Rencontre avec Seb Musset

Michael Ferrari Esprit riche 7 Commentaires

C’est avec un grand plaisir que j’ai rencontré Seb Musset vendredi dernier. Au menu du jour : politique, actualité, immobilier, sens de la vie. Rien que ça. (Les notes de Seb sont en rouge)

La génèse

Tout a débuté très naturellement. Seb m’a parlé de ses activités d’écrivain et de son passé de cinéaste de court (et longs) métrage (avec toujours un repas offert à celui qui trouve sous quelle identité). Il a commencé à me raconter ses débuts difficiles dans le monde du travail. Il m’a raconté une expérience où notamment il travaillait à l’age de 18 ans. Son boulot ? Magasinier. Il s’est rendu compte à ce moment là à quel point ce type de boulot était difficile et surtout mal payé. Par la suite Seb profite de l’argent qu’il gagne pour voyager. Ainsi il est allé très jeune aux États-unis et a pu se rendre compte de la réalité du modèle anglo-saxon. Même s’il prendra vraiment conscience de certains aspects plus tard, le mal est fait : le Seb a compris que (sa) la vie ce n’est pas ce font et accepte la plupart des gens. Ce sera l’un de ses rares boulot en tant que salarié.

Nous avons beaucoup discuté du formatage que subissent les gens au quotidien. Vous, moi, votre voisin. Nous sommes exposé à des messages formatés à longueur de journée : discours, images, publicités…

Plus vous ouvrez votre esprit à d’autres messages, plus vous aurez une chance de réaliser qu’une autre possibilité existe.

Les choix de vie sont importants et le formatage opère aussi à ce niveau. Il y a donc la voie que tout le monde “doit” suivre (se mettre en couple, faire un enfant, acheter une maison) et celle que quelques personnes suivent.

Prise de conscience

Il y a 3 niveaux de “conscience” et un phénomène bien identifié pour devenir “soi” :

1 – faire comme tout le monde (90% des gens)

2 – éviter ce qui ne nous plaît pas (5%)

3 – faire ce qui nous plaît (5%)

Pour passer d’une étape à l’autre cela peut prendre une vie. Ce sont les gens du niveau 3 qui insipirent les autres. Seb a rapidement compris ce qui ne lui plaisait pas et à tout fait pour l’éviter. Bien sur cela lui a valu de nombreuses questions et discussions avec ses proches : comment expliquer le fait que vous ne voulez pas rentrer dans le même moule que tout le monde ?

Ainsi la puissance actuelle des médias est bien réelle. Internet est une alternative qui reste disponible à un nombre restreint de personnes.

Seb écrit depuis toujours. Au début, c’était surtout un journal personnel. Des cahiers entiers sont remplis. Avec l’arrivée d’internet il crée un blog. Depuis la fin 2006, il anime son blog où il expose son point de vue. Son crédo, c’est d’informer le public sur tout ce qui est possible.

J’ai rencontré quelqu’un qui a vraiment l’esprit riche. Il m’a parlé du décalage qu’il vit avec les gens de son âge : tous mariés, souvent endettés, rarement heureux. Seb à un côté utopiste, il cherche un moyen de faire en sorte que les gens soient plus heureux et je le rejoins complètement sur ce point.

L’exil

Il m’a également parlé de ses différents exils. Tout d’abord en Charente. Pendant plusieurs années il vit simplement et prend le temps de réfléchir. Il éveille sa conscience politique. Puis quelque années plus tard il part temporaire en Angleterre. Marre de Paris, marre de la France. Pendant les dernières élections présidentielles le climat malsain l’a fait partir. Partir pour vivre quelque chose de mieux et de différent. Après quelques temps et quelques rencontres marquantes le manque de France se fait ressentir. C’est peu avant le second tour que Seb remet les pieds en France. Il n’envisage pas vraiment que l’actuel président soit élu. Et pourtant c’est ce qui arrive.

Changer les choses de l’intérieur. Voilà un autre de ses combats. L’information est primordiale pour développer un esprit critique. C’est un point important où nous tombons encore d’accord. 2 ans après l’élection le pouvoir est en place, la communication est en place et internet est de plus en plus verrouillé. Loin de nous la Chine mais la route est tracée.

Nous avons discuté d’autres points. Sans avoir suivi les questions que j’avais prévues, nous avons discuté très naturellement de tous ces sujets qui encadrent la vie des gens.

Le combat des générations : l’immobilier

Par exemple le fait que notre génération sait qu’elle vivra avec moins de choses que la génération précédente. Notre génération sait qu’elle doit porter une dette. La dette de nos parents, qu’ils en aient conscience ou pas. (précision : Ce n’est pas tant la dette à venir que je redoute que le quotidien qu’ils nous imposent aujourd’hui > pour toute une classe d’âge, le règlement de la dette a déjà commencé). C’est un fait. Ainsi, nous devrons nous contenter de moins mais ce n’est pas forcément plus mal. Cela demande juste une adaptation de notre société.

