Interview d’un entrepreneur (Webinterpret)

Michael Ferrari Démarrer un business, Management et leadership, Réussite et succès 5 Commentaires

J’ai la chance d’avoir fait la connaissance de Patrick durant mes études. Il fait parti de mon réseau de « cerveaux » car il a démontré des qualités d’entrepreneur depuis le premier jour où je l’ai rencontré. Aujourd’hui à la tête d’une start-up florissante, j’ai demandé à Patrick de nous raconter un peu son parcours et sa vision de l’entreprenariat.Il possède une expérience significative qui m’inspire et qui est intéressante à plusieurs niveaux : Patrick est parti de « zéro » dans le sens où il a tout construit lui-même en mettant en oeuvre ses idées.

Lisez bien cette interview car elle contient de l’information « brute » non filtrée par des services de presse ou autre organe de communication comme les bénéfices d’une réunion debout de 15 minutes chaque jour (qui me rappelle nos projets universitaires!).

Présentation de webinterpret

Webinterpret est une société qui propose un service innovant de communication multilingue. En effet WebInterpret permet de dialoguer dans toutes les langues à partir de sa propre langue avec un simple téléphone et une connexion internet. La traduction simultanée est  assurée grâce à un système de routage innovant et une communauté d’interprètes professionnels. Tout le monde est donc capable de parler dans une 60 aine de langues

Qui es-tu ?

Avec la volonté d’entreprendre depuis l’âge de 18 ans j’ai connu en réalité plusieurs échecs d’association avant de me lancer véritablement. A 20 ans je souhaitais arrêter les études pour me lancer dans une société de services informatique avec un ami Roumain. Au bout de quelques mois de travail sur le projet je me suis rendu compte que je ne pouvais pas compter sur cette personne et on s’est séparé. Je me sentais pas encore prêt à gérer des projets informatiques complets c’est pourquoi j’ai intégré un master en gestion de projets informatique. C’est la Michael qu’on s’est rencontré et qu’on a développé ensemble un projet de travail collaboratif à distance. J’ai travaillé ensuite en tant que consultant dans les nouvelles technologies et avec toujours la même volonté d’entreprendre, j’ai intégré un Master spécialisé en entreprenariat à l’EMLyon pour acquérir une vision transversale de l’entreprise.

J’ai ensuite intégré une startup dans laquelle je devais m’associer avec les deux fondateurs. Encore une fois nous n’avons pas réussi à nous entendre, principalement à cause d’une ambition différente. J’ai donc monté ma boite en solo J J’ai saisie une première opportunité commerciale et j’ai ensuite monté la structure juridique. Cette première société se nomme Flexishore et elle propose des services informatique avec un centre de développement basé en Pologne. Cette entreprise tourne bien surtout grâce aux personnes qui y travaillent qui y sont fiables et efficace.

Dans cette boite on a rencontré des problèmes de communication entre les développeurs qui ne parlaient pas Français et les utilisateurs finaux qui parlaient Japonais et Coréens. Par conséquent on a recruté un expert VOIP pour faire un test de faisabilité. Le premier prototype a été encourageant. En le présentant à des prospects nous  avons rencontré un vif intérêt, nous avons donc monté une structure pour développer et commercialiser cette solution. Webinterpret était né.

Ta vision de l’entreprenariat : qu’est-ce que ça t’apporte, pourquoi tu t’es lancé

L’entreprenariat pour moi n’a rien d’exceptionnel. Je trouve qu’on mystifie souvent trop l’acte d’entreprendre. Il me semble important de ne pas oublier que dans certains pays la plupart de la population sont des entrepreneurs qui vivent des petits commerces.

A mon sens le plus dur est déjà de se lancer. Ca demande un peu de courage et d’inconscience. Pour moi si on veut faire quelque chose il vaut mieux le faire même si ça nous coûte cher plutôt que d’avoir des regrets.

