Esprit riche a lu : L’argent – Emile Zola

Michael Ferrari Résumé de livre 7 Commentaires

L’argent est le fumier dans lequel pousse l’humanité de demain. Le terreau nécessaire aux grands travaux qui facilitent l’existence.

L’argent est un roman d’Emile Zola publié en 1891. C’est le dix-huitième roman de la série des Rougon-Macquart. Il y décrit le mythe de l’argent et raconte l’histoire d’un scandale financier.

Sur l’auteur

Emile Zola grandit dans un milieu très précaire après le décès de son père, et décida, après deux échecs au baccalauréat, de travailler pour subvenir seul à ses besoins. Tout commença pour lui en 1862 lorsqu’il entra comme commis à la librairie Hachette, où il devint rapidement chef de publicité. Sa carrière journalistique débuta en 1863 et s’affirma dès 1866 lorsqu’il écrivit les chroniques littéraire et artistique de l’Evénement. Parallèlement, il publia des contes dans des journaux et conçut le projet des Rougon-Macquart qui se termina en 1893 ! en 1870, Il devint secrétaire du député de gauche Alexandre Glais Bizoin, puis journaliste parlementaire à la Cloche en 1871. A partir de 1873, il organisa avec Flaubert, Maupassant, Huysmans et bien d’autres des Soirées dont un volume collectif parut deux ans plus tard. Il mourut asphyxié en 1902 . La nature de l’incendie fut mise en doute bien que ce ne fût jamais prouvé.

L’argent est un sujet presque aussi vieux que le monde.

La série des Rougon-Macquart est l’une des œuvres importantes d’Emile Zola. Elle dépeint, en 20 romans, l’histoire d’une famille. Zola était attiré par l’argent et reconnaîtra l’intérêt financier qu’il avait à écrire ses romans.

Le sous titre dit « Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire, comme le prouve cette phrase de Zola: « Les Rougon-Macquart personnifieront l’époque, l’Empire lui-même. »

Le plus connu de cette série de roman s’appelle Germinal.

Après avoir lu les 2 premiers romans de la série, La fortune des Rougon et la curée j’ai voulu lire L’argent, sentant que le sujet aller être intéressant !

Tout change et rien ne change

Pour écrire son livre, Zola s’est inspiré des nombreux scandales financiers de l’époque. L’histoire de l’union générale qui fut ruinée par la spéculation des Rotschild est très proche de celle du livre, la banque universelle.

Même si, à l’époque, les lois et les moyens de contrôle étaient beaucoup moins important qu’aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec la situation actuelle dont la crise des subprimes n’est qu’une partie visible.

L’histoire raconte en somme, comment un homme a réussi à récolter de l’argent pour monter une banque et à usé de tous les moyens pour en faire monter le cours en bourse… jusqu’à l’explosion.

Aristide Rougon dit Saccard est le personnage principal du livre. C’est lui qui soulèvera les montagnes et mettra tout en place pour réaliser son rêve : monter sa propre banque.

Morceaux choisis

Et, en effet, Hamelin, ayant dû retarder son départ, assista avec surprise à une hausse rapide des actions de l’Universelle. A la liquidation de la fin de mai, le cours de sept cents francs fut dépassé. Il y avait là l’ordinaire résultat que produit toute augmentation de capital : c’est le coup classique, la façon de cravacher le succès, de donner un temps de galop aux cours, à chaque émission nouvelle. Mais il y avait aussi la réelle importance des entreprises que la maison allait lancer ; et de grandes affiches jaunes, collées dans tout Paris, annonçant la prochaine exploitation des mines d’argent du Carmel, achevaient de troubler les têtes, y allumaient un commencement de griserie, cette passion qui devait croître et emporter toute raison. Le terrain était préparé, le terreau impérial, fait de débris en fermentation, chauffé des appétits exaspérés, extrêmement favorable à une de ces poussées folles de la spéculation, qui, toutes les dix à quinze années, obstruent et empoisonnent la Bourse, ne laissant après elles que des ruines et du sang. Déjà, les sociétés véreuses naissaient comme des champignons, les grandes compagnies poussaient aux aventures financières, une fièvre intense du jeu se déclarait, au milieu de la prospérité bruyante du règne, tout un éclat de plaisir et de luxe, dont la prochaine Exposition promettait d’être la splendeur finale, la menteuse apothéose de féerie. Et, dans le vertige qui frappait la foule, parmi la bousculade des autres belles affaires s’offrant sur le trottoir, l’Universelle enfin se mettait en marche, en puissante machine destinée à tout affoler, à tout broyer, et que des mains violentes chauffaient sans mesure, jusqu’à l’explosion.

