Qui veut arrêter de vivre pour travailler ? (et vivre tout simplement)

Michael Ferrari Développement personnel 21 Commentaires

Achieving Goals

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Il existe une expression assez courante en anglais : rat race.

Elle désigne la vie de la majorité des gens qui consiste à avoir un boulot pour payer des factures, principe largement accepté et promu.

Je n’ai pas trouvé de traduction satisfaisante et donc j’utiliserai les termes d’origines, vous m’en excuserez ! L’équivalent, auquel je pense, c’est vivre pour travailler.

De nombreux auteurs ont construit leur réputation autour de ce sujet qui fait rêver les gens : qui veut quitter la rat race ? Ou comment quitter la rat race ?

Robert T. Kiyosaki est surement l’un des plus connus, mais aussi l’un des plus controversés. Pour cause, les conseils pour sortir de la rat race ne sont jamais précis, il n’existe pas de recette miracle mais c’est plutôt une attitude à avoir.

L’un des aspects revenant dans ce qui caractérise la rat race c’est le fait de travailler plus pour gagner plus. N’en déplaise à notre Président, le concept de travailler plus pour gagner plus convient parfaitement à qui veux rester dans la rat race.

Ce concept sous-entend que pour mieux gagner sa vie il faut faire la même activité mais plus longtemps, autrement dit travailler plus dur.

Je regardais mardi soir l’émission « Ce soir ou jamais », la seule émission pour laquelle j’ai une certaine estime, qui avait un débat intitulé « les 35 heures doivent elles être maintenues? ».

Ce que j’ai trouvé intéressant c’est l’affrontement théologique entre les invités. Il n’y a objectivement pas de raisons suprêmes justifiant le fait de devoir travailler plus ou moins que nos aînés. Chacun donne au progrès la signification qui l’intéresse.

Au passage, un invité a rappelé que les 35 heures sont en vigueur pour 40% des salariés (ce qui grosso-modo correspond aux grandes entreprises et à l’administration).

Quoi qu’il en soit, chacun doit se faire une religion sur ce sujet et ce n’est surement pas à l’état de définir ce qu’est le progrès. Pour ceux qui ne se posent pas la question, aucun problème, l’état pense pour vous.

Me concernant, il est clair que mon but n’est pas, ni de travailler plus, ni de travailler plus dur. Généralement quand je dis ça dans une discussion, on me regarde comme si j’allais annoncer ensuite que je suis une femme ou que j’ai gagné au loto. Ensuite les réactions vont de « C’est quoi la recette ? » à « Oué oué c’est bien ton truc, tu fumes quoi ? ».

C ‘est une réaction normale pour quelqu’un qui transpose sa situation actuelle à une plus grande échelle : « Comment travailler moins alors que je gagne 1500 € par mois. Si je travaille la moitié, je gagnerais la moitié. »

Il y a souvent quelqu’un pour dire « Ah mais si tout le monde fait ça, que devient la société ? ». Ben je n’en sais rien et ce n’est pas la question ! Arrêter de trouver des excuses.

Plusieurs niveaux de conseils existent dans ce domaine. Les premiers se concentrent sur comment travailler mieux, les seconds sur comment travailler moins.

Il est assez peu fréquent de rencontrer un auteur racontant qu’il faut travailler plus. Au pire il finit homme politique.

Travailler mieux

Les auteurs parlant de travailler mieux se classent directement dans la catégorie « développement personnel ». Ils ne disent pas moins que « Vous pouvez, en vous organisant différemment, avoir de meilleurs résultats. ». Le plus connu est David Allen avec la méthode GTD (Getting things done), maintenant disponible en Français. En quelques mots, la méthode GTD est une manière d’organiser sa vie pour pouvoir se concentrer sur une seule chose à la fois et l’accomplir plus vite. Elle parle beaucoup de la mise sous contrôle de ses activités afin d’avoir l’esprit tranquille et dédié à la tâche en cours.

Les méthodes pour travailler mieux sont très intéressantes et tout le monde devrait avoir lu (et appliqué) la méthode GTD mais ce n’est pas ce type d’approche qui vous sortira de la rat race. Ces méthodes modifient l’intérieur du système, pas le système lui-même. Ce n’est pas une approche globale remettant en question votre gagne pain.

