Histoire de la faillite personnelle d’un journaliste économique

Michael Ferrari Revue de presse 2 Commentaires

« Creuser son propre trou » est une expression intéressante signifiant que l’on coupe soi-même la branche sur laquelle nous sommes assis.

Cet article écrit par un journaliste économique du New York Times est tout simplement édifiant : il explique comment il a suivi le mouvement des subprimes en tant que journaliste et s’est délibérément endetté à titre personnel en pensant pouvoir rembourser son crédit. Récit de cette période vue « de l’intérieur ».

Le fait de suivre l’actualité économique, d’écrire des articles sur la politique de la FED ou de faire des analyses de fond ne l’a pas aidé à y voir clair. L’auteur raconte alors comment en 2004 il s’est porté acquéreur d’une maison vendue 460 000 $. C’était la maison de leurs rêves. En dépit d’un salaire confortable de 120 000$ par an, ce journaliste vivait au dessus de ses moyens : il devait déjà payer 4000 $ par moins de pension à son ex-femme ce qui lui laissait 2 777 $ pour vivre. Avec ce montant, il pourrait louer un petit appartement et vivre normalement mais son agent le met en relation avec un certain « Bob » qui est « spécialisé dans les situations inhabituelles ».

L’auteur raconte qu’il se souvient des interviews réalisées auprès de personnes ayant menti pour emprunter et de récits présentant la progression étonnante des sociétés qui prêtent de l’argent. Maintenant qu’il se trouve de l’autre côté, il se voit attribuer 500 000$ pour acheter sa maison : le choix lui était laissé en tant « qu’adulte libre ».

Lors de la vérification des documents, le prêteur s’aperçoit que le nom du journaliste est associé à un autre prêt : celui de son ancienne maison occupée par son ex-femme. Il découvre le montant de la pension qu’il doit verser chaque mois : pas de problème, un autre prêteur moins regardant est d’accord pour le financer et comme lui rappel si bien son agent : « Dans 5 ans le prix de la maison aura augmenté et il sera facile de rembourser le crédit ».

Quelques mois plus tard, le couple découvre « qu’il n’a plus d’argent ». Sa femme ne veut pas baisser son niveau de vie : Starbucks, fromage frais, produits de qualité supérieur, vêtements pour les enfants. De son côté, l’auteur saute le repas du midi pour économiser 7$.

Ils s’enfoncent et s’endettent mais une banque leur propose une carte de crédit « platinum » (14% d’intérêts, une autre carte est à 27 % d’intérêts.). Malgré cela, ils continuent à dépenser de l’argent pour noël pour les cadeaux et la visite de la famille.

Leur agent leur propose alors de refinancer l’ensemble de leur dette (consommation + maison) en hypothéquant la maison. Cela augmentera la mensualité de 700 $ mais mettra fin aux intérêts galopant des différentes cartes de crédit. Et ça marche ! Ils sont refinancés : leur mensualité passe de 2500$ à 3700$ puis à 4500$ : ils avaient un prêt à taux variable.

Le drame arrive lorsque sa femme perd son emploi…

La suite sur le site du NYTimes « My Personal Credit Crisi » paru le 14 mai.

Quelques enseignements :

-> Ne vivez pas au dessus de vos moyens, si votre budget est négatif coupez toutes les dépenses possibles.

-> Ne pariez pas votre avenir sur l’appréciation de la valeur de votre maison (surtout si c’est votre agent qui vous le garanti).

-> Ne faites pas l’autruche, la situation s’arrange rarement d’elle même.

-> Ne vous pensez pas à l’abri d’une grossière erreur à cause de vos diplômes/emploi, l’inteligence financière n’est pas innée.

Commentaires 2

  1. Aurelien

    Cette histoire est vraiment edifiante, ce gars a vecu un enfer. On critique souvent le systeme francais pour sa rigidite, mais il a au moins le merite de mettre en place des garde-fous qui permettent d’eviter de nombreux exces.

  2. Rémy

    On peut être bien informé et ne pas avoir le sens des réalités.

    Un peu de bon sens paysan suffit à comprendre le danger de sa situation rien que par le montant de la pension alimentaire.

    Ensuite, le reste n’est que vanité.

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.