Développement personnel : Est-il possible de vraiment changer ?

Ce mois-ci dans A la croisée des blogs, le thème imposé est « Est-il possible de vraiment changer ? » et je me suis donc prêté à ce petit exercice sur ce sujet classique du développement personnel.
Si je devais résumer ma réponse en quelques mots ce serait : encore heureux bordel !
Imaginons que vous êtes coincé dans un domaine de votre vie : argent, relation ou travail (les astrologues n’ont rien inventé !) et que vous devez changer quelque chose, pensez-vous pouvoir le faire ?
Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde
Changer est facile et instantané, ce qui est long c’est le processus avant : ce que l’on appelle développement personnel. Notre monde moderne nous pousse souvent à croire que changer est impossible : changer, ce n’est pas aller chez le psy et espérer se faire réparer. Ce procédé est long, couteux et il faut encore que vous souhaitiez changer pour avoir une chance que cela marche !
Le changement est un instant, une décision ferme poussée le plus souvent par le refus de quelque chose. Nous savons instinctivement ce que nous ne voulons pas mais la plupart d’entre nous ne sait pas ce qu’il veut vraiment.
Il n’y a donc pas de pilule miracle mais pour autant changer se fait en un instant lorsque les conditions sont réunies.
C’est un point de départ : fuir ce que l’on ne veut pas.
L’alcoolique qui ne veut pas finir malade, le fumeur qui veut voir grandir ses enfants, le salarié qui veut accomplir son potentiel, le célibataire qui veut une vie de couple, le pauvre qui ne veut plus demander de l’argent : tous vont cheminer tranquillement jusqu’au jour où ils décident le changement.
Vous avez certainement eu dans votre entourage le cas d’un ami que vous avez toujours connu célibataire et qui un jour vous présente sa copine. Vous connaissez peut-être des gens qui finissent leurs mois dans le rouge et un jour vous présentent leur épargne de précaution.
Occupez-vous du pourquoi et le comment se résoudra tout seul
Celui qui espère et croise les doigts n’éprouve pas assez de douleur pour changer. Si vous vous plaignez de ne pas avoir assez d’argent, il est fort probable que le manque d’argent n’est pas suffisamment douloureux pour que vous agissiez. Si votre supérieur est un con mais que vous avez besoin de votre poste car vous tenez à votre style de vie, vous allez encaisser le problème sans rien changer. Si la douleur devient intolérable, la question ne sera plus pourquoi changer mais comment changer.
Etes-vous prêt à encaisser la douleur pendant longtemps ?
NE GASPILLEZ PAS VOTRE TEMPS A CHERCHER COMMENT CHANGER, TROUVEZ POURQUOI LE FAIRE !
Changer est possible, heureusement
Dans le couple, on dit souvent qu’il ne faut pas essayer de changer l’autre et c’est très vrai : le changement vient de soi, pas d’une injonction extérieure qui aurait même tendance à renforcer le comportement que l’on souhaite voir disparaitre. Il faut accepter la responsabilité du changement ou du non-changement et celle-ci ne peut être que personnelle.
Vous devez vouloir. Le drame et le mystère avec ce sujet, c’est que tout le monde peut changer mais tout le monde ne le fera pas. Il y a un certain fatalisme derrière cette phrase mais je suis convaincu que tout le monde n’est pas fait pour changer.
Tout le monde peut trouver un moyen d’augmenter ses revenus ou de réduire ses dépenses. Tout le monde peut trouver un partenaire pour créer une famille. Pourtant tout le monde ne le fera pas.
On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif
L’un des grands risques lorsqu’on écrit un blog sur des sujets comme l’argent ou lorsqu’on est passionné par un domaine, c’est de vouloir changer les gens malgré eux. Honnêtement ce n’est pas ma nature et c’est pourquoi j’ai tendance à avoir une approche distante avec mon propre blog. Je n’espère pas que tout le monde va correctement gérer son argent et vivre une meilleure vie et je n’irai pas essayer de convaincre tous les passants qu’il faut agir et s’éduquer financièrement.
