Comment la pause café fut inventée

Michael Ferrari Développement personnel 4 Commentaires

Après l’ouverture de mon programme d’efficacité personnelle, j’en ai profité pour passer une semaine à Berlin. J’adore cette ville et l’ambiance me manque depuis que j’y ai habité pendant un an. Et à chaque fois que j’y reviens, je remarque une chose différente. Cette fois-ci, c’est la diversité des commerces que l’on y trouve. Par comparaison avec Paris, si vous retirez les opticiens, pharmacies, coiffeurs et agences immobilières vous retirez un nombre incroyable de commerces. A Berlin, vous trouvez de tout mais surtout des lieux « de vie » comme des bars et des restaurants.

Pas très photogénique mais toujours aussi bon !

 

Mais voilà, l’objet de cet article est de vous rappeler que vous devez gérer activement votre efficacité comme l’on entretient un jardin.

Etre efficace, c’est savoir concentrer ses efforts sur ce qui compte. Cela semble évident non ? Pourtant au quotidien nous sommes noyés dans les détails et les tâches inutiles qui nous détournent de ce qui fera la différence dans 3, 5 ou 10 ans (regardez en arrière pour vous en convaincre…). Un bon moyen de faire le tri, c’est de faire une pause.

Et lorsqu’on parle de pause, nous pensons souvent « pause café » et ce qui est intéressant c’est ces choses que l’on prend pour acquises mais qui ne sont que l’invention d’un groupe de personnes. Le café est à la mode, il est possible d’en boire n’importe où, il existe des franchises spécialisées mais savez-vous que dans les années 50, c’était une boisson en perte de vitesse pour ne pas dire un peu ringarde. Le café était perçu comme étant une boisson sans autre intérêt que la caféine contenue et donc son goût n’était pas recherché ni particulièrement apprécié. Elle était vue comme une boisson bas de gamme, populaire.

Dans un livre intitulé Uncommon Grounds: The History of Coffee and How It Transformed Our World, l’histoire de création de la marque « café » est remarquablement décrite !

On y découvre notamment la création de la « Pan-American Coffee Bureau », une association des producteurs de café de l’ensemble du continent américain. Créée pour faire face à la baisse de consommation et à l’aide de budget colossaux et de sociologue ils ont donné au monde le goût du café à un niveau jamais atteint auparavant.

Ils utilisèrent notamment la courte pause que faisaient les ouvriers d’usine entre leurs services pour renommer cette pause « coffee break » et l’utiliser dans la publicité. Au bout d’une année, 80 % des entreprises qui accordaient cette pause l’avaient renommée « coffee break ». Les campagnes de publicité traitaient des sujets comme « Comment faire un bon café », « Plus de café dans notre café » pour lutter contre la dilution du café (raté aux US) et éduquer les consommateurs sur ce qu’est un « bon » café.

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Ce petit exemple doit vous faire réaliser que ce que vous faites, ce que vous prenez pour acquis n’est parfois que l’invention d’un groupe, d’une corporation, le résultat d’un slogan, d’une habitude. Rien de mal à cela mais simplement cela permet de réaliser que souvent l’on s’accroche à des symboles qui n’en sont pas. Pendant mon séjour je suis allé voir le dernier James Bond dans un cinéma à Berlin et devinez quoi : sur les 5 publicités diffusées avant le film, 3 concernaient la bière qui est presque un symbole identitaire national.

Lorsque vous réalisez cela, vous faites une pause sans prendre de café, vous prenez une eau pour regarder votre film, vous envisagez de repenser les différents aspects de votre vie pour décider consciemment de ce que vous voulez vraiment et tester les autres possibilités. Est-ce de travailler moins ? De vivre dans un autre lieu ? De changer de carrière ? De doubler vos revenus ?

(Presque) tout est possible… si votre perception change d’abord.

Commentaires 4

  1. Fred du blog "Ecrire... et s'enrichir !"

    Très sympathique cet article sur la pause café.
    Son aspect historique m’intéresse beaucoup.
    Sinon, en effet, il est bon de prendre du recul sur ses activités, de faire des pauses, pour voir les choses de l’extérieur, et non toujours de l’intérieur comme lorsque nous sommes la tête dans le guidon dans nos affaires.
    A cet effet, chaque jour en guide de digestif, je m’accorde entre 30 et 60 minutes de marche rapide. Cela me permet notamment de faire un break dans mes activités, et de les analyser tête reposée.
    A bientôt, Fred

  2. MORIN Bony

    Très bien écrit. Il y a beaucoup de petites séquences comme ça dans nos vies desquelles on n’ait pas conscience. Regarder des pubs sur les panneaux en s’arrêtant à côté d’un abris-bus, voir des enfant jouer pendan qu’on est dans un file d’attente, regarder autour de soi et s’ignorer dans le transport en commun ect… L’homme a 24 heures dans un jour. Il y en a qui ont compris que prendre un peu de temps sur votre temps disponible (qui pourrait être synonyme de pause) est vendeur et donc bénéfique.
    Il y a une phrase que j’entends souvent ici en France, la fameuse phrase  » Je fais ce que je veux » ou  » Je fais ce qui me plait ».
    Beaucoup de gens n’ont pas conscience que ce qu’ils font de leur gré et les résultats qui en résultent sont toujours liés. Moi dans mon entourage ou même très souvent ailleurs j’entends des gens qui passent beaucoup de leur temps à critiquer les autres, d’autres à faire une récapitulation de sa mauvaise journée en injuriant les personnes liées d’une façon ou d’une autre à ces faits. Je vois même des gens qui parlent d’eux à force de devenir narcissique.
    Le temps c’est de l’argent dit-on. Pas seulement pour travailler, ni pour chercher à en gagner plus. Même si cela est un des premiers objectifs. Le temps est incommensurable et infini. L’argent en terme d’échange est une valeur universelle.
    On peut user de son temps pour se retrouver, pour trouver une forme d’harmonie avec soi-même, pour communier avec sa famille, ses proches, ses amis. Pour se remettre en question afin de progresser, s’améliorer, pour aider les autres….
    Les choses les plus importantes peuvent être celles considérées comme les plus insignifiantes. Comme tu as dit Michael le petit temps qu’on a souvent pour se pauser peut être aussi le grand temps de voir les choses autrement.

  3. Melissa Pekel

    La nécessité est la mère de toutes inventions et pourquoi pas celle de la pause café ?

    Ces ouvriers avaient besoin d’un break mental et la pause café leur permettait de justifier ce temps de pause durant lequel, il pouvait prendre du recul mais aussi se socialiser avec leurs collègues. Tout comme les fumeurs avec leur pause cigarette.

    De plus, outre le coté convivial, le « bon » café a un effet purement physique. Il stimule le cerveau et les personnes soucieuses de leur performances à court terme, y ont recours aussi. Bien entendu, ce n’est pas ce qui a de mieux et on sait tous qu’au bout d’un moment, la pause café n’a plus l’effet escompté.

    Ne plus prendre de café ? Je n’irai pas jusque là 🙂 Je pense que la juste mesure a raison sur tout.

    Comme tu le précises, l’important est de décider consciemment de ce que l’on veut vraiment sans se soucier des conventions sociales et surtout être à l’écoute de soi-même.

  4. Reussissez.com

    Tiens, je vais me faire une pause café à la lecture de cet article 🙂

    C’est vrai que faire une pause café va au-delà de simplement boire une boisson chaude : que ce soit pour fumer une cigarette ou se réchauffer, c’est surtout l’occasion de discuter ou se ressourcer et prendre un instant pour soi.

    Finalement, la pause café représente plus un moyen qu’une finalité.

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