Pourquoi j’ai dis au revoir à 50 000€ par an pour un avenir incertain

Michael Ferrari Démarrer un business, Esprit riche 14 Commentaires

Et pourquoi vous devriez en faire autant !

Un jour je rentrais du travail comme tous les autres jours. Ce jour-là, j’avais dû affronter une dure journée. Mon client était un con de la plus simple espèce (ou disons qu’il était dans un mauvais jour). Mon manager ne voyait rien à y redire. Je me sentais usé et surtout inutile à la société. Pourquoi subir quelque chose si en plus ce n’est pas pour laisser une contribution intéressante ? C’est un peu l’histoire que je racontais dans l’article « On ne travaille pas avec les cons ».

Alors « C’est la crise » disent certains. Elle durera jusqu’au premier trimestre 2009 selon les économistes à ma droite ou jusqu’au dernier trimestre 2009 d’après les économistes à ma gauche. Et alors ? Est-ce que ça veut dire que je ne dois plus vivre d’ici là ?

En rentrant ce jour-là, j’ai compris plusieurs choses :

1 – Je suis seul à mener ma barque

Si je ne la mène pas, ce sont les autres qui prennent les décisions pour moi. Si je ne consacre pas plus de temps à atteindre mes objectifs, je travaille pour atteindre ceux des autres. Je consacre depuis plus d’un an la majeur partie de mon temps libre à ce blog et vous savez quoi ? J’adore ça et je veux y passer plus de temps. C’est un peu bête à dire mais j’ai l’impression d’avoir trouvé ma voie sans savoir jusqu’où elle me mènera.

Nous avons tous dans la vie des sphères sur lesquels nous avons des possibilités d’actions et des sphères pour lesquels nous nous sentons concerné. Par exemple, presque tout le monde se sent concerné par l’écologie mais peu de gens agissent vraiment. La plupart d’entre nous se contente de choisir un équipement peu gourmand parce que c’est économique ou encore de jeter ses papiers dans la poubelle qui va bien. En réalité, ce n’est pas être préoccupé par l’écologie mais simplement par son portefeuille ou sa conscience et il n’y a rien de mal à ça mais ne dites pas que l’écologie vous préoccupe !

Il est très important de ne pas se préoccuper de tout ce qui est en dehors de votre influence.

Mon cercle d’influence était très réduit. Je ne pouvais choisir ni le lieu de travail (ou très rarement), ni les horaires, ni les clients, ni les collègues… Certes, je pouvais naviguer et arriver à obtenir certaines faveurs mais c’était bien des faveurs. Autrement dit, un geste en échange de quelque chose : un bon comportement passé ou un bon comportement futur par exemple.

2 – C’est la façon la plus bête de gagner de l’argent

Travailler pour quelqu’un est vraiment la façon la plus idiote de gagner de l’argent. C’est la plus simple et c’est pour ça que c’est le moyen le plus utilisé. Au-delà de l’aspect un peu provocateur, pensez-y à 2 fois : qu’avez-vous développé pour accéder à ce poste ? Qu’est-ce que ça vous demande au quotidien ? Vous devez travailler une heure pour être payé une heure. Si vous trouvez-ça normal c’est que vous avez été frappé par une maladie rare ! Si vous voulez devenir riche ou aisé, ce n’est pas en étant payé pour chaque heure de travail que vous le deviendrai. Je me suis rendu compte que je m’étais convenablement assoupi. L’envie n’était plus vraiment là. Travailler était une formalité comme prendre une douche chaque matin.

3 – Pas de porte de sortie intéressante à court terme

Dans mon métier comme dans la plupart des métiers il y a une pyramide à respecter. Parfois c’est celle de l’âge ou l’ancienneté. A chaque fois il s’agit d’attendre son tour. Le travail salarié à ceci de particulier : il est très difficile de prendre un raccourci et j’adore les raccourcis. Il y a des « gardiens » de partout. Un gardien est une personne ou un code social établi. Vous allez trouver des gardiens dans toutes les professions très réglementées ou dans les professions bien organisées. L’objectif de ces gardiens et de garantir l’uniformité et le niveau des gens d’une profession : l’avantage c’est que la profession est unie, l’inconvénient c’est que vous devez vous soumettre au fonctionnement. Je n’avais donc aucune porte de sortie à court terme et je n’ai aucun credit, aucune dette ou obligations. Comment expliquer ce sentiment d’enfermement si ce n’est le statut que j’avais ? Une place bien au chaud qui m’était réservée.

Ainsi je ne me sentais plus libre. Impossible de prendre une décision me concernant dans le cadre professionnel. Ma liberté retrouvée me permettra tant de choses impensable auparavant.

4 – Arrêter de me plaindre

En dépit de tous mes efforts, j’ai consacré une énergie beaucoup trop importante à mon goût à me plaindre de mon boulot. A me plaindre de mes collègues ou de tout ce dont je pouvais me plaindre. Autant d’énergie gaspillée, d’attention perdue dans le méandre de ma semaine et ce, chaque semaine.