Le changement doit venir de la personne : celui qui n’a pas peur de lire un livre, suivre un séminaire, faire des recherches sur internet, parler aux gens. Celui qui est actif « mérite » le changement et l’obtiendra. Il n’a jamais été aussi facile de s’informer pourtant l’ignorance est encore à la source de nombreux blocages.
Vous êtes aux commandes
Lorsqu’un fumeur continue à fumer malgré toute l’information disponible actuellement, il ne pourra pas dire que ce n’est pas de sa faute. Si vous avez des crédits sur le dos et que vous êtes financièrement à sec, vous ne pouvez pas rejeter la faute sur votre banquier ou votre patron.
Vous êtes en charge de votre vie et des changements qui peuvent s’y produire.
Est-il possible de vraiment changer ? Oui j’en suis convaincu. Ce n’est pas pour autant que l’on oublie ou que l’on renie le comportement précédent mais celui-ci deviendra une base, une référence qui montrera le chemin parcouru. Il servira à mesurer le progrès effectué.
Changer ne peut pas uniquement reposer sur notre volonté au quotidien car elle est bien trop faible et limitée et je crois que le fait d’aller vers un style de vie est un moteur puissant. Si vous souhaitez ne plus jamais avoir de dettes et d’inquiétudes au sujet de l’argent, croyez-moi que les moyens existent et que l’ampleur de l’objectif est une source inépuisable d’énergie.
L’objectif grandiose est fort et permet de garder le cap !
Image par kevindooley
Publié le 06. mar, 2010 par Michael dans Développement personnel
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11 commentaires pour “Développement personnel : Est-il possible de vraiment changer ?”
Trackbacks/Pingbacks
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08. mar, 2010
[...] Michael du blog Esprit riche répond à la question Développement personnel : Est-il possible de vraiment changer ? d’une manière tranchée : « Oui, j’en suis sur », « encore heureux, bordel ! » et [...]



















alteriche
06. mar, 2010
Je ne suis pas totalement d’accord avec tes exemples qui concourent, comme malheureusement notre société moderne, à définir des idéaux vers lesquels il « faudrait » tendre pour s’accomplir.
Or si le courage politique aboutit parfois (tabagisme, sécurité routière), il en manque cruellement sur d’autres points: on continuera de crever de malbouffe (infarctus, cancers…etc) tant que l’industrie agro-alimentaire mènera le bal. Et c’est très dur aujourd’hui d’entamer un changement en le domaine à titre individuel (tout comme il était illusoire d’être anti-tabac dans les années 70…).
Mais tu as 100% raison sur le fait que la Sainte Providence à elle seule n’y est pour rien dans les changements: c’est à chacun de se sortir les doigts du c…!
Les 2 sont cependant liés: changement du groupe et changement de (par) l’individu.
Jean-Philippe a fait un très bon article là-dessus:
http://www.revolutionpersonnelle.com/2010/03/un-bol-de-riz-pour-changer/
Aujourd’hui le groupe m’impose de tendre vers la vie de couple, et je dois me battre individuellement pour demeurer célibataire.
Et le contre-exemple est parfaitement vrai pour la malbouffe (j’entreprends un processus de changement individuel qui n’est pas facilité par le groupe qui n’en a cure alors que pourtant l’intérêt collectif « devrait » (si on suit le dogme de société uniformisée) converger dans cette même voie).
Donc oui, on peut vraiment changer mais les barrages au changement sont proportionnels aux mutations sociétales.
Michael
06. mar, 2010
J’ai des idéaux vers lesquels j’avance mais chacun est bien sûr libre d’avoir les siens. Je dirai même que chacun doit avoir les siens.
Effectivement je mets l’accent sur l’individu, à mon sens le seul capable d’opérer des changements visibles : exactement comme dans l’exemple de l’alimentation que tu donnes.