Seb ne comprend pas ce qui a poussé les gens à s’endetter sur l’immobilier (hormis l’instinct de sédantarité et les sirènes consensuelles du discours ambiant, deux choses auxquelles je suis imperméable.). Hormis les discours de notre président, il n’est pas vraiment rationnel de s’endetter lorsque tout le monde le faire. La recommandation de Warren Buffett prend tout son sens une fois de plus : Acheter lorsque tout le monde fuit, fuir lorsque tout le monde achète. En tout cas Seb ne conçoit pas vraiment la propriété comme une liberté mais plutôt comme une contrainte. Cela dit il n’exclut pas de le devenir un jour, si les prix sont raisonnables…

Les temps actuels et la crise font que ceux qui ne possèdent rien sont beaucoup plus serein que les propriétaires endettés.

(a vrai dire, c’est surtout le crédit le boulet. Si les maisons n’étaient pas tributaires d’un marché spéculatif autorisant toutes les dérives (jusqu’aux subprimes), on aurait un rapport à l’immobilier équivalent à celui que l’on a avec l’oxygène : c’est à la fois essentiel et pourtant non contraignant.)

L’idée consistant à croire que l’Europe dominera toujours est aussi certainement temporaire. Seb pense que la domination de la Chine et de l’Inde est une autre forme d’équilibre du monde. Est un mal ? Pas forcément non plus. Juste un état de fait.

C’est avec amusement qu’on a abordé l’apparition de la Logan (le succès français de la Logan dont un des effets pervers sera, à moyen terme, la fermeture définitive des usines françaises de Renault). Cette voiture significative du mode de vie des Français : on en veux plus pour moins d’argent. C’est le fait d’être d’abord intéressé par ce qu’on peut obtenir pour le meilleur prix sans tenir compte des conséquences. Ça me rappelle un reportage sur Wallmart, cette chaine de discount américain. On y voyait les dirigeants justifier les prix bas et la délocalisation pour permettre aux américains d’acheter moins cher. Le problème c’est que pour arriver à ça il faut supprimer beaucoup d’emplois et mal payer ceux qui travaillent pour l’enseigne… Qui est vraiment gagnant ?

Le pétrole et le voyage

L’un des plus gros problème à venir c’est le fait que le pétrole cher fera que les jeunes risquent de moins souvent aller à l’étranger. L’ouverture d’esprit procurée par un voyage à l’étranger est incroyable. Nous étions bien d’accord pour que cela soit obligatoire dans les parcours scolaires. N’importe quel pays fait l’affaire. Le simple fait d’être confronté à une autre manière de voir les choses, de penser, de consommer et de vivre faire énormément progresser. Il est dommage que les jeunes du futur risque de perdre cette possibilité.

Apprendre, être attentif, savoir ce qu’on ne veut pas : voilà des points clés pour vivre pleinement sa vie.

Merci à Seb pour cet entretien très enrichissant.

Retrouvez son blog et son dernier livre Perverse Road.

Commentaires 7

  1. CoachDom

    Bonjour,

    Je ne connaissais pas du tout Sebastien Musset. Merci pour ce billet très enrichissant.

    CoachDom

  2. Titeuff

    Bonjour,
    Perso je ne suis pas super fan de ce genre de discours toujours plus alarmiste,caricatural et exagéré.
    je n’aime pas la violence et ce n’est qu’un sentiment personnel mais je sens beaucoup de haine et d’animosité dans son discours. Alors je suis d’accord qu’il ne faut pas se voiler la face et je suis contre la société de consommation. Mais de là à ne plus consommer et à boycotter: ce ne sont pas des méthodes très démocratiques ça! Il va surtout falloir apprendre à consommer mieux et plus intelligemment.

    Cordialement
    Titeuff

  3. duffes

    Dans cette guerre des générations que décrit Sébastien, je dois préciser que celle-ci a commencé il y a une vingtaine d’année , sinon plus, avec l’arrivée de jeunes sur lesquels le langage des dirigeants a agit avec une efficacité surprenante. En effet on leur a dressé un tableau pitoyable sur les anciens leur affirmant que ce sont tous des glandeurs et qu’ eux sont capable de faire beaucoup mieux pour beaucoup moins cher, et que l’acceptant, ils pourraient ainsi franchir les étapes avec beaucoup plus de brio. On a flatté leur ego sur-dimensionné attisé par la freudienne envie de tuer le père. Total, ils ont brisé l’esprit de rébellion, ils ont tué le syndicalisme au lieu de le réformer, ils se sont contenter de reprendre à leur compte le langage visant à ringardiser tous les défenseurs des droits du salarié que leur proposaient leurs cadres supérieurs , et ont participé ainsi à déstructurer tout contrepouvoir face au capitalisme facho naissant. Ils sont en train de payer bien cher leur vanité

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