Le voyage comme outil de développement personnel

Michael Ferrari Améliorer sa vie, Psychologie de l'argent 2 Commentaires

voyage

Les voyages forment la jeunesse dit-on.

Je pense qu’il n’y a rien de plus vrai. Au fur et à mesure que le temps passe et que je trouve mes repères dans ma nouvelle ville, je prends conscience de l’étroitesse d’esprit dans laquelle on s’évanouit un peu plus chaque jour. Je me dis aussi que c’est l’une des meilleures décisions de ma vie.

Dans le quotidien, tout va vite. Notre vie est optimisée pour être efficace. Que vous le vouliez ou non, c’est une tendance naturelle chez l’être humain.

Nous nous sommes tous retrouvés à réfléchir aux trajets que l’on fait quotidiennement pour savoir comment les réduire. Tout comme nous avons tous chercher à réduire le temps passé à préparer les repas ou à faire les tâches ménagères. Idem pour nos différentes obligations.

Certes, peu de gens essaient de tout réduire à la fois (personnellement c’est une déformation professionnelle) mais c’est un réflexe assez humain.

Si comprimer ce qui nous ennuie est plutôt bien, il y a un autre effet qui découle de ça. Lorsque on optimise un fonctionnement, on part du principe que le contexte ne bougera pas. Pourtant le contexte est une information très volatile.

Si par exemple vous voulez réduire votre temps de transport pour aller au boulot, il y a plusieurs niveaux de réflexion :

  1. Quelle route prendre ?
  2. A quelle heure faire le trajet ?
  3. Pourquoi faire le trajet ?

Dans la tourmente du quotidien, nous allons penser à la première question immédiatement. C’est le premier niveau de réflexion. Il est évident et fortement lié au contexte : je fais ce trajet dans le cadre de mon boulot. Ici, cela veut dire que vous êtes plus en position de subir le contexte : vous ne le remettez pas en cause. Vous partez du principe que le trajet doit être fait et vous essayez de composer avec.

Ensuite, il arrive que certains se demandent à quelle heure faire le trajet. C’est ainsi que l’on voit apparaitre le télétravail, les horaires décalés et ce genre d’adaptation. Là, le contexte est différent. On part du principe qu’un meilleur équilibre doit être trouvé entre le boulot et le temps passé. C’est lorsqu’on pense qu’une autre possibilité existe. On le sait, on l’a vu ou on veut la créer.

Ensuite, pourquoi faire le trajet ? Voilà une remise en cause du contexte. C’est le fameux « think out of the box« . Ici, on prend du recul sur les choses pour redonner du contexte à la chose : dans l’absolu, pourquoi je fais ce trajet ? Est-ce important ? Qu’est-ce que je peux faire d’autre à la place ?

Nous avons une capacité unique. Nous pouvons penser à ce que nous faisons. Cela vous parait peut être évident, mais l’être humain est le seul animal à pouvoir faire ça. Nous pouvons nous imaginer en train de faire quelque chose.

Cette compétence innée est très intéressante comme outil. Elle peut vous permettre de rendre réel, atteignable et envisageable des changements importants dans votre vie.

Par exemple, envisager une reconversion professionnelle est toujours angoissant. On doute de soi. L’inconnu fait peur. Mais créer du contexte rend la chose atteignable et possible.

Là où tout se rejoint, c’est que vous pouvez travailler cette compétence. Dans « Le monde de Sophie », Jostein Gaarder (dont je vous recommande chaudement la lecture), l’auteur explique ça avec une belle métaphore.

Il explique que lorsque nous sommes petit, le monde est nouveau. Tout nous émerveille. Nous posons des questions sur tout ce que l’on voit (parfois au grand dam des parents!). En vieillissant, nous perdons cette capacité pour les raisons dont j’ai parlé.

Imaginez un gros lapin avec un beau pelage. Nous naissons à l’extrémité de sa fourrure, accroché au bout d’un poil. Ainsi il nous est possible de voir le monde qui nous entoure. Plus on prend de l’age, plus on s’enfonce dans le pelage. Le résultat, c’est qu’il est difficile de relever la tête et de voir le monde, de s’en émerveiller ou de le remettre en cause.

Alors que fait-on ? Pilule rouge ou pilule bleue ?

L’un des moyens les plus efficaces pour sortir du pelage épais du lapin c’est le voyage.

Rencontrer une autre culture permet de remettre à plat ses habitudes. Parfois ce n’est pas facile mais le fait de devoir repenser, revalider nos actions quotidiennes est génial.

Il n’est pas forcément nécessaire de changer de pays. Changer de ville, de région est déjà un premier pas facile. Les habitudes doivent être recréés et rien que cette action permet d’avancer.

Ce voyage peut être permanent ou simplement à l’occasion de vacances (mais cela vous laissera sur votre faim…).

Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez changer de ville/région/pays ?

Commentaires 2

  1. Ma profession m’astreint à une mobilité professionnelle tous les 3 ou 4 ans. J’ai donc pu découvrir de nombreuses villes en France et à l’étranger (dont Berlin!). C’est toujours très dur d’abandonner ses habitudes dans celle où l’on vit. Mais ça a toujours été un grand bonheur et une énorme bouffée d’oxygène de découvrir une nouvelle ville, une nouvelle région, de nouvelles personnes. A tel point que je me demande si je pourrai réellement me « fixer » un jour.
    Les personnes qui vivent au même endroit depuis trop d’année ne savent pas à quel point elles passent à côté de quelque chose.
    Au final, je pense que tout ce qui met à mal les habitudes et la routine est bénéfique pour l’épanouissement personnel.

  2. Le voyage devrait être obligatoire!Effectivement, les personnes qui ne « voyagent » pas ou peu
    (précision: je pense que l’on peut voyager , pour moi se laisser aller à l’inconnu, à quelques kilomètres de chez soi! l’important c’est l’état d’esprit dans lequel on est lorsque l’on se déplace!)
    … reste dans un contexte familier, connu et je pense ont du mal à entrevoir les choses d’une autre façon. Pour moi, le voyage, le déplacement, le gout des autres permet de travailler sa capacité à réinventer ce que l’on vit et comment on le vit. A une époque, je me suis beaucoup déplacée en train, en stop… et j’ai rencontré des gens formidables car chaque moment d’échange m’apportent une autre vision des choses et du monde.
    En fait c’est le formatage de l’esprit contre lequel il faut lutter, et le fait d’aller voir ailleurs nous permet d’acquérir, d’améliorer cette gymnastique de l’esprit.
    Pour conclure, je suis devenue une véritable « accro » au voyage et aux rencontres, et même si cela fait quelques années que je ne voyage plus trop à l’étranger (ca reviendra), j’ai modifié ma façon de voyager et je reste dans cet état d’esprit mais dans un contexte plus local et je découvre toujours de nouvelles choses! c’est génial.
    A quoi ca sert d’aller voir ce qui se passe au bout du monde si on ne connait même son propre pays ! (inspiré d’une rencontre avec un vieux monsieur irlandais, qui m’a parlé avec enthousiasme d’un coin de mon pays que je ne connaissais pas du tout!)

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