n’a pas augmenté le prix du panier, car une partie des aliments est dorénavant fait maison (le pain par exemple).
    Côté maison, le bio a même entrainé une réduction des coûts avec la suppression de certains détergents cher et couteux par de plus basique (savon noir, vinaigre blanc, bicarbonate, …)

    C’est une approche globale à avoir, mais qui porte ses résultats à moyen terme.

  9. Pingback: La Revue du Net Paleo #27 | Paléo Lifestyle

  10. Salut, je vous propose un retour aux source sources avec l alimentation paleo, pour garder de l énergie et des muscles tout au long de la journée, année, vie!
    Ca fait plus de 6 mois que j ai arrêté la procrastination et donc commencé ce nouveau mode d alimentation.
    Résultat poids stable mais changement physique radical plus de muscles, meilleur forme et moins de graisse. …
    Cela oblige a cuisiner et donc manger mieux et moins cher que des plats indus .

    J attend avec impatience ton avis sur ce mode d alimentation 🙂
    Vive la viande rouge et le bacon!
    Et merci pour ton blog !

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