Pour de nombreuses raisons les états ne sont pas en mesure de définir l’idéal sur ce sujet, il nous appartient d’avoir le nôtre.
emmanuel
07. mar, 2010
Bonjour,
Tout à fait d’accord, pour changer il faut que le statu quo devienne insupportable. Si ce n’est pas « encore » le cas, deux solutions:
1/ attendre que cela le devienne.
2/ associer l’état actuel à quelque-chose d’insupportable.
Le changement nécessite de la volonté.
Et la volonté est le produit de la souffrance.
@+
pascal
07. mar, 2010
La volonté est un moteur de changement, oui, et savoir « pourquoi changer », avoir des objectifs permet de changer (réaliser le changement voulu).
Mais ce n’est pas la seule piste. Il y a d’autres déclencheurs :
- situation insupportable
- événement extérieur
- état du moment
- effet de groupe…
alteriche
07. mar, 2010
@Michael:
Je pense justement que les Etats sont parfaitement en mesure de décider et d’imposer des « idéaux. »
Dans la plupart des cas, ceux là semblent évidents: après s’être tant engraissé (notamment via la Seita), l’Etat s’est sans doute (je ne suis pas spécialiste du sujet, info à vérifier
) rendu compte que les réparations (soins des cancers, donc trou de la Sécu) lui coûtait plus cher et a légiférer.
L’intérêt du groupe est allé dans le sens de l’individu.
Il en sera de même quand on se rendra compte que les malfaits de l’industrie agro-alimentaire coûtent plus qu’ils ne rapportent. Cette voie semble poindre aux Etats-Unis.
Pour pousser mon raisonnement plus loin sur la vie de couple:
L’intérêt du groupe (via l’Etat) est d’avoir une natalité florissante, donc encourage la vie de couple puis l’enfantement. Je ne dis pas que c’est mal, je dis juste que ce n’est pas MON idéal mais que je paye (très) cher ce choix individuel qui n’est pas celui du groupe.
De la même manière, bouffer bio ou frais coûte plus cher que les poisons industrialisés à base de flotte.
Dans tous les cas où « l’idéal » personnel n’est pas celui du groupe, il est compliqué et coûteux (en énergie, en volonté, en prix) d’emprunter sa(ses) propre(s) voie(s)!!
Michael
08. mar, 2010
Dans ce cas, il s’agit plus d’une doctrine politique dont l’objectif est de servir les intérêts de ceux qui dirigent. L’état ne joue pas son rôle sur plusieurs secteurs où les informations que l’individu possède sont meilleures comme l’alimentation ou l’argent.
Le cas du célibat est particulier
En terme d’idéaux, l’état ne souhaite pas fondamentalement que ses citoyens soient tous financièrement indépendants et c’est donc un idéal personnel à viser : protéger sa famille avec un mur d’argent.
Anonyme
09. mar, 2010
bonjour,
la natalite haute ce n’est pas seulement un choix du groupe, c’est aussi un choix individuel majoritaire.
en Chine la natalite basse est un choix du groupe, mais pas un choix individuel majoritaire.
il y a un ideal non nataliste chez certains ecologistes, e.g. Y.Cochet, c’est pas trop mon truc mais c’est rafraichissant.
André
07. mar, 2010
Une amie me disait un jour:
On a le droit d’évoluer.
J’ajouterai, on a le devoir d’évoluer.
olivier
08. mar, 2010
ca creve les yeux: les gens ne savent pas ce qui est bon pour eux.
quand on conseille quelqu’un, en l’aidant a reflechir sur ses problemes, de facon a ce qu’il change de point de vue sur ses problemes… on l’a aide a changer, n’est-ce pas ?
en ce qui me concerne, je crois au management. Donc je crois qu’une majorite de personnes a besoin d’aide, d’eclairage, et qu’il faut les aider a changer et les convaincre de changer.
Argancel
17. mar, 2010
Très bel article. Notamment oui il faut qu’on ait une réelle soif de changement. J’irai même jusqu’à dire que la honte peut être un bon moteur parfois. J’en ai fait l’expérience =)