Ce que ça m’apporte déjà c’est un investissement total dans quelque chose qui me plaît. Même si on ne fait pas que des choses intéressantes, on touche à beaucoup de domaines et ça me convient bien.

Ensuite surement une certaine reconnaissance qui flatte l’ego. Je me suis lancé surement parce que depuis très jeune j’ai eu le modèle de membres de ma famille plus ou moins éloigné qui ont entrepris et cela m’a donné le goût d’entreprendre.

Trouver un associé : comment faire un bon choix ?

Après 3 ou 4 associations ratées je pourrais en parler pendant longtemps 🙂

Pour mois ce qui est critique est de partager les mêmes :

– Ambitions (ex : un associé veut développer une multinationale et que l’autre veut s’assurer un revenu minimum cela ne peux pas fonctionner)

– Investissement dans le travail (ex : un associé est au 35h et l’autre au 70h)

– Esprit d’équipe et concession (ex : les deux associés ne veulent jamais avoir tort)

Les principaux challenges auxquels tu as du faire face ?

Sans aucun doute financier. Au début les temps sont durs J Ensuite une grosse charge de travail.

Au niveau humain également, quand j’ai du me séparer d’associés ou licencier. Puis au niveau psychologique, surtout au début tu vis dans l’incertitude la plus totale.

Comment organises-tu ta journée ? As-tu des routines de travail ?

Je suis un adepte de la méthologie SCRUM qu’on utilise pour nos développements informatiques mais également pour nous. On commence par un standup meeting avec mon associé, une réunion de 15 minutes pour revoir ce qu’on a réalisé la veille et ce qu’on projette pour la journée. Chaque semaine on fait un « weekly meeting » pour définir les priorités de la semaine.

Quel est le style de management chez webinterpret ?

On essaie de responsabiliser les personnes pour qu’elle s’investissent et soient autonomes.

Des conseils pour un entrepreneur en herbe ?

Ne pas trop se poser de questions.
Trouver des clients
Faire les premiers 100K€ de CA
Définir la stratégie ensuite par rapport aux retours

As-tu un mentor ou un modèle ?

Guy Kawasaki est pas mal dans son style. Il insiste pas mal sur le fait de donner du sens et de faire les choses d’une manière simple et efficace.

Évoluer avec sa société : faire face à de nouveaux challenges, as-tu l’impression d’évoluer ?

J’ai évolué au début de la première boite en devant apprendre à maîtriser de nouveaux domaines de compétences comme la comptabilité, les finances la gestion des ressources humaines… Ensuite ce qui m’a fait évoluer c’est la deuxième boite avec une ambition beaucoup plus internationale (levée de fonds, ouverture de nouveaux pays…).

Commentaires 5

  1. je pense qu’on peut avoir des différences importantes avec son(ses) associé(s) (comme par exemple les temps de travail respectifs) à la condition que chacun y trouve son compte

    à mon sens, la meilleure question à se poser est « qu’est que JE peux apporter à mon associé » (et non « qu’est -ce que mon associé peux m’apporter »)!

  2. Pingback: Nevermind sur Blogasty

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    En effet, la question de la complémentarité est importante, cela évite de se marcher sur les pieds et de couvrir plusieurs domaines au lancement sans avoir recours à des personnes externes (typiquement l’ingénieur qui s’associe à un commercial ou à un gestionnaire).

  4. en effet ce sont surement les différences qui créent les richesses. Il est vrai que les temps de travail respectifs ne sont sûrement pas une base de comparaison représentative mais plutôt la valeur ajoutée apportée qui est plus difficilement mesurable. Cependant dans tous les cas, la légitimité dans l’entreprise se fait en partie par rapport à son investissement.

  5. Effectivement, le goût d’entreprendre doit venir naturellement, si l’on ne sent pas prêt à se lancer alors il vaut mieux rester à sa place ou alors faire confiance à une personne prête à aller de l’avant mais le risque reste quand même important, surtout quand il y a un investissement à la base.

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