Comment améliorer son image de soi

Michael Ferrari Améliorer sa vie 9 Commentaires

Philippe est coach et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » dans le domaine de l’argent et du développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Voici Philippe !

Notre identité se compose d’éléments très factuels (ceux figurant sur notre « carte d’identité », par exemple) et aussi d’autres plus subjectifs, liés à la perception que nous avons de nous-mêmes. Cette perception a été fortement influencée par les avis, les évaluations, les jugements, les opinions que les autres, souvent des figures d’autorité, ont proféré à notre égard. Positifs ou négatifs, ils commencent généralement par « tu es » ceci ou cela : tu es timide, tu es lent, tu es turbulent, tu es sage, tu es brouillon, tu es ordonné, etc. Ces signes de reconnaissance inconditionnels globalisent une ou quelques observations ponctuelles et les transforment en une étiquette qu’on peut porter toute sa vie. Régulièrement répétées, on finit par y croire vraiment, y adhérer à tel point qu’elles deviennent une partie de notre personnalité, pour le meilleur et surtout pour le pire : parfois, les étiquettes sont des casseroles.

Les étiquettes sont des casseroles

Jean se déclare « timide ». Il dit avoir du mal à s’exprimer dans un groupe (mais peut le faire s’il est sollicité). Dans une soirée, il cherche une personne pour parler et ne va pas la lâcher, car il lui est difficile de s’insérer dans une conversation. Son manager lui reproche son manque d’affirmation dans des discussions avec les clients, mais ses résultats sont similaires à ceux de ses collègues. Quand je parle avec Jean, j’observe qu’il détourne les yeux et est très attentif à mes propos. Bref, Jean est timide, et Jean veut s’en sortir. Son modèle est justement son manager, Eric, qu’il décrit comme très à l’aise, drôle, décontracté, mais aussi bavard et avec une écoute à géométrie variable.

Comment vous passer de ce dont vous croyez avoir besoin

Jean me demande comment devenir « comme Eric ». Je lui ai expliqué comment se passer de « vouloir être comme Eric », et que l’essentiel de ses « problèmes » viennent non pas de sa timidité mais de « vouloir être un autre que lui-même ». Cette étiquette lui colle à la peau ; il en a des souvenirs douloureux, quasi humiliants où on moquait ses rougissements en public. Peu à peu, il a anticipé chaque situation comme étant potentiellement source de dévalorisation et a adopté un comportement efficace de protection : rester en retrait. Je lui ai proposé de remplacer l’étiquette « timide », à forte connotation négative, par une autre, plus neutre et descriptive : « introverti ». Introverti est un profil psychologique, défini par Jung, notamment, qui décrit (entre autre) une personne tirant son énergie de l’intérieur et aimant approfondir les sujets  (par différence avec un extraverti (Eric) qui tire son énergie du contact avec les autres) et va aimer survoler plusieurs sujets).

L’art du recadrage

Ce premier point effectue un « recadrage », il donne un autre sens, positif et utile, à ce qui était précédemment jugé comme négatif et pénalisant. Cette nouvelle définition de soi permet de s’assumer et d’arrêter de consommer de l’énergie pour lutter contre la réalité. On reprochait à Monique d’être lente. Lorsqu’elle a compris que cette lenteur lui permettait de traiter ses dossiers plus en détail, et d’avoir un taux de retour très faible, elle a changé son positionnement de la manière suivante : plutôt que de nier ou justifier sa lenteur, elle est allée dans le sens des « reproches » qu’on lui faisait. Non pas en victime, mais en pratiquant un recadrage : » oui, effectivement, je traite les dossiers en détails ». Monique fait d’une pierre deux coups : elle va dans le sens du courant initié par son manager (plutôt que de rentrer dans un conflit stérile), et en oriente la direction vers une meilleure valorisation d’elle-même. Alors elle devient capable de modifier plus facilement certaines habitudes de travail pour gagner du temps dans le traitement de ses dossiers.

Jouez à l’avocat du diable

Je vous propose un exercice assez drôle, à faire avec deux ou trois amis ou collègues. Chacun votre tour, choisissez un trait de caractère, un défaut qui vous ennuie et présentez le. Ceux qui vous écoutent vont jouer les avocats du diable. L’avocat du diable défend les causes apparemment perdues. En l’occurrence, vos partenaires vont chercher tous les aspects « positifs » d’un trait vécu comme négatif. Il s’agit de développer une sorte de « mauvaise foi », car tout le monde nous a toujours dit que ce n’était pas bien d’être lent ou timide. Le but est de mettre à jour d’autres significations aidantes, et l’effet est d’assouplir un mental souvent très rigide, car accroché à ses représentations. Les avocats du diable de Jean ont mis en évidence ces aspects de la timidité : une écoute attentive, une douceur dans son contact, un respect des autres, une autonomie, un imaginaire développé, autant de belles qualités qu’il n’avait pas envisagé, tellement obnubilé pour son projet de « devenir comme Eric ».

A vous maintenant

Je vous invite donc à partager vos casseroles, à nous en proposer une définition positive et à mettre en avant tous ses avantages. Ainsi vous contribuerez à apporter de la souplesse et de l’estime dans l’image que chacun a de lui. Nous avons vu dans une chronique récente (s’estimer pour réussir) combien cela était important !

