Faut-il se questionner sur son argent ?

Michael Ferrari Améliorer sa vie, Psychologie de l'argent 6 Commentaires

Philippe est coach et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » dans le domaine de l’argent et du développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Voici Philippe !

Vous pouvez voir actuellement une publicité pour la Banque Postale qui présente un jeune couple avec un enfant. Le message adressé (la promesse !) est : envisagez l’avenir avec plus de sérénité (qui ne le voudrait pas ?). Il y a ensuite un jeu de mot à partir de « épargne » : je m’épargne des questions (épargne dans le sens de « ne pas imposer quelque chose à quelqu’un ou à soi ») et j’épargne à la banque postale (dans le sens commun de thésauriser).
Je vous avoue être perplexe devant un tel message: « Je m’épargne des questions ». Comme si c’était intelligent de ne pas se questionner avant de mettre ses économies quelque part, quel que soit leur montant! Cela part d’une «fausse-bonne intention », nous éviter ce qui est difficile, inconfortable. Se questionner, c’est se poser et réfléchir, il est plus facile de fonctionner en mode automatique, ou faire ce que les autres font. Se questionner, c’est créer plusieurs scénarios et peut-être hésiter, il est plus facile de laisser d’autres (des experts !) décider pour nous de ce qui nous procurera plus de sérénité. Se questionner, c’est remettre en cause un ordre établi par soi ou par les autres, il est plus facile de suivre la masse. Se questionner, c’est laisser émerger ses vrais désirs et envisager une vie meilleure, il est plus facile de fonctionner métro boulot conso (et dodo). Se questionner, c’est s’informer sur la destination et les modalités de son épargne, comparer produits et prestataires pour choisir la bonne formule (si votre ambition est de passer au-delà d’un livret A) il est plus facile de passer son temps devant la télé … ou d’écouter le conseiller de la banque postale. Qu’on ait 50, 500, 5000, 50000 euros d’épargne à placer, nous sommes face un choix : la base du comportement d’épargne est de retirer une partie de ses revenus de sa consommation courante pour l’affecter à une consommation future ou à un investissement. La moindre des choses est de se demander pourquoi, et surtout pour quoi (dans quel but) !
L’éducation nous a appris à privilégier la réponse, et de préférence la « bonne réponse » issue d’une mémorisation efficace, à la question. Elle valorise aussi la rapidité de la production de cette réponse. Chercher des possibilités nouvelles est un art et une discipline qui demande du temps, et peut confronter à un malaise, celui de l’attente, de l’incompétence. Je l’observe souvent chez mes clients quand je leur demande « que voulez-vous vraiment ? ». Souvent il y a un grand blanc que je m’attache à ne pas remplir (par une autre question notamment) pour laisser les possibilités émerger. La première est souvent la plus « évidente » ; la tentation est de s’y accrocher comme si on avait trouvé un os à ronger. C’est une erreur. Actuellement, on privilégie les solutions rapides, industrialisées et tranchées qui appauvrissent la réflexion. Ce qui marche facilement pour les problèmes de mécanique simple (ma roue de voiture est crevée, je change ma roue) et inopérant dès que plusieurs paramètres interdépendants sont en jeu, ce qui est le cas pour les décisions financières.
Une bonne question exige un effort de réflexion (on ne trouve pas la réponse tout de suite) et stimule l’imagination créatrice (ouvre sur des possibilités). Ainsi que l’a déclaré Albert Einstein : « Si je disposais d’une heure pour résoudre un problème et que ma vie en dépende, je consacrerais les 55 premières minutes à définir la question appropriée à poser, car une fois cela fait, je pourrais résoudre le problème en moins de cinq minutes. »

Commentaires 6

  1. L’avantage de ne pas avoir de télé, c’est de ne pas être soumis à la publicité.
    L’inconvénient, c’est que je ne connais pas la pub dont vous parlez!

    Pour le questionnement, j’utilise une formule qu’on m’a appris jeune :
    QQOQCP (Qui, Que, Quoi, Ou, Quand, Comment, Pourquoi)

    Une fois ces question répondu, tu as la solution.

  2. Voilà un article qui nous fait nous poser les bonnes questions.

    Quels sont mes objectifs si je me décide à dépenser moins que ce que je gagne et à épargner ou investir le reste ?

    C’est essentiel de savoir où l’on veut aller.

    Pour ma part, j’épargne et j’investis sur du long terme pour me préparer un avenir meilleur.

    J’ai envie d’être de plus en plus indépendant financièrement, et pour cela j’étudie et je me forme au monde de la finance et des investissements.

    Avec mon blog, je me sens obligé de progresser et d’évoluer. C’est le moyen que j’ai trouvé pour tenir mes objectifs et d’y consacrer du temps.

  3. Bonjour !

    Comme dans beaucoup de domaines, tout est question d’équilibre. Car en effet il peut être paralysant de trop se poser de questions et de ne jamais décider. Parfois c’est l’action, et donc l’expérience, qui nous apporte les réponses.

    Quand bien même la publicité n’existait pas, il existerait de toute manière une forme de conformisme social qui consiste à suivre les solutions toutes faites, et ce que dit ou fait notre entourage. Il est humain de choisir la facilité, car justement c’est plus facile.

    Ceci étant, je suis d’accord globalement avec vous : se questionner est essentiel, mais aussi se poser les bonnes questions. Voilà celles qui me paraissent souvent pertinentes, notamment quant à l’argent :
    – quelles sont mes priorités dans la vie ?
    – comment épargner plus sans réellement perdre en qualité de vie ?
    – comment mieux valoriser mon épargne ?
    – comment me simplifier la vie (par exemple en mettant en place une gestion quasi-automatique des finances) ?

  4. Pingback: Faut-il se questionner sur son argent ? | Communauté du développement personnel

  5. Bonjour,

    En effet, les questions que l’on se pose déterminent totalement la manière dont on agit.

    On peut même dire que la qualité des questions que l’on se pose détermine la qualité de notre vie.

    Ensuite, il est vrai que certaines choses prennent du temps. Et qu’il faut accepter cela.

    Comme le dit Warren Buffet : « ce n’est pas en mettant 9 femmes enceintes que vous obtiendrez un enfant en 1 mois » 🙂

  6. Merci pour cet article.
    J’ai vu cette pub (affichée en grand dans la rue, moi non plus, je n’ai pas la télé) et je me suis fait exactement la même réflexion. S’épargner des questions quant à son argent, y’a pas plus idiot comme comportement. Je suis à la banque postale et mon « conseiller » financier n’est pas à la fête parce que des questions, je lui en pose beaucoup et je ne décide jamais quoi que ce soit avant d’avoir pris d’autres avis et ce, jusqu’à ce que j’ai la certitude de maîtriser complètement la question. Je dois être une cliente particulièrement pénible mais je m’en fiche comme de l’an 40. Après tout, c’est moi qui ai trimé pour percevoir cet argent, non ??

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