How to use financial statements – James Bandler

Michael Ferrari Finances personnelles, Investir en bourse et dividendes, Résumé de livre 6 Commentaires

Thibaud est l’auteur du Blog Mes Finances Mode D’emploi. Il s’est notamment lancé le défi de lire et résumer sur son Blog 50 des meilleurs livres sur les finances personnelles, l’investissement et la création d’entreprise en moins de 18 mois.

Introduction

A priori, lire et comprendre des états financiers n’est pas évident. A l’heure actuelle, savoir analyser des états financiers ne constitue pourtant pas uniquement le sacerdoce des comptables, analystes et autres hommes d’affaires. Si vous souhaitez investir dans une entreprise sur le long terme, vous n’avez pas vraiment le choix. Il vous faudra comprendre le business de cette entreprise ainsi que vous faire une idée de la situation financière dans laquelle elle se trouve à l’heure actuelle. Pour cela, le rapport annuel sera votre principale source d’informations sur l’entreprise, y compris les états financiers qu’il contient.

La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas besoin d’être comptable pour analyser l’information contenue dans un état financier. Tout ce dont vous avez besoin, ce sont des concepts basiques qui vous seront expliqués tout au long de ce résumé.

Ce que sont les états financiers et ce qu’ils nous disent

Les états financiers constituent une source d’information incontournable sur une entreprise. On les utilise pour analyser la performance passée, présente et future d’une entreprise. Les états financiers se décomposent en 3 parties interconnectées que sont :

  • Le bilan : image de la situation financière de l’entreprise à un instant t, il se présente sous la forme suivante :
Actif Passif
Actifs courants Capitaux propres
Actifs non courants Dettes

 

  • Le compte de résultat : ce dernier indique quel est le degré de rentabilité de l’entreprise sur une période donnée. En soustrayant l’ensemble des charges à l’ensemble des revenus, on obtient l’indicateur de rentabilité que constitue le résultat net.
  • Le tableau de flux de trésorerie : celui-ci indique combien l’entreprise génère de cash et à quoi ce dernier est destiné.

Le Bilan

Le bilan liste et totalise les actifs de la société, les dettes et les capitaux propres à la fin de chaque période comptable, qui peut aller d’un mois à une année pleine.

En bref, le bilan se représente comme suit : Actifs = Dettes + Capitaux propres.

Pour déterminer les capitaux propres de l’entreprise, il vous faut ainsi réorganiser l’équation de la sorte : Capitaux propres = Actifs – Dettes.

Le détail des items composants le bilan se présente ainsi :

Les actifs

  • Les actifs circulants : ils incluent le cash, les actifs qui se peuvent se transformer en cash très rapidement, et tout ce qui permet à l’entreprise de fabriquer des produits et/ou services qui génèrent du cash. Ces actifs sont généralement listés par ordre de liquidité décroissante (c’est-à-dire de l’actif le plus rapidement convertible en argent frais au moins rapide). On peut également y retrouver les créances à recevoir par exemple.
  • Les actifs non circulants : ils incluent les bâtiments, les usines, et toutes sortes d’équipements qui permettent la production de produits et services.

Les dettes

  • Les dettes à court terme : elles comprennent les factures à payer, les dépenses non encore réglées et qui arrivent à échéance dans l’année. On y retrouve notamment les dépenses de salaires et de primes, les loyers, les intérêts d’emprunt, et toutes les dettes avec horizon inférieur à un an.
  • Les dettes de long terme : comme leur nom l’indique, ce sont les dettes qui ne sont pas à régler dans l’année en cours.

Les capitaux propres

Ils sont constitués à la fois des fonds qui ont servi à la formation du capital de l’entreprise et de l’accumulation du résultat net (profit) de l’entreprise qui n’a pas été (encore) versé aux actionnaires sous la forme de dividendes.

Le bilan nous informe du montant total de dettes que l’entreprise a contracté et qui doit être mis en relation avec ses capitaux propres. Le ratio ainsi trouvé est appelé Levier. Une entreprise qui possède un levier peu élevé sera moins risquée qu’une entreprise dans la situation inverse.

Le compte de résultat (P&L en jargon financier)

NB : P&L signifie Profit and Losses, autrement dit Pertes et Profits.

Lorsqu’on réalise un compte de résultat, l’objectif est de déterminer si oui ou non l’entreprise réalise des bénéfices. Il faut soustraire le coût de réalisation du business (coût de production, frais d’exploitation) aux revenus générés par les ventes de produits ou de services.

