Quelques leçons apprises depuis que je suis indépendant

Michael Ferrari Démarrer un business 17 Commentaires

Je suis retombé sur l’un de mes anciens articles qui s’intitule « Pourquoi j’ai dis au revoir à 50 000€ par an pour un avenir incertain » que j’ai écris en 2008 après avoir viré mon patron et être parti vivre à Berlin. Cet article se termine par une phrase qui dit « Quelque soit l’issue, j’apprendrais beaucoup et c’est ce qui compte le plus. »Voici un rapide bilan !

Si ça merde, c’est de ma faute

Même si l’on peut se rassurer à chercher des coupables, je sais que si quelque chose foire c’est de ma faute. Je ne me flagelle pas pour autant mais je sais que je dois comprendre ce qui s’est passé et en tirer des enseignements. Désigner des coupables ne me fera pas avancer, ruminer non plus. Je n’ai pas un supérieur auprès de qui me faire valoir au dépend de mes collègues.

Si ça marche, c’est en partie grâce à moi

Lorsque tout fonctionne bien, heureusement c’est la majorité des cas, c’est en partie grâce à moi. Je sais que j’ai réussi à quelques moments clés, que j’ai su convaincre et transmettre mon enthousiasme pour que cela fonctionne. Cependant je n’oublie jamais que je ne travaille pas seul. J’ai tout autour de moi une équipe sans laquelle tout serait plus dur. Entretenir son équipe et les aider est aussi important qu’aider ses clients.

Rien n’est définitif

Le « i » de CDI signifie « indéterminé » mais il ne veut pas dire « infini ». En indépendant, c’est pareil et mon expérience me fait dire que c’est ce que vienne chercher beaucoup d’indépendant : le défi quotidien. Les contrats sont souvent courts (3 mois), les projets tournent, les besoins évoluent !

Il y a une sorte d’urgence quotidienne à gérer et il faut apprendre à l’apprivoiser pour ne pas qu’elle vous bouffe.

Trouver d’autres formes de sécurité

La sécurité est malgré tout nécessaire mais ce n’est plus celle du sacro-saint contrat. Au lieu de vouloir être le plus gros chêne dans la forêt, il faut imaginer le champ de roseaux qui suit le sens du vent. Ma situation est géniale car je combine différentes sources de revenus avec mes activités internet, mon activité de conseil et les droits d’auteur. Chacune possède ses avantages et ses inconvénients mais mises ensembles ces multiples sources créent une bonne sécurité.

Un bon plan financier pour un bel avenir financier

Etre indépendant cela veut dire malgré tout perdre potentiellement une grande partie de ses revenus en peu de temps. Il existe des assurances pour se prémunir de la plupart des risques de la vie mais rien ne remplacera un bon plan financier.

Voici 2 mesures simples et efficaces pour vous blinder :

  • vivre sur une petite partie des ses revenus

Il faut l’adapter à votre niveau de revenus et à vos besoins mais plus l’écart entre ce que vous gagnez et ce que vous dépensez est grand, moins vous êtes exposé. Je vis très bien avec 25 % de mes revenus depuis plusieurs années.

C’est simple non ? Beaucoup de gens s’imaginent des montagnes à propos de la gestion de son argent lorsqu’on est indépendant : il n’en est rien.

Le monde des indépendants est multiple

Il y a en fait plusieurs catégories d’indépendants et il faut savoir à qui l’on a à faire : il y a ceux qui le deviennent par choix et ceux qui le subissent. Ceux qui le deviennent par choix sont dans une démarche qui mêle refus de l’autorité, besoin de liberté et de responsabilité. Ceux qui le subissent ont souvent été bousculé par la vie et l’utilise comme un moyen de reconversion et de retour à l’emploi. Il y a des indépendants qui se créent un job et évoluent parfois dans de plus mauvaises conditions que s’ils étaient salariés (moins de congés, stress de l’activité…) et d’autres qui se créent de véritables univers qui soutiennent leur démarche et en récoltent les fruits (souplesse du planning, bons revenus, projets intéressants : idéalement les 3 à la fois 🙂 ).

Rester au top est capital

Pour qu’une activité d’indépendant se pérennise, il faut absolument comprendre ce que vos clients achètent et l’entretenir. Si dans certaines professions règlementées (médecins, notaires…) cela ne pénalise pas trop à cause des barrières légales, ce n’est pas le cas pour les autres indépendants. Le travers courant de l’indépendant, c’est celui qui est ultra-compétent au démarrage car c’est le technicien par excellence et qui ne réinvestit rien dans sa propre formation. Cela revient à se comporter comme un salarié de base qui se cache derrière son contrat de travail pour obtenir son salaire en faisant le minimum. En quelques années, vous devenez obsolète.

Comprendre les dynamiques comportementales et s’adapter

Votre écosystème est vivant ! Les clients et toutes les personnes qui vous côtoient ont des attentes et des craintes et vous devez les comprendre pour les aider. Les dynamiques d’échange sont importantes pour que votre action soit adaptée à la situation. Il est inefficace d’appliquer à chaque fois la même recette.

Commentaires 17

  1. « Si ça merde, c’est de ma faute » : tellement simple, mais tellement vrai !

