Que faire lorsqu’une habitude ne prend pas ?

Michael Ferrari Etre plus efficace 5 Commentaires

kettlebell Il y a quelques années, j’ai découvert un outil rustique et simple comme je les aime pour faire du sport : le Kettlebell. Après avoir suivi quelques cours avec un excellent professeur (Franck Ropers), j’ai pratiqué régulièrement puis j’ai perdu l’habitude. Que faire lorsqu’une habitude ne prend pas ? C’est ce dont je veux vous parler.

Le Kettlebell est rudimentaire, c’est une boule en fonte avec une poignée qui nous vient de Russie. L’armée russe l’utilise depuis les années 40 pour former, tester et entrainer ses équipes et je me suis dit que ce serait un parfait outil pour moi n’étant ni russe ni de l’armée.

Et ça l’a été pendant plus d’un an, puis, j’ai arrêté d’en faire. J’étais un peu déçu, je ne prenais pas le temps ni l’énergie mentale de m’y mettre. Plus le temps passait, plus il semblait difficile de reprendre (risque de blessure) et reprendre signifierait que j’avais arrêté alors que tant que j’avais arrêté, c’était finalement moins grave.

Combien d’entre vous se reconnaissent dans ce schéma ?

Nous démarrons avec entrain une activité pour l’arrêter avant d’avoir ancré l’habitude. Nous pensons avoir une volonté de fer mais nous nous rendons compte qu’elle est en verre (ma rime a 2 cents, c’est offert).

Et cette question de l’habitude est au coeur de l’efficacité et de la procrastination (mon livre parait en septembre !) et de l’image que l’on a de soi.

Voir la réalité en face

Il est capital de voir la réalité en face.

Toutes les habitudes ne prennent pas. La plupart prennent bien plus que le mythique 21 jours répété de partout pour se mettre en place. Je devrais envoyer un exemplaire de Bad Science à chaque personne qui propage ce mythe.

Tôt ou tard, le mur de la réalité se rappelle à vous, autant le voir arriver de loin.

Ce qui est important, c’est de constater, pas de s’apitoyer ou de s’en vouloir. C’est d’être dans le présent et le réel. Regardez ici et maintenant ce qui n’a pas pris. Pour commencer, tout le monde se fout (y compris vous) de savoir pourquoi ça n’a pas pris ou ce que vous comptez faire. Dans un premier temps, reconnaissez que c’est là.

Faites entrer le bon et le mauvais flic

Récemment j’ai repris un programme d’entrainement sur une base simple : arriver à faire 100 pompes. Si j’ai retenu une chose de mon entrainement avec Franck Ropers, c’est que le nombre de personnes qui se blessent avec un Kettlebell est à ne pas négliger. Vous imaginez la scène : confiez une boule de 9, 12 ou 16 kilos à un gars lambda qui commence à l’agiter dans tous les sens et en 2 semaines apparaissent des douleurs au dos, tendinites et autres joyeusetés. Je ne me suis jamais blessé au sport, je n’ai pas envie de commencer.

En reprenant ce programme simple, je voulais me préparer. Et je sais que pour qu’une habitude prenne, il faut que cela soit simple. En l’occurrence, l’entrainement 100 pompes a lieu 3 fois par semaines, chaque jour a un programme clair établi en fonction d’un test d’effort. En plus, une application permet de suivre tout cela pendant 7 à 9 semaines.

Vous savez ce qui se passe dans ce cas ?

Nous nous mettons une pression d’enfer. Réussir le programme. Tout bien faire.

Et vous savez ce qu’il en résulte ? Rien. Le programme ne marche pas et nous finissons encore une fois déçus.

Alors j’ai démarré ce programme et la réalité, c’est qu’à la semaine 2, je me suis rendu compte que c’était trop dur. Je n’arrivais pas à mener au bout la série prévue. Que faites-vous lorsque vous n’arrivez pas à suivre un programme prévu ?

C’est là qu’entre en jeu le bon et le mauvais flic. Vous connaissez ces scènes de films dans lesquelles un interrogatoire a lieu avec 2 flics ? L’un joue le rôle du gentil, l’autre du méchant. Vous pouvez trouver des variantes en recrutement. Le but, c’est de déstabiliser la personne en face, d’en découvrir les secrets encore plus vite. Le mauvais flic va s’énerver, jeter la chaise, menacer physiquement le suspect. Le bon flic, va lui apporter un verre d’eau et lui parler calmement une fois que le mauvais flic est sorti en claquant la porte.