Dans le fond, je dois reconnaître que mon entreprise n’était pas si mal et mes collègues aussi. Mon boulot était plaisant et le style de vie associé aussi. Seulement lorsque toute votre vie dépend de quelque chose sur lequel l’influence vous échappe cela génère une certaine frustration.  Puisque je ne peux avoir une plus grande influence, je veux m’affranchir de ça. Je veux consacrer et concentrer mon énergie sur le futur. Un futur sur lequel j’ai plus de prises.

Le mot de la fin

Aucune décision n’a  à ce point changé ma vie. C’est un projet que je prépare depuis longtemps sans pour autant savoir où je vais. L’avenir qui s’offre à moi est celui d’un entrepreneur/freelance/indépendant appelez ça comme vous voulez : je décide de beaucoup plus de choses. Je suis responsable de ma barque. Quelque soit l’issue, j’apprendrais beaucoup et c’est ce qui compte le plus.

Commentaires 14

  1. Olivier Roland

    Bravo Michael !
    Tu as pris une décision très courageuse, et tu as également le courage de te livrer ici, je te tire mon chapeau ! 🙂

    Rompre une situation confortable mais insatisfaisante est très difficile, et beaucoup de personnes n’osent jamais le faire, mais cela ne peut qu’amener des choses positives et essentielles à terme. Et on se sent en général tout de suite mieux, comme cela a dû t’arriver 😉

    Tu as choisi la voie du coeur et de l’aventure plutôt que le confort et la sécurité. Attention toutefois à ne pas recréer une situation dans laquelle tu te sentirais prisonnier. Créer une entreprise te permet d’accéder à une certaine indépendance, mais si tu créé un job plutôt qu’un business, ta formidable machine à rêves peut vite se transformer en carcan d’où il est difficile de s’échapper. Dirigeant depuis 8 ans une entreprise que j’ai créé à 19 ans, je sais de quoi je parle. Mais un blog est une excellente manière de créer une entreprise automatisée, et sans doute connais-tu déjà tout cela.

    Je te conseille toutefois l’excellent livre The E-Myth Revisited: Why Most Small Businesses Don’t Work and What to Do About It qui est un complément fabuleux à La semaine de 4 heures et qui te permettra de bien appréhender les pièges à éviter.

    Je te souhaite excitation et réussite dans ta nouvelle vie !
    Olivier

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    Author
    Michael

    Bonjour,

    Merci pour vos encouragements 🙂
    Cette décision m’est apparue comme étant naturelle, dans l’ordre des choses. Ma situation n’était pas vraiment inconfortable mais j’aime bien l’idée d’abandonner quelque chose de bien pour quelque chose de mieux (Covey il me semble).

    @Olivier : J’admire que tu ais pu créer ton entreprise si jeune. A cet âge, ça ne m’étais même pas venu en tête! Je suis conscient du risque de créer un emploi. J’ai des exemples autour de moi et il est clair que je ne veux pas faire ça. Le minimum c’est de profiter de l’effet de levier pour ne plus échanger une heure de temps contre une heure de salaire. Merci pour le livre, ma liste cadeaux Amazon s’allonge 🙂

    @Aurelien : Peux-tu en dire plus sur ta nouvelle situation et les raisons qui t’ont poussé à le faire ?
    Pour être plus précis sur ce que je vais faire, il y a plusieurs choses : je vais continuer mon job de consultant mais à distance. Je veux pouvoir choisir la localisation géographique de mon activité (je vais être entre la France et l’Allemagne assez souvent) et je n’exclue pas de me déplacer de manière ponctuelle. Ensuite j’ai d’autres projets que je souhaite développer : mon blog, un programme dont je parlerais plus tard, un autre site…

    Première étape : apprendre la langue 🙂

  3. Aurelien

    Salut Mickael,
    ca fait une semaine que j ai decouvert avec grand plaisir ton blog dans lequel je me reconnais beaucoup.
    La lecture de ton article m a fait realiser que moi c est a 34 000 euros fixes 11 000 euros variables voiture de fonction que j ai dit non pour un avenir incertain, c etait il y a 1 an et demi (et 16 000 kilometres).
    Je suis pas sur d avoir compris, tu arretes ton job de consultant ? so was willst du machen nach Berlin ?

  4. free-spirit

    … so true…

    Je crois que le frein principal reste toujours « on sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on va gagner »…

    Tout plaquer, son confort financier, son confort tout court pour un rêve hypothétique et un paquets d’emmerdes à court terme… dur… très dur.

