Recrutement de vendeurs, votre avis sur ce reportage

Michael Ferrari Divers 21 Commentaires

Je suis tombé sur un reportage sur l’entretien de recrutement que j’ai trouvé intéressant. Bien évidemment il ne représente pas tous les entretiens ni entièrement le monde du salariat mais il illustre certains procédés.

Ce qui est encore plus intéressant, c’est d’échanger sur  son contenu car rien n’est jamais blanc ou noir. D’un côté il y a l’organisation de la concurrence entre les candidats et le processus discutable de recrutement. De l’autre il y a des candidats avec des compétences très variées dont certains n’ont pas l’air fait pour la vente. Chacun vient avec sa vision et ses croyances et le processus les exposent parfois crument. Le parallèle avec l’école est frappant mais il n’est pas si éloigné que ça de la vie en entreprise… On notera le contraste entre le libellé du poste « Conseiller en assurance prévoyance » et le profil recherché  : un super vendeur pour une base de SMIC. La dernière partie du reportage est la plus édifiante à mon sens, les recruteurs semblent bien s’amuser à bousculer les candidats alors que ça ne parait pas justifié et pour le coup l’image de cette entreprise n’en ressort pas grandie.

Au final, c’est une grande débauche d’énergie (2 jours, l’intervention d’un cabinet de recrutement, la présence de 4 personnes de l’entreprise) pour simplement recruter des vendeurs dont on peut directement apprécier la compétence sur le terrain en quelques jours. Est-ce bien raisonnable ?

Regardez ça et dites moi ce que vous en pensez dans les commentaires. Caricature ou réalité ?

  • Que pensez-vous du processus ?
  • Que pensez-vous des candidats ?
  • Que pensez-vous des commentaires des candidats ?
  • Que pensez-vous du recruteur ?


Capitalisme et entretien de recrutement 1/2 


Capitalisme et entretien de recrutement 2/2

Commentaires 21

  1. Recruteo

    Il y a une bonne idée dans ce recrutement, s’intéresser plus aux personnalités qu’aux CVs. Intention louable, mais qui débouche sur des jeux du cirque pour faire ressortir les personnalités.
    Il y a aussi beaucoup d’incohérences entre le poste et les qualités nécessaires et les tests de recrutement eux même.
    Les tests mettent en avant les fortes personnalités, les « vendeurs-winners », mais la qualité du poste et les méthodes de management qu’on devine demandent peu d’ambition et beaucoup d’acceptation.

    Ce que montre surtout ce reportage, ce sont des recruteurs qui se sentent en position de force absolue par rapport aux candidats.
    Ils font venir des seniors pour un poste junior, sans leur expliquer trop le profil du poste.
    Ils malmènent les candidats, beaucoup d’attaques sur la personne au cours des deux jours.
    Ils ne comprennent pas que des candidats refusent ce jeu du cirque et les accusent de paresse.
    Les débriefings aux candidats retenus sont accusatoires, c’est à eux de justifier de ne pas avoir été pris.

    Bref, des personnes qui ont un peu du caca dans la tête. J’espère que les réactions à la diffusion de ce documentaire leur permettront de s’aérer un peu les idées et de revenir parmi nous.

  2. Olivier

    * Que pensez-vous du processus ?

    Formaté, inhumain et manipulatoire.
    Ils donnent peu d’informations pour garder toujours un coup d’avance.
    Leur but est atteint : proposer un job de misère en le faisant passer pour une chance.

    * Que pensez-vous des candidats ?

    Ils sont à la fois lucides et résignés.
    Plusieurs fois, ils disent qu’ils auraient du partir.
    Il y en a également un qui propose à un moment que tout le monde parte.

    * Que pensez-vous des commentaires des candidats ?

    On voit très clairement qu’ils savent bien ce qu’il se passe.
    J’aurai aimé savoir à quel moment ces commentaires ont été recueillis : pendant le recrutement, immédiatement après, ou quelques jours après ?

    * Que pensez-vous du recruteur ?

    Il fait un job détestable.
    Il aurait mérité qu’il y ait plusieurs personnes pour lui rentrer un peu dedans, mais comme souvent il n’y en a qu’un pour faire ce boulot là.

    Je rajoute une question : * Quel enseignement peut-on en tirer ?

    Même si dans les commentaires ils auraient tous voulu partir et dire ses 4 vérités au recruteur, il n’y a eu que très peu de personnes pour oser faire quelque chose.

    On glisse doucement d’une convocation sans description de poste, à des exercices un peu cons, à des remarques blessantes, à une sélection arbitraire, à une présentation d’un job peu rémunéré, à un débat où les candidats s’entre-déchirent, à un entretien odieux, jusqu’à l’acceptation de cette chance qu’est le job espéré.

    Au final, le seul qui a été gardé est celui qui a fait le moins de bruit quand tout le monde s’entre-déchirait.
    C’est assez marrant puisqu’à ce moment-là, je l’aurai vu perdant….

    Ce qui est donc à retenir, c’est qu’il est préférable de ne rien laisser passer, dès le début, et tant qu’à faire, de faire du bruit.
    Le départ des 2 premiers s’est fait en douce, les autres n’ont pas bougé.

    Si l’un des 3 s’était levé en disant « le SMIC, vous vous moquez de qui ? », il y a une bonne chance pour que les 2 autres aient suivi…

    « Indignez-vous ! »

    1. Post
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      Michael
      Au final, le seul qui a été gardé est celui qui a fait le moins de bruit quand tout le monde s’entre-déchirait.

