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Rencontre avec Tim Ferriss à Madrid – Partie 2

Posted on 30. sept, 2008 by Michael.

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Timothy Ferriss in May 2007.

Image via Wikipedia

Ceci est la suite d’un reportage sur Tim Ferriss.

Principes à appliquer dans le cas des entreprises de service

Tim a abordé cette question après qu’on lui a fait remarquer que les principes présentés dans son livre étaient surtout applicables dans les entreprises commercialisant des produits : mais quels principes appliquer lorsque l’on créé une entreprise de services ?

Tim a précisé que certains principes étaient communs aux deux types d’entreprise et a aussi conseillé de toujours concevoir son entreprise comme si on allait en créer 1000 franchises ailleurs, même si l’on ne projette pas de le faire. Cet exercice nous force à penser en termes de documentation, règles et processus :

-         quelles best practices est-ce que je veux valoriser ?

-         quelles sont les étapes du processus ?

Il est ensuite primordial de demander régulièrement leur avis aux personnes qui font le travail, qui sont sur le terrain, car ce sont leurs retours qui vont permettre d’améliorer le processus. En fonction des remarques, il faut éliminer les étapes inutiles, puis procéder à une nouvelle phase de test.

Comme il l’avait déjà évoqué en expliquant comment surmonter une situation bloquée, Tim a à nouveau insisté sur le fait que les entrepreneurs tendent à vouloir toujours tout faire dans leur business alors qu’il est pourtant beaucoup plus impressionnant (et viable) de créer un business capable de fonctionner sans soi.

Savoir déléguer aux bonnes personnes

Déléguer est un art que l’entrepreneur se montre réticent à exercer dans les premiers temps. Pour nous orienter dans cette optique, voici les 4 qualités que Tim recherche (et teste) chez un potentiel collaborateur :

1/ la fiabilité est la qualité numéro 1, loin devant les compétences

La personne à qui l’on délègue doit être capable de tenir les délais et de suivre les normes établies (notamment pour qu’une autre personne puisse reprendre le travail à sa suite quand nécessaire).

2/ la capacité à reconnaître ses faiblesses

La franchise de dire « je ne sais pas » est une qualité que Tim recherche chez tous ses collaborateurs car elle lui évite les désagréments qui s’ensuivent lorsque l’on confie une tâche à quelqu’un qui n’est pas en mesure de l’accomplir.

3/la capacité à bien communiquer

Encore une fois, Tim recherche des personnes franches, capables de se faire comprendre sans s’emporter.

Il a même illustré ce point de manière amusante en expliquant qu’il n’a pas de problème à ce que quelqu’un lui fasse remarquer qu’il est en train de mal se comporter (Tim, you are being a real *) tant que cette personne y met les formes !

4/ les compétences techniques

Les compétences techniques n’arrivent qu’en dernière position.

Tim préfère le programmeur qui écrit 1000 lignes de code pour un travail donné mais livre à temps à celui qui n’en écrit que 100 mais ne tient pas les délais fixés.

*Note : Voir « L’art de déléguer une tâche efficacement« 

Créer un esprit d’équipe entre tous les collaborateurs, même à distance

Pour la bonne réussite d’une entreprise, il est primordial que l’équipe fonctionne bien. Mais comment faire quand le pilier de cette équipe, l’entrepreneur, n’est pas sur place ou que les collaborateurs sont répartis aux quatre coins du globe ?

Tim propose de réunir les personnes qui travaillent en un même endroit une fois par semaine de façon à créer un esprit d’équipe au moins au niveau local et de réunir par téléconférence toute l’équipe au moins une fois par trimestre.

Il encourage aussi ses collaborateurs à développer une relation extra professionnelle car parler de sa vie personnelle (famille, loisirs, etc.) est un bon moyen de mieux se comprendre, ce qui se reflète ensuite dans la relation au travail. Lorsqu’il est impossible de se rencontrer en face à face, le chat ou des outils comme Facebook permettent de créer des liens personnels malgré la distance.

Investir intelligemment

Investir dans d’autres entreprises est un bon moyen de se mettre dans la peau des investisseurs de sa propre entreprise, de penser comme eux, de comprendre comment ils réfléchissent et ce qui est important pour eux. Investir aide donc à devenir soi-même un meilleur entrepreneur.

Mais comment choisir les entreprises dans lesquelles investir et déterminer celles à éviter ?

Voici les règles de base qui guident Tim dans ses investissements :

-         Ne pas investir dans des idées mais dans deux-trois personnes qui ont déjà accompli quelque chose de concret et qui peuvent donc démontrer, même si c’est sur une très courte période de mise en place, que ce qu’ils font fonctionne et croît.

