Avez-vous fait le choix d’être prisonnier ?

Michael Ferrari Améliorer sa vie 11 Commentaires

Philippe est coach et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » dans le domaine de l’argent et du développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Voici Philippe !

Le salariat n’est-il pas la forme moderne de l’esclavage, et la privation de liberté qu’il engendre n’est-elle pas, d’une certaine manière, plus violente (et efficace !), puisque c’est « l’esclave » lui-même qui se met dans cette situation et va chercher tous les moyens de la pérenniser ?

L’esclavage est fondée sur la domination de certains hommes sur d’autres, souvent jugés comme inférieurs ou indignes. Par cette domination ils s’attribuent des « droits » d’usage, de vie et de mort sur d’autres, tout en assurant des conditions d’existence minimales s’apparentant à de la survie. Cette attitude génère la soumission contrainte par la force, et engendre une colère, un désir de liberté qui conduit à la révolte, et c’est grâce à ces révoltes que le phénomène a disparu des sociétés modernes.

Le salariat, lui résulte du choix actif d’une personne de mettre sa force de travail au service d’une entreprise (représentée par ses dirigeants) dans un lien explicite de subordination librement consentie. Et ce en échange d’une rémunération qui va lui permettre de subvenir à ses besoins, de vivre décemment ainsi que sa famille. On semble loin de l’esclavage.

Et pourtant il y a là une aliénation de la liberté qui va se manifester au quotidien (soumission à des horaires, des règles, des chefs, des rituels, une évaluation des performances) et lors d’un désir de changement. Changer de région pour un cadre de vie plus harmonieux ? Changer de métier pour faire ce que l’on aime ? Non ce n’est pas possible en raison de la peur de perdre la sécurité de son salaire ; quitter son emploi est vécu comme un risque démesuré, ravivé par l’habituelle période d’essai préalable à la titularisation. Le salarié s’accroche encore plus à son boulot et à son entreprise, bien encouragé par la diffusion d’informations alarmantes sur la crise, l’emploi. Il va même se mobiliser pour sauver ce qui le prive de sa liberté. Il compense cette privation par la consommation : rajoutez à cela un endettement conséquent pour acquérir la résidence principale, et le piège est bien refermé !

Les prisons les plus efficaces sont celles que nous érigeons autour de nous et dont nous défendons bec et ongles le maintien. Certains objecteront qu’un travailleur indépendant ou un chef d’entreprise a d’autres prisons. Sans doute, mais il gardent une marge de manœuvre plus grande, s’appuyant sur leur capacité à créer, leur autonomie et leur impact personnel.

Commentaires 11

  1. Take-Elite

    L’esclavagisme est en partie responsable de la disparition de l’empire romain.

    Mais ce que vous ne prenez pas en compte dans votre fine analyse c’est LE RESSENTI! Certains bien que maintenu dans la misère, ont une  » impression de liberté  » même si elle est complètement fictive puisque ils ont des dettes, un emploi précaire des fins de mois difficiles etc.

    D’ailleurs les publicistes jouent beaucoup sur cette impression de liberté!

  2. Manu

    Mouai…
    Je ne suis pals forcement d’accord avec cet article.
    D’abord: les indépendants sont eux meme « esclaves » de leur clients….
    Ensuite : les entreprises existent tout simplement parcevque on est plus fort a plusieur que seul.
    Imagine t’on construire des bagnoles ou des avions avec seulement un ensemble d’indépendants.
    Enfin, ce blog est sympa, mais il surf sur la vague des salariés insatisfait.
    Il y a pourtant des salaries satisfait, épanouis et, n’en déplaise, qui gagne bien leur vie.
    Après, tout est affaire de goût et d’opportunité, mais ce genre d’article et n’apporte rien et est caricatural.

  3. fabrice

    Dans le fond il y a du vrai.

    Mais, et c’est un aspect de ce blog est un peu pénible parfois, c’est le fait de dénigrer toujours le salarié. On retrouve cela sur d’autres blogs.

    Je ne comprend pas trop cela.

    D’abord, les indépendants sont aussi esclave de leur boulot, parfois plus, demandez à leur femme:-) Et aussi de leur clients.

    Ensuite, il y a de salariés qui aiment leur job et ont des boulots cools moins stressants qu’un indépendant.

    Pour ma part, j’ai étais souvent salarié et bof, j’ai jamais eu l’impression que j’étais esclave: jamais de stresse, j’ai quitté plusieurs fois mon job pour changer etc..

    Ce blog gagnerait à mettre de l’eau dans son vin, enfin c’est mon avis.
    Dans la vie, tout est question d’équilibre non?

    1. Post
      Author
      Michael

      Je ne dénigre pas le salarié mais le statut de salarié (pour que ce soit clair!). Il y a clairement des indépendants qui sont esclaves de leurs boulots et là c’est pire qu’un salarié car il y a un risque financier sans filet mais il y en a qui le vivent très bien.
      Maintenant tout le monde a un client sinon c’est que l’on ne rend service à personne et que donc on brasse du vent.
      Pour le reste, cela mériterait une réponse plus longue pour bien développer mes idées, je prépare ça !

      Je n’aimerais pas couper un bon vin avec de l’eau 🙂

  4. Shinmai

    Bah ouais je suis salariée et cela me convient très bien…désolée de pas avoir les couilles (au propre comme au figuré) pour créer ma boite, bosser 90h par semaine pour espérer me verser un salaire, et avoir le stress de voir saisir tout ce que je possède car j’ai mis tout ce que j’avais dans mon projet et que j’attends toujours d’avoir un portefeuille de client conséquent.

    1. Post
      Author
      Michael

      Si cela vous convient tout va pour le mieux ! En même temps si ce que vous décrivez est la manière dont vous imaginez la chose, ça ne fait pas envie 🙂

  5. Shinmai

    Malheureusement ce n’est pas comment je l’imagine…mais comme cela a été vécu par un ami qui a fini par retourné dans sa « prison » et un membre de ma famille qui a très bien réussi mais qui regrette tout le temps qu’il a perdu à monter son affaire et ne pas avoir vu grandir ses filles et qui a des regrets maintenant 🙁

  6. Nom (obligatoire)

    Manifestement, ça touche du sensible! Au delà du statut qui en lui même offre offre des possibilités et en restreint d’autres, il y à la manière dont la personne investi ou surinvesti son job, gére ses compétences, ses peurs et ses besoins….Je connais des salariés limite burn out (qui ne voient pas grandir leurs enfants!) et des indépendants heureux!

  7. Pingback: Connaissez-vous ce moyen gratuit d’apprendre à réussir ? | Communauté du développement personnel

  8. Marc

    OUI un salarié est un esclave en France en 2015 car il est taillable et corveable a merci et n’a meme pas le choix de changer de job ou de secteur a cause de la crise de l’emploi (6 millions de chomeurs, plus tous ceux qui sont pas dans les stats, cad presque le double, chiffres hallucinants pour un pays developpé !)
    Les independants ne sont pas autant dependant de leurs clients, car dans des bon secteurs ils peuvent meme refuser des clients , contrairement a certains qui postent ici. de plus un independant facture toutes ses heures meme si il peut faire des cadeaux a son client mais c’est pas la meme chose

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