L’importance des classes sociales : comment réussir dans la vie en s’en affranchissant

Michael Ferrari Réussite et succès, Richesse et argent 5 Commentaires

Image via wikipedia

Quel est votre classe sociale ? Lorsque des enquêtes sont menées auprès de la population, il est assez rare que les personnes se voient au niveau social auquel ils sont réellement. Ils  se voient souvent en dessous, rarement au dessus.

De nombreux sociologues ont formulé toutes les théories possibles sur la notion de classes:

– Pour Karl Marx, il existe 7 classes différentes mais il distingue surtout les prolétaires des bourgeois et la fameuse lutte qui les oppose,

Vilfredo Pareto -à qui on doit notamment la loi des 80/20- pense qu’il suffit de distinguer les élites de la masse,

– certains pensent que seul l’aspect économique et la source des revenus (travail vs capital) différencie les classes sociales,

– d’autres refusent la définition même de classes en argumentant qu’une classe n’est qu’une vue de l’esprit – les gens qui y appartienne n’en n’ont pas conscience.

La page wikipédia comporte les références nécessaires pour aller plus loin.

Le groupe auquel vous vous identifiez défini votre horizon

Le concept de classe est connu de tous. Je voudrais l’utiliser pour illustrer ce que cette notion peut induire en chacun de nous. L’aspect développement personnel est très important, l’effet de levier dont vous disposez est lié à votre classe (réelle ou supposée).

Supposons que je remplace l’idée de classe sociale par l’idée de groupe. Plus concret et restreint, l’idée de groupe à un sens fort.

Le groupe (ou les groupes) auxquels vous appartenez définissent votre horizon. Par exemple si vous appartenez au groupe des fonctionnaires de La poste, ce groupe possède un certain nombre de règles implicites : hiérarchie, progression de carrière, centre d’intérêt dans la vie…

Mais cela ne se limite pas à une profession, les groupes sont pour moi très divers et conjoncturels : amis issus d’un même quartier, famille très proche, entreprise, famille politique… Tous les rattachements idéologiques ou sentimentaux créent une appartenance au groupe. Ce n’est pas un mal en soi. Mais le groupe va définir nombre de vos possibilités.

Pourquoi accepter les règles d’un jeu que vous n’avez pas décidé ?

Si vous vous confortez dans un groupe, il est très probable que vous êtes en train de gâcher une partie de votre talent, de votre originalité. Restez dans un groupe est très rassurant et crée une zone de confort mais en tant que fidèles lecteurs vous savez que la zone de confort bride vos possibilités.

Par exemple, il m’est arrivé d’étonner mes collègues de travail à cause d’un comportement qui leur paraissait « décalé ». A cette époque je débutais ma vie professionnelle en tant que consultant en informatique. Le premier projet arrive et il se trouve qu’il ne correspondait pas du tout avec ce que je voulais, ce que j’avais demandé et ce que l’on m’avait raconté. C’est donc très logiquement que je suis allé voir le responsable pour lui dire qu’il était hors de question que je continue ici. Pas vraiment révolutionnaire non ? Pourtant dans ce milieu et en particulier dans cette entreprise, très peu de gens osent se plaindre alors un débutant, vous imaginez bien. Mon comportement n’était pas conforme à ce qu’on attendait du groupe.

Les gens qui réussissent, qui marque l’histoire où qui changent la vie de leurs proches ont souvent pris des chemins détournés. Ils ont oublié les règles du groupe. Ils ont remis à plat les choses et ont repensé les règles du jeu.

Si vous essayez de prendre du recul par rapport à votre situation, il sera possible de voir les choses différemment… et de repenser les règles.

Pour enfoncer un peu le clou, si vous vous évaluez par rapport à des normes que vous n’avez pas défini, vous partez avec un handicap. Typiquement c’est l’entreprise qui décide que tous les collaborateurs doivent posséder une créativité exceptionnelle. Seulement voilà, si votre truc c’est d’organiser les choses, vous serez toujours considéré comme mauvais. Je grossis un peu le trait mais je pense que vous avez saisi l’idée : choisissez un système qui vous avantage. Et oubliez les règles de votre groupe !

