Epargne solidaire, un remède à la spéculation ?

Michael Ferrari Améliorer sa vie 5 Commentaires

Philippe est coach et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » dans le domaine de l’argent et du développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Voici Philippe !

 

La chronique de la semaine dernière « à quoi servent les riches » nous a enrichit de nombreux commentaires fustigeant plus ou moins notre « mal français » (l’hypocrisie) et encourageant une vision décomplexée et utile de l’argent. La question est alimentée par une publicité de la Maif, (Assureur Militant) qui développe depuis quelque temps quelques activités bancaires. Lisons le texte intégral de cette publicité : « Moi, entre une épargne qui aide les handicapés à trouver un emploi et une épargne qui aide les traders à devenir rentiers à 40 ans, j’ai choisi (cette partie en gros caractères rouges). J’ai opté pour une épargne responsable et solidaire. Parce qu’une épargne performante, c’est bien, mais si en plus on peut en être fier, c’est mieux (cette seconde partie en petit caractère). »

Ouf, je ne suis pas trader et ne pratique pas le trading, sinon, je risquerai d’être gagné par un sentiment de culpabilité ! Nous avons donc encore cette dichotomie entre le bon et le mauvais argent, pour faire simple entre celui de la spéculation et celui de l’investissement, et au sein de l’investissement entre celui qui recherche la performance avant tout et celui qui se préoccupe de la destination et de l’usage qui sera fait des fonds investis.

Il s’agit donc bien d’une question morale, et c’est à notre sens moral que la Maif fait appel dans sa publicité. Et pourtant, les pubs pour le trading « à la portée de tous » grâce à des formations « au top » fleurissent dès qu’on visite un site ou un blog qui parle un tant soit peu d’argent. Elles viennent titiller  « l’Hubris » : notre démesure, notre avidité, l’espoir de gains faramineux depuis son clavier, notre toute puissance, notre orgueil, le refus de toutes limites dont un des effets est d’inhiber l’empathie sous l’effet du « shoot » causé par les gains/pertes instantanés et répétés. La conscience de l’impact de ses actes faiblit dans le dédale de systèmes informatiques interconnectés, où le clic a pour effet de transformer des chiffres , de les changer de ligne ou de colonne, mais où le résultat final peut être noyé dans un nombre incalculable d’autres décisions prises par d’autres acteurs aux 4 coins de la planète. Le film « Ma part de gâteau », sorti en mars 2011, montrait un exemple plus caricatural ou les acteurs étaient pleinement conscients des effets de leurs actes.

Alors pour ceux qui croient au local, qui veulent du concret, qui veulent savoir « où vont leurs sous », il existe des possibilités d’investir en direct dans des entreprises qui ont besoin de financements, via par exemple des clubs de business angels (www.reseaufinancierfrancais.com par exemple). Il existe aussi un portail de la finance solidaire (www.finansol.org) qui propose des liens vers des structures diverses, œuvrant sur des créneaux de proximité et de solidarité. La finance solidaire consiste à mettre en relation des épargnants souhaitant investir dans des activités à forte utilité sociale, et des porteurs de projets n’ayant pas suffisamment accès aux financements habituels. L’argent est placé selon deux critères : ce qu’il va rapporter à l’investisseur et ce qu’il va rapporter à la société d’une manière générale (par exemple, via des entreprises non cotées embauchant un tiers de leurs salariés sous forme de contrats d’insertion par l’activité économique ou autre). Certes, la rentabilité ne sera pas le critère numéro 1 de ce type d’investissement. Mais je suis heureux et fier que mon argent puisse aider directement tel ou tel entrepreneur, que je peux parfois identifier et suivre personnellement, à réaliser son projet.

Commentaires 5

  1. Pour répondre à la question posée dans le titre de cet article si bien écrit, je ne pense pas que l’épargne solidaire soit un remède à la spéculation. Il y a énormément de façons d’investir son argent et le fait qu’il y ait des facilités pour construire une épargne solidaire n’empèchera pas les spéculateur de spéculer, car cela fait partie de la nature humaine.

  2. L’épargne solidaire est un moyen (moral) pour un investisseur de diversifier ses placements.
    Spéculer ne doit pas être une activité à part entière, contrairement au fait d’investir et de retirer les bénéfices (ou les pertes) de son investissement.

  3. Bonjour,
    Pour la plupart des investisseurs le mot « épargne » est une insulte alors si vous rajouter le mot « solidaire » ils vont avoir un fou rire.
    Par contre certains investisseurs très fortunés comme Bill Gates, Warren Buffet … n’hésitent pas à le faire et c’est très bien mais voilà ils sont milliardaires.

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