[…]

« Mon ami, écoutez-moi… Songez que nos trois mille titres ont produit plus de sept millions et demi. N’est-ce point un gain inespéré, extravagant ? Moi, tout cet argent m’épouvante, je ne puis croire qu’il m’appartienne… Mais ce n’est d’ailleurs pas de notre intérêt personnel qu’il s’agit. Songez aux intérêts de tous ceux qui ont remis leur fortune entre vos mains, un effrayant total de millions que vous risquez dans la partie. Pourquoi soutenir cette hausse insensée, pourquoi l’exciter encore ? On me dit de tous les côtés que la catastrophe est au bout, fatalement… Vous ne pourrez monter toujours, il n’y a aucune honte à ce que les titres reprennent leur valeur réelle, et c’est la maison solide, c’est le salut. »

Mais, violemment, il s’était remis debout.

« Je veux le cours de trois mille… J’ai acheté et j’achèterai encore, quitte à en crever… Oui ! que je crève, que tout crève avec moi, si je ne fais pas et si je ne maintiens pas le cours de trois mille ! »

Après la liquidation du 15 décembre, les cours montèrent à deux mille huit cents, à deux mille neuf cents. Et ce fut le 21 que le cours de trois mille vingt francs fut proclamé à la Bourse, au milieu d’une agitation de foule démente. Il n’y avait plus ni vérité, ni logique, l’idée de la valeur était pervertie, au point de perdre tout sens réel. Le bruit courait que Gundermann, contrairement à ses habitudes de prudence, se trouvait engagé dans d’effroyables risques, depuis des mois qu’il nourrissait la baisse, ses pertes avaient grandi à chaque quinzaine, au fur et à mesure de la hausse, par sauts énormes ; et l’on commençait à dire qu’il pourrait bien avoir les reins cassés. Toutes les cervelles étaient à l’envers, on s’attendait à des prodiges.

La spéculation à l’origine de sa propre perte

Le livre décrit de manière précise et saisissante le comportement des gens. Ceux-là qui avaient travaillé toute leur vie pour obtenir un petit pécule pour en tirer un revenu de retraite et qui l’ont entièrement misé en achetant les actions de la Banque Universelle et qui finirent par tout perdre.

L’appât du gain est l’un des problèmes de fonds car en ayant acheté les actions et même après que le prix de l’action ai doublé, ils garderont leurs actions en espérant des gains encore plus important.
Finalement, l’une des rares personnes à sortir à tant de la spirale infernale est Mme Caroline qui partage la vie de Saccard et qui se rend bien compte des agissements de ce dernier.

Elle vendra ses actions peu avant l’explosion et encaissera ses bénéfices.

Dans ce roman, un autre point frappant concerne la description de la prise de contrôle des principaux journaux financiers. Au début, la main est mise sur un petit journal destiné à écrire des articles élogieux sur la banque, puis le succès et l’argent arrivant ils mettent la main sur un journal ancien et réputé. Ils détiennent ainsi des relais pour diffuser de l’information allant en leur faveur.

Zola est l’un des pères du naturalisme. Dans L’argent cela s’exprime par une description de la société, de ses mœurs et des personnes toute particulière.Il y a un sens esthétique dans chacune des phrases du livre.

Ressources :

Certains de ses textes sont téléchargeables sur le site diplomatie.gouv.fr

Sa présentation sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Zola

La série des Rougon-Macquart : http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Rougon-Macquart

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