-         Ne pas se lancer dans une entreprise dont le PDG est incapable de dire « je ne sais pas » (un point essentiel chez Tim, que l’on retrouve ici encore). Pour vérifier ce trait de caractère, Tim pose plusieurs questions très difficiles et observe si la personne qu’il a en face est franche ou au contraire essaie de noyer le poisson.

-         Privilégier les modèles d’entreprises où une augmentation de la clientèle n’entraîne pas nécessairement une augmentation des coûts. L’exemple type de ce genre d’entreprises est le site web qui vend des abonnements à tel ou tel contenu en ligne.

-         Privilégier les produits ou services simples d’utilisation.

-         Privilégier les entrepreneurs qui comptent sur un capital de départ minimum pour accomplir leurs projets. Il est en effet plus difficile d’obtenir un bon retour sur investissement lorsque le capital de départ est de 10 millions plutôt que 70 000 dollars par exemple.

Les projets de Tim Ferriss

Après ce tour d’horizon des conseils de base pour bien entreprendre, voici un aperçu de ce à quoi vous pourrez aspirer lorsque vous réussirez aussi bien que Tim !

Comme il l’avait déjà indiqué en début de soirée, Tim évite de faire des projets à trop long terme pour ne pas s’enfermer dans sa zone de confort car, à ne pas se dépasser, on risque de passer à côté de nombreuses opportunités. Voici donc ses projets à court et moyen termes :

-         Investir dans des compagnies naissantes ;

-         Préparer un programme qui sera diffusé au Japon pour apprendre aux gens à décomposer leurs problèmes pour mieux les résoudre ;

-         Rencontrer des personnes influentes, comme des stars et des politiciens, afin d’agir pour un meilleur enseignement public aux États-Unis. Il souhaite notamment qu’une plus grande attention soit accordée aux sciences et aux mathématiques ;

-         Construire des écoles dans les pays en développement afin de faire de l’éducation un instrument de paix.

Un dernier conseil de la part de Tim, pour que vous ayez le courage et la motivation de mener tous vos projets à bien :

Il ne faut pas avoir peur de se fixer des objectifs importants (Think big and kick *, comme diraient d’autres !). Peu importe que l’on réussisse ou que l’on échoue, c’est secondaire. Par exemple, le livre de la semaine de 4 heures a été refusé par 14 éditeurs avant que le 15e ne l’accepte ! Il y aura toujours des gens pour vous dire de redescendre sur Terre, preuves à l’appui. Mais cela ne veut pas dire que vous deviez vous fixez des objectifs réduits pour autant. Au contraire, donnez-vous les moyens de vous dépasser et d’atteindre votre grand objectif.

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Rencontre avec Tim Feriss à Madrid – Partie 1

Posted on 29. sept, 2008 by Michael.

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Tim Ferriss, l’auteur de La semaine de 4 heures, organisait une rencontre à Madrid dernièrement. Etant un grand fan de Tim Ferriss et de ses idées -je veux prendre la tête du fan club francophone !- je me devais d’être présent d’une manière ou d’une autre. Ne pouvant pas être sur place, Gaëlle (qui confirme que derrière un grand homme se cache toujours une grande femme) s’est gentiment prêtée au jeu et vous propose un reportage de cet évènement. Encore merci !

Ce jeudi 25 septembre à 18h a eu lieu à Madrid le lancement officiel de la traduction espagnole de la Semaine de 4 heures. Quelques 130 privilégiés pouvaient se rendre en terrasse d’un bar-restaurant fashion de la capitale pour une rencontre de 3 heures avec Tim Ferriss et j’en faisais partie !

Tim s’est montré dès le départ très accueillant, disponible, ayant un mot gentil pour chacun, serrant la main à tout le monde, prenant la peine de se rappeler tous les prénoms (ou presque), acceptant sans rechigner de se faire prendre en photos et de signer quantité de dédicaces. Bizarrement, pour une soirée de lancement, aucun exemplaire du livre n’était en vente, mais n’est-ce pas là le meilleur moyen de faire parler de soi ? Au lieu d’être poussés à l’achat (pour un livre que nous avions tous déjà acheté pour la plupart !), nous avons passé une très agréable soirée et, dès le lendemain, nous en parlons tous sur nos blogs respectifs (ou ceux des autres !).

Après avoir échangé quelques mots avec chacun pour faire les présentations, un verre à la main, Tim a entamé son discours d’introduction puis un temps de questions-réponses qui a duré environ 1h-1h30. Après quoi, le méchant monsieur du restaurant El Lateral nous a fait comprendre que l’heure c’était l’heure et qu’il allait falloir ranger les micros. Heureusement, nous nous sommes tous réunis dans une même partie de la terrasse et avons pu continuer à discuter les uns avec les autres et/ou avec Tim jusqu’à près de minuit.

