Vous connaissez peut-être Jean ! Il a dispensé ses conseils en marketing au travers de son blog et a rapidement marqué les esprits avec la précision de son discours et la clarté de ses articles. Pour mieux le connaitre, voici une interview exclusive où l’on aborde l’art du voyage, la gestion des finances et l’avenir de WMJ !
Michael : Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ? Quel est ton parcours en quelques lignes ?
Jean : Je vis de mes sites web depuis 2003. J’en profite pour voyager. J’ai vécu en Roumanie entre 2004 et 2009, puis à Paris et à Bruxelles… avant de rendre les clés de mon appartement en novembre 2010, et de partir à l’aventure…
Depuis, je vis et je travaille sur les routes. Je suis de retour en Europe pour l’été, après 5 mois passés en Asie (Thaïlande, Malaisie, Vietnam et Hong Kong). C’est un mode de vie qui n’est pas commun, mais qui est accessible à beaucoup de gens. Contrairement à ce qu’on peut imaginer. On considère souvent l’argent comme un obstacle au voyage, alors que la plupart des pays du monde sont beaucoup moins chers que la France…
L’obstacle, c’est l’organisation. Non seulement il est nécessaire de lancer une activité sur internet pour pouvoir travailler de partout, mais il est indispensable de l’alléger au maximum. De tout dématérialiser. Et de pouvoir transporter sa vie dans une valise…
En réalité, on y prend goût. Parce cette valise, c’est la liberté. La liberté de pouvoir partir n’importe où, n’importe quand. Et de s’affranchir du poids des choses inutiles. Je blogue depuis un an sur WebmarketingJunkie.com, et je viens de lancer un guide et une formation pour aider les gens à vivre de leur passion : TravaillezEnSlip.com
– Pourquoi es-tu parti ? Quelles sont les difficultés que tu as rencontré pour quitter la France ?
Je suis parti en 2004 sur un coup de tête. C’était une période de ma vie plutôt difficile, et j’avais besoin de prendre l’air. Je n’avais pas acheté de billet de retour, et j’ignorais si j’allais rentrer dans 3 semaines ou dans 3 ans…
Le départ est plutôt facile : il suffit de préparer une valise et de monter dans un avion. Si on décide de rester, il est possible d’effectuer la plupart des démarches à distance. Le plus difficile, ce n’est pas le départ. C’est le retour. Parce qu’on est forcément décalé. On a vécu autre chose. On a pris du recul. On a la tête ailleurs. Revenir à la vie normale, c’est presque impossible.
– On dit souvent que “réussir” (peu importe ce que l’on met derrière) est un sport d’équipe.Travailles-tu en équipe ? Qu’as-tu délégué ?
J’aime travailler seul. Ce qui ne m’empêche pas de déléguer ou d’automatiser la plupart des tâches administratives ou répétitives. Un ami s’occupe de la gestion administrative de mon activité (suivi des abonnements, support administratif pour les clients…). J’utilise aussi les services de Timesvr.com pour sous-traîter une multitude de petites tâches, en envoyant des procédures détaillées sous forme de d’emails pré-rédigés, adaptés à chaque type de cas (supprimer un abonné d’une mailing list, créer un filtre sur gmail pour ne plus recevoir telle newsletter, demander 10 devis…). En déléguant et en automatisant on ne gagne pas seulement en temps, on gagne en liberté d’esprit.
– Quels sont tes 3 livres préférés ?
– As-tu un ou plusieurs mentors ou personnes que tu admires ?
J’admire le parcours et la motivation d’Anthony Robbins, l’ouverture d’esprit et le recul de Seth Godin, la personnalité hors-normes de Richard Bandler (et bien sûr son travail duquel j’ai appris davantage que partout ailleurs)… Et beaucoup d’autres. Pourtant, je ne considère pas ces gens-là comme des dieux, qui prêcheraient une parole divine. C’est un peu le risque, avec les mentors : à trop boire leurs paroles, on s’enferme dans leur vision du monde. Qui est, par nature, limitée. Comme la mienne, et comme la vôtre… Au contraire, en prenant du recul par rapport à ce qu’on lit ou ce qu’on apprend, on est à même de faire ses propres recettes. Et d’oser, même, améliorer celles de ceux qu’on considère comme des “grands”.
– J’avais apprécié tes articles sur la différence entre le marketing à l’américaine et à la française. On a vu quelques super-lancements directement copiés de ce qui se fait aux Etats-Unis. Qu’en penses-tu ?
L’évidence, c’est que les Français n’ont pas les mêmes rêves que les Américains. L’American Dream, c’est le succès et la réussite. Le rêve français, c’est la justice sociale et un mode de vie qui permet d’avoir du temps pour soi. C’est la raison pour laquelle j’ai beaucoup travaillé, ces derniers mois, sur le langage que j’utilise dans mes formations. Aujourd’hui, parle davantage d'”activité” que de “business”. Je parle davantage d'”indépendance financière” que de “revenus”, de “mode de vie” que d'”argent”.
Quand on utilise des méthode américaines en France, que ça soit en marketing comme en finances personnelles, il n’est pas suffisant de parler la même langue que ceux qui nous écoutent et qui nous lisent. Il est indispensable d’adapter son message à leurs objectifs, à leurs rêves, et à leur vision du monde. Si vous vendez un 4×4 à un Parisien, vous ne citerez pas les mêmes arguments que si vous vendez la même voiture à un bucheron. Parce que le premier cherche un emblème pour afficher un certain prestige. Le second cherche un moteur puissant pour transporter des bûches. Les Français ne cherchent pas non plus la même chose que les Américains. Ou que les Brésiliens ou les Chinois. Adapter son message à son audience, c’est indispensable, quoi qu’on fasse.
