Comment savoir que l’on est radin ?

Michael Ferrari Améliorer sa vie, Psychologie de l'argent 9 Commentaires

Philippe est coach et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » dans le domaine de l’argent et du développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Voici Philippe !

L’avarice est à la fois une attitude et des comportements qui consistent à vouloir conserver pour soi ses biens et richesses. Le but n’est pas forcément de gagner plus, mais de thésauriser de l’argent sans vouloir le dépenser ni maintenant, ni dans le futur.

C’est ce qui distingue l’économe de l’avare : l’économe gère son budget, épargne et investit pour une utilisation future. Il utilise pour cela la fonction de stockage de l’argent, alors que l’avare est polarisé sur la conservation d’un argent inerte et sans destination : sa fonction d’échange est annulée. Etre assis sur son tas d’or et le contempler jusqu’à se priver de beaucoup de choses, voire de tout, voilà le summum ! Au-delà des railleries dont ils sont l’objet (l’avare le plus célèbre est l’Harpagon de Molière), il y a une véritable souffrance psychique et un impact déplorable pour les relations avec l’environnement. Car, lorsqu’on est avare avec l’argent, on l’est souvent aussi avec les sentiments : tout est retenu, contenu et on exerce une sorte de terrorisme relationnel sur les autres dès qu’ils dépensent.
Cyril est technico-commercial dans le secteur industriel, il gagne bien sa vie. A plus de 50 ans, il a construit avec son épouse Dominique (cadre dans un hôpital) un patrimoine important, essentiellement placé sur des livrets bancaires. Ce sont plusieurs centaines de milliers d’euros (oui !) qui « dorment » sur ces comptes en attente de … rien. Ils n’ont jamais voulu investir dans l’immobilier ou la bourse (trop risqué et générateur de frais). Ils ont fait le choix de ne pas avoir d’enfants (ça coute cher !) bien que Dominique aurait aimé en avoir. Ils vivent depuis 25 ans dans un appartement 2 pièces dans une immeuble de banlieue, dont ils sont propriétaires. Chaque année, ils vont en vacances d’abord chez leurs parents âgés, puis au même camping. Cyril porte des vêtements à la limite de l’usagé, et il a reçu des remarques à ce sujet de la part de sa hiérarchie. Ils déclarent avoir une vie simple. Le prix est leur critère d’achat N°1, ils font leurs courses dans une grande surface « low cost ». Ils pointent soigneusement leurs tickets de caisse (sans refaire les aditions !) et font scrupuleusement leurs comptes. Ils n’ont jamais d’argent liquide sur eux, ne vont pas au restaurant et se distraient avec la télévision.
Pour une illustration vivante, je vous conseille le personnage joué par Fabrice Lucchini dans le film « le coût de le vie » (2002), très bon film sur les pathologies liées à l’argent. Il montre à la fois les comportements restrictifs et la souffrance qui l’accompagne. L’avare vit l’argent comme une partie de son propre corps. S’en séparer revient à lui en ôter une parie (d’où l’expression : ça coute un bras, ou un œil !). Son psychisme est basé sur des besoins de sécurité et de contrôle surdimensionnés et contraires au flux même de la vie.

Une dépense est un arrachement, c’est pourquoi elles sont limitées autant que possible à « l’indispensable au moindre cout ». Ce sont d’excellents « traqueurs de gaspi ». Le plaisir est quasiment absent de leur vie, la jouissance vient de la contemplation et de la maîtrise de leur avoir. Leur vie est donc austère et ils donnent l’impression de personnes froides et distantes. Leur difficulté à donner s’étend à l’affection, aux signes de reconnaissance, aux sentiments. Calculateurs et ayant peur de l’avenir, ils peuvent avoir des manifestations physiques importantes au niveau du système digestif : constipation (ne pas se séparer de ce qui a été ingéré), voire ulcères (en raison du souci qu’ils se font pour leur argent).
Rousseau dans L’Émile suggère de ne pas imiter l’avare : « Ne faites donc pas comme l’avare, qui perd beaucoup pour ne vouloir rien perdre ».

Lever les interdits liés au plaisir, instaurer une confiance dans le fait que la vie est abondante, apprendre les rudiments de l’intelligence émotionnelle, accomplir consciemment quelques dépenses « inutiles », accroitre son sentiment de sécurité intérieure, comprendre que l’argent ne les accompagnera pas dans la tombe, se donner le droit d’accéder à la joie, modifier ses croyances sur l’argent et sur la vie sont quelques une des pistes pour sortir de l’avarice.

Commentaires 9

  1. Quelle pathologie !!!
    L’argent est un moyen et pas une fin en soi. Elle doit servir à accomplir des projets. Il est important de pouvoir se détacher de l’argent.
    C’est vrai que cela peut provoquer en nous de multiples sensations. Mais par pitié ne soyez pas avare. La vie est bien plus agréable quand on donne et que l’on reçoit en retour.

    Merci,

  2. J’aime bien le passage sur la constipation (ne pas se séparer de ce qui a été ingéré), c’est de la que vient l’expression  » il boufferai sa merde » mdr
    excusez les grossieretées

  3. Bonjour,

    Merci pour cet exposé clair sur la différence économe/avare.

    Cela me rappelle un conseil avisé en matière d’épargne : il ne s’agit pas d’épargner pour s’assoir sur un tas d’or, mais pour financer des projets ou des plaisirs. Et notre capacité d’épargne est alors renforcée car il y a un objectif.

    Raison supplémentaire pour éviter l’avarice.

  4. Pingback: Tour d’horizon semaine 42 - La Tirelire de Cécile

  5. Oh mince, on dirait que c’est de moi dont on parle dans cet article :/ Je ne me retrouve bien heureusement pas dans toutes ces images mais je trouve que la limite entre l’avarice et l’épargne est assez ténue au final dans la réalité.

    Qu’en dites vous?

  6. Bonjour,

    Je m’appelle Sonia, je suis journaliste pour l’émission « Tous Différents », diffusée sur NT1. Dans le cadre d’un nouveau reportage sur les personnes très dépensières ou au contraire très économes, je suis à la recherche de témoignages.

    Seriez-vous intéressés pour participer à ce reportage?

    Pour plus d’informations, n’hésitez pas à me contacter directement au 01 41 41 68 56 ou par mail: [email protected].

    A très bientôt.

  7. salut je suis hermann j’ai lu votre article et j’ai apprecié et je pense que de pareil article pourront aider les gens du monde a evoluer.merci je vous remercie et joyeux noelque a tous et à toutes

  8. Bonjour,

    je suis journaliste pour M6 et je cherche à entrer en contact avec des personnes qui ont un train de vie de confortable mais qui ne depensent pas leur argent ou très peu comme Cyril, personnage décrit dans l’article. Si vous vous reconnaissez dans ce profil, laissez moi vos coordonnées par mail, je vous contacterai au plus vite: [email protected]

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