Travailler moins

Du côté des partisans du travailler moins, les choses sont un peu différentes. L’approche se résume souvent à « En faisant moins de choses, vous ne ferez plus que l’essentiel, ce qui vous rapporte de l’argent ». Ce créneau est clairement moins fourni en auteurs et le plus célèbre est certainement Tim Ferriss auquel je vous un culte dont j’étalerai les détails prochainement.

Les adeptes du travailler moins sont rarement des salariés car cette vision des choses est rarement acceptée dans le monde de l’entreprise.

Et la rat race dans tout ça ?

Je n’aime pas le régime du OU et je préfère celui du ET. Les gens qui sont sortis de la rat race ont souvent fait les 2 : ils travaillent mieux et moins.

Pour atteindre ça, cela nécessite parfois un investissement personnel important durant la phase de lancement mais le but de cette manœuvre n’est pas de rester sur un rythme de 40 ou 50 heures par semaine. Le but c’est de construire un système qui travaille avec peu d’intervention de votre part et non pas de se créer un emploi. Beaucoup d’entrepreneurs font la confusion entre ces 2 notions totalement opposées.

Dans le monde de l’entreprise, il y a un dicton répandu qui dit « Ne faites pas en sorte d’être irremplaçable sinon vous ne serez pas promu ». C’est exactement ce principe-là. L’entrepreneur ne doit pas se rendre irremplaçable et sa promotion sera plus d’argent et/ou plus de temps.

Les 3 types de revenus existants:

  • Salaire horaire (1 heure de travail = 1 heure de salaire),
  • revenus liés à des actifs ou ayant un effet de levier (patrimoine placé rapportant des intérêts, séminaires 1 heure de travail = x heures de salaire),
  • revenus passifs.

Passive income la voie royale

Revenus passifs : la clé de la liberté financière. Qu’est-ce qu’un revenu passif ? C’est un revenu que vous obtenez sans action directe de votre part.

C’est de l’argent que vous gagnez alors que vous ne travaillez pas directement pour le gagner.

Ça n’arrive jamais directement et facilement mais toutes les personnes ayant réussi à « amorcer la pompe » disent qu’une fois lancée, vous avez une dynamique qui s’arrête difficilement.

Ça ne veut pas dire que vous ne devez pas travailler pour mettre en place le système ! Cette partie est plus ou moins difficile selon le secteur.

Des exemples de revenus passifs :

  • un commercial qui reçoit une commission chaque année pour un produit vendu une fois,

  • un propriétaire qui reçoit les loyers de ses locataires,

  • un producteur de contenu qui vend son produit (DVD, livre…),

  • un commerçant ayant atteint le niveau lui permettant de mettre un gestionnaire à sa place,

  • un photographe touchant des royalties sur ses travaux,

  • vendre des licences sur un produit (franchise, inventeur),

  • faire de la publicité en ligne.

Robert T. Kiyosaki dit « un travail c’est une solution court terme pour un problème à long terme ».

Par où on commence ?

Bon déjà, il faut venir sur esprit-riche.com plus souvent 🙂

Plus sérieusement, il faut changer votre manière de penser :

Arrêter d’échanger votre temps contre de l’argent : à chaque fois que vous êtes payé 1 heure pour 1 heure travaillée, vous ne capitalisez pas.

Ce que je veux dire par là, c’est qu’une fois votre heure travaillée, cette heure ne vous rapportera plus aucun revenu (et ce n’est pas les 3,5% de votre Livret A qui diront le contraire). Potentiellement elle peut rapporter un peu si l’on considère que votre expérience professionnelle augmente et que vous aurez un meilleur salaire, mais ce n’est pas la question.

Investissez votre temps dans la construction de quelque chose qui peut, à court ou moyen terme, fonctionner avec peu d’intervention de votre part.

Le chemin le plus dur c’est de trouver le moyen qui vous convient pour générer votre premier euro. À la suite de ça, vous aurez une vision claire des choses pour soit améliorer le système, soit construire un meilleur système.

Alors, vous commencez quand ?

Commentaires 21

  1. Gail

    Ah…Getting Things Done…je recommande cette lecture à 300%. Je l’ai lu plusieurs fois et je dois encore le relire pour mieux appliquer les conseils, mais petit à petit je trouve le moyen de mettre en place les principes qui y sont expliqués et ça va de mieux en mieux !

    Je crois que j’ai attrapé la maladie « 4-hour week » (c’est ça hein ?) car je n’arrête pas de me demander comment je pourrais déléguer les tâches pour lesquelles ma qualification n’est pas indispensable (dans mon travail évidemment) et pendant ce temps travailler sur mon système de revenus passifs…c’est grave docteur ?

