Defiscalisation : les FIP et FCPI tiennent-ils leurs promesses ?

Michael Ferrari Gérer et épargner, Investir en bourse et dividendes 6 Commentaires

La défiscalisation est un sujet sensible. D’un côté nous avons des contribuables s’imaginant être étranglé par l’impôt, de l’autre des sociétés assimilées à du conseil en gestion de patrimoine dont l’objectif est seulement de fourguer des produits rassurant le client.

J’ai toujours eu une approche conservatrice à ce sujet pour une raison simple : investir en défiscalisant c’est bien, investir pour défiscaliser c’est stupide. Pourtant, c’est encore l’un des critères principaux dans la prise de décision. La carotte a rapidement fait de nous détourner de nos objectifs, pire, si vous n’avez pas d’objectifs, vous tombez dans le panneau directement.

Les dispositifs sont nombreux (à croire que nos élus passent leur temps à voter des niches et à les supprimer) et il est facile de s’y perdre. Aujourd’hui, je voudrais attirer votre attention sur 2 dispositifs : les FIP et les FCPI.

Les FIP et FCPI sont des FCP spécialisés : FCP signifie fonds commun de placement. Ce sont des dispositifs permettant de collecter de l’argent et de l’investir dans différents supports (selon le type de FCP).

Les FIP, Fonds d’Investissement de Proximité, est un type de fonds destinés à investir dans des PME exerçant dans la zone géographique définie par le fonds.

Les FCPI, Fonds Communs de Placement dans l’Innovation, sont eux destinés à des PME qui innovent.

Pour investir dans ces supports, l’état vous gratifiera d’un réduction sur votre impôt sur le revenu de 25 % des sommes investies.

Sur ce site, se trouve un tableau récapitulatif de la performance d’une série de fonds et les résultats sont pour le moins inquiétant :

Nombre de sociétés évaluées 17
Nombre de fonds évalués 218
Nombre de fonds positifs 45
Pourcentage de fonds positifs 20 %

Pire, il n’y a que 3 sociétés de gestion ayant plus de 50 % de fonds positifs (plus exactement 2 ont 50 %, la troisième 71 %). Bien que ces résultats soient temporaires et ne reflètent pas forcément la performance de ces supports sur le long terme, je pense qu’il n’est pas réaliste de bâtir une stratégie sur ces supports.

Qu’est-ce que cela vous inspire ? Je suis curieux d’avoir vos impressions sur ces résultats et sur ces dispositifs ?

Commentaires 6

  1. Sylvain

    Ce classement ne donne absolument pas envie de mettre de l’argent là-dedans.

    Et c’est encore pire quand on rentre dans le détail des différentes sociétés de gestion. Un même gestionnaire peut avoir un fonds « Innovation 1 » qui fait +20% et un autre « Innovation 2 » qui fait -20% sur la même période. Ça ressemble plus à de la loterie qu’à un investissement.

    Bref, ces trucs-là, a priori, c’est pas pour moi 🙂

  2. megajools

    C’est pire que ce que je pensais. On veut te faire croire que tu vas gagner de l’argent mais le gain fiscal est vite mangé par les pertes de rendement.

    C’est de la mauvaise gestion? A moins que ce soit temporaire à cause (de la)/(des) crise(s) de 2008/2009. C’est lors de ce genre d’évènements qu’on se rend compte de ceux qui tiennent la route, et ce n’est sensiblement pas le cas pour la majorité d’entre eux…

  3. Philippe

    Les FCPI/FIP sont une catastrophe.

    C’est la façon la + facile pour défiscaliser et des gens se sont rués dessus et en sont pour leur frais (à tous les sens du terme).

    L’avantage fiscale est presque totalement mangé par les frais explicites, sans compter les frais de gestion « cachés ».

    Je cite Challenges du 19 novembre 2009, page 98, à propos des FIP :
    « “[…] les frais de toute nature (recherche des entreprises, commissions…) constituent des pertes en ligne, qui réduisent considérablement l’intérêt de cet avantage accordé depuis deux ans pour le soutien des PME et la relance de l’économie, au détriment du fisc. Or ces ponctions des établissements sont souvent excessives et injustifiées : chez certains établissements, elles atteignent parfois la moitié des sommes en cause ! Découvrant récemment ce nouveau dérapage bancaire, Christine Lagarde, ministre de l’Economie, a lancé une mission urgente et mandaté l’inspection des finances. […]”

    Au final il ne reste donc au mieux que la performance des sociétés sous-jacentes sur lesquelles la maison de gestion a investi.

    Par essence (sociétés innovantes, à faible visibilité, etc), ces sont risquées, donc…

    Ce type de produits doit être réservé à une portion congrue de son patrimoine (mettons 5% grand maximum) en évitant les maisons de gestion dont le tracking record est particulièrement mauvais (facilement trouvable sur Google), mais qui continue à avoir pignon sur rue grâce à leur marketing et à leur partenariat avec des banques.

  4. sylvain

    Je ne parlerai que des FCPI car je connais guère les FIP.

    C’est exactement le même schéma que les SCIP (investissement scellier via des sociétés gestionnaires). La deventure marketing est bien rodée: Economies d’impôts à gogo ! Or, comme le disait très bien un commentaire précédent: la carrote fait oublié tout le reste.

    4 commentaires:
    – Les sociétés gestionnaires n’investissent pas toute la somme et les investissements sont échellonés (perte de performance)
    – Ces sociétés ponctionnent des frais annexes ou de gestion exorbitants !
    – Le prix d’achat des logements dits « scellier » souvent respectant la norme BBC sont totalement en dehors des prix du marché. Mais cela personne n’en parle en faisant miroiter des plus value immobilières historique de ces 20 dernières années.
    – Pour finir: les sociétés proposant des SCPI ne prennent aucun engagement sur le montant des loyers ni sur la valeur de revente des biens gérés (qui seront pour sûre à perte)

    Bref, les seuls gagnants sont à mon sens les constructeurs de ces logements.

    J’étais séduit par « scellier » et la gestion via une SCI mais attention à ne pas choisir la SCPI qui est à mon sens une belle arnaque!

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  5. gerard

    FCPI souscrite chez ODDO.en novembre 2007 , 12000€, estimation après 6 ans 6900€ ,même avec la défiscalisation de 3000€ la perte sur 6 ans est de 2100€ au minimum
    décidément le livret A a du bon

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