Commentaires 9

  1. Bonjour,
    Mon défaut : Lors d’une discussion passionnée, je répète 3 fois la même chose, de façon différente certes, mais 3 fois la même chose.
    Tentative de définition positive : J’aime reformuler une phrase pour que la personne en face de moi puisse s’approprier une idée qui me semble importante. Elle peut ainsi trouver les mots qui lui « parlent ». Reformuler 3 fois la même idée m’aide à affiner cette idée et à la rendre la plus fidèle à ma pensée.
    Merci pour cet exercice. Il m’a fait du bien 🙂

  2. Pas sûr que cela puisse marcher avec tout.

    On me dit parfois que je suis bizarre (faute de mieux) parce que je peux parler d’absolument tous les sujets avec n’importe qui pour peu qu’il y montre de l’intérêt : politique, religion, sexualité, conception de vie… en donnant réellement mon avis. Au risque que ceux qui suivent la conversation sans participer en soient choqués car ils n’ont pas l’habitude de traiter de ces sujets en général.

    Pour l’instant je me disais que je devrais faire comme beaucoup, me retenir de parler de ça en le remplaçant par de la pluie et du beau temps. Enfin sauf si vous trouvez des qualités associées à ce défaut =P

    1. Plein de traits positifs dans ce que vous nommez: engagement, polyvalence, curiosité pour le monde, envie de communiquer. Franchement, parler de la pluie et du beau temps, une fois passé le temps de « pré contact », ça vous fait réver?

  3. On me dit souvent que je fais n’importe quoi, que j’aurais du laisser tomber quand ça commençait à mal tourner, que j’aurais pu y penser, que c’était évident que ça allait mal se passer…

    Mais je pense plutôt que c’est parce que je tente de nouvelles choses qu’ils ont l’occasion de voir les ratés, tandis qu’eux, ne tentant rien de nouveau, ne ratent rien. Par contre, essaye de répondre ça sans commencer un débat, c’est forcement une réponse qui s’oppose à celle de l’autre.

    Je suis très maladroite, je laisse tout tomber, j’oublie des trucs, j’ai les doigts en saucisses, on me dit que j’aurais pu faire attention, je ne vois pas comment reformuler ça positivement. Parfois j’ai juste envie de hurler « Oui, bon, en me fréquentant, tu sais qu’il y a une probabilité non-nulle que je fasse tomber un truc, alors arrête de t’énerver à chaque fois ! ». Je leurs ai déjà dis, mais ils continuent de se plaindre que je n’ai « pas fais attention ». Ca me rend un peu triste qu’ils ramènent toujours tout à je ne sais quel respect que je n’aurais pas pour eux, et je n’ai pas envie de leur expliquer à chaque fois.

    Je dirais, pour améliorer mon image de moi, que je suis fournie avec ce défaut mais que le reste compense ^^

    1. Sur le premier point, vous pouvez juste ajouter que c’est votre manière à vous et que les autres ont le droit de faire différemment (but: éviter conflit inutile).
      Sur la maladresse, c’est plus factuel: question de stress? de concentration? de présence?

  4. quoi que les autres pensents quoi que les autres disents , il faut toujours aller au bout de ses idées peu importe les difficultés . car quoi qu’il arrive ont trouvera toujours mieux que soi. prenons moi comme exemple aprés 3 ans de travaille j’ai décidée de reprendre mes etudes en bts et j’ai de très grande difficultés, manque de concentration , niveau scolaire très faible ,pas au niveau en somme je n’aurais pas mon BTS cette année parallelement mon beau frere suit la meme formation que moi seulement lui c ‘est un DUT qu’il vient d’avoir avec mention moi j’ai 26 ans lui que 19 ans, est ce une raison pour que j’arrete en pensant que je suis stupide et que j’approche de la trentaine et que je n’y arriverais pas et bien je n’y crois pas il faut se battre peut importe si je doit payer en année ma stupidité j’arriverais a avoir ce diplome car si je laisse tomber, la j’aurais une mauvaise estime de moi!! et vivre avec des regrets c’est pire que tous il ne faut jamais lacher !! quoi que les gens disent !!

    1. Si vous avez été admis en bts, c’est que vous avez le potentiel pour le réussir. Vraisemblablement ça va vous demander des efforts importants , c’est votre motivation pour ce but qui va vous permettre de lever les obstacles. Et si malgré cela, ça ne marche pas, avez vous un « plan B »?

  5. si malgré cela, ça ne marche pas quoi qu’il arrive avec ou sans diplome, je retournerais là ou j’étais avant c ‘est a dire sur les chantiers de constructions car avant de reprendre mes etudes j’étais embauché dans le secteur du batiments

  6. Ca me semble tout de même très convenu et bien pensant tout ça.
    Par exemple, pour la timidité, je me considère comme un timide ne rentrant pas dans le moule standard de la timidié, dans le sens que si j’arrive dans une salle remplie d’inconnu, je suis incapable d’aller aborder qui que ce soit. Et il me semble difficile de rester seul dans son coin sans être mal à l’aise ou s’ennuyer.

    Par contre, je n’ai aucune tendance à fuire ce genre de situation et n’ai pas non plus de problème à parler en public. Et j’ai également une écoute très variable. Notamment pour des raisons proches de l’introversion, puisque suivant le sujet, je suis plutôt dans mes pensées qu’en train d’écouter l’autre. Et contrairement à ce qui est dit dans l’article, j’ai plutôt l’impression d’être un « introverti qui tire son énergie du contact avec les autres ».

    Je ne vois donc pas comment considérer comme une qualité plutôt qu’un défaut.

    Bon, je dois m’arrêter là, j’ai un apéro pro avec 30 inconnu, et où je suis en froid (pour raison professionnelle, n’ayant pas la même manière de travailler) avec la seule personne que je connaisse 🙂

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