Frédéric Lordon, un autre éclairage sur la crise financière

Michael Ferrari Divers, Gérer et épargner 2 Commentaires

It's the economy, stupid!
photo credit: net_efekt

Dans mes recherches et interrogations sur la crise financière, ses origines et ses éventuelles solutions, je suis tombé, par l’intermédiaire de l’excellent forum bulle immobiliere.org (si vous cherchiez un endroit où l’explosion de la bulle immobilière était annoncée (trop) à l’avance, c’est ici) sur Frédéric Lordon.

Frédéric Lordon est chercheur au CNRS et possède même une page wikipédia sur laquelle vous trouverez de quoi satisfaire votre curiosité.

Il rappelle le fonctionnement de base de l’économie de marché : le risque détermine le rendement de l’argent placé.

Il raconte, lors d’une intervention publique, sa vision des choses concernant cette satanée crise financière.

Ce qui m’a interpellé dans son discours, c’est qu’il présente les 2 raisons de la crise financière qui sont :

– la concurrence,

– l’innovation.

La concurrence pousse les différents acteurs à faire et à suivre les dernières techniques disponibles sur le marché même si les gens qui les appliquent les trouvent honteuses. Il faut allez là où se trouve l’argent.

Ce mouvement s’auto-alimente : plus il y a d’argent, plus ça attire d’acteurs, plus il y a d’acteurs, plus il y a d’argent… jusqu’à que la bulle explose.

La concurrence génère donc de l’homogénéisation et non de la diversité. (avec pour analogie la presse)

Dans les phases d’euphories, les acteurs oublient les risques et se concentre pour maximiser le rendement.

Il explique très bien le phantasme que poursuit la finance qui aboutirait à un déplacement de la « courbe rendement/risque » et donc d’un meilleur rendement pour un risque moindre.

Il prône la mise en place d’une zone européenne financière avec un réglementation plus stricte offrant plus de protection aux capitaux.

Il explique également qu’il faut faire revenir la finance sur terre dans le sens où les taux de rendement doivent baisser pour que le risque baisse et ainsi éviter les bulles. Il ne faut donc pas adapter la réglementation à la complexité financière mais au contraire, réduire cette complexité.

Il convient donc de limiter l’innovation dans la finance.

Ses recommandations :

– simplifier la finance

– rendre impossible l’effet de levier sur l’achat de positions sans fonds

– reprendre le contrôle politique des institutions financières

– de créer un taux d’intérêt réel pour les entreprises et un taux d’intérêt séparé pour la spéculation

– mettre en place une symétrie sur les bonus des traders : s’ils gagnent bonus, s’ils perdent malus

Il explique aussi comment, contrairement à une idée reçue, que le marché de la bourse pompe plus d’argent qu’elle n’en apporte aux entreprises cotées.

Bref, un point de vue intéressant et je vous invite à regarder la vidéo :

A noter, un article intitulé « Cette europe là est irréparable » de Lordon qui complète ce qui est dit ici.

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  1. Pingback: Frédéric Lordon, lumières sur la crise financière | Argent et entreprenariat

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