Je vous propose donc une synthèse (oui parce que prendre des notes en anglais pendant 1h sur une mini feuille de papier, ce n’est pas si simple) de ce que Tim Ferriss a partagé avec nous sur différents sujets lors de cette soirée.

Bien gérer ses priorités et ses centres d’attention

Dans son discours d’introduction quelque peu décousu (mais ça m’a peut-être paru décousu parce que je cherchais désespéramment quelqu’un qui puisse me prêter un stylo -j’étais décidément très mal équipée-), Tim a abordé un thème fleuve, sur lequel il est revenu à plusieurs reprises au cours de la soirée : celui de l’importance de bien gérer ses centres d’attention.

*note: Je vous conseille la lecture de « Email, la plus grande distraction ayant jamais existé« 

Pour Tim, gérer son temps n’arrive qu’en seconde position. Il est primordial de savoir faire le tri dans tout le bruit informationnel qui nous entoure et qui occupe notre propre RAM à longueur de journée (cela ne sera sans doute pas sans rappeler David Allen à certains d’entre vous).

L’un des exemples favoris de Tim : les emails ! Si vous connaissez son blog, vous savez peut-être qu’il aime à dire que nous devrions tous suivre un régime pauvre en information et une cure de désintoxication d’emails, c’est dire s’il les porte dans son cœur ! Dans le cadre de la gestion des priorités et des centres d’attention, il a par exemple expliqué que même si télécharger ses messages ne prend que quelques minutes et même si l’on ne fait que les survoler parce qu’il est vendredi soir et qu’il est temps de partir en week-end, on risque toujours de tomber sur une question qui demande longue réflexion ou sur un point problématique qui peut nous inquiéter. On finira donc par passer tout le week-end à ressasser dans un coin de notre cerveau quelque chose que l’on ne pourra gérer que lundi matin : à quoi bon ?

Devenir entrepreneur

Si vous êtes salarié et que vous hésitez actuellement à faire le grand saut, vous vous demandez sans doute comment l’on devient entrepreneur et quelles compétences sont nécessaires pour réussir dans son entreprise.

Tim commence par une mise en garde : la première erreur est de s’emballer. En effet, l’envie d’entreprendre naît bien souvent d’une grande insatisfaction au travail. Le danger de se lancer dans ces conditions, c’est de continuer à agir comme un salarié, c’est-à-dire travailler énormément (plus qu’en étant salarié d’ailleurs) sans partager avec personne la charge de travail. C’est pourquoi il faut plutôt commencer par identifier les 3 points suivants :

-         être très clair quant à ce que l’on est prêt à sacrifier ou pas pour devenir entrepreneur ;

-         déterminer exactement ce que l’on veut obtenir (c’est un conseil qui revient régulièrement et chez plusieurs auteurs) ;

-         envisager ce que l’on va faire si les résultats ne sont pas au rendez-vous et réfléchir à une porte de sortie dans l’éventualité où l’on ne voudrait pas persévérer.

Quant aux compétences nécessaires, Tim en distingue 3 :

1/ Comprendre les chiffres

Il faut notamment que les notions de coût par acquisition de client et valeur à long terme du client soient très claires.

Pour éviter toute déconvenue, Tim conseille aussi de ne pas produire avant que le client n’ait passé commande.


2/ Savoir bien communiquer

Avoir un message clair a un double avantage :

D’une part, les gens savent à quoi s’attendre et n’ont donc pas de mauvaise surprise. Après, peu importe qu’ils vous apprécient ou pas.

D’autre part, cela permet de mieux atteindre son public cible. Tim a illustré ce point en rappelant que le succès de l’iPod sur des concurrents pourtant sur le marché depuis plus longtemps avait résidé dans la capacité d’Apple à faire passer un message clair : au lieu de dire que leur produit disposait d’autant de Gb et de tout un tas de caractéristiques techniques impressionnantes mais peu parlantes pour le grand public, ils ont choisi le slogan «plus de 1000 chansons dans votre poche ».

3/ Savoir bien négocier

Qu’on le veuille ou non, entreprendre, c’est aussi savoir passer des marchés.

Pour réussir, il est bon de savoir identifier les motivations des parties, les scénarios envisageables et les solutions pour chacun d’entre eux.

Tim a cité trois livres pour approfondir la question :

-         Getting past no, de William Ury (le meilleur livre selon lui) ;

-         Getting to yes (ce livre présente la négociation comme quelque chose de très clair et propre alors que c’est tout le contraire, donc Tim ne le trouve pas aussi bon que le premier) ;

-         Secrets of power negotiating, de Roger Dawson.