– Parlons argent (enfin !) : comment gères-tu ton argent ? As-tu un plan et des objectifs ?
La façon dont je gère mes finances personnelles est simple. Je m’accorde un revenu fixe, quoi qu’il arrive. Je vis en dessous de mes moyens. C’est indispensable dans une activité indépendante, où les mauvais mois succèdent aux bons. Le reste, je le divise en deux parties : 80% sur un compte-titres, 20% pour financer des projets.
Mon compte-titres vise le long terme. Il est composé uniquement de trackers (en savoir plus sur les trackers), en suivant la méthode de l’excellent livre The Coffeehouse investor, qui propose un système d’investissement facile, adapté à ceux qui, comme moi, ne sont pas experts en finance, et n’ont pas beaucoup de temps à accorder à la gestion de leur portefeuille.
Ce compte-titres contient les trackers suivants :
– Les gens pensent souvent que voyager coute très cher. Combien te coûte ton style de vie au quotidien ?
Le voyage peut coûter beaucoup moins cher que le mode de vie moyen dans une ville française. La France est quand-même le 5è pays le plus riche du monde, on a vite fait de l’oublier !
J’ai vécu en Roumanie de 2004 à 2009, où l’on vivait très bien, à l’époque, avec quelques centaines d’euros par mois. Cette année, j’ai passé plusieurs mois en Thaïlande (et j’y retourne bientôt). Là bas, la vie est encore moins chère. Et la qualité de vie, 20 fois supérieure. Mon budget est beaucoup plus élevé aujourd’hui qu’à mes débuts. Il est de $500 par semaine pour les dépenses habituelles (repas, sorties, transport et voyages…) et $500 pour les logements (hôtels ou locations en régime hôtelier).
On peut vivre avec beaucoup moins tout en voyageant à plein temps. Le prix des billets d’avion ont beaucoup baissé ces dernières années, avec des compagnies comme Ryanair, EasyJet et Wizzair en Europe, et AirAsia en Asie. Et l’hébergement ne coûte pas forcément plus cher qu’un appartement loué au mois dans une grande ville française : regardez booking.com ou airbnb.com ou encore hostels.com pour les budgets modestes… Si on évite les capitales, on peut vivre avec beaucoup moins qu’un SMIC dans la plupart des pays du monde.
– Comment gères-tu la préparation de la retraite (même si on est encore jeune!) ?
Je prépare ma retraite avec mon compte-titres, dont je détaillais le contenu tout-à-l’heure. Au fil des ans, je donnerai une place de plus en plus importante aux trackers obligations par rapport aux trackers sur les marchés actions.
– Combien de source de revenus différentes as-tu (que cela soit des sites ou des business à part entière) ?
Je me suis séparé de plusieurs sites cette année, pour me concentrer sur les formations au marketing. Elles représentent 80% de mes revenus mensuels. Le reste, ce sont des produits qui ciblent des thématiques techniques très spécifiques, vendus sur Amazon.
– Pourrais-tu nous lister les avantages et inconvénients de ton style de vie actuel ?
La liberté est indissociable de la responsabilité. Certains préfèrent sacrifier une partie de leur liberté pour avoir le confort de pouvoir se reposer, parfois, sur les autres. Quand on est libre, on est responsable. De A jusqu’à Z. Par conséquent, on est seul face à ses choix. Face à ses difficultés. Face à ses erreurs aussi. Pour moi, la liberté compte plus que tout. Dans ma vie, j’ai travaillé 6 mois comme salarié. J’ai lancé ma première activité indépendante pendant l’année qui a suivi la fin de mes études. Ça n’a pas toujours été rose… mais j’ai tenu, uniquement parce que j’accorde davantage d’importance à la liberté qu’à tout le reste. Je comprends tout-à-fait que les priorités d’autres personnes sont différentes : c’est un choix de vie, comme un autre.
– Lorsque j’étais à Berlin, j’ai vécu le manque de contact avec ma famille et mes amis. Comment gardes-tu le contact avec tes amis/famille en France ?
En voyageant, on perd forcément le contact avec beaucoup de gens. L’avantage, c’est qu’on fait plus facilement le tri : ceux qui restent, ce sont ceux qui comptent vraiment. On fait aussi beaucoup de rencontres en cours de route. Quand on vit plusieurs mois dans une ville, on n’est plus en territoire inconnu. Je suis un peu chez moi à Bangkok, à Bruxelles, comme à Bucarest, par exemple. J’y ai des repères, j’y ai des amis, et j’y ai des souvenirs. Je garde le contact avec mes proches via Skype, et par email. Je passe par la France plusieurs fois par an.
– Que prépares-tu en ce moment ?
Je profite du mois d’août pour mettre mon blog en vacances, et travailler sur des projets qui seront lancés à la rentrée. Je prépare, avec un développeur, plusieurs outils destinés aux gens qui vendent des produits d’information sur le web. Chut, c’est encore un secret…
– As-tu autre chose à ajouter ?
Beaucoup de gens rêvent de démarrer leur activité indépendante pour gagner en qualité de vie. Le problème, c’est que dans 90% des cas, l’inverse se produit. Au lieu de vivre mieux, au lieu d’avoir plus de temps pour eux, ils travaillent davantage, vivent davantage de stress, et souvent, doivent abandonner toute idée de prendre des vacances… ou même des weekends.
Le problème, c’est qu’ils vendent leur temps. De la même façon que dans un emploi salarié. Au lieu d’avoir un patron, ils ont des clients. Pour le reste, rien n’a changé. J’ai rédigé le guide “Travailler en Slip” pour expliquer comment on peut gagner sa vie sans la sacrifier. Sans jamais vendre son temps. Et sans être un expert. Emportez-le sur la plage, et vous y resterez peut-être à la fin des vacances !
Ce site utilise des cookies