Esprit riche a lu : L’impossible éthique des entreprises

Michael Ferrari Résumé de livre 1 Commentaire seulement !

Quatrième de couverture
« Les actions de l’entrepreneur semblent parfois conditionnées par des règles d’utilité invoquées dans l’intérêt de la survie de son entreprise ou pour la sauvegarde de sa réputation. Il est bien connu qu’un individu « moral » devient rapidement un héros dont l’image rassure et émeut les hommes. Les entre preneurs l’ont compris et se servent aujourd’hui de l’éthique comme outil de séduction. » Extrait.

Cet ouvrage pose une question centrale : l’éthique placardée en argumentaire de vente ou comme élément de management, voire de manipulation, correspond-elle à un simple artifice ou à un besoin réel de l’humanité du nouveau millénaire ? Émettant à chaque page ou presque des doutes, les auteurs tranchent en faveur de la première hypothèse. Ils démontrent de façon extrêmement approfondie comment les dirigeants ont transformé l’éthique en une source de profit au-delà des déclarations d’intention, l’esprit d’entreprise s’accommodant parfaitement d’une conception magnifiée de sa contribution au fonctionnement de la société. En dénonçant les dérives qui guettent les entreprises, les auteurs nous invitent à une quête d’éthique plus authentique.

Au sommaire :
Le concept d’éthique de gestion

  • L’éthique au service de la stratégie de l’entreprise
  • L’éthique se frotte aux TIC : illusion ou exigence ?

Le rôle clé du dirigeant

  • L’éthique de l’entrepreneur : entre convictions et compromis
  • L’éthique au service des actionnaires ?

La politique éthique dans l’entreprise

  • Peut-on concilier éthique et management des ressources humaines ?
  • L’éthique au service du mix-marketting ?
  • Le mythe d’Hermès ou les contradictions éthiques de la vente
  • L’éthique prise dans l’étau financier de la mondialisation

Synthèse : L’éthique et le profit

  • Le militantisme de l’entreprise, une hypocrisie ?
  • Bien qu’un peu ancien (2002), l’idée du livre m’a semblé intéressante : l’entreprise peut elle être éthique ? Qu’est ce que l’éthique dans l’entreprise ?

    L’auteur, André Boyer, propose une réflexion autour de la place de l’éthique dans l’entreprise. Vous l’aurez deviné, il soutient la thèse que l’éthique dans l’entreprise est de l’éthique de gestion. Autrement dit l’éthique est instrumentalisée pour servir les objectifs de l’entreprise. S’il n’y a pas quelques profits ou bénéfices, l’entreprise n’adopte pas de démarche éthique.

    L’ouvrage est bien argumenté et se lit facilement. L’auteur prend le temps de définir ce qu’est l’éthique en particulier dans la net économie.

    Il replace les concepts de moral, de droit et d’éthique.

    La relation entre la place grandissante de l’éthique et de l’individualisme s’appuie sur les ouvrages précédents de Gilles Lipovestky dont j’ai fait le résumé du bonheur paradoxal récemment.

    L’éthique individualiste a comme principe le respect du droit des individus à être heureux.

    L’évolution de la notion au travers des siècles est bien traité et j’ai trouvé ces parties intéressantes : on observe un glissement du sacré religieux vers le laïc moral.

    L’éthique de gestion se veut pratique. Elle n’est que le reflet des circonstances et des individus.

    Pour l’entrepreneur, l’éthique fixe le cadre de son action. Il humanise l’éthique mais il est confronté à la réalité de la concurrence. Il est parfois poussé à la faute. La conséquence du non respect de l’éthique c’est la détérioration de l’image.

    Politique interne de l’entreprise

    Le livre décrit les différents niveaux d’éthique dans l’entreprise :

    1 – un ennoncé de valeurs

    2 – un credo

    3 – un projet (vision)

    4 – un code éthique

    Vente et éthique

    La question de l’éthique et de la vente est intéressante. Une vente peut elle être éthique ?

    Dans une vente, les éléments qu’utilise le vendeur sont de l’ordre du pouvoir de conviction et de persuasion.

    Ces valeurs entrent en conflit avec ce qui caractérise une vente éthique : transparence, objectivité, satisfaction de l’intérêt du client.

    La vente est une activité faisant appel à l’intelligence pratique, à l’immédiat et dans une certaine mesure à la ruse et elle s’oppose donc au concept d’éthique.

    L’auteur rappelle que la mafia a également une éthique. Il ne suffit pas d’en avoir une pour qu’elle soit universelle.

    Conclusion

    Un ouvrage intéressant qui a le mérite de bien définir l’éthique, concept vide de sens employé à tort et à travers. L’entreprise devient schizophrène lorsqu’il s’agit d’éthique. Elle peut avoir une éthique un jour et réaliser des actes contraires à son éthique le lendemain. L’éthique dans l’entreprise consiste surtout à anticiper et à transposer les principes éthiques de la société dans la stratégie de l’entreprise.

    Il est possible de lire un chapitre gratuitement (Chapitre 5 – Peut-on concilier éthique et management des ressources humaines ?) sur le site de l’éditeur.

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