J’ai une théorie que j’aime bien utiliser en coaching, celle du bon et du mauvais flic. Vous pouvez choisir l’image de l’ange et du démon sur les épaules façon cartoon. Et tout ceci se passe en vous.

Cette théorie (les tests en laboratoire restent à faire) dit :

– si vous avez uniquement un bon flic qui ne voit que ce qui va, qui vous chouchoute, qui pense « positif », vous finirez par ne rien faire parce que vous « ne le sentez pas » ou pour la version hippie « les planètes ne sont pas alignées ». Vous rêvez d’habiter dans du coton et d’avoir une licorne. Vous pensez que si tout le monde se donnait la main, le monde serait vraiment plus sympa et vous placez le mot « douceur » dans chacune de vos phrases. En un mot, vous êtes agaçant.

– si vous avez uniquement un mauvais flic, vous vous parlez mal de manière constante (« t’es nul », « tu devrais l’avoir fait depuis longtemps »…). Vous seriez capable de vous jetez un verre d’eau à la figure si personne ne vous regarde façon interrogatoire à l’américaine. Vous êtes votre pire ennemi, celui qui vous prive de vos loisirs parce que vous n’avez pas fait assez ou assez bien. Celui qui vous sabote. Celui qui n’est jamais content de ce que vous avez fait. Celui qui vous vole le sentiment du devoir accompli.

Soyez schizophrène

Vous avez besoin des deux.

Du bon flic pour être juste avec vous (et vous aimer), du mauvais pour vous mettre en action et vous pousser. Le bon flic saura vous dire stop parce que la réalité montrera que vous avez agi. Le mauvais flic ira faire une pause à ce moment là pour ne pas voir ce qui se passe.

Ensemble, ils sont 2 énergies intéressantes du moment que l’un ne prend pas le dessus sur l’autre. L’équilibre est la clé. Le mauvais flic vous poussera à vous lancer, le bon a rendre écologique pour vous et durable votre action (mais pas trop tout de même car l’autre surveille).

Lorsque j’ai repris mon entrainement, le mauvais flic pouvait dire « quoi, tu es en semaine 2 et tu n’y arrives pas, mais ça sert à rien autant tout arrêter si c’est pour mal faire ». Si je l’avais écouté, j’aurais pu accepter sa proposition et me dire, après tout si je ne suis pas le programme, autant arrêter. Si je n’en ai pas la force, c’est que ça n’est pas pour moi.

Combien de fois avez-vous arrêté de suivre un programme (sportif, de formation, un cours…) parce que vous n’avez pas fait chaque étape comme prévu ?

N’avez-vous pas plus perdu en arrêtant qu’en continuant malgré tout ?

Combien de temps avez-vous perdu parce que vous n’avez pas investi, obtenu un diplôme ou une certification parce que vous n’avez pas toutes les conditions réunies ?

C’est là que le bon flic entre en jeu. Il peut dire « Hey, n’écoute pas le râleur. Tu sais le problème qu’il a ? Il ne sait que râler. Si la semaine 2 est trop dure, pourquoi ne pas reprendre au dernier jour de la semaine 1 et la répéter une, deux ou trois fois jusqu’à gagner en force ? »

Lorsqu’une habitude ne prend pas…

…ce n’est pas grave.

Choisissez d’abandonner consciemment et de fermer la porte ou choisissez de poursuivre et essayez une autre méthode.

Commentaires 5

  1. La muscu n’a jamais pris avec moi. J’ai pourtant fait du sport à assez haut niveau et toujours régulièrement. Que ce soient les pompes, les abdos, le développé-couché, les haltères, courir sur un tapis roulant,… La muscu m’a toujours gonflé profondément!
    Je me dis, heureusement que j’ai commencé le sport par intérêt pour des sports particuliers et pas par la muscu car sinon je n’aurais sûrement jamais accroché.

    1. Post
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  2. Bonjour,

    Je fais également de la muscu depuis 1 an sans être vraiment passionné, mais à chaque fois j’ai le plaisir d’y aller pour rencontrer des gens et parler/rigoler et se motiver entre nous.

    S’il y avait une mauvaise ambiance ou si je devais en faire seul, il y a bien longtemps que j’aurai abandonné.

    Alexandre

  3. Hello! les conditions dans lesquelles on pratique la nouvelle habitude sont aussi capitales (le décor, les gens -ou pas), l’horaire . ce qu’on fait le mieux et le plus longtemps est ce qui nous fait plaisir. D’ou l’idée de rechercher à maximiser le plaisir dans la nouvelle habitude à prendre.

  4. Pingback: Revue de blogs de développement personnel de la semaine #16 | CULTIVEZ VOTRE POTETIEL

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