Note : le compte de résultat présenté ici est sous une forme anglo-saxonne. C’est la forme qu’utilise la plupart des multinationales (même françaises) aujourd’hui.

Un exemple de compte de résultat :

Les revenus (net sales) : ce sont les ventes de produits ou de services générés sur la période indépendamment des rentrées de cash.

Le coût des marchandises vendues (cost of goods sold) : c’est l’ensemble des coûts liés aux marchandises vendues sur la période, que ce soit en termes de main d’œuvre, de matériaux ou de frais généraux.

La marge brute (gross profit) : elle représente la différence entre les revenus et le coût des marchandises vendues.

Les frais d’exploitation (operating expenses) : ce sont les dépenses nécessaires au bon fonctionnement du business. Les G&A (General and Administrative Costs) incluent les salaires et les primes, les charges locatives, les assurances, le loyer, etc. les Selling Expenses incluent toutes les formes de publicité, le coût des fonctions supports, les salaires et commissions des commerciaux.

La provision pour l’impôt (provision for income tax) : il s’agit tout simplement de l’impôt sur les sociétés. Elle est calculée sur la base du taux d’imposition de l’entreprise.

Le résultat net (net income) : tout simplement, le bénéfice de l’entreprise.

Le compte de résultat affecte directement le bilan. Par exemple, les ventes peuvent influer sur les créances à recevoir. Le coût des marchandises vendues peut impliquer une baisse du stock de marchandises. Le résultat net entraine une augmentation des capitaux propres.

Le tableau de flux de trésorerie

La principale fonction du tableau de flux de trésorerie a pour vocation de convertir le compte de résultat en un récapitulatif des différentes origines et utilisations du cash.

Le cadre conceptuel pour déterminer la trésorerie

Le tableau de flux de trésorerie est initié avec le résultat net et part du principe que toutes les opérations comptabilisées durant la période comptable sont effectuées en cash. Si ça n’est pas le cas, des changements sont effectués pour coller au mieux à la réalité.

Un exemple de tableau de flux de trésorerie :

Calcul du flux de trésorerie

L’amortissement (depreciation) n’est pas considéré comme une sortie de cash (écriture purement comptable), il est donc ajouté au résultat net. Les créances clients (accounts receivable) et les stocks (inventory) sont déduits du flux car ils ne sont pas encore convertis en cash durant la période comptable considérée. Les comptes fournisseurs (accounts payable) sont considérés comme des sources de cash puisqu’aucun paiement n’est encore intervenu durant la période.

On retire également du cash les flux d’investissement (investing activities) comme les dépenses d’aménagement des locaux, des usines ou de quelque sorte d’équipements que ce soit.

Les flux de financement (financing activities) peuvent augmenter ou réduire le flux de trésorerie. Le paiement des dettes de long terme reflète une baisse du flux de trésorerie alors qu’une augmentation des dettes de long terme apporte du cash et doit venir s’ajouter au flux.

Autre forme de présentation du tableau de flux de trésorerie

L’objectif de cette présentation-ci est de montrer quelle est la part de cash générée par les ventes (cash received from revenues), la part utilisée pour la production (cash paid for production cost), et la part dépensée pour les frais généraux (cash paid for operating expenses). Cela permet de traduire les revenus générés ou les dépenses occasionnées en cash reçu ou dépensé.

Cela donne par exemple :

Comment analyser un tableau de flux de trésorerie ?

Pour que l’analyse du tableau de flux de trésorerie soit la plus fine possible, vous devez également vous pencher avec précision sur chacun de ses composants et pas uniquement sur la résultante en cash.

Le principal objectif d’une analyse du tableau de flux de trésorerie est de valider que l’entreprise ne dépense pas son cash pour acquérir des actifs qui ne lui rapportent pas suffisamment pour la bonne tenue de son activité. Cette analyse doit se faire sur une période d’activité donnée, sur plusieurs années et en détail.