Créer sa muse

La muse est ce qui vous inspire. C’est une chose ou une activité que vous aimez et qui vous anime. C’est la méthode ou le moyen qui vous va le mieux pour attendre vos objectifs : devenir riche, avoir du temps libre, changer le monde ….

Celle de Tim Ferriss consistait en un outil générant automatiquement du cash flow.

Le moyen le plus rapide pour avoir son diplôme en « création de muse » est d’observer les entreprises concurrentes qui réussissent et de copier ce qu’elles font bien et qui fonctionnent.

Pour ce faire, achetez leurs produits et assurez-vous leurs services : cela donne lieu à des échanges d’emails ou des conversations téléphoniques que vous conserverez comme sujet d’analyse et d’observation. Puis, demandez à retourner le produit ou à annuler vos contrats de services et observez comment ils réagissent : est-ce qu’ils essayent de vous dissuader, est-ce qu’ils vous offrent des réductions immédiates pour vous inciter à rester, est-ce qu’ils vous remboursent ou annulent vos contrats facilement mais vous relancent ensuite régulièrement pour essayer de vous reconquérir, etc. ? Toutes ces expériences sont autant d’informations précieuses pour apprendre en deux semaines tout ce qu’il y a à savoir sur vos concurrents et reprendre à votre compte ce qui en vaut la peine.

Analysez aussi leur publicité : les produits ou services dont ils font la publicité depuis longtemps sont généralement synonymes de succès. D’ailleurs, Tim Ferriss tient à jour un portfolio des pubs des produits qu’il a achetés, afin d’analyser pourquoi il s’est laissé convaincre, et ainsi s’en inspirer.

Il s’amuse aussi à raconter que son premier audiobook ne s’est pas bien vendu (il a produit un chiffre d’affaires total de 0 dollars !) parce qu’il a commis l’erreur de travailler de façon théorique, sans étudier le marché au préalable.

Surmonter une situation insatisfaisante

Lorsque Tim est confronté à une situation professionnelle ou personnelle insatisfaisante, il procède à une analyse 20 % / 80 % pour identifier quels sont les obstacles qui freinent sa progression.

Cela implique de se poser les 4 questions suivantes :

1/ Quel objectif est-ce que je cherche à atteindre ?

Les principes que j’ai assimilés depuis toujours et les règles que je suis sont-ils justifiés ? Ne me limitent-ils pas ? Rien n’est figé, tout est négociable.

Il faut donc être précautionneux lorsque l’on définit son business et qui l’on est. Trop détailler trop tôt risque de nous fermer des portes et de nous faire passer à côté d’opportunités intéressantes.

2/ Quelles sont les 20% d’activités qui produisent 80 % de mes revenus ?

Les entrepreneurs tendent à penser qu’ils doivent absolument passer toute leur journée à travailler, si bien qu’ils s’« inventent » du travail pour remplir les trous de leur emploi du temps. Et pourtant, ce n’est pas en travaillant plus et plus dur que l’on résout nécessairement les problèmes.

Dans la même idée, Tim a aussi expliqué qu’être débordé n’était pas le résultat d’un manque de temps mais de priorités et que gestion des priorités n’était pas synonyme de paresse mais de précision.

Et à ceux qui auraient peur de tomber dans l’ennui s’ils ne travaillent pas à temps complet, Tim propose de prévoir des loisirs pour combler les trous. Pour ce faire, imaginez le style de vie que vous auriez si vous disposiez de 50 millions de dollars sur votre compte en banque. Certes, par les temps qui courent, c’est à peine 35 millions d’euros mais vous pouvez sûrement vous limiter un peu, non ?! D’après son expérience, Tim précise que ceux qui font ce petit exercice dépassent rarement un style de vie demandant 75 000 dollars par an.

Pour optimiser les 20 % d’activités qui produisent 80 % des revenus, Tim essaye d’emprunter les meilleurs concepts et idées venus d’autres secteurs et de les mettre en application dans son propre domaine.

3/ Quels sont les 20 % de personnes qui sont à l’origine de 80 % de mes émotions positives ?

Faites un bilan chaque matin et chaque soir : s’il y a quelque chose ou quelqu’un qui vous fait vous réveiller de mauvaise humeur ou angoisser avant d’aller dormir, réglez la situation dans les plus brefs délais, débarrassez vous-en.

4/ Quelles sont les 20 % de personnes qui occupent 80 % de mon temps ?

Cette analyse 20 % / 80 % permet donc de revoir ses priorités et de reconcentrer ses efforts sur ce qui compte vraiment pour la bonne progression d’un projet.

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