Les 3 peurs que j’ai a propos du déménagement

Michael Ferrari Esprit riche, Psychologie de l'argent 5 Commentaires

The Eiffel Tower and La Défense business distr...

Image via Wikipedia

J’ai un certain nombre de peurs liées au déménagement à Berlin. D’un point de vue financier, ce changement est un grand saut pour moi. Au-delà des aspects financiers, le fait de déménager pose plusieurs questions de taille.

Voici mes 3 plus grosses peurs sur le fait de changement de vie/ville et voici mes tentatives de réponses.

Perdre tous ses amis. Il est évident que la distance n’est pas bonne pour l’amitié et selon l’adage : « Loin des yeux, loin du coeur ». Ici ma vie est bien rodée, certains amis disparaissent dans le tumulte de la vie et d’autres apparaissent mais il est assez facile de voir tout le monde. Avec la distance ce ne sera plus le cas.

Mon plan : Sur place je connais 2 personnes. C’est maigre mais c’est un début. Impossible de savoir si ces connaissances deviendront de vrais amis mais les amis de mes amis sont mes amis 🙂

Je sais que je devrais consacrer un peu de temps et d’énergie à créer des liens et à retrouver des amis sur place. La communauté française est très importante à Berlin et les berlinois semblent très sympathique.

Paris n’est qu’a 2 heures de Berlin. L’avion est -encore pour l’instant- pas cher sur cette destination. Je reviendrai donc assez souvent sur Paris pour revoir ceux qui comptent ! Après tout, la vie continue et chacun doit avancer…

Ne pas savoir me débrouiller à cause de la langue. Parler allemand, ça ne s’improvise pas. En même temps, y’a-t-il une langue pour laquelle c’est le cas ? Pas vraiment. J’ai malgré tout assez peur d’être paralysé dans la vie quotidienne à cause de cette barrière. J’ai peur que cela freine mon acclimation et mes interactions avec les gens. Je voudrais avoir des amis natifs et je dois donc passer le cap.

Mon plan : J’apprends la langue depuis plusieurs mois. Pour l’instant j’utilise une méthode. Le résultat est satisfaisant mais il est évident que j’apprendrais beaucoup plus vite dans un cours pour débutant. J’ai beaucoup suivi les recommandations de Tim Ferriss sur le sujet. Il a réussi à apprendre l’allemand, le Japonais et d’autres langues assez rapidement. J’ai donc prévu d’assister à des cours sur place. J’accorderai une attention toute particulière aux supports de cours : ils doivent être bien fait et correspondre à mon niveau. De plus le professeur doit être ouvert d’esprit et je ne suivrai pas un cours où l’on passe 1 mois à apprendre le présent du subjonctif (ou un temps qui n’est plus utilisé). 80% de la langue en 6 mois. C’est mon objectif. Ça fait sourire mon amie mais je pense que c’est possible. C’est un défi d’efficacité.

Déprimer à cause de la nourriture. C’est très sérieux ! J’adore bien manger et manger sainement. Apparemment ça se sait car mes collègues de travail m’ont classé dans la catégorie « gourmet ». Comprenez  « emmerdeur de service ». J’ai mes critères pour manger, voilà tout ! Je préfère manger un jambon beurre maison plutôt qu’un hamburger de fast food : rien de dramatique. L’avantage d’avoir des habitudes, c’est que l’on a ses sources d’approvisionnement : le bon fromage ici, le saucisson maison par là, la belle pièce de bœuf par ici. En partant, je perds ces repères. Pire, comme c’est l’étranger, je ne retrouverai surement pas aussi facilement les mêmes produits.

Mon plan : Je me rappelerai toujours mon séjour à Amsterdam. Impossible de manger un truc potable. Je ne dis pas que cela n’existe pas mais je ne suis pas tombé sur les bonnes adresses malgré ma sélection. En Allemagne, j’ai déjà bien mangé. C’est pas du léger mais c’est bon. Les cultures gastronomiques Françaises et Allemandes ne sont pas très éloignées. En plus les allemands sont les champions du bio et ce n’est pas sans me déplaire. La France n’est pas si loin et le message a été passé : chacune de nos visites sera l’occasion de ramener du saucisson et du fromage. Les allemands ne sont pas en reste pour la bière. Même si j’ai une préférence pour les Belges (les bières hein), les allemandes sont vraiment bonnes (idem). Tout n’est donc pas perdu ! Ce sera l’occasion de découvrir une autre culture sans faire le grand saut.

Pour les expatriés, quels sont/étaient vos plus grandes peurs ?

Commentaires 5

  1. Salut Michael,

    J’ai fait le pas vers l’Angleterre (pas Londres) il y a maintenant 3,5 ans. Alors dans l’ordre :

    – Pour les amis, la distance a revele les vrais amis et permis de renforcer les liens avec ceux qui ont autre chose comme interet que la proximite et rechignent pas a venir te voir ou bien se rendent disponibles lorsque tu reviens sur Paris

    – Pour la bouffe, il y a pas de secret, la France est le meilleur endroit dans le monde. Il suffit de voyager pour s’en rendre compte. Si cela fait partie de ton education, ta sensibilite n’en est que plus accrue. En Allemagne, cela reste moins difficile qu’au UK, il y a de la bouffe locale acceptable, tu devrais pouvoir trouver des moyens de t’approvisionner en produit Francais a Berlin, reste que la variete des produits sera moins grande qu’en France

