C’est le sujet du moment : les déçus de la défiscalisation par l’immobilier locatif. Il est estimé qu’un ménage sur 5 ayant réalisé ce type investissement est en difficulté. Entre winner de l’immobilier à la sauvette, vendeur de defisc au kilo et la haine viscérale des français pour l’impôt sur le revenu (qui est le plus faible de tous les impôts payés…), nous avons là la recette pour de nouveaux problèmes. Alors fini votre beau-frère ou votre collègue qui se vante d’économiser 5 000 € sur ses impôts ?
Dans cet article du Parisien de Jannick Alimi, Publié le 21.02.2011 on lit :
Des publicités à la pelle, des plaquettes d’information dans toutes les boîtes aux lettres… Les promoteurs ne sont pas économes quand il s’agit de vanter les bienfaits de l’immobilier locatif.
Pourtant, un nombre croissant de bailleurs commencent à déchanter et portent plainte. « Sur plus de 500 000 ménages qui, depuis 2004, ont acquis un logement grâce à des dispositifs de défiscalisation, plus de 100 000 d’entre eux se trouvent en difficulté »
Des biens acquis trop chers et revendus avec de fortes pertes pour les acquéreurs en loi Robien, des loyers trop élevés que les bailleurs ont été contraints de revoir à la baisse (jusqu’à 20%) pour certains programmes Scellier.
Résultat, certains ménages n’ayant pas encaissé de loyers suffisants pour rembourser leurs mensualités se retrouvent surendettés. « Entre 2006 et 2010, les dossiers de surendettement liés à l’immobilier, notamment locatif, sont passés de 7 %, sur un total de 164 000 dossiers, à 10 %, sur un total de 196 400 dossiers »
En 2010 et en 2011, l’investissement Scellier représente 60 % des constructions neuves !
Dans la dernière affaire du genre, Les actionnaires perdants de Natixis sont-ils à plaindre ?, j’avais essayé d’en tirer des leçons pour notre avenir la première était : Toutes les lois du monde ne vous empêcheront pas d’être stupide.
S’il y a un autre conseil simple dans ce domaine, c’est celui-ci : sans l’avantage fiscal, votre investissement est-il rentable ? Si ce n’est pas le cas, c’est que le résultat de la défiscalisation va dans la poche du promoteur, pas dans la vôtre. Pour vous, il reste le prix d’achat trop élevé et le loyer surévalué.
Pour autant je suis un optimiste. Sur les 100 000 familles en difficulté, j’imagine qu’un plus grand nombre a réalisé un investissement qui ne marche pas mais qu’elles ont les reins suffisamment solides pour tenir. De nombreux ménages auront appris une leçon à la dure, une leçon qui dit simplement qu’il ne suffit pas de signer un papier pour investir dans l’immobilier et économiser 5 000 € d’impôts sur le revenu.
Quoi qu’il en soit, la bonne nouvelle, c’est qu’il va y avoir de plus en plus de biens à la vente et donc des affaires à faire. Rien de tel qu’un vendeur motivé pour vendre. Ouvrez l’oeil car ces prochaines années verront une masse de ces logements arriver sur le marché.
La loi De Robien est entrée en vigueur en 2003, suivie en 2008 par la loi Scellier. La durée de la défiscalisation étant de neuf ans, nous obtenons une date de début de mise en vente en masse : 2003 + 9 = 2012. C’est pour bientôt 😉
Au delà de ces dispositifs, vous prenez de sérieux risques (déjà qu’au sein d’un de ces dispositifs il est tout à fait possible de perdre de l’argent…). Prendre des risques a du bon, mais soyez malin.
Retour sur 2 articles qui signalaient déjà les premiers problèmes en 2008 :
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