Ce que vous devez savoir pour changer en profondeur

Philippe est coach et auteur du livre « Soigner vos problèmes d’argent » : argent et développement personnel. Chaque semaine, il publie sur Esprit Riche un article parlant d’argent et de ses secrets que nous avons parfois du mal à comprendre. Avec Sylvie et Philippe, nous avons créé le séminaire Créez la vie que vous méritez : une expérience unique pour obtenir ce que vous voulez de la vie. Voici Philippe !

En matière d’émotions, il y a deux niveaux à appréhender. Le plus évident, pour chacun, est celui de l’émotion suscitée par un déclencheur visible et « objectif ». En effet, à ce moment-là, il y a un changement manifeste dans le paysage intérieur (les pensées et les sensations corporelles). On a alors la possibilité d’identifier l’émotion qu’on ressent et, avec de la pratique, de choisir la réaction comportementale qu’on va lui apporter : quand je suis en colère parce que le conducteur devant moi ne va pas assez vite, je peux lui crier dessus, attendre le prochain feu rouge pour sortir de mon véhicule et lui dire ma manière de penser, critiquer tous ces mauvais conducteurs qui n’avancent pas (ou me plaindre d’eux auprès de mon passager !), mettre une musique cool à la radio pour me calmer, respirer tranquillement en affectant un sourire de moine zen, changer d’itinéraire pour ne pas rester derrière, tenter un dépassement plus ou moins dangereux etc. Pour chaque émotion suscitée par un déclencheur externe, il y a une gamme infinie de réactions potentielles plus ou moins efficaces, dont chacune va avoir un impact différent sur la situation (si je vais lui taper dessus ou si je reste cool et souriant, l’impact est différent).

C’est la même chose pour les déclencheurs internes. Par exemple, lorsque j’anticipe une situation stressante (un entretien de recrutement, par exemple), j’éprouve de l’anxiété, de la peur ou même une forme de panique alors que je suis tranquillement en train de boire un café avec ma chérie. C’est un mécanisme d’anticipation. Là aussi, à partir de cette conscience, je peux manifester des réactions d’adaptations très variables : relativiser l’enjeu, me préparer, répéter, me faire coacher, lire des bouquins sur le recrutement et.

Qu’est-ce qui va faire une différence sur notre manière de vivre et de gérer chacune de ces émotions ? Beaucoup d’éléments sont en cause, mais je vais en isoler un très important : les émotions d’arrière-plan. C’est en quelque sorte le terrain émotionnel de base qui se manifeste par notre humeur du moment. Ce terrain n’est pas toujours conscient car l’intensité de l’émotion est faible ou moyenne d’une part, et d’autre part il est tellement intégré qu’on en n’a même plus conscience. Par exemple, des personnes ayant pour émotion d’arrière-plan la tristesse ne sont même pas conscientes qu’elles réagissent à la plupart des situations de manière stéréotypée et automatique. Si vous leur dites qu’il fait beau, elles vous répondront que ça ne durera pas. Si vous leur parlez du nouveau manager très sympa, elles vous parleront du temps béni de Monsieur Marcel, si vous leur confiez une tâche nouvelle, elles vont tout de suite penser qu’elles ne vont pas y arriver, etc.

Nos émotions d’arrière-plan tapissent notre vie psychique et agissent comme un filtre pour amortir ou amplifier l’action des déclencheurs. Le processus peut être très ancré lorsqu’il s’est formé très tôt. Si mon émotion d’arrière-plan est la peur, je vais passer tous les événements quels qu’ils soient au crible de cette peur. Et bien sûr, cela va la renforcer. Idem s’il s’agit de la tristesse ou de la colère. Lorsqu’on en est là, c’est une véritable prison qui inhibe la créativité, l’engagement, le changement, l’ajustement à la réalité externe.

Les émotions d’arrière-plan fonctionnement de manière saine lorsqu’elles ont d’une part une certaine variabilité, et que d’autre part on est capable, dans l’instant présent, de conscientiser en profondeur le mécanisme émotionnel que nous vivons. Nous pouvons alors choisir d’en sortir en contrôlant nos réactions. Mais il y a encore plus simple, c’est de travailler (comme on travaille la terre) son fond émotionnel pour qu’il soit le plus possible teinté de joie, de satisfaction et de plaisir. Alors les déclencheurs internes ou externes auront moins de prise, et on pourra rester beaucoup plus tranquille quelles que soient les circonstances.

Je vous donnerai la semaine prochaine des pistes sérieuses pour ce faire.

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