    Bon, et pour rebondir sur le paragraphe « Arrêter d’échanger votre temps contre de l’argent », Javi me disait l’autre jour que les « pauvres » échangent leur temps contre de l’argent tandis que les riches échangent leur argent contre leur temps. Le proverbe dit que le temps c’est de l’argent…on peut y voir de multiples interprétations toutes valides mais dans ma situation actuelle, je dirais surtout que le (mon) temps n’a pas de prix.

  2. Andy

    Salut Michael,

    Rich Dad, Poor Dad figure en bonne place dans ma librairie.

    Tim Feriss aussi.

    Pourtant je me pose la question suivante: L’esprit riche commence t’elle par une course effrénée a courir a tenter de créer l’argent (le plus possible) ou commence t’elle par savoir quels sont nos priorités dans la vie ?

    Combien faut il de revenu mensuellement pour que nous soyons heureux dans la vie ?

    Je recommande ce penseur que j’ai rencontre ici a Oxford, je vais le mettre dans mes liens.

    http://www.romankrznaric.com/

    A.

  3. Post
    Author
    Michael

    @Gail : GTD est incontournable en effet ! C’est une lecture que je recommande.

    @Andy : il est primordial de connaître tes priorités. La manière de générer de l’argent doit être en accord avec tes valeurs.

    Tout ce que tu fais ensuite ne sert qu’a réaliser tes valeurs (plus de temps, voyager, apprendre des langues…).

  4. Franck James

    Andy > « Combien faut il de revenu mensuellement pour que nous soyons heureux dans la vie ? »

    Votre question devrait être séparé en deux partie pour qu’il puisse y avoir une réponse. Le bonheur n’étant pas quantifiable comme peut l’être la somme des sources de revenu d’un individu.

    1. Quel niveau de revenu devrais je produire pour atteindre mes objectifs financiers ?

    (Capacité financière se traduisant en règle générale par une augmentation du niveau de vie)

    2. Qu’est ce qui me rend heureux aujourd’hui et qui est susceptible de me rendre encore plus heureux prochainement ? (Ne pas se focaliser sur les aspects négatifs de sa vie)

    Je pense qu’il est juste de dire que le bonheur est bien souvent atteint lorsqu’un individu passe à des niveaux supérieurs de sa vie, étape par étape (Un gain illégitime ne rend pas heureux). Que ce soit d’ordre relationnel, professionnel ou personnel. Il y aura toujours des domaines dans lequel nous pourrons nous épanouir en progressant tout en restant parfaitement équilibré.

    « L’esprit riche commence t’elle par une course effrénée a courir a tenter de créer l’argent (le plus possible) »

    C’est l’erreur que commettent tous ceux qui veulent « escape the rat race », foncer tête baisser sans y être préparé. Regardez tous ceux qui entreprennent dans le seul but de gagner de l’argent, ils partent avec un premier écueil qu’est l’obsession financière (de quoi ne pas rester serein). Ce que l’on peut observer ce sont des gens qui ne parviennent pas à rester concentré sur leur progression puisque n’étant pas prêt ils s’éparpillent un peu partout pensant trouver meilleure solution pour changer leur situation/vie. Le cas typique c’est celui qui va s’acheter un Tim Ferriss, trouver ça génial, et passer a du Kiyosaki, génial aussi, puis du Stephen covey, formidable… et ainsi de suite. Sans prendre le temps d’APPLIQUER ce qu’il vient de comprendre. Le processus d’assimilation n’est donc pas franchit et aucun changement dans la vie de cet individu ne change véritablement.

    « savoir quels sont nos priorités dans la vie ? »

    Il y a un post très enrichissant sur ZenHabits qui part du principe que pour savoir quels sont nos priorités dans la vie, savoir où l’on veut aller. Il faut commencer par mettre par écrit tout ce que l’on aimerait que les gens disent sincèrement de nous après notre mort.

    Il a été un père formidable
    Il a permis à tellement de gens d’améliorer leur vie
    Il était toujours de bon conseil
    Il manque a tant de ses amis
    etc…

    C’est indirectement une liste d’objectifs personnel qui se dessine.

    Comment puis je devenir un meilleur père ?
    Comment puis je aider les gens a améliorer leur vie ?

    Vous voyez l’idée ?