    – La langue? c’est simple 🙂 en tout cas en prenant mon experience, le meilleur moyen c’est de trouver des locaux qui sont assez patients pour echanger avec toi. J’ai eu la chance de faire du car sharing avec un collegue en arrivant au UK et j’ai augmente mon anglais a un niveau qui m’a permis de developper des discussions pour lesquelles les anglais se sentaient plus a l’aise et utiliser leurs propres expressions sans se limiter a un anglais de base pour etre surs d’etre compris par les etrangers. Je ne suis pas contre les cours, mais tu n’apprendras jamais tout en cours (ton 80% de la langue en 6 mois me fait sourire par exemple). C’est une langue vivante et un outil. Il ne faut pas se demonter si tu n’es pas compris et toujours tente une autre approche plus simple et etre attentif aux reponses que l’on te donne. Dernier conseil, prendre son temps pour reflechir avant de s’exprimer. Si tout va bien tu vas atteindre un niveau de maitrise ou ta comprehension sera instantanee mais ton parler ne sera pas aussi fluide que tu le souhaites. Si tu prends ton temps alors tu ne sentiras pas trop de frustration et continuera a developper ton parler et apres tu ne feras plus d’effort pour t’exprimer.

    Ce que tu decris dans ton billet c’est vraiment plus une peur dans le changement de tes habitudes presentes. Il va y avoir du changement c’est certain, mais je ne peux que recommander de voir autre chose pour se voir autrement. Ca ne peut faire que du bien.

    Profites bien de Berlin c’est une ville tres riche d’histoire et de cultures!

    Boris

  2. J’adore séjourner à l’étranger et j’en ai pas mal l’habitude mais ça ne change rien au fait que les départs se font toujours un peu la larme à l’oeil et que les arrivées / retours sont assez nostalgiques les premiers temps. Pour moi c’est toujours douloureux parce que je laisse une partie de moi sur place mais après je m’y fais et puis je me dis que c’est un package, on n’a pas l’un sans l’autre.

    Les vrais amis, tu ne les perds pas, tout au plus tu es moins en contact et tu te sens un peu en décalage parfois mais les emails et Skype sont de sérieux alliés pour garder le contact. Les amis qui ne résistent pas à la distance ne sont pas forcément de mauvais amis qui cherchent seulement la facilité, c’est juste qu’ils t’ont accompagné à une certaine étape de ta vie mais qu’ils ne sont pas les piliers que tu croyais qu’ils étaient.

    Le problème c’est qu’avec les moyens de communication actuels et la mobilité accrue, on fait de plus en plus de rencontres, mais on ne peut pas forcément tout gérer au même niveau. Certains amis de premier plan deviennent des amis de fond, que tu ne vois pas tous les jours mais avec lesquels tu continues de t’éclater quand tu les vois ne serait-ce qu’une fois par semestre. C’est une relation différente mais ce n’est pas forcément plus mal, c’est juste une question d’adaptation.

    Et puis ceux qui disparaissent, tu ne t’en choques pas forcément, toi-même après tout ne fais rien pour les relancer, c’est une distanciation naturelle, elle rend triste a priori mais une fois que tu es dedans, c’est plus un constat que tu fais et ça te blesse de moins en moins.

    Voilà…pour la bouffe et la langue, je ne peux pas trop dire car je ne suis pas du tout stressée à ce niveau-là : la bouffe je m’en fiche un peu tant qu’il y a des pâtes, et la langue ça me stimule et j’adore !

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  4. Mickael,
    j’ai vécu 3 magnifiques années à Berlin de 1991 à 1994 : ville riche d’art et d’histoire. J’ai envie de te dire que les berlinois sont aux allemands ce que les new yorkais sont aux américains : modernes , sympas, avant-gardistes, travailleurs, sachant aussi se détendre quand il le faut.
    Bonne adaptation et surtout, n’en profite pas pour abandonner ton bébé, oups euuhh pardon, ton blog.

  5. Je suis dans la même situation que vous (une expatriation approchant à grand pas), mais contrairement à toit, je n’ai pas peur de ce que je vais laisser ici, en France, mais de ce que je vais trouver là-bas, à Tokyo (même si je connais déjà bien ma destination).

    La distance : 12 heures d’avion…c’est surtout le mal des transports et l’ennui pendant le trajet qui me font suer d’avance. C’est une pensée qui peut paraître égoïste, mais comme je suis habituée à garder contact avec les amis et la famille par internet/téléphone, même lorsqu’on n’habite pas si loin, je ne suis pas trop préoccupée par ça. Évidemment, je compte sur les visites de certains quand même (n’est-ce pas ?!). Je suis tout-à-fait d’accord avec l’analyse de Gail sur les différents types d’amitiés et leurs évolutions.

    La nourriture : heureusement, j’aime bien la cuisine japonaise. Le fromage me manquera, mais l’adaptation sera peut-être moins dure qu’en Allemagne !

    La langue : je serai complexée au début mais je ne pars pas de zéro donc pas trop de stress. A la limite, je suis plus complexée quand je parle Deutsch.
    Tu vas devenir meilleur que moi, la chance !

    Par contre, j’ai peur de l’environnement professionnel que je vais trouver au Japon et je crains toujours de faire des maladresses culturelles et d’être ridicule. Deux grosses sources de stress.

    Bon départ pour Berlin !

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