Être un lemming est devenu une expression outre-atlantique qui exprime le fait de faire comme tout le monde. Ces petites bêtes ont eu la réputation de sauter de n’importe quelle falaise simplement pour suivre le mouvement (c’est aussi une série de jeu débilement géniaux!). Chez nous, on appelle ça être un mouton.
J’ai réalisé il y a quelques années qu’être un mouton était un acte inconscient. Le mouton ne sait pas qu’il l’est. Il n’a pas conscience de ses non-choix. Il est facile de tomber dedans car il n’y a rien à faire, juste suivre le mouvement. Voici le préjudice que cela vous porte : cela vous vole de la réalisation de vos talents car suivre le mouvement ne demande pas d’effort.
Vivre comme un mouton
Vivez-vous comme un mouton ? Si l’on pouvait savoir ce que ressent un mouton, je suppose que ça serait un savant mélange entre la peur de l’autre, de perdre le peu qu’il a et l’évitement de la difficulté. Ce qui est perçu comme difficile semble trop compliqué puisque cela dépasse le champ des choses habituelles. Pire que cela, vu que son champ de compétences est dépassé par les défis qu’il peut croiser, il prend soin de les éviter. Cela faisant, il ne comprend pas comment d’autres arrivent à surmonter ces défis. Il suppose que c’est seulement à la force d’astuces et de manigances que l’autre a réussi.
Lorsqu’on vit comme un mouton, on pense comme un mouton et ce qu’ils pensent la plupart du temps c’est fuir. Le cerveau reptilien n’a que 2 réponses : fuir ou combattre. Mais le mouton préfère la première car il n’est pas armé pour la seconde.
Un bon indicateur, c’est de se demander combien de fois par jour on ressent ces sentiments de peur et de fuite et d’y apporter une réponse honnête en s’écoutant vraiment.
Il ne faut pas se battre pour tout car ce serait idiot. Tout ne vaut pas la peine de se battre. Mais choisir quelques combats avec discernement est certainement le moyen d’accomplir qui l’on est. Le niveau 0, ce serait d’être au bar du coin et de râler contre tout ce qui fait le monde : le gouvernement, les gens, l’économie, les entreprises. Rien ne va et pourtant il faut choisir ses combats. Non pas qu’un soit plus louable qu’un autre mais au moins il reçoit l’attention et l’effort pour avoir une chance de changer ! L’énergie passer à râler doit être investie dans des projets.

Chacun de nous est fort et peut surmonter les épreuves. Source :https://twitter.com/josephgotte/status/933681314590613504
Payer comme un mouton
“Plein pot” ! Voici la philosophie du mouton. Il ne veut pas demander ni négocier. Il considère le prix sur l’étiquette comme ce qu’il doit payer. Pour le mouton, acheter est d’ailleurs la seule option possible. Il est intoxiqué à la publicité à un point tel que payer pour tout semble normal.
Internet est d’ailleurs très pratique pour lui : il n’y a personne avec qui négocier. Il est plus commode de chercher un coupon de réduction plutôt que d’aller demander quelque chose à un autre être humain. Ici encore, la fuite est préférée à la discussion et à la possibilité d’un refus.
Le mouton paye parce qu’il doit. Faut-il pour autant tout négocier ? Sûrement pas. Le juste milieu est encore une fois la meilleure arme. Chaque situation est différente : payer du pop-corn au cinéma à un enfant pour créer une bonne expérience est peut-être une bonne idée alors que s’en offrir régulièrement ne l’est peut-être pas…
Voyager comme un mouton
L’art du voyage est inconnu pour le mouton. Pour lui, le voyage est un moyen de fuir les cons parmi lesquels il vit toute l’année. Malheureusement, il tombe souvent sur ses voisins sur son lieu de vacances (principe N°1 du mouton : faire comme tout le monde) ce qui réduit son plaisir.
Pour autant, il ne perçoit pas ce moment comme une opportunité de créer des liens mais simplement comme encore un autre défi dont la réponse sera encore la fuite.
Voyager est un truc qu’il faut faire une fois par an pendant l’été pas une sorte d’occasion de découvrir autre chose. La pratique de son art, celui d’être un mouton, sera perturbée par son déplacement loin (pensait-il) du troupeau. En retrouvant quelques-uns de ses confrères, il pourra reprendre ses habitudes pendant ces jours de repos.

Comment se fixer un objectif et surmonter un défi. Source : https://www.pinterest.fr/pin/453385887481344131/
Travailler comme un mouton
Les codes du travail, il adore. La routine et la structure le rassure. Pour lui, le travail est encore une autre tartine de merde qu’il faut se manger tout au long de sa vie. La question de faire ce que l’on aime est au pire un rêve, au mieux une hérésie.
Le travail est subi de A à Z : collègues, chef, poste, salaire. Le mouton se fait à l’idée qu’il n’est pas mieux que tout le monde et que donc il ne mérite pas mieux. Il se fait une raison pour tout.
Se détendre comme un mouton
La télévision reste son moyen préféré. Puisqu’il n’y a plus de place du village pour se retrouver, regarder religieusement les mêmes programmes permet de créer un certain sens de la communauté. En consacrant de nombreuses heures à imaginer se détendre, le mouton s’enferme dans la pauvreté. Non content des moments de repos que cela lui procure, il se dit qu’après tout si se reposer c’est ça, il est aussi bien au boulot où au moins il est payé.
Après la télévision, il consacre beaucoup de temps à discuter avec les gens qu’il n’aime pas spécialement comme certaines personnes de sa famille. Pire, il utilisera ces rencontres comme des occasions de prouver qu’il a raison. Dans sa tête, essayer de plaire à des gens qu’il n’aime pas est un signe de réussite : de “leur mettre profond” comme il pense. Il pense que la reconnaissance d’un idiot est importante pour avancer.
Etre conscient
Se détendre est pourtant ce que tout le monde sait faire, en cherchant un peu plus loin. Un bon repas avec des gens que l’on apprécie, un livre qui nous apprend des choses sur nous même sont suffisants. Et si l’un des secrets était simplement de faire des choix conscients ?
Comment savoir qu’un choix est conscient ? Imaginez que vous ayez à le justifier. Comment ça se passerait ? Répondez à la question “Et si c’était à refaire ?”
Nous sommes tous le mouton d’un autre. Essayons modestement de chercher à nous améliorer !