    ———————–

    Je n’ai pas lu tous les posts du blog mais je ne crois pas encore avoir lu d’article sur Stephen Covey.

  5. Andy

    Salut Franck,

    Je suis d’accord avec vous sur l’ensemble des points et particulièrement sur cette attention qu’on arrive mal a canaliser parce nos buts ne sont pas suffisamment murs en nous. Ce point mérite amples réflexions de ma part.

    je trouve votre site élégant.

    A Michael : Ce sont des questions que je me suis pose a moi-même, étalant mon problème intérieure qui me trotte depuis quelques jours. Pour mieux le résoudre bien entendu. : )

    A.

  6. frenchpad

    complétement en accord avec ton article!! c’est ma philosophie….sans parler d’idéologie politique on devrait aller à mon sens vers le travailler moins pour gagner plus….. autrement dit le GPGP Glandons Plus pour Gagner Plus….ça me rappel mon blog même si j’ai pas réellement de solutions à proposer sur le court terme…C’est une voie qui mériterait une vrai réflexion …
    Mais bon je dois dire qu’il y a un vrai changement de mentalité à opérer….J’ai changé de boite il y a peu, c’est stupéfiant de voir le nombre de ceux qui se plaignent ou qui crient à qui veut bien l’entendre qu’ils sont surchargés….ceux qui finissent tard car c’est bien vu ou parce qu’ils ont mauvaise conscience à finir avant 19h00 sous prétexte que nous sommes cadres….Moi même dans mes débuts de carrière je n’osais pas finir avant 20h00 et j’étais bourré de remord si je devais finir à 18h00…maintenant au contraire l’avantage de cette philosophie de recherche du moindre effort (d’autre qualifierait celà de paresse) c’est qu’on tend vers le maximum de productivité….)

  7. Post
    Author
    Michael

    @frenchpad : tu peux voir que la loi de pareto s’applique aussi dans le cadre d’un emploi salarié.

    Cette loi dit simplement que 20% de nos efforts donnent 80% des résultats.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Pareto

    Donc, même en étant salarié tu peux arriver à t’épargner beaucoup d’heures de travail apportant très peu de résultats (typiquement les réunions)… encore faut-il savoir ce que l’on attends de nous. J’approfondirai cette idée car elle est capitale.

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  10. Sabine

    Lauzier avait publié un album en 1978 intitulé « La course du rat », adapté en film en 1980 sous le titre « Je vais craquer ! » (http://www.imdb.com/title/tt0080950/combined) – c’est littéral, certes, mais c’est une version française de la rat race… L’album raconte l’histoire d’un cadre qui découvre le monde de la nuit et ses paillettes, se rend compte qu’il s’ennuie et plaque tout pour devenir écrivain. Sinon, je découvre votre blog par l’intermédiaire de celui de votre amie (Ma voisine millionnaire), j’apprécie beaucoup la franchise de votre ton et votre bon sens !

    1. Post
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  11. Benk

    Bonsoir à tous.
    Je tien tout d’abord à dire que ce site est vraiment excellent.
    Pour toute les personnes qui souhaiterai découvrir un moyen de crée un système qui travail pour soi n’hésitez pas adresser moi un mail
    Cordialement.

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  15. Soro

    Pour moi la problématique réside dans le fait que nous ne travaillons pas généralement dans le domaine qui nous passionne. Confucius l’a si bien illustré en disant : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie ». Imaginez que vous ayez des revenus passifs en plus d’un travail qui vous passionne!!!

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  18. Georges

    Même le travail qui nous passionne ne fait pas sortir de la rat race.

    En général l’agent devient à tout moment le moteur!

  19. William Libertad

    Pour mettre d’accord Soro et Georges je dirai que l’argent et la passion sont les deux rames du bateau qui mène vers les revenus passifs.

    C’est intéressant, Michael, de préciser qu’il est important de gagner ses premiers euros.
    Ça permet de fixer un premier objectif.

    J’aimerai juste rajouter que sortir de la Rat Race est en réalité d’utilité publique. Aujourd’hui, bon nombre de gens se plaignent d’un système économique qui va droit dans le mur. Mais c’est la Rat Race qui alimente ce système. Plus nous serons nombreux à chercher à sortir de la Rat race, moins le système aura de puissance.

    1. Marie

      Bravo! Je dis souvent que plus nous serons à être hors de la rat race, moins « ils » pourront faire pression contre nous…

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