Quelques outils basiques d’analyse financière

Pour être en mesure d’analyser la situation d’une entreprise, ses forces et ses faiblesses, vous devez être en mesure de comprendre le lien entre les différents éléments qui composent les états financiers de l’entreprise. Il existe quelques ratios incontournables pour vous permettre de réaliser votre analyse au mieux :

  1. Le ratio de levier financier : ce ratio nous indique si les actifs de l’entreprise sont suffisants pour couvrir les dettes de cette dernière. On le calcule ainsi : Total des dettes / Capitaux propres
  2. Le coefficient de liquidité : il mesure le degré de liquidité de l’entreprise.
    1. Quick ratio : (total du cash + obligations court terme + créances court terme) / dettes de court terme
    2. Current ratio : total des actifs circulants / total des dettes court terme
    3. Le ratio de solvabilité : il indique si le flux de trésorerie de l’entreprise avant paiement de la dette est adéquat pour couvrir le montant de la dette. On le calcule ainsi : Résultat d’exploitation net de charges / Mensualités annuelles des dettes de long terme
    4. Le ROA (Return On Assets) : un indicateur de la rentabilité des actifs de l’entreprise. Il indique si les actifs de l’entreprise génèrent une rentabilité suffisante. ROA = résultat net / total des actifs de l’entreprise
    5. Le ROE (Return on Equity) : il mesure le retour sur investissement de l’actionnaire. ROE = résultat net / capitaux propres

Conclusion

How to use Financial Statements est un livre complet et précis qui explique avec brio ce que sont les états financiers et surtout comment ces derniers s’analysent. Dans un contexte boursier volatile et incertain, nul doute que revenir aux fondamentaux peut s’avérer payant avant d’acheter les actions d’une entreprise.

Les sautes d’humeur du marché peuvent certes vous valoir quelques hauts le cœur, mais sur le long terme, les entreprises de qualité non survalorisées vous procureront à coup sûr des rendements intéressants.

A charge pour vous de dénicher la perle, qui n’est peut-être pas si rare !

Points forts

  1. Livre complet et des explications détaillées sur chaque concept
  2. Des exemples bien amenés
  3. Une présentation claire et didactique

Points faibles

  1. Beaucoup de références à la comptabilité US uniquement

La note de Thibaud :  15/20

Commentaires 6

  1. Bon article, à retenir que l’analyse d’un bilan a des limites pour estimer la valeur d’une entreprise.

    Et ne pas oublier toutes les affaires de bilans truqués pendant des années qui ont permis à des entreprises de poursuivre une activité déficitaire (ex : ENRON) jusqu’au jour où tous les actionnaires ont perdu 100% de leur investissement.

    Pour des PME, un expert comptable habile peut modifier les bénéfices ou les pertes dans des proportions très importantes, en jouant légalement sur un tas de paramètres, encore plus si c’est anticipé tout au long de l’année.

    Vaste sujet.

  2. Je suis d’accord avec Philippe, je pense que pour « le commun des mortels » c’est quand même des informations, difficiles à trouver, à comprendre et on n’a pas la garantie de la véracité de ces chiffres.

    J’ai personnellement un comptable et on peut bien faire dire ce qu’on veux à des tableaux de chiffres, donc s’appuyer dessus pour investir en bourse me semble osé!!

  3. Il y a des chiffres impossibles à manipuler autrement que par la fraude, comme le chiffre d’Affaire, l’endettement, etc.

    Les points « douteux » sont la valorisation de l’inventaire et les provisions.

    Mais investir en ayant pris connaissances des comptes de résultat, bilan, etc et quand même préférable à la boule de cristal… 🙂

  4. Bonsoir à tous,

    Merci de vos remarques et objections.

    Il est vrai que la comptabilité offre la possibilité de faire preuve d’une certaine « créativité ». Il serait sans doute naïf de croire que les bilans des sociétés ne sont parfois pas un peu « améliorés ».
    Cela dit, il me parait excessif de corroborer la thèse du trucage permanent.
    Pour éviter les écueils liés aux retraitements comptables, vous avez la possibilité de vous fier à certains indicateurs d’activité (croissance de CA, Marge opérationnelle, etc.) qui sont plus « purs » que la dernière ligne du compte de résultat que constitue le bénéfice, comme le souligne à juste titre Fabrice.

    Ma conviction est d’ailleurs similaire à sa conclusion : si l’analyse du bilan d’une société ne saurait être suffisante pour prendre une décision d’investissement, elle est en tout cas une condition sine qua non si vous souhaitez investir en bourse sur du moyen-long terme.

    En revanche, je suis étonné de lire que les informations comptables publiées par les sociétés sont difficiles à trouver. A moins de faire le choix d’investir sur le marché libre, ce type d’informations est public et en libre accès sur les sites internet des sociétés dans les rubriques actionnaires/investisseurs (ou disponibles sur demande auprès du service relations investisseurs).

    Une petite question pour lancer un peu le débat :-).

    En admettant que vous n’accordiez pas du tout votre confiance aux bilans des sociétés, quelle est votre stratégie pour investir en bourse ?

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