    Quand on mène sa propre barque, il faut bien reconnaître ses torts quand on se plante. Il vaut mieux d’ailleurs, histoire d’apprendre de ses erreurs et d’en sortir grandi !

  2. Bon article comme d’habitude ! Merci

    Juste une petite rectification : le « I » de CDI signifie « indéterminé »…mais, cela ne change en rien la suite qui est réservée aux salariés.

    1. Post
      Author
  3. Article très sympathique qui résume bien la vie et les responsabilités d’un indépendant d’ailleurs.

    Merci pour ce 1er bilan de parcours et bonne continuation.

  4. « Vivre sur une petite partie de ses revenus », voilà ce qu’oublient de faire beaucoup de personnes.
    Article plein de bon sens.
    Merci

  5. Tu as beau dire que ce n’est pas facile tous les jours, qu’il faut se blinder et autres c’est bien de l’impatience que je ressens en lisant tes articles à ce sujet !

    Encore deux ans à tenir avant de rejoindre le camp des indépendants… Autant de temps pour affûter le blindage en question et mûrir mes projets 😉

    Je te remercie Michael, sans toi, je ne saurais peut être pas encore que c’est ce que je veux faire et j’aurais perdu un temps précieux !

  6. Moi il y a deux questions que je me pose avant de sortir du « confort » du CDI. Quid des avantages des grosses entreprises comme une mutuelle, le PEE, la sécu, les points retraites? Comment se passe l’imposition sur les revenus d’un blog rémunérateur?

    1. Post
      Author

      Tous ces avantages, même si l’on te fait croire qu’ils sont gratuits, ont un coût. Par exemple, les mutuelles d’entreprises sont de moins en moins intéressantes face à une mutuelle classique surtout lorsque les 2 personnes d’un couple travaillent dans 2 entreprises différentes où l’on oblige tout le monde à souscrire à la mutuelle (on paye 2 fois alors qu’une seule assurance peut couvrir 2 personnes).
      Tu as aussi bien fait de payer toi même pour le reste. Pour la sécu ou la retraite, tu cotises comme tout le monde 🙂 Le PEE c’est peut être le seul truc intéressant, encore faut-il que celui de l’entreprise soit bon. Tu peux d’ailleurs ouvrir ton propre PEE dans ta société si tu as un salarié.
      Je ne comprends pas ta question sur les revenus d’un blog. Si par exemple tu es autoentrepeneur, c’est déclaré comme étant de la prestation de service et donc imposé à 23 % il me semble.

      1. Merci pour ces réponses 🙂
        J’ai une bonne mutuelle (gros groupe) et mon compagnon va bientôt pouvoir en bénéficier mais c’est vrai que c’est le type de prestation auquel on ne pense pas car souvent vu comme un dû et qu’il faut gérer tout seul une fois indépendant. Concernant le blog rémunérateur, ma question était justement quel statut avoir…vu que c’est assez particulier comme ty pe de revenu. J’ai une amie qui vit de ses rentes et les impôts lui ont fait la misère car ils ne comprenaient rien aux montages qu’elle avait mis en place.

        1. Post
          Author
          J’ai une amie qui vit de ses rentes et les impôts lui ont fait la misère car ils ne comprenaient rien aux montages qu’elle avait mis en place.

          Sans plus d’éléments c’est dur à dire mais souvent les impôts savent ce qu’ils font et votre amie a peut être simplement « oublié » les règles.

        2. Rooh depuis le problème a été résolu, mais cela lui a pris un temps fou…et ce sont eux qui se sont trompés :p (mais je suis assez d’accord c’est rare comme situation)

  7. On notera aussi que l’absence de chômage en tant que Freelance peut aussi parfaitement se chiffrer.

    Ainsi un cadre informaticien qui gagne 45 000 € brut annuel, touchera environ 1950 € net mensuel au chômage.

    Comme la durée du chômage est plafonné à 24 mois, cela correspond très simplement à une « cagnotte » de 46800 €.

    Donc un cadre informaticien qui passerait freelance et mettrait 46800 € de coté s’est construit son indemnité chômage. Sauf qu’il peut placer cet argent et donc que cet argent lui rapporte.

      1. A la louche ton revenu mensuel net au chômage c’est 65% de ton revenu net mensuel salarié qui est lui-même (tjs à la louche) 80% de ton revenu brut mensuel.

        Après comme la durée du chômage est plafonné à 24 mois, il suffit de multiplier par 24 !

        Ça permet de poser un chiffre et se rendre compte que « la garantie chômage » n’a rien de magique ou d’insurmontable.

  8. Bravo pour cet article Michael. Je le trouve très inspirant et très juste. Une belle leçon de courage en somme.

    Je me pose une question justement au sujet de la gestion de ta transition du salariat vers l’indépendance : comment l’as tu vécu, et surtout si tu as eu des moments de doute, comment les as tu gérés ?

    Merci encore pour ce partage d’expérience et à très bientôt !

  9. Bonjour,

    Depuis le temps que je lis ce blog, une question me taraude : Tu es consultant en quoi exactement ? Tu emploies des salariés ?

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.