Besoin, désir et dépendance

Michael Ferrari Améliorer sa vie 6 Commentaires

Philippe est coach, animateur du séminaire Créez la vie que vous méritez et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » dans le domaine de l’argent et du développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Voici Philippe !

 

Une idée de bon sens pour s’enrichir est de vivre en dessous de ses moyens et d’investir correctement le delta dégagé entre les recettes et les dépenses. S’engager pour obtenir des revenus supplémentaires est la voie royale, mais j’ai constaté que, souvent, le surplus de revenus était absorbé par un surplus de dépense proportionnel, voire même supérieur aux revenus supplémentaires engrangés. La conséquence ? Vous la connaissez, c’est la Rat Race où on finit par bosser comme une brute pour payer ses factures, et où la dépendance à son job coupe court à toute possibilité de changement de vie.

Avoir un pactole est toujours utile, que ce soit pour créer sa boite, changer de cadre de vie, accueillir un enfant, prendre une année sabbatique. Pour cela, une action sur ses dépenses produit des effets immédiats. Pourquoi ? Parce que nous dépensons déjà! Booster ses revenus peut nécessiter la mise en œuvre d’une idée, puis d’un projet : il faut donc du temps. Pour analyser sa consommation et agir dessus, il faut opérer une distinction subtile entre ces 3 notions : besoin, désir et dépendance.

Les besoins : s’ils ne sont pas satisfaits, il y a un risque sérieux pour son intégrité, sa santé psychique ou physique. Boire, manger, respirer, dormir, se déplacer, être en relation avec les autres sont des besoins : on peut s’en priver quelque temps, mais à la fin on peut tout simplement en mourir.

Les désirs : ils s’appuient sur un sentiment de manque, sur une insatisfaction que l’on va chercher à combler ou à résoudre. Il y a une démarche plus ou moins active et consciente vers un but qui implique la volonté, la recherche du résultat. Parfois, les bénéfices réels sont inconscients (s’acheter un belle fringue pour se donner de la valeur)

La dépendance : il s’agit d’un état où on n’est plus capable de se contrôler, et même si on est parfaitement conscient des risques que nous font encourir nos comportements. La consommation devient alors excessive et présente des dangers pour la santé. Il y a plusieurs niveaux dans la dépendance et cela va bien sur jusqu’à la pathologie qui requiert une intervention médicale et/ou psychologique (jeu, sexe, alcool, drogue…).

Prenons donc un exemple simple :

Manger est un besoin. Etre gourmand ou gourmet, apprécier manger bel et bon est la manifestation d’un désir. Consommer quotidiennement tel ou tel aliment ou en consommer outre mesure par rapport à la sensation de satiété est une dépendance. Un autre exemple plus simple encore : Boire est un besoin, boire du soda est un désir, boire systématiquement du soda à tous les repas et entre les repas est une dépendance. Et bien entendu, la facture n’est pas la même.

A un client qui se plaignait de ne pouvoir offrir des vacances à ses enfants, un simple calcul relatif à sa consommation annuelle de cigarettes lui a démontré de manière claire qu’il avait, en quelque sorte, « fumé les vacances de ses enfants ».

Donc à partir du moment où les ressources financières sont limitées et qu’on a un projet important, à ses yeux, qui nécessite de l’argent, il faut porter un regard lucide sur toutes ses dépendances et calculer leur impact financier (le café croissant du matin au troquet du coin, les magazines abandonnés dans le train à peine lus). Beaucoup de dépendances « simples » se passent essentiellement « dans la tête », et une simple confrontation à la réalité montre qu’on peut se passer de nombreuses choses sans dommage. C’est en plus un excellent entraînement à la maîtrise de soi ! Les petites sommes économisées pourront alimenter alors le grand fleuve des projets qui vous tiennent à cœur.

Commentaires 6

  1. Vivien GIRARD

    Je suis d’accord : il est assez simple d’analyser ses dépenses et de trouver une façon de les réduire. Encore faut-il l’accepter ! Ce que tu décris bien.
    En effet, certaines banques ont un systeme de suivi de budget super interessant, et tout automatisé. Il n’y a qu’à pointer.

    L’équivalent avec le temps : trouver ce qui prend du temps est selon moi plus difficile, car il faut quasiment tout faire manuellement. Si on pouvoir avoir un article là dessus ça serait super ! 🙂

    1. Philippe

      Non, je ne pense pas qu’il en parle, la dépendance par rapport aux besoins fondamentaux est quasi inévitable et le but du marketing est d’entreteir la confusion désir/besoin..;

  2. Stéphane de QuiRecherche

    Il est en effet important de faire régulièrement le point sur ses dépenses, ne serait-ce que pour réaliser qu’il nous arrive à tous des sommes importantes dans des choses peu utiles au final. Et ce, même si l’on n’a pas de projet nécessitant un capital de départ.
    Pour ma part je conseille de se faire un budget mensuel et de se le répartir dans des « postes de dépenses » et de tacher de ne pas les dépasser. Se faire par exemple des postes « alimentation », « voiture », « sorties », etc.
    Et on peut faire la même chose pour l’épargne : chaque mois je mets X euros pour les vacances, X euros pour m’acheter une nouvelle voiture, X euros pour… Bref, en prenant le temps de revoir son rapport à l’argent et sa manière de consommer, on finit par économiser beaucoup d’argent et à l’utiliser de manière bien plus utile !

  3. Bastien

    Cet article me fait sourire car j’ai justement fait la même démonstration à mon père qui se plaint de ne jamais d’argent pour se faire plaisir.

    En calculant sa consommation d’alcool annuelle. je suis arrivé à peu près à 2000€. Il était loin de s’imaginer qu’il dépensait un tel montant tous les ans.

    Mais bon en être conscient ne suffit pas à supprimer la dépendance.

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