Commentaires 5

  1. Olivier

    Je vois que ma chronique de Lead the Field t’a inspiré 😉
    Merci de pointer le doigt là-dessus. Très peu de personnes remettent en cause l’influence de leur groupe social d’appartenance ni même n’en ont une conscience claire. La socialisation aujourd’hui se fait autant à l’école, et peut-être même plus, que dans la famille, mais l’école n’est clairement pas le lieu de brassage socio-culturel qu’elle devrait être si nous vivions dans une véritable démocratie – une méritocratie avec une égalité de chances indifférente au milieu social d’origine, selon moi – et les enfants ont tendance à être issus de la même classe sociale.

    Clairement, la socialisation favorise l’imitation sociale, et c’est un processus parfaitement naturel et compréhensible qui s’explique très bien par les mécanismes évolutifs : un enfant aura plus de chances de survivre s’il imite ses parents qui ont plus d’expérience que lui et savent comment survivre dans un milieu hostile.

    Les moyens de s’échapper de sa classe sociales peuvent être listés, je pense. A la base, il faut une envie de s’élever, de progresser, de dépasser ce qu’ont fait nos parents, qui peut prendre sa source dans de nombreuses émotions, réflexions et évènements. Ensuite, il faut mettre ses talents, ses efforts et son travail au service de son ambition, et savoir affronter ses peurs et notamment celle du rejet des autres, puisque cela implique généralement d’agir de manière différente que le groupe qui nous entoure. L’apprentissage, et notamment l’auto-apprentissage, joue un rôle très important dans ce processus d’émancipation selon moi.

    Par ailleurs, étudier un peu de sociologie permet de prendre conscience de l’importance énorme de l’influence que la société exerce sur nous, en tant qu’individu, et comme tout savoir qui permet d’amener à la conscience des choses qui nous influencent de manière inconsciente, l’apprentissage de la sociologie permet de s’accomplir davantage en tant qu’individu – d’être davantage libre.

    Le CNAM propose des cours d’initiation à la sociologie (ainsi qu’à de nombreux autres domaines très intéressants) en cours du soir, à un prix très accessible et à peu près partout en France. A bon entendeur… 😉

  2. GreG

    Hello la compagnie!

    Je suis étudiant en sociologie, c’est dire si ce post me parle!!

    Si vous êtes intéressé par toutes ces questions de classes, d’ordre, de différence sociale, je ne saurai que vous recommander les ouvrages de Pierre Bourdieu, grand sociologue français, notamment la distinction qui est son livre le plus complet (le plus ardu aussi…).

    Si vous vous voulez apprendre sur vous même et sur la société, lisez Bourdieu!

    Salutations 🙂

  3. Post
    Author
    Michael

    Merci pour l’inspiration Olivier 🙂

    Je suis un admirateur de Bourdieu (en fait j’avais fait un commentaire hier à ce sujet mais il a disparu!). « La sociologie est un sport de combat » est une vidéo très intéressante. Bourdieu parlait de l’importance du savoir. Aujourd’hui ce n’est plus l’argent qui compte mais l’accès à la connaissance, aux livres et au savoir. C’est ça qu’on ceux qui « sont bien nés ».

    GreG tu pourrais nous en dire plus sur l’influence des classes sociales ?

  4. Andy

    Salut,

    Michael, je suis d’accord sur le fait de l’inertie que tout groupe crée.

    Il est tellement tentant de rester dans son cocon et de se laisser porter par la famille, les ami(e)s et tout ce petit monde qui fait qu’on rejoint sans s’en apercevoir la longue cohorte des inertes (Jacked by the system).

    Ma mere est venue en Angleterre la semaine dernière, elle a fait a son habitude, c’est a dire la mère qui prend soin de tout (aka infantilisation).

    J’ai aime, ça m’a fait penser au bon vieux temps mais je me suis aperçu a quel point je me serais berce d’illusion en ayant continue a vivre auprès de mes parents et de tout ceux que je connais…

    Aurais je grandi ? Certainement pas. Je serais comme la plupart de mes potes, Gamins dans des corps d’adultes en train de déconner a Paris …

    Prochain challenge ? En cours de création.

    A.

    PS: Ton blog a gagné en qualité de réflexion et d’écriture. Keep going mate!

  5. Pingback: Affirmation de soi

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