    Bravo pour ton courage, ton témoignage renforce le désir de dire non à ce qui est parfois proche de l’avilissement, le travail salarié et ces classiques « c’est super urgent » … pour un projet qui ne voit finalement jamais le jour, ou encore « mais non c’est pas idiot, ça va faire un tabac »… pour un autre projet qui après des mois de boulot nait et meurt au bout de 15 jours… (« ah ben au moins on aura essayé ») … ainsi de suite.

    Je te rejoins complètement sur le fait de subir en silence, de ne pas mener la barque, de ne pas être écouté, de ne pas avancer dans les bonnes directions, et finalement s’en plaindre plutôt que d’y mettre un terme. Reste l’énorme pas, la montagne à franchir pour rompre tout ça.

    Et toujours cette question lancinante : « est-ce que je fais pas une méga connerie ? Est-ce que tout plaquer n’est pas immature dans la mesure où on ne sait pas très bien vers quoi on va et dans quoi on se lance ? »

    S’imaginer devoir ramper dans 6 mois auprès de son ancien employeur pour se faire réembaucher après avoir vidé ses économies sans réussir à quoi que ce soit de positif c’est tellement déprimant…

  5. Aurelien

    Salut Michael,
    mon reve etait de partir vivre a l etranger, j avais une proposition d embauche et a ce moment la (juin 2007) je suis parti une semaine a New York et ca m a donne envie de tenter ma chance la bas, j ai donc decline l offre. Je me suis alors apercu qu il etait difficile d obtenir un visa de travail pour les US (quotas epuises pour l annee 2007), j ai donc tente ma chance en Australie. J ai eu ensuite la chance de tomber sur une opportunite et de travailler a mon compte, mais je suis parti la bas sans projet precis.
    Bon en meme temps si je l avais pas tente, je ne serais pas ou j en suis aujourd’hui, comme quoi prendre des risques c est aussi prendre le risque de reussir.
    Cheers

  6. Post
    Author
    Michael

    @free-spirit
    S’imaginer devoir ramper dans 6 mois auprès de son ancien employeur pour se faire réembaucher après avoir vidé ses économies sans réussir à quoi que ce soit de positif c’est tellement déprimant…

    1 – l’expérience vécue vaut largement le coup.
    2 – Pourquoi ramper ? Tu as quelque chose en plus qu’avant qu’il faut valoriser.
    3 – Toutes les personnes qui n’auront pas bougé pendant les 6 mois seront secrètement plus ou moins envieuse de ton expérience.
    4 – Oui je concède que revenir à sa situation de départ n’est pas l’objectif 🙂

  7. Don Fenice

    Au vue des précédents commentaires, je risque de ne pas être très original, toujours est-il, je n’ai qu’une chose à dire :
    Bravo.

    J’admire sincèrement le courage que tu as eu pour sortir de la sécurité du quotidien professionnel et enfin choisir de réaliser tes rêves.

    Les questions que tu te posais étant salarié, je les comprends d’autant que je m’y retrouve un peu. Comme toi j’ai horreur du formalisme d’évolution imposé par l’age, l’ancienneté et les conventions et comme toi, j’adore les raccourcis et maîtriser ma vie.

    La grosse différence est que, actuellement je suis (comme j’aime le dire en blaguant) un « jeune con » qui n’a pas encore l’expérience, ni la maturité suffisante pour pouvoir vivre de ses rêves…

    Je te souhaite le meilleur pour ta nouvelle carrière et la réalisation de tes rêves. Je ne me fais d’ailleurs pas de soucis pour toi, car je sais qu’avec un « esprit riche » tu ne peux que réussir 😉

  8. Gabriel

    Bonjour Michael,

    Le 29 septembre 2008, j’ai décidé que je ne commencerai pas chez Logica Management le 1er octobre pour ce que mon frère appelait « enfin un vrai job ».

    Depuis je monte mon offre de Coaching pour les élèves en classes prépas, les étudiants, les jeunes diplômés qui cherchent du boulot et les salariés qui veulent « autre chose ». En fait pour l’instant, je fais surtout des cours particuliers et de l’orientation.

    Dans quelques jours, mes assedics s’arrêtent. C’est un peu le stress, mais que de chemin parcouru depuis 8 mois ! D’ailleurs, je suis en contact avec une société qui souhaite que je continue ce que j’ai lancé, en freelance pour eux. Quelle satisfaction. J’imagine que toi aussi, maintenant, tu es content de ce choix fait il y a six mois.

    En tout cas, on a vu poindre ton offre de coaching sur ton blog il y a quelques semaines, suite, j’imagine, à de nombreuses sollicitations : alors bon courage! et merci pour tes témoignages précieux.

  9. Post
    Author
    Michael

    Suivre la petite voix intérieur est toujours un bon choix !

    Tu as du noter que lorsque tu prends une décision, peu à peu de nouvelles opportunités inespérées se présentent à toi et c’est vraiment ce pourquoi il faut parfois un peu d’inconscience pour se lancer et arrêter d’essayer de planifier les choses à 100 %.

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