      Oui, je pense que les recruteurs ne voulaient pas d’une grande gueule ou de quelqu’un de rigide mais d’un exécutant bien sage.

      Si l’un des 3 s’était levé en disant « le SMIC, vous vous moquez de qui ? »

      C’est un peu idéaliste comme idée 🙂

  3. David

    Comme dit Gilles « La liberté, ça n’a pas de prix »

    Pour travailler dans une entreprise qui à des responsables qui se plaisent à ce genre d’exercice de style « américain », il faut soit être un vautour à leur image, soit être désespéré…

  4. Teimour

    Passionnant ce documentaire!
    Mais en tout cas, il ne donne pas envie de travailler au Gan…
    ( en tout cas ni avec le responsable RH crane d’oeuf au charisme de moule, ni avec la directrice régionale speedée)
    🙂
    Quant au général Mobutu, n’en parlons pas…

    Le pire, c’est qu’ après la 1ere journée, ils ont à mon sens vraiment selectionné les candidats qui avaient le plus de qualités… mais le poste proposé en méritait-il autant?

    Pour conclure, il me paraît clair que le plus sage d’entre eux était bien le candidat qui s’est volontairement retiré au début: ces conditions de recrutement (pour un poste vraiment pas folichon ), montre bien que quelque chose ne va pas dans le monde du travail aujourd’hui…

  5. gunday

    C’est marrant dés la première partie de la sélection passé, là où il n’en restait plus que trois, je me doutait de la suite : le premier, profil trop imposant : dangereux pour la hiérarchie.
    Le second parfait : malléable, peu bavard, idéal.
    La troisième, bien, mais elle en faisait un peu trop.

    Personnellement, ça m’a rappelé l’entretien RH le plus crétin de ma carrière : l’entreprise avait besoin de moi( j’avais les compétences car j’avais déjà bossé sur place, et il avait pas le temps de reformer quelqu’un). Alors que moi j’avais déjà un boulot, et la RH m’a quand même sorti la total : « 5 qualités et défauts », « pourquoi vous », « pourquoi vous vous levez le matin », « pourquoi vouloir venir chez nous »…
    Bien entendu, j’ai répondu un peu n’importe quoi, et au final ben j’ai été pris. Mais ça m’a prouvé que certaines personnes parce qu’elles ont un petit peu de pouvoir cherche à tout prix à l’utiliser!

  6. Olivier de Tirer-Profit.fr

    Tant d’énergie gaspillée dans tant de sottises…

    Pour certains jobs, les processus de recrutement deviennent de plus en plus déconnectés des compétences.

    Les RH cherchent des pigeons au caractère docile payés au lance-pierre et craignant la punition en cas de désobéissance…

    C’est plus du recrutement, c’est de l’adoption…

    Cdlt

  7. BigO

    Je travaille dans les ressources humaines et j’ai l’occasion de faire du recrutement, et heureusement les recruteurs ne sont pas tous les pervers narcissiques de ce reportage.

    Maintenant l’homme est ainsi fait que quand il est en situation de pouvoir, il en abuse… une expérience intéressante serait de mettre les recruteurs à la place des candidats et vice-versa. je pense que le reportage ne serait pas si différent finalement.

  8. Cabinet-de-recrutement.eu

    @BigO
    « une expérience intéressante serait de mettre les recruteurs à la place des candidats et vice-versa. je pense que le reportage ne serait pas si différent finalement. » Malheureusement c’est probablement ce qui se passerait effectivement !

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  9. Eric

    Je trouve cela très malin de la part des recruteurs.

    Si les recruteurs avaient commencés à dire dans un entretien individuel au deux personnes prises : « nous vous proposons un boulot de commercial payé au SMIC », elles auraient sans doute refusé vu leur niveau de compétence.

    Tandis qu’après deux jours de recrutement humiliant et éprouvant dans lequel ces deux personnes ont du prouvé qu’elles étaient « meilleurs que les autres », elles n’ont pas pu refusé : le piège s’est bien refermée sur elle.

  10. Sponge Bob

    Si les candidats accepte d’être traité de cette manière, pour un salaire au smic… et bien tant pis pour eux.
    D’un autre coté je vois mal ce qui peux ressortir de bon d’une entreprise avec une ambiance aussi pourrit.
    Ce qui manque à ces gens, c’est une éthique.

  11. brice

    J’ai 24 ans, je suis fraîchement diplômé et je commence à passer des entretiens.
    Il est vrai que de nos jours, les recruteurs ne savent plus quoi inventer pour justifier de leurs compétences à recruter la bonne personne. De nombreux entretiens, des méthodes multiples etc.
    J’en suis par exemple à mon cinquième entretien dans une société de conseil, et j’ai commencé le processus de recrutement il y a 3 mois!! C’est vraiment du n’importe quoi mais je suis parfaitement conscient qu’ils veulent tester ma résistance et ma constance entretien après entretien.
    Dans le reportage, il parait évident que le but d’un processus aussi brutal est en réalité de tester la résistance des candidats. Attention à ne pas tomber dans le piège et à garder son sang froid!
    En tout cas en voyant ça je suis encore plus motivé pour atteindre le plus rapidement mon indépendance financière, et sortant définitivement de la « rat race ».
    🙂

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